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YALE
MEDICAL LIBRARY
HISTORICAL
LIBRARY
The Harvey Cusbing Fund
FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
DE
L'ACTION COMPARÉE
DU CHLOROFORME, BU CLIIOIUL
DE L'OPJUM ET DE LA MORPHINE
CHEZ LA FEMME EN TRAVAIL
THESE
PRÉSENTÉE AU CONCOURS POUR l' AGRÉGATION
(Section de chirurgie et d'accouchements
et soutenue à la Faculté de médecine de Paris
Le D r Adolphe PINARD
Ancien chef de clinique d'accouchements de la Faculté,
Ancien interne des hôpitaux et de la Maiernité,
Lauréat de la Faculté de médecine (médaille dargent, 1874,
prix Châteauvillaril),
Membre titulaire de la Société anatomique.
Chevalier de la Légion d honneur.
PARlb
A. PARENT, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE
29-31, RUE MONSIEUR.-LE-PRINCE, 29-31
1878
A MON MAITRE
M. S. TARNIEE
Chirurgien en chef de la Maternité,
Membre de l'Académie de Médecine.
%émoignagtj dc> gratitude.
Adolfhe PINARD.
DE
L'ACTION COMPARÉE
DU CHLOROFORME, DU (MORAL
DE L'OPIUM ET DE LA MORPHINE
CHEZ LA FEMME EN TRAVAIL
AVANT-PROPOS
Pour résoudre la question si importante que j'ai à étu-
dier, deux faits devraient être acquis à la science : 1° La
connaissance exacte de l'action physiologique du chloro-
forme, du chloral, de l'opium et de la morphine; 2° Celle
du mode d'action de ces divers agents sur la femme en
travail.
Sommes-nous à l'heure actuelle en possession de ces
deux notions, je n'hésite pas à répondre non. Certes, éclai-
Pinard. 1
- 2 ~
rés par les travaux des physiologistes, grâce à leurs dé-
couvertes incessantes, nous avançons rapidement, et pro-
bablement le moment est proche où les lacunes laissées par
Longet et par Claude Bernard seront comblées par leurs
infatigables successeurs, où les dernières étapes qu'il nous
reste à parcourir seront franchies, et la première notion
nous appartiendra.
Mais la seconde qui relève plus spécialement des accou-
cheurs, à quel point en est-elle? D'après les importants
travaux, les innombrables monographies qui ont été pu-
bliés sur l'anesthésie obstétricale depuis la version pra-
tiquée par Simpson, le 19 janvier 1847, sur une femme
soumise pour la première fois à l'anesthésie, on pourrait
croire que les ténèbres, qui environnaient cette question
dès le début, commencent à se dissiper. Malheureusement
l'obscurité est encore bien profonde, et les discussions si
laborieuses, si longues et, disons-le de suite, si passionnées,
soulevées depuis trente ans au sein des sociétés savantes
et qui renaissent sans cesse le prouvent surabondamment.
Il faut le reconnaître, poussés, entraînés, par le désir de
supprimer la douleur dans l'acte de la parturition, beau-
coup d'accoucheurs imprégnèrent leurs parturientes de
vapeurs anesthésiques,ne voyant que ce seul but à attein-
dre : la suppression de la douleur.
D'autres, tout en étant aussi désireux que les premiers,
de faire disparaître les souffrances inhérentes à l'accouche-
ment, mais plus prudents, se rappelant avant tout ce pré-
cepte fondamental de thérapeutique si justement rappelé
par M. Blot, dans sa remarquable thèse d'Agrégation:
Primo non nocere, se montrèrent moins enthousiastes ; ils
se demandèrent si cette action bienfaisante en apparence
n'était point malfaisante en réalité, et voulurent savoir,
avant de pratiquer l'anesthésie, si la physionomie du tra-
- 3 —
vaii n était point troublée et si des accidents fâcheux
n'étaient pas à craindre.
Une indication fut bientôt admise par tous, celle de pra-
tiquer l'anestbésie pour les opérations obstétricales. « 11
ne se pratique guère plus, en effet, dit le professeur Pajot
(in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales,
art. Anesthésie obstétricale), d'opération obstétricale en
Europe, sans que la femme ne soit soumise préalablement
aux inhalations de chloroforme. Dans presque toutes ces
opérations, l'accoucheur se propose, en général, pour but
de soustraire la femme à la douleur, mais il est encore
deux autres résultats qu'on cherche parfois à obtenir au
moyen de l'anestbésie ; on se trouve bien, en effet, de l'em-
ploi du chloroforme chez les femmes vigoureuses et indo-
ciles, disposées à se défendre vivement contre les opéra-
tions même très- simples, application dont les auteurs
anglais et allemands ont à peine parlé. De plus, on a essayé
et on essaye encore, de faire cesser, par le chloroforme, la
rétraction énergique de l'utérus, dans le cas où cette ré-
traction devient un obstacle à une opération indispen-
sable. »
Mais ce fait ne prouve qu'une chose, c'est qu'on peut
chez une femme en travail obtenir l'anesthésie comme
chez tout autre individu.
Il n'y a là qu'une toute petite face de la question qui
soit éclaircie.
Les cas de dystocie quelconque sont des exceptions ; en
somme, la question capitale est la suivante : Quelle est
l'action des anesthésiques sur la femme en travail dan3
l'accouchement naturel?
Ya-t-il plusieurs anesthésies? Une demi, une modérée,
une absolue ? (tous ces degrés ont été indiqués par diffé-
rents auteurs). Le mode d'action diffère-t-il avec les doses
et suivant que l'on a affaire à tel ou tel degré d'ânes-
thésie ? Le chloroforme agit-il comme le chloral, l'opium,
comme la morphine? les deux premiers comme les deux
derniers, ou chaque agent a-t-il une action spéciale?
Telles sont les questions qui doivent être posées et qui,
résolues, donneront seules la possibilité de formuler des
indications pour les cas pathologiques. Avons-nous en
main, à l'heure actuelle, les matériaux nécessaires pour
porter un jugement définitif et mettre en regard de tous
ces points d'interrogation une affirmation ? Malheureuse-
ment, non.
On s'est peu adressé encore à la physiologie expérimen-
tale. Seule, pour ainsi dire, l'observation clinique a été
mise à contribution, et les faits observés ont été interpré-
tés de façons si différentes qu'aujourd'hui tout esprit im-
partial oscille d'une affirmation positive à une affirmation
négative sur le même fait.
Pour les uns, il n*y a analgésie qu'avec auesthésie, pour
les autres, on peut chez une femme en travail, faire dis-
paraître l'élément douleur, alors que l'intelligence et la
motilité persistent. Pour tel auteur, l'anesthésie active le
travail. Pour tel autre, elle le ralentit, le (rouble, le sus-
pend. L hémorrhagie pendant la délivrance est à craindre
chez la femme anesthésiée, affirme celui-ci, celui-là prétend
que l'anesthésie arrête les pertes de sang.
Et toutes ces affirmations, ces dénégations, ces contra-
dictions à propos du chloroforme et du chloral, bien que
ce dernier agent ne soit connu que depuis quelques années
à peine! Je ne puis faire une revue critique de toutes les
opinions émises, de tous les travaux publiés, car il y aurait
de quoi remplir plusieurs volumes. Je ne citerai, dans le
cours de niDn travail que les observations et les expéri-
mentations qui touchent directement à mon sujet. On
_ 5 —
trouvera à l'index bibliographique si étendu, mais cepen-
dant encore incomplet la liste des travaux que je passe sous
silence.
Quant à l'opium et à la morphine qu'on n'avait guère
songé à employer avant ces dernières années, sauf dans
des cas pathologiques, les divergences sont moindres, mais
nous verrons que là encore, des recherches ultérieures
sont nécessaires.
Que devais-je faire en présence d'un semblable état de
choses ?
Après y avoir bien réfléchi, j'ai pensé qu'une seule route
était la bonne. Je m'y suis engagé.
Sans perdre de vue les efforts de mes devanciers, car sui-
vant la juste expression du professeur Gubler : « la justice
me le commandait et mes intérêts l'exigeaient » (1), j'ai cru
que cette question devait être étudiée à nouveau. Il m'a
semblé que tout en restant clinicien, il était nécessaire
d'avoir recours à l'expérience; aussi, je n'hésitai pas à
m'adresser à M. Tarnier, chirurgien en chef de la Mater-
nité,et lui demandai l'autorisation de faire dans son service
les recherches qui pouvaient m'être utiles.
Je dois dire bien haut que ce maître m'accorda ce que
je lui demandais, et grâce au dévouement de son interne,
M. Ghampetier de Ribes, grâce à la bienveillance du Direc-
teur, au bon vouloir et à l'empressement du personnel de
l'établissement, je pus ainsi observer, du 24 mai au 13 juin,
vingt-huit femmes en travail, mises en puissance de l'un
ou l'autre des agents dont j'ai à étudier les effets.
Je leur adresse ici à tous l'expression de ma vive recon-
naissance.
Ayant pour principe que l'autorité des faits doit passer
avant l'autorité des noms, je commençai ces expériences
(1) Gabier. Journal de thérapeutique, introduction , 1874.
te l'intention formelle de publier les résultats quels qu'ils
fussent, sachant cependant que quelques-uns de mes juges
étaient engagés dans des camps opposés, bien persuadé
qu'en agissant ain- . , aucun ne trouverait mon indépen-
dance irrespectueuse.
J'étais tellement dans le vrai que j'eus l'honneur de rece-
voir de l'un d'eux, prévenu que j'allais faire des expérien-
ces, la lettre suivante :
« Mon cher confrère ,
- Le sort vous a désigné pour étudier le chloroforme en
obstétrique.
•> Vous m'êtes assez connu pour que j'aie la certitude de
votre résolution à combattre les opinions de votre juge si
l'expérience leur est contraire.
» J'y compte, comme vous devez compter justement sur
mon impartialité, quelles que soient vos conclusions.
» Vous et moi, dans une question où tout est confondu,
nous ne cherchons que la vérité scientifique, c'est-à-dire
basée sur l'interprétation légitime des faits.
» Si je me suis trompé (et ce ne serait pas la première
fois) dites-le hardiment, afin que je ne meure pas dans l'im-
pénitence finale. A vous ,
» Professeur PAJOT. *
Assurément je ne puis avoir la prétention d'avoir tout
vu, bien des idiosyncrasies m'ont échappé; le milieu dans
lequel j'ai opéré est un milieu spécial ; bien d'autres faits
nouveaux seront signalés, je n'en doute pas ; oui mes con-
clusions sont hâtives, trop peut-être, je le reconnais, mais
je ne pouvais faire autrement ; je ne pouvais ni expérimen-
ter pendant une année ni observer sur des parturientes
placées dans de meilleures conditions. Ce qui s'est passé
dans ces vingt -huit cas a été scrupuleusement observé et
transcrit. Déjà, je crois, on peut en tirer des conclusions
qu'on trouvera, du reste, en lisant ce travail.
L'avenir se chargera de les modifier, je n'en disconviens
pas, mais du moins, je puis dire, en modifiant la phrase
de Montaigne : ce sont des observations rédigées de bonne
foi.
Voici le plan que j'ai adopté dans ce travail.
L Première [partie. — Etude de l'action du chloroforme,
sur la femme en travail.
Deuxième partie. — Étude du eh/oral, sur fa femme en
travail.
2 Troisième partie. — Étude de l'opium et de la morphine,
sur la femme en travail.
Quatrième partie. — Etude de ces agents combines.
Cinquième partie. — Comparaison de l'action de ces
quatre agents.
PREMIÈRE PARTIE
CHLOROFORME
CHAPITRE PREMIER.
ACTION UV CHLOROFORME SUR J.A DOULEUR PENDANT LE TRAVAIL
La première opération obstétricale, pratiquée par Simpson
pendant l'anesthésie, démontra d'une façon péremptoire que,
plongée dans le sommeil anesthésique, la femme en travail
devenait aussi insensible à la douleur que l'homme anesthésié
qui subit une amputation : sur ce point tout le monde est d'ac-
cord.
Mais est-il possible de faire disparaître chez une femme en
travail l'élément douloureux sans atteindre la sensibilité tout
entière, c'est-à-dire sans produire l'anesthésie? En un mot
peut-on, à l'aide du chloroforme administré d'une certaine façon,
ne produire qu'une analgésie? Déjà Merriman, Rigby, Murphy,
Snow, au lieu de chercher à obtenir la résolution complète, don-
naient le chloroforme à dose atténuante. Le D r Houzelot, un des
premiers, sinon le premier, soutint la doctrine de l'analgésie et,
à l'appui de son assertion, publia en 1837, dans un mémoire
qu'il adressa à la Société de chirurgie, 20 observations. Dans cet
important mémoire, le D r Houzelot rappelle que l'analgésie a
été observée déjà par des chirurgiens et en particulier par
Pinard. 2
— 10 —
Baudens et Hervez de Chégoin, et qu'il n'est pas le premier qui
ait signalé l'analgésie obstétricale ; mais plus qu'aucun autre il
donne un exposé clair de sa pratique et de ses doctrines en ma-
tière d'anesthésie dans l'accouchement naturel simple. « Il est,
dit-il, dans l'anesthésie un point qu'on peut appeler obstétrical,
placé entre l'excitabilité et la résolution, qui permet, sans dan-
ger pour la mère et pour l'enfant, de généraliser dans Taccou-
chement naturel simple, l'emploi du chloroforme pour soustraire
la femme à la douleur.
« A ce point de l'anesthésie, la mère en travail voit, entend,
parle, est en rapport avec ce qui l'entoure, a le sentiment de la
contraction utérine qui la domine, qu'elle aide même pour expul-
ser l'enfant, et ne souffre plus. »
Dans son remarquable rapport, le D' Laborie s'exprime ainsi
à propos de l'anesthésie obstétricale décrite par le D r Houzelot :
a Un pareil tableau, s'il était absolument exact, ne devrait lais-
ser aucune raison de repousser l'emploi du chloroforme dans
l'accouchement simple, et l'enthousiasme de Simpson paraîtrait
légitime. Mais, disons-le avec franchise, si cette description est
vraie quelquefois, il n'en est pas toujours ainsi, et cette limite
de l'anesthésie placée sur les confins du sens moral et du sens
physique, est aussi quelque peu arbitraire. Pour nous, dans les
faits, peu nombreux nous l'avouons, qui nous sont personnels,
nous avons vu la sensibilité atténuée mais non pas abolie. La
patiente, si on ne lui administre que peu de chloroforme, con-
serve en effet son intelligence et sa raison entière, mais elle a
encore le sentiment de la douleur, sentiment affaibli qui lui
permet d'apprécier les moindres contractions utérines et qui la
pousse, lorsque va se montrer une contraction, à respirer avec
une certaine avidité les vapeurs chloroformiques. »
Il y a déjà, comme on le voit, une certaine distance entre l'ap-
préciation du D r Houzelot et celle du D r Laborie.
Dans la discussion qui eut lieu à propos de ce rapport
M. Danyau fit part à la Société des résultats qu'il avait obtenus
chez quinze femmes soumises par lui aux inhalations de chloro-
forme, et il faut avouer que le tableau qu'il fit à ce sujet est loin
— 11 —
de celui peint par le D r Houzelot. Même à propos d'un fait cité
par le D r Laborie et observé en commun, Danyau rappela que,
dans ce cas, le chloroforme avait été absolument impuissant à
calmer des douleurs atroces. « Oui, dit M. Blot, il existe des
degrés différents d'anesthésie, personne n'en peut douter; mais
ce qui est tout aussi certain, c'est qu'il est impossible dans la
plupart des cas de savoir d'avance celle qu'on va produire chez
telle ou telle femme, attendu que cela dépendra d'une foule de
conditions imprévues, en particulier de cette idiosyncrasie si-
gnalée par Robert à la Société de chirurgie, et s'il est bien posi-
tif qu'il existe chez les différents individus une disposition, une
aptitude particulière à être influencés de telle ou telle manière
par le chloroforme, il ne l'est malheureusement pas moins que
nous ignorons encore, à peu près complètement, les signes au
moyen desquels nous pourrions par avance reconnaître ces dis-
positions et ces aptitudes si variables. »
Gh. Kidd, R. Sansom, en Angleterre, Spiegelberg en Alle-
magne se proclament les partisans de l'anesthésie au premier
degré. La Société obstétricale de Londres formule ainsi la règle
qui doit présider au dosage du chloroforme lorsqu'on se propose
de n'agir que sur la douleur : « Dans les cas ordinaires, n'en
donner que juste la quantité nécessaire pour rendre la patiente
indifférente à la douleur, et non pour lui abolir complètement
le sentiment. »
« Scanzoni dit : « J'ai à peine besoin de dire que les inhalations
de chloroforme ne font point disparaître la perception de la dou-
leur qui accompagne les contractions, pour peu que cette dou-
leur soit intense, même quand le sommeil narcotique est com-
plet; car il est de règle que chaque contraction un peu forte et par
là un peu douloureuse est marquée par des cris, par un change-
ment soudain de position, bref par des signes indubitables de
sensibilité à la douleur. Si les femmes qui accouchent pendant
le sommeil dû au chloroforme ne se souviennent pas d'avoir
ressenti de douleurs une fois qu'elles sont revenues à elles, cela
signifie seulement que la mémoire leur fait défaut et non qu'elles
ne ressentaient pas la douleur dans l'instant de sa production. »
— li —
« L'expérience de l'auteur lui a démontré que les femmes en
couche réclament une plus forte dose de chloroforme, pour arri-
ver à un narcotisme complet , que des personnes bien por-
tantes ou des individus qu'on veut anesthésier en vue d'une
opération chirurgicale. C'est un fait explicable par la périodi-
cité des douleurs de l'anesthésie, par l'obstacle qu'oppose à la
réalisation d'une anesthésie complète l'excitation du système
nerveux, et enfin par la tolérance du système nerveux des femmes
enceintes et en couches, à l'égard de certains médicaments
(opiacés), ces femmes étant placées dans les mêmes conditions
que les chlorotiques, hystériques, chez lesquelles il y a hydré-
mie (1). »
Frédet, dans son intéressante thèse, après avoir donné les trois
degrés d'aneslhésie indiqués par Sansom; 1 er degré : Sopor ;
2* degré: Stupor; 3' degré : Stertor, se rallie également non
plus à la demi-anesthésie, mais, comme Sanson, au tiers d'anes-
thésie. Seulement, en lisant les observations qui lui sont person-
nelles, on arrive vite à cette conclusion qu'il a fait souvent fran-
chir à ses patientes les limites du sopor pour entrer dans le do-
maine du stupor.
Dans l'article anesthésie obstétricale, le professeur Pajot, après
avoir formulé les indications de l'anesthésie obstétricale dit :
« Dans les accouchements naturels, ou bien il faudra se contenter
pendant toute,la durée du travail d'un vain simulacre d'anesthésie,
atténuant à peine la souffrance, ou bien il faudra pendant un
grand nombre d'heures parfois, plonger la femme dans une
insensibilité véritable dont la prolongation doit toujours ef-
frayer. »
Le professeur Depaul, dans ses leçons de clinique obstétricale,
s'exprime ainsi : « Les médecins qui sont dans l'habitude de don-
ner du chloroforme dans tous les accouchements, même les plus
naturels, ne soumettent les femmes qu'à un premier degré d'a-
nesthésie, auquel ils ont arbitrairement donné le nom d'anesthé-
(1) Ueber die Anwcndung der Anœstketica in der geburtshûlflichen Praxis;
Iû Beitrâge zur Geburtskun.de xmd Gyncecologie, Bd. II, 1855, p. 62.
— 13 —
sie obstétricale. Pour eux c'est chose si simple que c'est la femme
elle-même qui tient la compresse sur laquelle le médecin jette
quelques gouttes du chloroforme et qui, lorsqu'elle reconnaît
l'approche d'une contraction utérine, porte vivement sa com-
presse au nez comme si elle respirait de l'eau de Cologne ou de3
sels anglais. Cette manière de donner le chloroforme ne constitue
pas, il faut l'avouer, une anesthésie sérieuse; c'est une simple
satisfaction donnée à la femme qui se figure que les choses se
passent toujours ainsi... Peut-on dire, en pareille circonstance,
qu'onaanesthésié, c'est-à-dire aboli la douleur? Evidemmentnon,
On a sacrifié à la pusillanimité exagérée d'une femme qui, igno-
rant le plus souvent la douleur véritable de l'accouchement , se
figure avoir souffert beaucoup moins que si on ne lui avait pas
donné de chloroforme. Pour moi, messieurs, le chloroforme à la
reine n'est pas quelque chose de sérieux et vous partagerez, je
l'espère, mon opinion à ce sujet. »
En 1874, le D r Campbell publia dans le Journal de thérapeu-
tique un premier mémoire sur l'anesthésie obstétricale. Dans ce
mémoire où l'auteur se déclare partisan des anesthésiques dans
les accouchements naturels, puisque sur 1,500 accouchements,
il les administra 942 fois, c'est-à-dire à peu près deux fois sur
trois, il n'est parlé que de l'anesthésie obstétricale ou de la demi-
insensibilité.
« Les petites doses de chloroforme, suspendues, je le répète,
entre chaque douleur, amènent peu à peu et jamais (c'est à cela
qu'il faut viser) avant dix, quinze ou vingt minutes, un état de
demi-insensibilité, de demi-conscience de ce qui se passe, accom-
pagné d'un bruissement dans les oreilles qu'il est bon d'annoncer
aux patientes, afin qu'elles n'en soient pas préoccupées ni ef-
frayées», et plus loin : « on arrive donc graduellement, par de pe-
tites doses de chloroforme, suspendues entre chaque contraction,
à neutraliser l'angoisse résultant de la pression occasionnée par
le passage de l'enfant à travers l'orifice utérin, et c'est ordinaire-
ment au milieu de ce calme relatif que l'on voit la patiente com-
mencer la série des efforts expulsifs. »
Le professeur Pajot dans un mémoire intitulé : « Le chloro-
— 14
forme dans les accouchements naturels considéré au point de vue
scientifique et pratique», réfute les assertions du D r Campbell et
s'élève plusvivement que jamais contre la théorie de la demi-m-
sensibilité. Les conclusions suivantes terminent ce travail :
« 1° Le chloroforme a sa place marquée à tout jamais en obs-
tétrique. Aucun praticien n'hésitera à l'employer, avec toutes les
précautions quil impose, dans les cas d'opérations douloureuses
ou d'accouchements anormaux quoique spontanés, sauf contre
indication.
« 2° L'anesthésie vraie, appliquée aux accouchements naturels
pendant les périodes de dilatation des orifices utérins et vulvaires,
est un procédé scientifique et sérieux que l'on peut discuter. Ses
dangers et ses inconvénients nous paraissent dépasser de beau-
coup ses avantages. L'opinion contraire à la nôtre a ses argu-
ments, peut être défendue.
» 3° C'est une erreur d'observation de considérer la période de
dilatation tout entière, comme généralement bien supportée
par les femmes.
« 4°G'estune hérésie scientifique d'avancer qu'on amoindrit et
qu'on espace les contractions utérines, alors qu'on avoue ne pas
même atteindre la deuxième période.
5° La prétendue demi-anesthésie, le chloroforme à la reine,
comme l'appellent ironiquement les grands praticiens anglais,
est une pratique aussi inutile qu'inoffensive; elle n'a rien de sé-
rieux ni de scientifique. Elle pourra prendre place à côté des
moyens dilatoires propres à agir sur l'imagination des femmes
et faire gagner du temps, quand dans un accouchement naturel,
il n'est pas besoin d'autre chose. Le chloroforme à la reine, à la
mode aujourd'hui, est destiné à supplanter la potion de nos an-
ciens (sa confection demandait plusieurs heures), les médailles,
les neuvaines, les eaux miraculeuses, la plume d'aigle à la cuisse
et la graisse de vipère sur le ventre.
« 6" La proposition de l'emploi du chloroforme dans les accou-
chements naturels aura longtemps encore des chances d'être ac-
clamée par les femmes et leur entourage, qui confondent, grâce
— 15 —
à l'équivoque et à l'ignorance, l'anesthésie à la reine avec l'anea-
thésie véritable. L'irrésistible mirage du « sans douleur »ne dispa-
raîtra même pas devant la réalité. On fera entendre aux femmes
quelles eussent souffert bien davantage sans la demi-anesthésie.
Le chloroforme sera, pour les accouchées, comme la Providence
qu'il faut toujours remercier quand on s'est fracturé une jambe.
On aurait pu se les casser toutes les deux. »
Le D r Fochier fit alors paraître un article dans le Lyon médical
sur l'anesthésie pendant l'accouchement. Dans cet article il ré-
sume les mémoires de Campbell, de Pajot et celui de Blot, paru
dans les Archives de Tocologie en 1875. Après avoir trouvé le tra-
vail du D r Pajot « étincelant de verve et de bon sens », il se rallie
à la demi-anesthésie ainsi qu'il résulte des lignes suivantes qui
terminent son article :
« La demi-anesthésie de M. Campbell sera souvent un allége-
ment bien plus réel que ne veut le croire M. Pajot ; l'anesthésie
complète ( et pour qu'elle soit complète et suffisante, il n'est pas
besoin de la pousser ici jusqu'à la résolution profonde, nécessaire
en chirurgie) ne parait pas présenter de dangers, à condition
qu'on tienne compte de certaines contre-indications, qu'on ne la
prolonge pas trop longtemps, et qu'on la surveille attentivement.
Depuis que je partage ces idées, je n'ai pas manqué une occasion
de les mettre en pratique; ma conviction s'est accrue avec l'ex-
périence. Ce n'est pas ici le lieu d'en rapporter les détails , ni de
traiter les questions accessoires si nombreuses que soulève l'a-
nesthésie dans les accouchements naturels, ou plutôt compliqués
seulement par la douleur. Une étude complète seule pourrait
s'occuper du paries in dolore, des objections de la routine ou de
la timidité, plus redoutables, en cette matière, que celles de la
prudence, du choix entre l'éther et le chloroforme, de l'emploi
duchloralou de la morphine, qu'ils soient administrés isolément
ou combinés avec les anesthésiques.
Mon intention était seulement de montrer, par les articles de
MM. Pajot et Blot, que cette question de l'anesthésie pendant
l'accouchement est loin d'être jugée et résolue malgré les affir-
— 16 —
mations de ces deux maîtres, puisqu'ils se sont crus obligés, l'un
d'attaquer vertement les demi-anesthésistes, l'autre de rééditer
des règles fort élastiques. Je ne pouvais moins faire en rappro-
chant cet incident important, provoqué par M. Campbell, que
prendre parti dans un camp et faire œuvre, je crois, de virilité
professionnelle en me déclarant partisan, dans les limites indi-
quées, de l'anesthésie pendant l'accouchement. »
Le D r Campbell envoya en (877, au congrès international des
sciences médicales de Genève, un volumineux mémoire intitulé :
Considérations nouvelles sur l'anesthésie obstétricale. Dans ce
travail, le D r Campbell appuie la demi-anesthésie ou anal-
gésie obstétricale sur une nouvelle théorie physiologique qu'il
expose fort clairement à l'aide d'un schéma dû au D r Onimus.
Dans cette figure, l'intelligence, la douleur, le tact, la motilité,
sont représentés par des lignes espacées et dans l'ordre suivant :
l'intelligence; 2" douleur; 3" tact; 4° motilité. Le chloroforme
agirait d'abord sur l'intelligence, puis sur la douleur : c'est à ce
moment qu'on doit s'arrêter, afin de conserver à la patiente le
tact et la motilité. Ainsi, pour lui, il existe pendant l'anesthésie
une dissociation des divers éléments fondamentaux de la sen-
sibilité. Tant que l'on reste entre l'intelligence et la douleur,
c'est la demi-analgésie ; si l'on va plus loin et que l'on dépasse
la douleur pour s'approcher du tact, c'est l'analgésie complète.
La théorie en elle-même est très-séduisante, mais répond-elle
à la réalité? Nous verrons tout à l'heure ce que disent les
physiologistes.
En tout cas, nous regrettons bien vivement que le D r Camp-
bell n'ait pas encore publié la seconde partie de cet ouvrage qui
doit contenir les pièces justificatives, c'est-à-dire les obser-
vations.
A ce même congrès, le D r Piachaud, dans un rapport très-bien
fait, tout en se déclarant partisan du chloroforme dans les ac-
couchements naturels, trouve la dénomination d'anesthésie
obstétricale, employée par Campbell, vicieuse, et il propose de
la remplacer par le nom d'hypesthésie, « qui indique de suite
que la sensation douloureuse est simplement diminuée », tandis
— 17 —
que le nom d'anesthésie doit être réservé au second degré dans
lequel la sensation est abolie entièrement, ainsi que les mouve-
ments volontaires et la connaissance : « Nous estimons, dit-il,
qu'on ne doit jamais dépasser le premier degré dans l'accouche-
ment naturel, se borner par conséquent à Vhypesthésie et ne
jamais chercher à obtenir l'anesthésie proprement dite. »
Pour lui, il n'y a donc analgésie complète qu'avec anesthésie.
Le professeur Gourty, à propos du rapport du D r Piachaud,
lut un mémoire extrêmement intéressant sur la chloroformisa-
tion dans les accouchements naturels. Dans ce mémoire inédit,
mais que l'auteur eut la gracieuseté de me communiquer, le
professeur Courty rend compte de ce qu'il a observé chez qua-
rante multipares soumises par lui aux inhalations de chloro-
forme pendant le travail. Toutes ces femmes étaient multipares,
le D r Courty a soin de le rappeler; elles se trouvaient toutes,
dit-il, dans des conditions spéciales : car elles avaient été soi-
gnées par lui auparavant pour des affections utérines, suites
d'accouchements antérieurs.
Le professeur Gourty observa d'abord une action antispasmo-
dique très-manifeste dès les premières inhalations de chloro-
forme, et se traduisant par un calme parfait dans l'intervalle
des contractions, puis, l'anesthésie étant poussée plus loin, par
l'atténuation de la douleur et même dans certains cas la sup-
pression.
Pour lui, on ne doit jamais pousser l'anesthésie jusqu'à la
résolution musculaire, mais s'arrêter en deçà.
Anssi conseille-t-il l'emploi du chloroforme dans les accouche-
ments, quand les douleurs sont trop fortes ou quand les ma-
lades en réclament V emploi.
LeD r Bailly, en 1878, publia dans le Bulletin de Thérapeu-
tique un article intitulé : De l'anesthésie dans les accouchements
naturels et d'un nouvel appareil (appareil de Legroux) pour
administrer le chloroforme aux femmes en couches. Dans cet
article, il proclame les bienfaits de la demi-anesthésie ou anes-
thésie obstétricale qu'il appelé bien à tort, je pense, méthode
de Simpson ; ce dernier ayant l'habitude de commencer par
Pinard, >
— 18 —
donner de fortes doses de chloroforme. Puis, après avoir décrit
l'appareil du D r Legroux, sur lequel je reviendrai du reste, il
termine par cette dernière phrase : « Encore quelques années
et on verra cet appareil dans la trousse de tous les accoucheurs
à qui il sera devenu plus nécessaire que leur forceps ! »
Le professeur Pajot, dans des articles en réponse au dernier
mémoire de Campbell et du D r Bailly (voir Annales de Gynéco-
logie, 1877, et Bulletin de thérapeutique, 1878) soutint plus
vivement encore que la demi-anesthésie n'est qu'une illusion et
de plus une impossibilité physiologique, en s'appuyant sur des
données scientifiques exposées par Cl. Bernard dans ses Leçons
sur les Anesthésiques.
Mais la demi-anesthésie continua à faire des prosélytes, et
quelque temps après le D r Legroux dans la Gazette hebdoma-
daire, le D r Dumontpallier dans des communications à la Société
médicale des hôpitaux, le D r Lucas-Championnière dans une
communication à la même Société et dans un article du Journal
de médecine et de chirurgie pratiques, se rangèrent sous la
bannière de l'analgésie sans anesthésie.
Tel est l'état de la question, à l'heure présente, dans le camp
des accoucheurs.
Examinons maintenant ce que disent les physiologistes.
Cl. Bernard, dans ses Leçons sur les anesthésiques, dit en
résumant l'action des anesthésiques (page 146 et suivantes) :
« 1° L'agent anesthésique est une substance volatile qui doit
pénétrer dans le sang en arrivant, chez les animaux supérieurs,
parles surfaces respiratoires. Comme la substance est éminem-
ment absorbable, elle pénètre très-vite : dès le début de l'inha-
lation, on trouve du chloroforme dans le sang, n'y eut-il eu
qu'une seule inspiration. Le sang, dans lequel l'anesthésique a
ainsi pénétré sert de véhicule pour conduire la substance aux
centres nerveux sur lesquels elle porte son action : cette opinion
déjà émise, nous l'avons corroborée par des expériences dé-
monstratives. Nous avons montré de plus que, dans les centres
nerveux, l'anesthésie ne s'accompagne pas de congestion,
— 19 —
comme on le croyait autrefois, mais au contraire d'une anémie
relative.
« 2° Les centres nerveux sont-ils atteints tous en même temps
par l'action du chloroforme? Non, le cerveau est pris le premier.
On perd d'abord la conscience du moi, la connaissance des faits
extérieurs. La moelle épinière n'est atteinte que plus tard, et
l'on peut même distinguer plusieurs périodes dans l'action du
chloroforme sur ce centre nerveux. Au commencement de l'ac-
tion anesthésique, les mouvement réflexes ayant leur centre
dans la moelle allongée et la moelle épinière continuent encore
à se produire; ils sont même plus énergiques et plus rapides.
Puis la moelle est atteinte, et les mouvements réflexes dispa-
raissent peu à peu; mais, à ce moment, les mouvements de
totalité, c'est-à-dire ces mouvements qui seraient des mouve-
ments volontaires si l'animal n'avait pas perdu tout d'abord la
conscience, persistent encore quelque temps. Mais ils finissent
par s'arrêter aussi, et l'animal tombe dans le collapsus, le relâ-
chement musculaire complet ; il devient immobile comme un
cadavre. Les mouvements respiratoires et ceux du cœur parais-
sent conservés.
Le cerveau ouvre donc la scène dans les phénomènes du chlo-
roforme, et ce n'est qu'après lui qu'on voit s'anesthésier la
moelle épinière et les nerfs qui en émanent
3° Un autre fait que ,je crois avoir bien mis en lumière c'est
que, si l'action anesthésique commence parle cerveau, et si elle
débute pour chaque nerf sur la cellule sensitive centrale, l'in-
sensibilité n'en commence pas moins tout au contraire à se
manifester à l'autre extrémité, au bout périphérique. Les choses
se passent comme dans la mort naturelle par soustraction du
sang : l'élément nerveux perd ses propriétés par l'extrémité
opposée à celle où il est atteint. La même loi s'applique au nerf
moteur avec cette différence que, pour celui-ci, les rapports
physiologiques sont renversés, et c'est l'extrémité périphérique
qui doit être attaquée au lieu de l'extrémité centrale. L'agent
anesthésique exerce donc sur le nerf sensitif une action qui se
lie essentiellement à ses propriétés physiologiques et qui peut
20 —
servir aie distinguer du nerf moteur *■! *«
5° Quel est l'état physiologique d'un animal anesthésié? Il
lui manque un de ses éléments histologiques, l'élément nerveux
sensitif, pas d'une manière absolue sans doute, car alors il
mourrait bientôt sans retour, mais du moins partiellement, et
dans une limite variable selon l'intensité de l'anesthésie.
Dans cette atteinte de l'élément sensitif, on observe, selon
les degrés d'effet produit par l'anesthésique, une succession
régulière, une progression toujours la même. Ainsi que le
montre l'observation de l'anesthésie chez l'homme, c'est d'abord
la conscience, la notion du moi, qui est abolie; vient ensuite la
perte de la sensibilité externe, c'est-à-dire la réception des im-
pressions produites sur nos organes des sens, sur la peau; mais
la sensibilité interne subsiste encore, c'est-à-dire que, par
exemple, les impressions portées sur l'arrière-gorge amènenl
encore l'acte réflexe de la déglutition. Ce n'est que dans une
période plus avancée que disparaît la sensibilité inconsciente;
alors cessent de se produire les actes réflexes involontaires,
mais essentiels à la vie; la respiration s'arrête, l'animal meurt.
Il semble donc que, par leur action successive, les anesthé-
siques établissent des catégories bien distinctes entre les nerfs
sensitifs : d'abord les nerfs des sens spéciaux, puis ceux des
sensations extérieures moins nettement localisées (toucher, dou-
leur), puis ceux des actes réflexes inconscients, puis enfin ceux
des actes réflexes tout à fait automatiques, sans l'accomplisse-
ment desquels la vie ne saurait continuer (respiration, circula-
tion). ... . . ...
6- Quant au mode de disparition de sa sensibilité dans un
nerf par l'action des anesthésiques, nous avons signalé ailleurs
ce fait que la sensibilité récurrente est la première à disparaître
des paires nerveuses rachidiennes. Nous avons démontré, dans
la précédente leçon, que, sur un nerf sensitif donné, ce sont
d'abord les extrémités périphériques qui deviennent insen-
sibles. Alors on dit que l'animal est anesthésié, parce qu'il ne
sent plus les incisions de la peau. Cependant le tronc nerveux
possède encore la sensibilité, et si l'on voulait opérer sur lui,
— li-
on dirait que l'animal n'est pas anesthésié. A mesure que
l'anesthésie progresse, le tronc nerveux lui-même devient in-
sensible, et finalement les racines postérieures elles-mêmes ne
sont plus excitables. ... ..........
M. Perrin, dans son magistral article anesthésié chirurgicale
du Dictionnaire Encyclopêd., décrit ainsi les phénomènes de
l'anesthésie : « Au début, la sensibilité est toujours exaltée : les
pupilles se contractent, l'œil se ferme, l'ouïe devient irritable,
et le plus léger contact suffit pour causer de la douleur et pro-
voquer des mouvements violents. A ces phénomènes peu du-
rables succède un trouble plus profond de la sensibilité : une
véritable incapacité commence à s'emparer des centres nerveux;
la sensation est moins vive et frappe moins l'attention; elle est
aussi plus vague, plus confuse. Les notions indécises et comme
effacées qu'elle fait naître permettent à peine d'avoir conscience
du monde extérieur. En même temps, la sensibilité périphé-
rique s'émousse d'abord dans les parties les moins sensibles,
telles que le dos, le crâne, la face postérieure des membres,
puis en dernier lieu, au ventre, aux doigts, et surtout aux or-
ganes génitaux. On a l'habitude d'interroger la sensibilité de la
peau pour juger du degré d'anesthésie ; il faut toujours avoir
soin d'explorer les points où elle offre le plus de résistance; les
tempes par exemple sont un endroit sûr et commode à la fois.
Il ne suffit pas de serrer un pli de la peau entre la pulpe des
doigts; il faut la pincer avec les bords tranchants des ongles ou
la piquer avec une épingle.
« Les sens possèdent encore une incontestable activité quand
la sensibilité générale et les facultés cérébrales ont cessé d'agir;
leurs résistances permet de constater le remarquable dédouble-
ment, qui, sous l'action des éthers, s'opère dans l'exercice de
la sensibilité. Au moment où certains malades sont plongés
dans un sommeil profond, ils entendent encore ce qui se dit
autour d'eux ; ils» le répètent distinctement. On les croirait
éveillés si l'état de torpeur dans lequel ils sont plongés n'indi-
quait au praticien qu'il ne s'agit là que d'une reproduction au-
— 22 —
tomatique des sons perçus à laquelle l'intelligence et la volonté
ne prennent aucune part.
« Pendant les inhalations, l'œil est le plus souvent fermé
comme pour se prémunir contre l'action irritante des vapeurs ;
ce n'est que dans certains cas que les paupières sont le siège de
quelques mouvements ou de clignotements rapides. A un mo-
ment variable l'appareil moteur de l'œil se contracte ; il en ré-
sulte,soit une sorte de balancement transversal, soit un état
d'immobilité active dans lequel le globe oculaire est convulsé
en haut et en dedans, de façon à rester profondément caché
sous la paupière supérieure jusqu'à une période très-avancée de
l'anesthésie. On observe aussi dans l'état de la pupille des oppo-
sitions que l'opérateur ne doit jamais perdre de vue. Pendant
toute la période d'excitation, rien de régulier; tantôt large,
tantôt étroite, le plus souvent soumise à de brusques et extrêmes
variations ; mais sitôt que l'anesthésie est obtenue, l'iris se con-
tracte et reste contracté pendant toute la durée de cette période.
Ce n'est qu'à une époque très-avancée que la pupille se dilate et
reste immobile.
L'action des anesthésiques n'est point régulièrement pro-
gressive, souvent elle est accidentée par de brusques retours de
la sensibilité. Par conséquent, l'opérateur qui cherche à s'éclai-
rer par l'état de la sensibilité sur le moment où il pourra com-
mencer une opération, devra y revenir à plusieurs reprises, et
contrôler ce renseignement par d'autres que nous ferons con-
naître.
Enfin le D r Charles Richet, dans sa thèse si remarquable sur
la sensibilité, s'exprime ainsi : « Le chloroforme, qu'on peut
regarder à juste titre comme le type des agents anesthésiques,
supprime la douleurs des opérations. Si on pousse très-loin la
chloroformisation, il arrivera un moment où tous les membres
de la vie animale et tous les réflexes de la vie organique serait
supprimés. Le malade est plongé dans un état de sommeil
absolu et de résolution complète. 11 n'est guère probable qu'il
perçoive de la douleur à ce moment ; mais si l'intoxication est
moins profonde, il se débat, s'agite, se plaint comme s'il souf-
— 23 —
frait; une fois réveillé, il n'a conservé aucun souvenir de ce
qui s'est passé. Est-ce ou non de la douleur?
Pour moi, il me semble évident que toutes les fois que le ma-
lade se plaint et se débat, il y a douleur, douleur moins vive
peut-être, et surtout plus passagère ; mais le fait de la douleur
n'en est pas moins positif, et nous n'avons pas d'autre moyen
pour le juger que de nous en rapporter aux gémissements plain-
tifs des malades. C'est là le seul signe extérieur, et, si nous
l'avons, il doit nous suffire : cependant cette douleur a un ca-
ractère spécial, c'est sa rapidité et sa facilité à disparaître de la
mémoire. Souvent, pendant le chloroforme, on voit un cri de
douleur se terminer par un chant joyeux graduellement trans-
formé ; comme si, dans le cerveau empoisonné, les impressions
passaient sans laisser de trace. A vrai dire, cette douleur si
rapide qu'on n'en conserve pas le souvenir, n'est rien, et c'est
un moment presque mathématique dont il n'y a guère à tenir
compte. Ce qui fait la cruauté de la douleur, c'est moins la dou-
leur elle-même, si interne qu'elle soit, que son souvenir et le
retentissement pénible qu'elle laisse après elle. Une douleur
aiguë qui dure une seconde, et qu'une seconde après on ne se
rappelle plus avoir existé, n'est pas une vraie douleur, et les
gens qui souffrent ainsi ne méritent pas qu'on les plaigne.
Souvent le chloroforme agit d'une autre manière ; il est analgé-
sique et laisse persister les autres sensibilités. »
Voici maintenant ce qui résulte de nos observations cliniques.
Chez 21 primipares soumises aux inhalations de chloro-
forme ;
1° Le chloroforme a été donné à doses fractionnées (chloro-
forme à la reine), soit au début de chaque contraction, soit dans
l'intervalle des contractions seulement, soit pendant la période
de dilatation seule, soit pendant les deux.
2° Le chloroforme a été donné à doses massives, soit pendant
la période de dilatation seule, soit pendant la période d'expul-
sion seule, soit pendant les deux.
A. Dès les premières inhalations et quand les parturientes
souffraient, dans l'intervalle des contractions, dans tous les cas,
— 24 —
quelle qu'ait été la période du travail, un calme subit et parfait fut
observé; mais douleur aussi vive au moment de la contraction.
(Soulagement initial de Campbell, action antispasmodique de
Courty, Pajot, Tarnier.'l
B. La douleur au moment de la contraction ne disparut jamais
entièrement avant la perte complète de l'intelligence et de la sen-
sibilité cutanée.
Tant que les femmes purent nous répondre, elles accusèrent
toutes, au moment de la contraction, une douleur qui leur parais-
sait peu ou point diminuée, mais qui .pour quelques-unes était
moins longue (la contraction durait également moins long-
temps).
G. Chez quelques femmes qui naturellement n'éprouvaient
aucune douleur dans l'intervalle des contractions, le chloro-
forme, même donné à doses légères, provoqua l'excitation phy-
sique et morale.
Chez deux femmes, l'excitation fut telle que nous dûmes nous
arrêter. Et cependant le chloroforme avait été accepté avec
reconnaissance.
D. Dans les cas où nous avons donné le chloroforme à dosée
massives, la douleur disparaissait avant la résolution mus-
culaire. Les femmes ne répondaient plus, ne sentaient nul-
lement le. pincement de la peau; mais au moment de la contrac-
tion, sans que le visage offrit la moindre anxiété, des mouve-
ments réflexes partiels ou du corps tout entier se montraient,
et il fallait les maintenir à ce moment, à deux ou trois.
E. Enfin, chez des femmes dont les contractions étaient éner-
giques et les douleurs très-vives, l'anesthésie complète fut obte-
nue avec la plus grande difficulté, et il était très-difficile de les
maintenir anesthésiées. Chaque contraction semblait épuiser
l'action du chloroforme. La pupille, très-contractée avant, se
dilatait vers la fin de la contraction, en même temps qu'on
voyait rapidement disparaître la sensibilité cutanée et l'intelli-
gence. Si, dans le cours de nos recherches, nous avons vu les
femmes souffrir très-peu sous l'influence du chloroforme, il
faut reconnaître qu'avant les inhalations, les douleurs étaient
— 25 —
également peu marquées. Quant à l'analgésie complète avec
conservation de l'intelligence et de la sensibilité cutanée, qui a
été signalée par les chirurgiens, et qui serait la règle pour cer-
tains accoucheurs, elle doit, suivant nous, être exceptionnelle;
car nous n'avons pu l'observer une seule fois dans les 23 faits
que je rapporte.
CHAPITRE II.
ACTION DU CHLOROFORME SCR LA CONTRACTILITÉ
UTÉRINE.
« Il semble de prime abord, dit Blot, qu'aucune question ne
soit plus facile à résoudre que celle-là, et cependant la lecture
des nombreux travaux où elle est traitée prouve bien le con-
traire. Je ne connais pas, en effet, de problème thérapeutique
ou physiologique sur lequel il règne autant de divergences, au-
tant d'opinions contradictoires. S'il me fallait, pour le démon-
trer, mettre sous les yeux du lecteur les pièces du procès, l'éten-
due de cette thèse ne pourrait y suffire, et j'en rendrais la lecture
extrêmement fatigante. »
Et, après avoir examiné les diverses opinions, M. Blot ajoute,
en terminant ce chapitre : « En résumé, ce qui est ressorti bien
clairement pour moi de la lecture attentive des nombreux docu-
ments relatifs à cette question, c'est que de nouvelles recherches
sont nécessaires pour pouvoir apprécier les différentes condi-
tions qui font ainsi varier l'influence des anesthésiques sur la
contractilité utérine. »
Vingt années se sont écoulées depuis que Blot a écrit les
lignes ci-dessus. Les travaux se sont accumulés en nombre tel
qu'il serait bien plus impossible encore de les citer tous. Aussi
Pinard. 4
'— 26 —
auivrai-je le même plan et ne donnerai-je que les opinions qui
sont basées sur un grand nombre de faits bien observés.
Les recherches auxquelles M. Blot faisait appel ont-elles été
entreprises et ont-elles été effectuées avec toute la rigueur scien-
tifique dont on ne veut et ne peut plus se départir à l'époque
actuelle? Ce qui suit démontrera que si des recherches sérieuses
ont été entreprises, le plus souvent les auteurs se sont contentés
de procéder par affirmation.
Pendant fort longtemps les conclusions de Dubois servirent
de credo à la pluralité des accoucheurs. On admettait générale-
ment que, sous l'influence de l'anesthésie, les contractions n'é-
taient modifiées ni dans leur rhythme ni dans leur durée pendant
l'anesthésie, bien que Dubois eût été fort peu explicite à cet
égard. Cependant Stoltz crut remarquer que les contractions
devenaient plus fréquentes, Bouisson également, tandis que
Bouvier, Siebold, Beatty, Montgomery, Scanzoni, Grenser, Sachs
et Spiegelberg ont vu les contractions se ralentir ou se sus-
pendre.
« Évidemment, dit Blot, ces différences dans les résultats ob-
tenus ne peuvent tenir qu'à un certain nombre de circonstances
particulières dont tous les observateurs n'ont peut-être pas suf-
fisamment tenu compte ; tels sont : le degré d'anesthésie. les
idiosyncrasies individuelles, le mode d'administration, la dose
de l'agent anesthésique pour un temps donné. Enfin, de sim-
ples coïncidences méconnues, le propter hoc mis à la place du
post hoc, etc. »
Voyons maintenant quelles sont les opinions des auteurs
qui ont noté avec plus de soin les conditions au milieu des-
quelles ils se trouvaient placés. La commission désignée par la
Royal médical and chirurgical Society pour faire une enquête
sur l'emploi et les effets physiologiques, thérapeutiques et toxi-
ques du chloroforme, adressa à tous les accoucheurs des univer-
sités anglaises une série de questions auxquelles ils répondirent
suivant les résultats de leur expérience.
La deuxième question était ainsi formulée : lorsque le chloro-
forme est donné de façon a produire l'anesthésie profonde, pa-
— 27 —
ralyse-t-il, d'après votre expérience, soit les contractions utérines,
soit les forces adjuvantes de la parturition?
L'analyse des 28 réponses à cette question donne les résultats
suivants :
Dans 8, il est dit qu'il paralyse ou diminue les contractions
utérines ;
Dans 3, qu'il paralyse ou diminue les forces adjuvantes;
Dans 14, qu'il paralyse ou diminue les deux;
Dans 3, qu'il n'influence ni les unes ni les autres.
3 e Question. — Lorsqu'on administre le chloroforme modé-
rément et avec les précautions nécessaires, a-t-il, dans votre
pratique, prolongé le travail en affaiblissant les forces expul-
trices, soit dans la première, soit dans la dernière période de la
parturition?
Les 27 réponses reçues peuvent se diviser comme il suit :
4 fois il fut répondu qu'il y avait eu affaiblissement dans la
première période.
2 fois affaiblissement pendant la dernière période.
12 fois pendant les deux périodes.
9 fois dans aucune.
4° Question. — Pensez-vous que le nombre des cas dans les-
quels il faut avoir recours aux instruments, pour terminer le
travail, soit augmenté par l'emploi du chloroforme ?
Sur 24 réponses :
15 furent négatives,
9 affirmatives.
Mais, dit le Comité, tandis que les premiers avaient employé
le chloroforme d'une manière prudente et judicieuse, les der-
niers avaient largement administré l'agent anesthésique.
Il est facile de voir, d'après ces différentes réponses, que,
pour bon nombre d'accoucheurs anglais, l'anesthésie chlorofor-
mique ralentit souvent les contractions utérines, soit pendant la
période de dilatation, soit pendant la période d'expulsion, lors-
— 28 —
que l'anesthésie est modérée, plus souvent encore quand l'anes-
thésie est profonde.
Il est regrettable, toutefois, qu'on n'ait pu mieux préciser en
même temps l'influence de l'anesthésie sur la douleur dans ces
différents cas, car les expressions anesthésie modérée, emploi
prudent et judicieux du chloroforme, sont des termeslienvagues,
et ne peuvent renseigner ni sur la quantité du chloroforme em-
ployée, ni sur la durée de l'anesthésie. Quant au Comité lui-
même, il s'exprime ainsi, à propos de l'emploi du chloroforme
dans le travail normal :
« Un anesthésique donné de façon à produire une insensibi-
lité profonde suspend, dans beaucoup de cas, les contractions
utérines et les efforts adjuvants de la parturition, ce qui peut
obliger à avoir recours à la version et à la délivrance instru-
mentale. Administré à un degré modéré, en prenant les pré-
cautions nécessaires, il prolonge quelquefois le travail en affai-
blissant les forces expultrices, mais, dans une grande propor-
tion de cas, il n'en est pas ainsi. »
Je trouve dans un travail de Winckel, de Dresde, qui a fait
sur ce sujet des recherches très-consciencieuses, deux observa-
tions tellement précises que, malgré leur longueur, je n'hésite
pas à les donner en entier :
Obs. 1. — J. h..., secondipare, âgée de 28 ans, arrive, après une
grossesse parfaitement normale, à 1 hôpital le 23 juin en tra-
vail. C'est une femme brune, avec des lèvres et des joues roses,
forte de constitution et de taille assez élevée. A l'examen, on trouve
le bassin normal et une présentation en deuxième position occipitale.
L'orifice utérin présente le diamètre d'un thaler, les lèvres sont
minces, la poche des eaux intacte, les pulsations fœtales très-nette-
ment perçues à droite et en bas.
5 h. 3/* après-midi. Pouls 92, température vaginale 37,7. On se
sert d'un perce-membrane pour rompre la poche, après avoir donné
/m lavement qui n'a pas été rendu; tête assez profondément placée,
a grande fontanelle à gauche et en arant.
h. 1 r * contraction, durée I m. Intervalle 1 m. 1/2.
— 29 —
2 e contraction, période d'augment 15 s.; acmé 40s.; période de dé-
croissance 15 s.; intervalle 65 s.
3° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 45 s.; période de
décroissance 15 s.; intervalle 65 s.
4 e contraction, période d'augment. 20 s.; acmé 35 s.; période de dé*
croissance 25 s.; intervalle 35 s.
Les muscles abdominaux n'agissent pas encore. La douleur des
contractions est très-modérée. L'utérus n'est pas douloureux à la
pression. La tète est appliquée avec force sur l'orifice.
5° contraclion, période d'augment 10 s.; période de décroissance
15 s.; intervalle 65 s.
Contractions abdominales de peu de durée pendant la douleur.
6° contraction, période d'augment 15 s.; acmé 60 s. Pendant
celte contraction, la tête a franchi l'orifice et est presque venue au
niveau du périnée avec l'aide de contractions énergiques des muscles
de l'abdomen.
Dans l'intervalle suivant, on pratique des inhalations de chloro-
forme. La femme était couchée depuis le début de l'observalion sur
le côté droit. En 3 m. 1/4, l'anesthésie est. complète, mais la durée
de l'intervalle est de 4 m. 1/4.
7 e contraction, période d'augment 15 s.; acmé 25 s.; période de
décroissance 15 s.; intervalle 1 m. 50 s. Sommeil profond, plus d'in-
halations.
8° contraction, période d'augment 15 s.; acmé 20 s.; période de
décroissance 20 s.; intervalle 1 m. 30. Plus de contractions abdomi-
nales. Narcolisme complet.
9° contraction, période d'augment 5 s.; acmé 20 s.; période de
décroissance 16 s.; intervalle 1 m. 15 s. 24 respirations en 1 m. Les
contractions abdominales reparaissent. Inhalations pendant la con-
traction .
10° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 35 s.; période de
décroissance 15 s. Vive réaction de la part de la femme. Contrac-
tions abdominales bien nettes. Nouvelles inhalations. Quelques
plaintes légères. L'inlervalle dure 1 m. 50 s.
11° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 30 s.; période de
décroissance 15s.; intervalle 5 s.
12° conlraction, période d'augment 10 s.; acmé 10 s.; période de
décroissance 10 s.; intervalle 10 s.
13° conlraction, période d'augment 10 s.; acmé 40 s.; période de
■ - 30 —
décroissance 15 s.; intervalle 1 m. 35" s. Torpeur profonde. Pendant
l'acmé, contractions abdominales énergiques. La malade se réveille
peu à peu en l'absence de nouvelles inbalations.
U" contraction; période d'augmenl 10 s.; acmé 25 s.; période de
décroissance 15 s.; inhalations 1 m. 5 s. Réveil presque complet. Les
muscles abdominaux se contractent énersriquement. La tète fait for-
tement saillir le périnée.
15° contraction, période d'augment 15 s,; acmé 1 m, La tète ar-
rive presque à franchir le périnée.
Les 16', 17° et 18° contractions se suivent de très-près et amènent
la sortie de la tête, en tout 15 m. après la cessation des inhalations
chloroformiques. Le front se dégage sous l'arc pubien. Après la sortie
de h tôte, écoulement d'eata très-modéié. L'enfant à terme, garçon
ils: 6 livres, longueur: 25 pouces et 20 lignes; diamètres de la tète :
;i lignes 1/4, 3 lignes 5/8, 4 lignes 1/2, 5 lignes 1/4), crie aussitôt. Le
placenta est aisément extrait au moyen de la pression 5 m. après,
hémorrhagie très-insignifiante. — L'utérus était et resta rétracté. Au
début de l'expérience, le soir à 6 h. 1/4, la température vaginale
était de 39°. 4Î5. Le pouls était de 6, 7, 8 battements en 5 s. pendant
une contraction. Mais immédiatement après l'accouchement, à
C h. 3/4, la température vaginale était de 37°, 3, le pouls était égal
à 44. Les couches fun-nt romplètement normales : ce qu'il y avait eu
de plus car.ieleristique, c'était le ralentissement du pouls.
Le 24 cl le 25 juin, le pouls était de 60 à 62.
Le2.i. De (.4 à 68.
Le 27. De 66 à 68;
Le 28. De 68 à 66.
Du 29 juin au 3 juillet, constamment de 60 à 62. La température
oscillait entre37°,2et37°,8; la respiration entre 16 et 20. L'involulion
de l'utérus se fit très-bien. La femme allaita son enfant elle-même et
quitta le lit le neuvième jour.
Le 6. La mère et l'enfant sortirent bien portants.
Conclusions. — Si nous comparons les six contractions obser-
vées avant le début des inhalations aux six contractions qui
survinrent pendant le narcotisme chloroformique, on aperçoit
au premier coup d'oeil les différences suivantes :
*" Les intervalles des contractions sont plus longs pendant
— 31 —
l'anesthésie que dans les conditions ordinaires ; en moyenne, ils
furent, pour cinq douleurs observées pendant la chloroformisa-
tion continue, de 2 m. 10 s., et pour cinq douleurs avant la
chloroformisation, de 1 m. 4 s. seulement. Le plus grand inter-
valle coïncide avec le début des inhalations — il fut de 4 m. 1(4.
Ici l'influence morale a dû se faire sentir en même temps que
celle du chloroforme.
2° Les contractions prises isolément sont également modifiées
par la chloroformisation, car la période d'acmé est abrégée par
elle. Pendant le narcotisme, elle, était en moyenne de 26 s., et
auparavant de 42 s. Au contraire, les périodes d'augment et de
décroissance ne furent presque pas modifiées. Un point extrê-
mement intéressant, c'est que le degré de narcotisme est direc-
tement proportionnel à la durée de la période d'acmé. — Dans
le sommeil complet (contractions n 03 8 à 12), l'acmé fut la plus
brève. Aussitôt que la douleur fut perçue, l'action des muscles
abdominaux se fit de nouveau sentir, et la durée de l'acmé
augmenta. Il est vraisemblable que la diminution de la durée
de l'acmé est due presque exclusivement à l'absence des con-
tractions abdominales, car la contraction de l'utérus se trouve
nécessairement renforcée par la pression qu'exercent sur lui
les muscles abdominaux en se contractant avec force. De nou-
velles inhalations eurent encore pour effet de prolonger les in-
tervalles (contractions 10-11) et d'abréger la période d'acmé
(contraction 12).
3° Quoique la parturiente fût maintenue pendant près de
13 s. dans un état de narcotisme à peine interrompu, les con-
tractions qui survinrent après la cessatiou des inhalations repri-
renl leur énergie et leur durée primitive.
4° Quant à la température, l'anesthésie par le chloroforme
n'exerce aucune influence sur elle; l'abaissement de 37°, 45 à
37°, 'À correspond exactement à l'oscillation ordinaire de la
journée. On ne constata non plus aucune action du chloro-
forme sur l'enfant et sur la femme pendant l'étal puerpéral.
Donc le résultat principal obtenu, c'est que, sous l'influencp
de la chloroformisation, V accouchement a été retardé non-seu-
— 32 —
lement par suite de la durée plus grande des intervalles entre
les contractions , mais encore par la plus courte durée de la
période d'acmé de chaque contraction prise isolément.
Obs. II. — S. K..., tertipare, grande, très-vigoureuse, à bassiu
spacieux ; deuxième position occipitale ; entre en travail le 3 juillet au
soir. On commença l'examen pendant la première période de l'ac-
couchement, la poche des eaux étant intacte et le col oiïranl une
dilatation égale à un thaler.
A. — Contractions avant l'inhalation de chloroforme.
Début de l'oàseroation à H h. 1/2 du soir.
Pouls.
84
84
D
La malade ne gémit pas pendant les contractions ; elle retient sim-
plement la respiration et pousse chaque fois un léger soupir.
» » » 6 3 m. 1/2 15 s. 35 s. 10 s.
Si 38° » 7 6 m. 10 s. 42 s. 10 s.
84 38,05 » 8 3 m. 10 s. 25 s. 15 s.
Pendant le sixième intervalle des contractions, on observa dans l'espacs
de 2 m. 33 mouvements de l'enfant (choc des petites parties contre l'utérus)
bien, sentis par moi; au contraire pendant le septième intervalle, 6 mouve-
ments seulement. Pulsations fœtales normales.
84 37",95- » 9 4 m. 10 s. 45 s. 15 s.
38<>,6
y U 3 m. 1/2 10 s. 40 s. j-5s.
B. — Contractions pendant l'inhalation du chloroforme.
Apres un intervalle de 1 m., on commence les inhalations de chloro-
forme; Vinteriat/r dure encore 6 m.
l'euipér.
Kesp.
Cootr.
Intervalle
Période
d'angment.
Acuné.
Période ci
décroissant*.
37°,95
1
»
30 s.
20 s,
37°,95
2
4 m. 1/2
5 s.
15 s.
5 s.
s
»
3
4 m.
5 s.
40 s.
15 s.
38°,05
»
4
3 m.
10 s.
30 s.
15s.
»
»
5
3 m.
12 s.
35 s.
15 s.
— 33 —
Pouls. Tempér. Resp. Coutr. Intervalle Période Acmé. Période de
d'augment. décroissance.
92 37°,925 » 11 6 m. 10 s. 35 s. 10 s.
La parturiente tend encore ses muscles, comprend encore les ques-
tions, n'est pas encore complètement narcolisce.
» » » 12 8 m. 1/2 Contract. avortée de 10 à 15 s.
» » » 13 1 m. 1/2 15 s. 45 s. 15 s.
Pas d'inhalation pendant 3 m. 1/2, puis, comme la parturiente re-
mue, nouvelles inhalations.
» 37°,95 » 14 5 m. iC s. 25 s. 10 s.
Le narcotisme complet commence.
» « "15 5 m. 10 s. 35 s. > s
Sommeil, sans nouvelle inhalation ; narcotisme complet.
» 37°,9 24 16 6 m. 10 s. 45 s. 15 s.
Nouvelles inhalations, l'aneslhésie diminuant.
» » » 17 3 m. 1/2 !0s.
82 37»,9?5 24 18 3 m. 1/2 10 s.
80 37°,95 24 19 3 m. 1/2 10 s.
Cette contraction, malgré les inhalations, fut très-énergique ; après
quoi on ne donna plus de chloroforme.
C. — Contractions pendant la demi-anesthésie.
i20 3 m. 10 s. 45 s. 12 s.
21 4 m. 10 s. 45 s. 15 s.
2-2 3 m. 1/4 10 s. 35 s. 15 s.
23 3 m. 1/2 8-10 s. 50 s. 10 s.
24 3 m. 3/4 5-8 s. 25 s. 10 s.
25 3 m. 3/4 5 s. 40 s. 15 s.
A peine quelques gémissements pendant ces contractions ; sommeil
profond dans les intervalles.
,, » » 26 4 m. 1/2 15 s. 35 s. 10 s.
,, » » 27 3 m. 1/2 10 s. 75 s. 15 s.
Au milieu de cette dernière contraction, la malade se réveille et se
trouve très-bien.
Pinaril. 5
35 s.
10 s.
25 s.
10 s.
45 s.
15 s.
U. _ Cuti tractions après les inhalations de chloroforme
Pouls. Tempér.
Resp.
Contr.
Intervalle
Période
ii'auumen».
Acmé.
Période ;
décroissance.
»
28
3 m. 1/2
3-10 s.
35 s.
10 S.
»
29
5m.
8 s.
35 s.
108.
»
30
5 m.
15 s.
50 s.
15s.
86 3"',9
Ici l'expérience cessa le soir à 10 h. 3/4; elle avait duré en tout
2 h. 1/4. L'orifice était presque entièrement dilaté. La poche ne tarda
pas à rompre et peu après 11 heures naquit un enfant, fille, de
6 livres 1/2, 18 pouces 1/2 de long (diamètres de la tête : 3, 3 1/2,
4 1/2, 5 pouces). Placenta extrait facilement par pression ; l'utérus se
nitraeta bien. En dehors d'un accroissement de température de
37 ù ,4 à 38°, 6, accroissement qui disparut de nouveau en quelques
heures, les couches suivirent une marche absolument normale et le
18 juillet la mère et l'enfant sortirent bien portants.
Conclusions. — a. Relativement aux intervalles, nous trou-
vons, dans cette expérience, d'abord qu'ils offrirent, pour les
huit contractions qui précédèrent la chloroformisation, une
durée moyenne de 4 m. 25 s., le maximum étant de 6 m., le mi-
nimum de 3 m.
Pendant l'anesthésie, c'est-à-dire pendant les inhalations, la
durée moyenne des intervalles a été de 4 m. 42 s. , la plus longue
de 8 m. 1[2, la plus courte de 1 m. Ij2; les intervalles étaient,
par moments irréguliers et un peu prolongés.
Pendant la demi-anesthésie, c'est-à-dire dans cet état où la
malade ronflait bruyamment, ne gémissait que faiblement au
moment des contractions énergiques et contractait en même
temps les muscles abdominaux, la durée moyenne des in-
tervalles fut de 3 m. 42 s., la plus courte de 3 m., la plus lon-
gue de 4 m. 1t2. — En d'autres termes, les intervalles étaient
redevenus plus réguliers, et si on tient encore compte des trois
contractions utérines survenues au moment où la femme avait
recouvré toute sa connaissance, il en résulte pour les intervalles
une durée moyenne de 4 m. 6 s.
.-- 3!) — ■
6. Quant aux contractions elles-mêmes, il résulte de notre
expérience que la période d'augment n'est guère différente
avant, pendant ou après l'anesthésie. (Durée moyenne avant
l'anesthésie, 8 m. 12.; pendant l'anesthésie, 9 m. 1 s.; après
l'anesthésie, 9 m. 30 s.) L'acmé avait, avant l'anesthésie, une
durée moyenne de 34 s. (maximum, 45 s.; minimum, 15 s.) pen-
dant l'anesthésie, et, en y comprenant la contraction abortive,
la durée moyenne fut de 32 s. (maximum, 45 s.; minimum, 0) ;
après l'anesthésie, la durée moyenne fut de 41,8 sec. (maxi-
mum, 75 s.; minimum, 25 s.). Ici encore on ne peut mécon-
naître une diminution de la durée de l'acmé pendant l'anes-
thésie; la. différence étant insignifiante à ce point de vue pour
les contractions observées avant et pendant l'anesthésie, il faut
de préférence comparer ces dernières aux contractions surve-
nues après l'anesthésie. Mais la diminution de durée ressort
surtout bien de la comparaison entre elles des contractions ob-
servées pendant l'anesthésie ; — dès que l'anesthésie diminuait
(contractions 13, 16, 19), l'acmé était plus long, et dès que de
nouvelles inhalations étaient faites, sa durée diminuait (con-
tractions 14 et 17, 18, où de 45 s. elle tomba à 35 et 25 s.)
La période de décroissance avait en moyenne une durée de
13 s. avant l'anesthésie, de 10 s. pendant l'anesthésie, et de
12 s. après.
En somme, les résultats de cette nouvelle expérience concor-
dent avec celles de la précédente. — Ici aussi on a pu constater
d'une manière certaine un accroissement de la durée des inter-
valles des contractions et une diminution de la durée de l'acmé
de ces mêmes contractions ; mais l'accouchement n'en fut que
faiblement retardé.
La contraction abortive dont il a été question ci-dessus ne se
présenta qu'une fois, et je n'ose l'attribuer à l'action du chloro-
forme, attendu que j'en ai observé également dans des accou-
chements se faisant dans les conditions ordinaires.
La température avant l'anesthésie s'était élevée de 37°,95 à
38°, 05 c, c'est-à-dire s'élevait un peu pendant les contractions
et s'abaissait pendant les intervalles; elle était plus élevée
— 36 —
de 0,5 que d'habitude ; un catarrhe intestinal insignifiant en
était la cause. Pendant l'anesthésie, elle resta à peu près cons-
tante, oscillant entre 37°,9 et 37",9o c, et paraissant ainsi plus
basse de 0°,t à 0°,iS c. — Cependant, après l'anesthésie, elle
était encore de 37,9 c, et si l'on songe que l'expérience eut lieu
après la deuxième élévation diurne (après six heures du soir) et
que l'anesthésie véritable dura au moins une demi-heure, on ne
peut attribuer cet abaissement insignifiant de température qu'au
moment de la journée et non au chloroforme. Bien plus, il faut
admettre que l'anesthésie n'exerce pas d'influence notable sur
la température de la parturiente quand les contractions sont
normales.
Le D r Kurowicz fit en 1873. a la section d'accouchement et
de gynécologie de Pétcrsbourg, une communication concernant
l'inlluence du chloroforme sur les contractions utérines et la mar-
che de l'accouchement, lorsque l'anesthésie est complète ou in-
complète. Dans son mémoire, il cite les observations suivantes :
l« r Cas. — Femme bipare dont l'orifice offre une dilatation égale à
un doigt et demi. Les intervalles des contractions sont ordinaire-
ment de 2 m. 52s., les contractions de 73 secondes; les périodes
d'augmentet de décroissance varient de 12 s. à II s.
Après le commencement de l'anesthésie parle chloroforme poussée
à moitié seulement, les intervalles durent 3 minutes.
L'anesthésie fut complète après 7 contractions, l'acmé dura 35 s.
et les deux autres périodes 12 s. et 11 s.
Dans les 12 contractions suivantes, l'acmé dura en moyenne 30 s.;
les périodes d'augment et de décroissance eurent la même longueur
que précédemment, les intervalles entre lescontractionsdurêrentim.
30 s.
L'anesthésie fut continuée pendant 1 h. 20 m. Après qu'elle eut
cessé les contractions reprirent les caractères qu'elles présentaient
auparavant.
Les suites des couches furent normales.
Conclusion. — Les intervalles des contractions deviennent
une fois et demi plus longs, leur acmé est de moitié plus court,
— 37 —
mais l'orifice se dilate bien, et l'accouchement ne semble pas
retardé.
2° Cas. — Primipare. — Dilatatation de l'orifice de 1 à 2 doigts.
Les douleurs durèrent depuis 10 h. Pendant l'anesthésie, le raccour-
cissement des contractions et l'allongement des intervalles présen-
tèrent les mêmes caractères que dans le premier cas.
Le D r Campbell publia en 1877, dans le journal de thérapeu-
tique, un mémoire intitulé : De la Narcose utérine directe pen-
dant l'anesthésie obstétricale.
Voici ce que dit le D r Campbell au début de ce travail :
c Tous les accoucheurs savent combien il est fréquent, au cours
d'une aneslhésie très-moyenne, appliquée à l'accouchement
naturel, de voir, à un moment encore assez éloigné de la fin du
travail un certain trouble apporté à l'action utérine en ce qui
regarde la fréquence et l'intensité des contractions. Quelques-
uns ont même cru voir dans cette altération, presque toujours
de nature restrictive, une cause de ralentissement pour le tra-
vail.
« Pour dissiper de suite toute préoccupation à cet égard, nous
dirons qu'il nous a toujours semble que ce ralentissement, s'il
existe pendant quelques instants, ne tarde pas à disparaître par
les progrès mêmes du travail. J'ajouterai aussi que le phéno-
mène que nous signalons se confond plus ou moins au milieu de
cette accélération terminale de la plupart des accouchements anes-
thésiés, lesquels regagnent, surtout chez les multipares, le temps
apparemment perdu, grâce à une sorte de compensation due à
la diminution des résistances. »
Et à la fin de ce mémoire, se trouve une observation dans la-
quelle on constate un éloignement de plus d'une minute entre
presque toutes les contractions pendant la première heure d'une
anesthésie faiie à la première période du travail. Après avoir
démontré le fait, l'auteur cherche à en donner l'explication.
Pour lui, en raison de l'apparition précoce de ce phénomène à
Savoir : diminution en durée et en intensité de la contraction,
— s>: —
et cela dès les premières inhalations, la cause de ce fait doit
résulter d'une action locale du chloroforme sur les fibres muscu-
laires de l'utérus, alors, comme il le dit, que l'influence venue
« du grand circuit cérébro-spiral » n'a pas encore été mise en
jeu.
Aussi, en s'appuyant sur celte hypothèse, le D r Campbell pro-
pose-t-il « pour fixer davantage la nature du phénomène, le
nom de narcose utérine directe pendant la première période du
travail. »
Comme les accoucheurs anglais, comme Winckel, Kurowicz
Campbell, j'ai observé un ralentissement des contractions et
une durée moindre de oes dernières, pendant les inhalations de
chloroforme.
Ce ralentissement dans les contractions, cette diminution dans
l'intensité, ne sont pas les mêmes chez toutes les femmes et
pendant les différentes périodes du travail.
Comme le D r Campbell, je les crois plus accusés pendant la
période de dilatation que pendant la période d'expulsion, mais
ils existent également pendant cette dernière période et ils
semblent être en rapport direct avec l'intensité de l'aneslhésie.
Il suffit de lire nos observations pour s'en convaincre. M. Tar-
nier, depuis longtemps, nous avait signalé le fait. Winckel et
Kurowicz sont également de cet avis. Les tableaux ci-dessous
qui résument nos observations, permettront facilement de se
rendre un compte exact de l'influence de l'anesthésie sur la con-
tractilité utérine pendant les diverses périodes du travail et
alors que le chloroforme est administré à doses fractionnées ou
à doses massives.
Quant à donner une explication de cette action, je laisse ce
soin aux physiologistes, cependant en dehors de l'influence
nerveuse de cause centrale, je serais tout disposé à admettre
une action locale, une influence amyosthénique directe, en me
basant sur les faits observés par Coze, Gosselin, E. Labbée,
Laborde et bien d'autres physiologistes.
39
PREMIÈRE SÉRIE.
Pendant la période de dilatation.
NOMBRE El DURÉE DES CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME.
NOMBRE ET DUREE DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
Obs. I.
Eu 45 minutes, 9 contractions.
Durée totale des con-
tractions 21 m. 40 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 22 m. 4 s.
A doses fractionnées.
En 45 minutes, 10 contractions.
Durée totale des con-
tractions 19 m. 25 s.
Durée moyenne de cha-
que conlraction 1 m. 56 s.
Obs. II. — Intolérance.
Obs. III. — Intolérance.
Obs. IV.
En 15 minutes, 6 contractions.
Durée totale des con-
tractions. 8 m. 50 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 28 s.
A doses fractionnées.
En 90 minutes, 21 contractions.
Purée totale des con-
tractions 33 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 35 s.
Obs. V.
Ei: 20 minutes, 7 contractions.
Durée totale des con-
tractions 8 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 ni. 13 s.
A doses fractionnées.
En 30 minutes, 11 contractions.
Durée totale des cou-
tractions 10 m. 30 a.
Durée moyenne de cha-
que contraction.. .. , 57 s.
40 —
ROMHI1Ë ET DUREE DK CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DK CHLOROFORME
NOMBK ET i,UREK DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORMB
OBS. VI.
En 30 minutes, il contractions.
Durée totale des con-
tractions 10 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 57 s.
A doses fraetiennéea.
Pendant 30 minutes,
8 contractions.
Durée totale
descontr. .. 8 m. 10 a.
Dur. moy. de
ch. contrac. I m. ta.
A doses massives.
Pendant 30 minut'a
1 contractions.
Durée totale
dps contr... 6m. z5a.
Dur. moy.de
ch. contrac. 55 b.
Obs. VII.
En 30 minutes, 12 contractions.
Duré totale des con-
tractions 19 m. 20 s.
Dinée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 36 s.
A doses fract., massives à la fin.
En 120 minutes, 36 contractions.
Durée totale des con-
tractions 56 m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 ni. 33 s.
DEUXIÈME SERIE.
Pendant les périodes de dilatation et d'expnliion
Obs. 1.
En 25 minutes, 4 contractions.
Durée totale des con-
tractions 7 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 27 s.
A doses fractionnées.
En 50 minutes, 13 contractions.
Durée totale des con-
tractions 15 m. 20 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction lm.lOs.
41 —
KOSIBIIE ET DUREE DES CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DE CHI.OIIOI'OIIMU
NOMBRE ET DUBEE DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
OBS. I!.
En 20 minutes, 7 contractions.
Durée totale des con-
tractions.. 8 ni. 12 s.
durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 10 s.
A doses fractionnées.
En 20 minutes, 8 contractions.
Durée totale des con-
tractions 5 m. 40 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 42 s.
Oiis. III.
En 55 minutes, 14 contractions.
Durée totale des con-
tractions 20 m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 25 s.
A doses niass. sans anesth. compl.
En 62 minutes, 6 contractions.
Durée totale des con-
tractions 11 m. 50 S.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 58 s.
Premier intervalle.
On suspend pendant 55 minutes,
12 contractions.
Durée totale des con-
tractions 23 m. 13 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 56 s.
On reprend à doses fractionnées.
En 45 minutes, 6 contractions.
Durée totale des con-
tractions 11m 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 55 s.
Deuxième intervalle.
On suspend pendant 60 minutes,
17 contractions.
Durée totale des con-
tractions 37 m. 50 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 2 m. 8 s.
Pinard.
On reprend à doses fractionnées.
En 120 minutes, 28 contractions.
Durée totale des con-
trarions 28 m. 50 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 2 s.
Forceps.
6
— 42 —
NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
NOMBRE ET DURÉE DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
Obs. IV.
En 30 minutes, 15 contractions.
Durée totale des con-
tractions 15 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraclion 1 m. "2 s.
A doses fractionnées.
En 60 minutes, 18 contractions.
Durée totale des con-
tractions 19 m. 30 s.
Durée moyenne de chaW
que contraction 1 m. 6 s.
Obs. V.
En 60 minutes, 14 contractions.
Durée totale des con-
tractions 13 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 57 s.
A dos^s fractionnées.
En 60 minutes, 14 contractions.
Durée totale des con-
tractions 13 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 58 s.
Intervalle.
On suspend pendant 60 minutes,
18 contractions.
Durée totale des con-
tractions 26 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction .... 1 m. 28 s.
On reprend ; anesthésie complète.
En 60 minutes, 13 contractions.
Durée totale des con-
tractions 7 m. 19 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 33 s.
TROISIÈME SÉRIE.
Pendant les périodes d'expulsion.
Obs. III.
En 60 minutes, 14 contractions.
Durée totale des con-
tractions 14 m. 50 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 3s.
A doses fractionnées.
En 80 minutes, 17 contractions.
Durée totale des con-
tractions 17 m. 40 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 2 s.
- 43
NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
NOMBRE ET DURÉE DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
OBS. IV.
En 20 minutes, 7 contractions.
Durée totale des con-
tractions* 11 m 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 38 s.
A doses fractionnées.
- En 20 minutes, 8 contractions.
Durée totale tfes con-
tractions 11 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 23 s.
Obs. V.
En 20 minutes, 8 contractions.
Durée totale des con-
tractions 6 m. 20 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 47 s.
A doses massives
sans amener l'anesthésie complète.
En 20 minutes, 7 contractions.
Durée totale des con-
tractions 7 m. 45 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 6 s.
Intervalle.
On suspend pendant 20 minutes.
9 contractions.
Durée totale des con-
tractions 6 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 40 s.
On reprend pendant 30 m., anesth.
complète, 13 contractions.
Durée totale des con-
tractions 6 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 28 s.
Obs. VII.
En 50 minutes, 22 contractions.
Durée totale des con-
tractions 16 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 45 s.
Anesthésie.
En 60 minutes, 23 contractions.
Durée totale des con-
tractions 14m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 36 s.
NOMBRE ET DUREE D". CONTRACTIONS
AVANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
NOMliRE ET DUREE DES CONTRACTIONS
PENDANT
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
Inlerval
Ou suspend pendant 2u minutes. i
y contractions.
Durée totale des con-
tractions 8 m. 40 s.
Durée moyenne de cha-
411 ; contraction a8 s.
Obs. VIII.
En 10 inimités, 5 contractions.
Durée totale des con-
• tractions 7 m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 24 s.
Anesth. compl. pendant 60 minutes.
32 contractions.
Durée totale des con-
tractions 20 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 38 s.
Obs. IX.
En 30 minutes, 9 contractions.
Durée totale des con-
tractions 8 m. 50 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 59 s.
Anesthésie à peu près complète*
En 30 minutes, 12 contractions.
Durée totale des con-
tractions 6 m. 30 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction 35 s.
45 —
NOMBRE ET DUREE 1>E CONTRACTIONS NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS
AVANT PENDANT
LES IV LATIONS TK CHLOROFORME LES INHALATIONS DE CHLOROFORME
QUATRIEME SÉRIE.
Multipares.
Obs. I.
Pendant la période de dilatation.
En 30 minutes, 8 contractions.
Durée totale des con-
tractions 8 m. 40 s.
Durée moyenne de cha-
que contraction .
A doses fractionnées.
En 90 minutes, 24 contractions.
Durée totale des con-
tractions 23 m. 10 s.
Durée moyenne de cha-
1 m. 5 s. I que contraction .
58 s.
Obs. II.
Pendant la période d'expulsion
En 50 minutes, 13 contractions.
Durée totale des con-
tractions 15 m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1 m. 9 s.
Aneslhésie.
En 25 minutes, 5 contractions.
Durée totale des con-
tractions 7 m.
Durée moyenne de cha-
que contraction 1m. 24 s.
— 46 —
CHAPITRE III
ACTION' DU CHLOROFORME SUR LA RÉTRACTILITÉ UTERINE.
Cette question, discutée tant de fois, est loin également
d'être résolue d'une façon définitive.
Simpson dit : « Mon esprit n'a jamais été complètement à
l'abri de la crainte des hémorrhagies consécutives à l'emploi de
l'anesthésie; je ne suis pas certain de les avoir vues plus fré-
quentes depuis l'usage du chloroforme; mais je suis certain
d'avoir vu des femmes ayant eu des hémorrhagies dans des ac-
couchements antérieurs, faits sans le chloroforme, accoucher
sans hémorrhagie lorsqu'on l'administrait. »
Mongommery, Rigby, Hiiter déclarent au contraire que le
chloroforme prédispose aux hémorrhagies.
Scanzoni dit : « Malgré les avantages de l'anesthésie , je
n'oserais pas en généraliser l'emploi à cause des accidents de la
délivrance , surtout des hémorrhagies qui accompagnent ou
suivent l'expulsion du placenta à la suite de la chloroformisa-
tion.
L'emploi combiné du seigle ergoté, ne saurait pallier ces in-
convénients, car il est lui-même dangereux et prédispose aux
accidents. »
Le comité de Londres ayant ainsi formulé sa septième question:
Le chloroforme prédispose-t-il à la contraction imparfaite de
l'utérus après la délivrance et par suite cause-t-il des hémor-
rhagies immédiates et secondaires? 11 y eut 29 réponses, 1 se
prononce avec doute pour la négative, 13 reconnaissent que le
chloroforme prédispose et à la contraction imparfaite et aux
hémorrhagies, 13 qu'il ne prédispose à aucune. [Le P r Pajot
ne pense pas que l'anesthésie prédispose aux hémorrhagies.
L'expérience montre, dit Schrôder, que lorsque la délivrance
est conduite judicieusement, les hémorrhagies ne sont pas plus
fréquentes avec le chloroforme que lorsqu'on ne l'emploie pas. Il
— 47 —
est bon de dire que Schrôder ne donne le chloroforme que pour
diminuer la douleur et non pour l'abolir.
L'expérience, dit Spiegelberg, a démontré aussi que l'atonie
utérine, tant crainte après l'accouchement, ne se p'ésente pas
si Von surveille bien l'utérus après l 'accouche mini. W?ockel a
également observé des hémorrhagies à la suite d'anesthésie.
Le P r Robert Barnes, dans une communication écrite qu'il me
fit Thonneur de m'adresser, dit : << L'influence du chloroforme
est quelquefois fâcheuse. C'est un fait que j'ai constaté trop sou-
vent pour permettre des doutes, que le chloroforme peut amener
un état de paralysie de l'utérus, associé peut-être à un assoupis-
sement des centres nerveux, qui favorise les hémorrhagies et
rend plus difficile la délivrance...
C'est surtout chez les femmes du grand monde, élevées dans
le luxe, ne connaissant guère ce que c'est que le travail qui en-
durcit le système et développe les glandes, que les hémorrha-
gies et les fièvres puerpérales sont le plus à redouter. Aussi,
toutes les fois que l'on est appelé à donner du chloroforme à de
tels sujets, doit-on être préparé à combattre l'inertie utérine à
l'instant par la compression résolue et peut-être à injecter du,
chlorure de fer dans la matrice. »
Le D r Testut, de Bordeaux, ayant administré le chloroforme à
quantité de femmes en travail, alors qu'il était interne à la Ma-
ternité de l'hôpital Saint-André, a eu l'obligeance de m'envoyer
quelques notes parmi lesquelles se trouve la suivante : « J'ai
constaté, dit-il, quelques cas d'hémorrhagie utérine et je dois
conclure de mes observations que la chloroformisation poussée
trop loin favorise les hémorrhagies. Ce fait est en parfaite har-
monie du reste avec l'action physiologique du chloroforme qui,
en paralysant les vaso moteurs, empêche les artérioles déchi-
rées de se contracter et de s'opposer ainsi à l'écoulement du
(1) On the necessity of caution in the employment of chloroforme during
labour ,The american Journal of obsteirics, juillet 1877, p. 538*.
— 48 —
Le D r Lusk, de New-York, lut sur ce sujet un mémoire dont
voici les conclusions :
i° L'anesthésie profonde, portée jusqu'à l'abolition complète
de l'intelligence, retarde et quelquefois suspend les contractions
utérines. C'est à cela que le chloroforme doit être si précieux
dans beaucoup de cas, mais pour qu'il n'y ait pas de danger, il
faut que la malade reprenne partiellement sa connaissance avant
la délivrance complète pour éviter l'hémorrhagie.
2° Le chloroforme, même lorsqu'on le donne suivant la ma-
nière usitée en obstétrique , peut dans des cas exceptionnels
affaiblir assez l'actionne l'utérus pour que l'on soit obligé d'avoir
recours à l'ergot de seigle ou au forceps.
Le défaut de rétractilité n'étant guère appréciable avant l'ex-
pulsion du fœtus, j'ai avec le plus grand soin indiqué chez toutes
les femmes soumises aux inhalations de chloroforme, ce qui
s'était passé pendant la période de délivrance. En voici le ré-
sumé :
OBSERVATIONS IJE LA PREMIERE SERIE.
Chloroforme pendant la période de dilatation.
N° I. Décollement du placenta 20 m. après la sortie du fœtus.
— 2. — 10 m. —
— 3. — 15 m. —
— 4. — 15 in. —
— 5. — 1 h. 45 m. —
— 6. — i h. o'm. —
— 7. — -20 m. —
Dans aucun de ces cas, la quantité de sang perdu ne dépasse
la moyenne physiologique.
A9
OBSERVATIONS DE I.A DEUXIÈME SÉRIE.
Chloroforme pendant les périodes de dilatation et
d'expulsion.
N» 1. Décollement du placenta 20 m. après la sortie du fœtus.
— 2. — 10 m. —
— 3. — 30 m. 1500 gr. de sang perdu.
— 4. — 15 m. 600 gr. —
— 5. — 20 m. 1500 gr. —
OBSERVATIONS DE LA TROISIEME SERIE.
Chloroforme pendant la période d'expulsion seule.
N»l
— 2
— 3
— 4
— 5
— 6
— 7
— 8
— 9
après la sortie du fœtus.
10 m.
45 m.
20 m.
15 m.
20 m.
15 m.
10 m.
15m.
10 m. 500 gr. de «ang perdu.
1000 gr. de sang perdu.
OBSERVATIONS DE LA QUATRIEME SÉRIE.
Multipares.
N°l.
— 2.
45 m. 750 gr. de sang perdu.
10 m. Peu de sang.
Il n'est pas douteux pour moi que la rétractilité fasse défaut
dans une certaine mesure, après les inhalations de chloro-
forme.
Pinard. 7
— 50 —
Je dois faire remarquer que les hémorrhagies observées dans
les 2 e , 3° et 4" séries se produisirent soit avant, soit pendant la
délivrance, car aussitôt l'expulsion du placenta, l'on adminis-
trait à toutes les femmes du seigle ergoté.
CHAPITRE IV.
ACTION DU CHLOROFORME SUR LA CONTRACTION
DES MUSCLES ABDOMINAUX.
Blot dit sur ce point : « Fort heureusement, nous ne trouvons
plus la même division parmi les auteurs; tous, ou à peu près,
s'accordent à reconnaître que les muscles abdominaux, ces ad-
juvants puissants de l'utérus dans la dernière partie du travail,
continuent de se contracter pendant le sommeil anesthésique.
Telle est l'upinion de MM. Simpson, P. Dubois, Danyau, IHou-
zelot, Hatman, Spiegelberg, etc. Quelques-uns, cependant,
parmi lesquels je citerai seulement Siebold, Greuser, Scanzoni,
croient avoir observé un certain degré d'amoindrissement dans
leur action ; quoi qu'il en soit, je le répète, la persistance de ces
contractions abdominales est généralement admise comme un
fait vrai; pour ma part, je puis affirmer l'avoir constatée un
assez grand nombre de fois. «Et plus loin :« Ainsi donc, en der-
nière analyse, il reste bien établi, et par l'observation directe et
par le raisonnement, que la contraction des muscles abdomi-
naux persiste pendant le sommeil anesthésique, à la condition
toutefois qu'il ne soit pas assez profond pour abolir l'action
réflexe. »
Cependant, nous savons que les accoucheurs anglais ont con-
staté un affaiblissement non-seulement des contractions uté-
rines, mais encore des forces adjuvantes (contraction des mus-
— 51 —
cles abdominaux), dans un grand nombre de cas, alors même
que l'anesthésie n'était pas poussée jusque dans ses dernières
limites.
Tarnier partage aussi cette opinion et la professe depuis
longtemps, à savoir que la contraction des muscles abdominaux
est notablement diminuée pendant l'anesthésie.
Nos recherches n'ont fait que confirmer cette manière de
voir.
L'on peut observer pendant l'anesthésie tous les degrés,
depuis l'affaiblissement jusqu'à la disparition presque complète.
Est-ce parce que l'appel fait par l'utérus n'est plus entendu
par les muscles abdominaux? Est-ce parce que ces derniers sont
impuissants à répondre? Il est probable que ces deux causes
existent simultanément, et que l'action réflexe est plus ou moins
atteinte, en même temps que l'amyosthénie se montre à un
degré variant avec l'intensité de l'anesthésie.
Quoi qu'il en soit, le fait nous a semblé constant. De plus,
dans les cas d'anesthésie poussée jusqu'à la résolution muscu-
laire complète, les muscles abdominaux nous ont paru être plus
profondément touchés que le muscle utérin.
Chez des multipares, la contraction utérine suffit pour expul-
ser le fœtus assez souvent, sans que l'effort expulsif se montre,
parce que les résistances offertes par le canal vagino-vulvaire
sont peu marquées ; mais chez les primipares la contraction uté-
rine se montre souvent impuissante à faire progresser la tête
dans le même canal, alors que l'orifice est franchi.
Il est à remarquer que dans ces cas la contraction utérine
semble avoir d'autant moins d'efficacité que la tête est plus
éloignée de l'orifice utérin et plus rapprochée de l'orifice vul-
vaire. La prise n'est plus si solide, et, lorsque l'effort expulsif
manque, la partie fœtale peut rester longtemps stationnaire. Cette
influence de l'action du chloroforme sur l'effort est très-nette.
Souvent, après avoir observé avec grand soin la durée de l'ef-
fort et ses caractères, il nous est arrivé de soumettre rapidement
la parturiente aux inhalations chloroformiques, et nous consta-
tions alors un effort moins long, puis moins bien caractérisé,
— 52 —
puis saccadé, n'apparaissant qu'au début et à la fin de la con-
traction, et quelquefois disparaissant tout à fait. On cessait alors
le chloroforme, et progressivement l'on voyait l'effort reparaître
avec tous ses caractères de durée, d'intensité et d'efficacité.
CHAPITRE V.
ACTION DU CHLOROFORME SUR LES MUSCLES DU PERINEE.
« Un des avantages, dit Cazeaux, généralement attribués à
l'éther ou au chloroforme, c'est de diminuer la résistance offerte
par le périnée, de faciliter dès lors l'expulsion du fœtus, et de
prévenir presque sûrement les déchirements dont il est si sou-
vent le siège à la suite de l'accouchement. En ne tenant compte
que des faits qui me sont personnels, il me serait très-difficile
de formuler une opinion très-nette. »
« Faut-il conclure, dit Blot, de la résolution des muscles du
périnée, que les déchirures seront pour cela facilement et presque
toujours évitées? Je n'en crois rien, et ceux qui partageraient
encore une pareille opinion n'auraient, pour s'édifier à ce sujet,
qu'à lire la relation des faits, déjà assez nombreux, de déchi-
rures du périnée survenues pendant l'accouchement, spontané
ou artificiel, chez des femmes soumises à l'anesthésie. » M. Blot,
en effet, montre que les muscles du périnée, qui à la fin du tra-
vail sont distendus, sont très-mal disposés, à cause de leur dis-
tension même, à se contracter énergiquement; que de plus entre
les muscles il entre dans la composition du périnée des plans
fibreux, celluleux, adipeux, muqueux, cutanés, qui dans leur
ensemble offrent à chaque instant, et particulièrement aux der-
niers moments du travail, une résistance que ne sauraient
amoindrir les agents anesthésiques.
Je n'ai rien à ajouter aux considérations ci-dessus énoncées,
et si les accoucheurs anglais, et Robert Barnes en particulier,
ont remarqué que, contrairement à l'opinion reçue, les déchi-
rures du périnée sont plus fréquentes, cela peut tenir à ces efforts
saccadés, quoique faibles, que j'ai signalés plus haut.
CHAPITRE VI.
ACTION DU CHLOBOFORMK SUR J.A MARCHE DU TRAVAIL
Tandis que bien des accoucheurs affirment que pendant l'a-
nesthésie le travail n'est nullement arrêté, qu'il est au contraire
accéléré, d'autres pensent qu'il est retardé.
Cette question est extrêmement difficile à résoudre; d'une
part l'on sait combien la longueur du travail diffère d'une femme
à une autre, toutes choses égales d'ailleurs ; d'autre part, il n'y
a aucune comparaison à établir entre les primipares et les mul-
tipares au point de vue de la longueur du travail. Enfin, le tra-
vail peut être plus ou moins long suivant telle ou telle présen-
tation, telle ou telle position, telle ou telle variété de position,
suivant que les membranes seront intactes ou rompues préma-
turément, suivant le degré d'étroitesse des parties dures ou
molles, suivant le volume de l'enfant, etc., etc. On voit qu'il est
presque impossible de rassembler assez de matériaux homo-
gènes pour constituer les éléments d'une sérieuse statistique.
Le meilleur moyen d'arriver à une connaissance approximative
du fait est, je crois, d'examiner chaque femme isolément, de
noter avec soin les progrès du travail avant la chloroformisa-
tion ; puis, la femme étant soumise à l'influence de l'agent anes-
thésique, de noter pendant un laps de temps égal la marche
— 54 —
du travail. Et cela dans les deux périodes de dilatation et
d'expulsion.
Nous savons déjà quelle est l'influence du chloroforme sur les
contractions utérines et sur la contraction des muscles de la pa-
roi abdominale, il semblerait donc tout naturel de conclure que le
travail doit être ralenti. Mais ces différentes forces n'ont pas
seulement pour but d'expulser le fœtus à travers un canal, elles
doivent encore et avant faire disparaître les obstacles, les bar-
rières qui s'opposent à la progression, c'est-à-dire qu'elles doi-
vent dilater et l'orifice utérin et Forifice vulvaire. Eh bien, ces
dilatations se produisent-elles avec plus de facilité et de rapidité
alors que la femme est sous l'influence du chloroforme? Les
contractions tout en étant moins fréquentes et moins longues
sont-elles plus efficaces? La réponse ne saurait actuellement être
précise au moins quant à ce qui touche à la période de dila-
tation.
Effectivement les avis des auteurs sérieux et compétents étant
partagés, je ne puis exclusivement m'en rapporter à mes obser-
vations qui sont trop peu nombreuses et qui de plus n'ont
été prises pour ainsi dire que sur des primipares. Cependant
elles montrent que dans bien des cas, la dilatation reste à peu
près stationnaire pendant l'anesthésie. Pour ces raisons, je
pense que la période de dilatation n'est point accélérée, tandis
que la période d'expulsion est manifestement retardée, au moins
chez les primipares.
CHAPITRE VII.
ACTION DU CHLOROFORME SUR LES PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES.
Les modifications qu'éprouvent les facultés intellectuelles sous
l'influence du chloroforme, quoiqu'étudiéespar un grand nombre
— 55 —
d'auteurs, n'ont jamais été observées avec autant de précision et
exposées avec autant de méthode et de clarté que par mon excel-
lent ami le D r Lacassagne (Mémoires de V Académie de médecine
1869, t. xxix), aussi je ne crois mieux faire que de donner ici
un résumé de ses conclusions :
« On peut, pour faciliter l'étude des modifications qu'éprou-
vent les facultés intellectuelles, les faire rentrer dans quatre
catégories distinctes :
Conservation complète de V intelligence. — Les cas de conser-
vation complète de l'intelligence, de la conscience du moi, sont
impossibles quand l'anesthésique est bien administré. L'atten-
tion a une très-grande influence, surtout avec les anesthésiques
dont l'action sur le cerveau exige un certain temps pour se ma-
nifester. Avec le chloroforme (que nous prenons toujours comme
type des anesthésiques puissants) ces cas sont impossibles.
Intelligence conservée puis modifiée. — La plupart des cas ren-
trent dans cette catégorie. L'individu résiste d'abord, puis forcé-
ment son attention faiblit, et dès lors les facultés cérébrales s'é-
grènent et disparaissent. L'association des idées, la compa-
raison, le jugement, s'en vont aussi les uns après les autres. La
mémoire persiste la dernière.
» Le premier sommeil est surtout accompagné de rêves, fré-
quents avec l'éther, rares avec le chloroforme. Ces rêves se déve-
loppent sous l'influence des mêmes causes qui font naître les
songes du sommeil ordinaire. Ils sont, d'après leur mode de pro-
duction : sensoriaux, extracrâniens ou encéphaliques. Quant à
leur caractère, ils sont en rapport avec les habitudes, les travaux,
les professions, certain sentiment ou une passion des individus
anesthésiés.
» Le chloroforme n'est pas plus triste que l'éther, quand son
action sur l'organisme est longue à se manifester, quand l'exci-
tation dure longtemps. Lorsqu'un anesthésique agit prompte-
ment, l'économie, brusquement envahie, est toujours pénible-
— 56 —
ment affectée. La tristesse qui vient après l'administration du
chloroforme n'est que de l'abattement ou de la lassitude.
» Les dernières impressions ressenties par le malade au mo-
ment de l'annihilation de la conscience influent sur le caractère
du rêve. Quand l'individu n'est plus à même de raisonner les
impressions et de les rapporter à leur véritable cause, il se
produit facilement des hallucinations. On peut voir au réveil la
continuation d'un rêve commencé pendant l'anesthésie. Les ma-
lades oublient complètement qu'ils ont été anesthésiés ou in-
terprètent mal les sensations qu'ils ont éprouvées. La notion du
temps, l'idée de durée n'existent plus.
» Intelligence pervertie puis aiinihilée. — L'action de l'anes-
thésiqne se fait promptement sentir, l'intelligence est troublée ou
pervertie de suite, puis annihilée. Les individus sont disposés
aux rêves encéphaliques , ils sont souvent bavards ou turbulents.
» Intelligence annihilée d'emblée. — H y a annihilation im-
médiate, pour ainsi dire foudroyante des facultés psychiques.
Ces cas sont fréquents chez les enfants, chez les personnes qui
résistent peu ou qui absorbent avec facilité l'anesthésique qu'on
leur donne ; le chloroforme agit souvent ainsi.
» On peut anesthésier des personnes endormies, et la transition
entre ces deux sommeils peut être assez insensible et assez douce
pour ne pas leur faire comprendre ce changement. Au réveil,
elles ne se douteront pas de tous les événements qui auront pu
se passer pendant leur nouveau sommeil.
» Quel temps faut-il pour produire la succession de ces phéno-
mènes? Avec le chloroforme, nous avons vu souvent dans les
cliniques la quatrième période arriver en quelques secondes;
c'est d'ailleurs assez fréquent chez les enfants. Il est évident que
tout cela varie avec l'impressionnabilité du sujet. Celle-ci peut
être modifiée parles conditions de santé, l'état psychique , par
des habitudesalcooliques. Les ivrognes de profession exigent plus
de temps, de patience et une plus forte dose d'anesthésique. Il
en est de même de ces sujets craintifs et timorés que la peur
rend incapables d'écouter aucun conseil et pour lesquels tout in-
connu est effrayant.
» Au réveil du sommeil anesthésique, les facultés psychiques
se présentent dans un ordre inverse à leur disparition. L'intelli-
gence peut revenir au milieu d'une opération et alors la sensibi-
lité est abolie ; c'est le phénomène dit intelligence de retour. Les
individus peuvent rester dans cet état assez longtemps; s'ils
sont de nouveau anesthésiés, ils ont tout oublié au réveil.
» Les individus anesthésiés ne recouvrent pas assez vite l'em-
pire deleurvolonté pour l'exercer au moment du réveil. Rarement
il y a de l'intelligence au moment du réveil. Avec le chloroforme,
dès le réveil, très-souvent on constate un grand affaissement et
une tendance au sommeil.
» Quand l'anesthésie n'a pas duré longtemps et a été peu pro-
fonde, les facultés intellectuelles reviennentviteet après un temps
variable fonctionnent sans trouble et sans embarras. Parfois les
individus anesthésiés paraissent être au réveil dans le cas des
aphasiques ; cet embarras dans le mécanisme cérébral peut durer
assez longtemps.
« L'usage trop fréquent, l'abus des anesthésiques, peuvent
conduire à la perte des facultés mentales ou à un abrutissament
comparable à celui des fumeurs d'opium.
« La volonté est vite supprimée par les anesthésiques. Quand
les plus hautes fonctions des centres nerveux sont abolies, les
mouvements dits réflexes apparaissent dans toute leur force et
toute leur variété. Les cris, les plaintes, les signes extérieurs
de la douleur, considérés comme réflexes, se produisent rare-
ment dans l'anesthésie, surtout quand celle-ci est produite par
le chloroforme. Ils tiennent à une anesthésie trop faible ou mal
dirigée.
-< Les sujets anesthésiés qui paraissent souffrir pendant les
opérations et qui déclarent ensuite n'avoir rien senti ont souf-
fert réellement. Il n'y a pas eu douleur, élaboration intellec-
tuelle, mais douleur résultante des tissus attaqués. Ces individus
n'ont pas oublié leur douleur, comme on l'a dit; le jugement et
la mémoire n'ont pas eu à intervenir.
Pinard. S
— 5S —
« Les anesthésiques portent d'abord leur action sur la sensibi-
lité. Ils l'excitent, I'émoussent ou la faussent. Ils agissent en-
suite sur la seyisitiviti, celle-ci, moins fragile et comme inhé-
rente aux tissus, résiste davantage. »
Chez les femmes en travail, soumises aux influences du chlo-
roforme, les modifications psychiques sont-elles les mêmes?
On peut répondre par l'affirmative. Quelques auteurs, en raison
de certains faits observés par Dubois et Tyler Smith, et dans les-
quels les parturientes avaient éprouvé une excitation manifeste
du sens génésique, dénoncèrent la méthode comme immorale.
Mais les faits journaliers sont venus démontrer toute l'exa-
gération de ces auteurs. Non, les sensations voluptueuses et les
rêves erotiques sont moins fréquents que ne le pensait Forbes
s'écriant : « Grâce à cette merveilleuse découverte de l'anes-
thésie, les mères des générations futures n'enfanteront plus
dans les tortures du travail sur une couche où elles ne donnent
souvent la vie qu'au péril de la leur, mais au milieu des songes
élyséens, sur un lit d'asphodèle! » Ils n'ont pas surtout ce carac-
tère d'érotisme que leur prête l'auteur de la Némésis dans ces
vers :
Là c'est le doux repos, l'extase, lé plaisir,
Le spasme de l'amour. Quand l'éther halluciné
La jeune femme en proie aux tourments deLucine,
Oh ! d'un double mystère ineffable pouvoir,
Au moment qu'elle enfante, elle croit concevoir !
Nous serions plutôt de l'avis du D r Normand Dufié lorsqu'il
dit : « Un danger bien plus grand, pour la tranquillité des
familles, serait dans les divagations, sur des sujets que la femme
a, dans certains cas, le plus grand intérêt à tenir cachés. »
Effectivement chez quelques parturientes, dès que le chloro-
forme commence à atteindre l'intelligence, une loquacité extra-
ordinaire se montre, et s'ouvrent probablement parce que c'est là
leur idée fixe, elles font aux personnes qui les entourent les
confidences les plus intimes et les plus inattendues. Quelques
— 59 —
pauvres filles que nous observions, lançaient à haute voix le nom
du père de l'enfant, racontaient la durée et la nature de leurs
relations, etc., etc. Ce sont bien plus ces indiscrétions que des
manifestations immorales qui sont dans certains cas à redouter.
CHAPITRE VIII.
ACTION DU CHLOROFORME SUR LA CIRCULATION, LA RESPIRATION,
LA TEMPÉRATURE, ETC.
A. Circulation. — Pendant les inhalations de chloroforme,
les modifications de la circulation n'ont guère été recherchées
qu'en interrogeant le pouls.
Presque tous les auteurs ont noté des troubles du côté des
pulsations, dès le début des inhalations. Tantôt il y a accéléra-
tion, tantôt diminution, mais là encore il est bien difficile de
préciser, attendu que rien n'est plus variable que l'état du pouls
chez les femmes en travail dans les conditions normales.
Du reste, les observations de Winckel, comme les nôtres,
n'offrent rien de bien saillant.
Cependant dans deux de nos observations, alors que nous
donnions le chloroforme à doses massives, nous vîmes tomber le
pouls à 48 et 44, ce qui nous fit suspendre toute inhalation.
Il est un autre point que je n'ai trouvé signalé nulle part, je
veux parler de la coloration spéciale du sang qu'il nous a été
donné d'observer. Quand nos parturientes étaient depuis
quelque temps déjà sous l'influence du chloroforme, et qu'elles
perdaient du sang, soit avant, soit après l'expulsion du fœtus, ce
sang nous a présenté un aspect particulier qui n'est ni celui du
sang veineux ni celui du sang artériel. C'est une coloration
— 60 —
offerte par certains vins, et se rapprochant de celle du foie frais
et sain.
Je regrette de n'avoir pu faire analyser ce sang, mais les cir-
constances ne me l'ont pas permis.
Li. Respiration et température — Les modifications touchant
la respiration et la température n'offrent rien de particulier et
sont, du reste, également très-difficiles à apprécier. Les auteurs
en font à peine mention, et les travaux deYVinekelet Kurowicz
ne sont pas plus concluants que nos propres observations. En
somme ces modifications sont les mêmes que celles qu'on ob-
serve chez tout individu anesthésié.
C'est ici que je dois dire quelques mots des prétendus cas de
mort subite due au chloroforme, Je dois dire, et j'en suis heu-
reux, qu'aucun cas bien authentique de mort subite due au
chloroforme n'a été enregistré par lu science. Oui, des auteurs
en ont parlé. Dernièrement encore le D r Lusk, dans un mé-
moire, publié dans Y American Journal of obstetric, juillet 1877,
a fait allusion à deux cas ; oui ; le professeur Barnes, dans sa
communication écrite, me dit : « Bien qu'on continue à dire
qu'aucun cas de mort subite due au chloroforme n'ait été bien
constaté, j'ai mes doutes à cet égard. » Cependant aucune ob-
servation publiée ne prouve le fait. H ne me semble pas non plus
qu'on soit autorisé à attribuer au chloroforme la mort de cette
femme arrivée dans les circonstances suivantes et racontée par
le Lyon jncdical, 1876 :
« Nous devons à nos lecteurs quelques explications sur le cas
de mort survenu à la Maternité. Voici les renseignements brefs
mais exacts que nous avons recueillis : Une fille do 25 ans, mul-
tipare, entre le 23 mars 1876, à trois heures du soir, à la ma-
ternité de la Charité. Les douleurs durent toute la soirée et toute
la nuit. Le 24, vers sept heures du matin, la poche des eaux fut
rompue; on reconnaît une présentation de l'épaule, et, pour
faire la version, on administre le chloroforme. Tout cela fut fait
sous la direction de la sœur chargée du service, sans qu'on ait
— 61 —
prévenu ou appelé le chef du service ou t'interne. La malade
« ne se réveillant pas » après l'opération, on appela l'interne 4c
garde, qui constata alors que le pouls était très-petit, la face
cyanosée, les inspirations courtes et rares. Les efforts faits par
l'interne pour ranimer la malade furent infructueux, elle rendit
le dernier soupir dix minutes après son arrivée. »
Que s'était-il passé pendant l'anesthésie? Quelles précautions
avaient été prises? Ce sont là des questions qu'il est impossible
de résoudre scientifiquement, la chose s'étant passée en dehors
de tout observateur suffisamment éclairé. Le fait ne doit donc
pas être mis au passif du chloroforme, puisque celui-ci a été
administré dans des conditions inouïes et impossibles à pré-
ciser. Le fait ne relève pas de la critique scientifique. »
Est-ce le chloroforme qui a amené la mort de cette femme?
Y a-t-il eu rupture entière? Les renseignements ne nous per-
mettent pas de conclure.
Si aucun occident n'est survenu chez les femmes en travail,
alors que le chloroforme a déjà fait tant de victimes dans d'au-
tres circonstances, à quoi attribuer cette différence?
Sont-ce les conditions particulières dans lesquelles se trouve
la femme qui accouche et qui constituent pour elle une
tolérance que ne possèdent point les autres individus? Est-ce,
comme le veut le D r Campbell, l'effort qui, amenant à chaque
instant du sang en assez grande quantité au cerveau, empêche-
rait ainsi l'anémie cérébrale? Ces questions n'étant point sorties
du domaine de l'hypothèse, je laisse à l'avenir le soin de les véri-
fier ou de les infirmer.
- 62 —
CHAPITRE IX.
ACTION DU CHLOROFORME DANS LES CAS DE TRAVAIL ANORMAL.
L'action thérapeutique, ainsi que je l'ai déjà dit, est loin
d'être connue, et les effets que Ton a obtenus dans les diffé-
rentes circonstances où on l'a employée sont loin d'être con-
cluants.
« De nombreux accoucheurs de tous les pays, dit Blot, ont
vanté les heureux effets du chloroforme, les uns contre la rétrac-
tion spasmodique du col, comme Tarnier et Laborie ; d'autres,
bien plus nombreux, contre celle du corps qui survient plus ou
moins longtemps après l'écoulement du liquide amniotique, dans
les présentations de l'épaule méconnues. Parmi ces derniers,
il faut citer Braun, qui dit en avoir obtenu d'excellents effets
dans 11 cas de version, dont 2 n'avaient pu être opérées aupara-
vant, malgré des tentatives réitérées; Meisenger, qui relate
2 cas analogues; Rawitz, qui dit l'avoir employé avec succès
dans 30 cas; Scanzoni, Konitz, Millet et Villeneuve, de Mar-
seille. M. Stoltz dit, au contraire, que l'anesthésie ne fait pas
cesser la résistance que la matrice oppose à l'introduction de la
main dans sa cavité, et ne facilite ni la version ni l'extraction du
foetus. Si je m'en rapportais à ce que j'ai pu voir dans la pratique
de mes maîtres et dans la mienne, je formulerais une opinion
identique avec celle des professeurs de Strasbourg. »
A la question suivante, ou plutôt aux questions suivantes for-
mulées par le Comité royal de Londres : Avez-vous employé le
chloroforme dans les opérations obstétricales? Si oui, quels
avantages pensez-vous avoir retiré de son emploi, et quels
inconvénients vous semblent-ils pouvoir jeter la défaveur sur
lui? Par exemple, dans les cas où la parturiente est très-affai-
blie par l'hémorrhagie et où il faut avoir recours à la version
ou aux instruments, pensez-vous que l'emploi du chloroforme
— 63 —
doive être considéré comme l'introduction d'un nouvel élé-
ment de danger et capable de diminuer les chances de gué-
rison?
29 réponses furent faites.
L'analyse de ces 29 réponses donne les résultats suivants :
25 l'ont employé avec avantage; 2 ne l'ont pas employé, et
2 ont trouvé son action défavorable. Les cas où il a eu de bons
effets sont : la version, l'application du forceps surtout dans les
bassins rétrécis, l'extraction de placentas retenus, et la crànio-
tomie. Les avantages réclamés pour le chloroforme sont : que la
parturiente est passive et n'oppose aucune résistance ; que l'opé-
rateur n'est pas troublé par les cris; que le shock est réduit à
son minimum ; qu'il diminue la résistance en relâchant les tis-
sus rigides, et qu'il favorise la convalescence en supprimant la
douleur et par suite l'épuisement. D'autre part, dans 2 réponses
défavorables, l'opérateur avait trouvé des difficultés en appli-
quant le forceps, parce que la parturiente se renversait ; et dans
l'autre, pendant le forceps et la crâniotomie, la femme avait
toujours été plus difficile à manier, parce qu'elle était incon-
sciente.
Quant à la question de savoir s'il convenait d'employer le
chloroforme quand la parturiente est très-affaiblie par la perte de
sang ou d'autres causes, 17 réponses étaient contraires à son
emploi; 4 étaient favorables, mais 2 d'entre elles ajoutaient :
a pourvu qu'on donne en même temps des stimulants et de
l'opium. »
Winckel, dans les deux observations qui suivent n'a pas con-
staté l'action paralysante du chloroforme sur l'orifice utérin :
Obs. I. — Julie S., primipare, âgée de 23 ans, de moyenne taille,
blonde, de forle constitution, très-grasse, a souffert dans son enfance
de tumeurs ganglionnaires et d'angines répétées. Réglée à partir de
l'âge de 16 ans; menstruation toujours irrégulière et accompagnée
de toutes sortes d'indispositions (crampes d'estomac, douleurs tho-
raciques, fatigue excessive). Pendantsa grossesse, elle se porta assez
bien et ne souffrit que d'un catarrhe des bronches dans les derniers
— i i
temps de celle-ci. L'examen fit reconnaître la deuxième position oc-
cipitale; vagin normalement développé. L'orifice du col est djrigé à
droite et en arrière; orifice externe ouvert, orifice interne encore
fermé; on peut introduire le doigt dans le col. Un peu de catarrhe
du col, point de catarrhe du vagin.
Les contractions utérines commencèrent le soir du 18 juillet entre
8 et 10 heures, mais la femme ne s'en aperçut que le 1!) à 7 heures
du matin. La portion vaginale était à peu près effacée, l'orifice di-
laté de la grandeur d'une pièce de deux groschen, la poche des eaux
tendue, la tête encore mobile; température vaginale 37°,5.
19 juillet, 8 heures du matin. Cul effacé, bords de l'orifice amincis,
poche des eaux tendue. Temp. 37°, 7
S h. 3]4. La poche se rompt, l'orifice utérin offrant à peine lj2 pouce
de diamètre.
Les contractions jusque là assez énergiques diminuent un peu.
9 h. Temp. vaginale 38°, 5, s élevant pendant l'acmé d38",l. Les con-
tractions sont de nouveau plus fréquentes et plus énergiques, mais
de durée inégale, se prolongeant pendant 1 oui Ij2 à 3 minutes, avec
des intervalles également irréguliers>
'.) h. 3{4. La lèvre antérieure de l'orifice utérin commence à se tuméfier
et se trouve appliquée énergiquement sur la tète.
10 h. Plusieurs accès de vomissements verdâtres; lèvre antérieure de
l'orifice tuméfiée et prolongée en trompe. Abaissement de la tempé-
rature à 37°, 5. L'orifice utérin a un diamètre de 2 l]2 pouces. Tèle
encore placée transversalement.
11 h. Orifice utérin complètement dilaté, la tèle ne l'a pas encore
franchi. Temp. 37°, 1.
12 h. [Malgré des contractions très-énergiques et très-rapprochées,
la tète n'avance pas. Temp. 36°,9 à 12 h. \\2. Les contractions conti-
nuent à se suivre de très-près, mais la tuméfaction de la tète a con-
sidérablement augmenté. Bruits du cœur foetal 1-24, temp. 3G°,95.
f heure.
1. Pér. d'augment 5 s., acmé 32 s. Pér. de décroissance 25 s.
2. Intervalle des conlract. 1 m. 20 s. ; pér. d'augment 10 s., acmé
45; pér. de décroissance 15 s. La malade crie beaucoup et fait des
efforts énergiques.
3. Intervalle 1 li4 m ; pér. d'augment 10 s., acmé 50 s., pér. de
décroissance 20. Contraction abortive pendant la minute suivante.
— 65 —
4. Intervalle 35 s., pér. d'augment 5 s., pér. de décroissance 15 s.
Pendant l'intervalle des douleurs nombreuses éructations.
5. Intervalle 1 m. 5 s., pér. d'augment. 5 s., acmé 50 s., période
de décroissance 15 s. Inhalations de chloroforme.
6. Intervalle 1 1/2 m., pér. d'augment 10 s., acmé 55 s., pér. de
décroissance 15 s. La malade continue à crier. Anesthésie complète
au bout de 3 m.
7. Intervalle 3 m. 20 s. ; pér. d'augment 10 s., acmé 30 s., pér.
de décroisance 15 s.; torpeur profonde. Inhalations de chloroforme
interrompues.
8. Intervalle 1 3/4 m., pér. d'augment 10 s., acmé 60 s., pér. de
décroissance 15 s. La malade gémit assez fort, contracte les mus-
cles abdominaux ; nouvelles inhalations de chloroforme pendant la
contraction.
9. Intervalle 2 m., pér. d'augment 5 s., acmé 35 s., pér. de dé-
croissance 10 s. La malade gémit peu, ronfle fort; presque point de
contraction de la paroi abdominale.
10. Intervalle 1 m.; période d'augment 15 s.; acmé 85 s.; période
de décroissance 15 s. La malade commence à gémir pendant l'acmé
et malgré l'anesthésie contracte les muscles abdominaux.
11. Intervalle 50 s. ; période d'augment 10 s.; acmé 20 s. ; période
de décroissance 15 s. Au début du nouvel intervalle on arrête les in-
halations de chloroforme. P. 56, T. 37",1
Après la cessation des inhalations de chloroforme.
12. Intervalle 1 m. 1/4 ; période d'augment 15 s. ; acmé 85 s.; pé-
riode de décroissance 25 s. La malade s'est réveillée pendant la con-
traction, gémit beaucoup, s'endort dans l'intervalle des contractions.
13. Intervalle 2 m. 10 s ; période d'augment. 15 s.; acmé 65 s.; pé-
riode de décroissance 20 s. Contractions énergiques des muscles ab-
minaux.
14. Intervalle 1 m. 1/4; période d'augment 5 s., acmé 55 s.; pé-
riode de décroissance 15 s.
15. Intervalle 50 s.; période d'augment 5 s.; acmé 45 s. ; période
de décroissance 15 s.
16. Intervalle 30 s., pér. d'augm. 10 s., acmé 45, pér. dedécr. 15 s.
17. Intervalle 1 m. 5 s. La tête est arrivée surces entrefaites sur le
plancher périnéal qu'elle déprime. Les contractions sont extrême-
ment douloureuses; pouls pendant la contraction 60, bruits du cœur
fœtal 132, temp. vaginale à 2 h. de l'après-midi 37,1. La tête met
Pinard. 9
— 66 —
une heure et demie à franchir le périnée, encore fallut-il faire des
incisions latérales.
L'hémorrhagie assez abondante gui suivit nécessita l'extraction immé-
diate du placenta par la pression; elle s'arrêta bientôt néanmoins.
L'utérus se rétracta bien. L'enfant, un garçon à terme, pesait
7 livres 1/2 et était long de 18 l/ 2 pouces (diamètres de la tète : 3 1[4,
3 3/4, 4 3/4, 5 i/2 pouces). Délivrance normale. La température im-
médiatement après l'accouchement était égaleà37°,5, le pouls 68;
léger frissonnement après l'accouchement. Le soir à 6 heures temp.
3"'°, 7, pouls 70; ischurie.
20 juillet, Temp. 37<\8 ; le soir, pouls 72, temp. 37°, 9. Rhagades
sur les deux mamelons. Utérus insensible. Lochies normales.
Réflexions. — Reportons-nous aux contractions qui [ont pré-
cédé l'expérience; il n'est pas douteux que ce sont là des con-
tractions spasmodiques , déterminées par un écoulement pré-
maturé des eaux et par la rigidité anormale du col. C'est ce que
prouvent d'abord l'accroissement considérable de la tempéra-
ture qui s'élève de 37°, 5, à 38°, 1 ; la douleur extrême 1 provoquée
par les contractions; la tuméfaction de la lèvre antérieure de
l'orifice utérin et le peu d'eificacité des contraction utérines ;
nous en trouvons une preuve nouvelle dans l'abaissement con-
sidérable de la température, qui de38°,l tombe à 36°, 9, à la
suite de la disparition des obstacles à l'accouchement et de la
sortie de la tête. De plus, l'irrégularité des intervalles et la
durée variable de l'acmé caractérisent bien nettement ces con-
tractions anormales.
Quelle a dès lors été l'action des inhalations de chloroforme
sur ces contractions spasmodiques, qui persistèrent même pen-
dantla deuxième période de l'accouchement? D'abord, en ce qui
concerne les intervalles des douleurs, leur durée pour les 5 pre-
mières contractions observées fut en moyenne de 1 min. 18 sec.
(Maximum, 1 min. 20 sec, minimum, 33 sec). Pendant l'anes-
thésie , la durée moyenne de six contractions fut de 1 min. ,49 sec.
et après la cessation des inhalations chloroformiques, quand la
malade fut complètement réveillée, l'intervalle fut pour cinqcon-
— 67 —
tractions d'une durée moyenne de 1 min., 12 sec.Pendantl'anes-
thésie, la durée du premier intervalle des contractions fut plus
que le double de ce qu'elle était auparavant ; du reste les dif-
férences (maxim. 3 1/3 min., minim. S/6) furent plus consi-
dérables encore qu'avant et après l'anesthésie.
L'acmé fut , pour les cinq contractions qui précédèrent
l'anesthésie, d'une durée moyenne de 47, 4 sec. ; pendant
l'anesthésie, pour six contractions, eut une durée égale à 47,
2 sec. et après l'anesthésie, pour cinq douleurs, une durée de
59 secondes.
Il en résulte que, pour ces contractions anormales, on observe
et un accroissement de la durée des intervalles et une diminu-
tion de la durée de l'acmé, insignifiante, il est vrai; l'action du
chloroforme a donc été la môme ici que dans les cas précédents...
L'hémorrhagie, peu considérable, s'arrêta après l'expulsion du
placenta obtenue au moyen de la pression. En somme, lesinhala-
tions de chloroforme n'ont promptement agi que sur l'élément
douleur, pendant les contractions, en l'abolissant; les contrac-
tions ne se trouvèrent en rien régularisées ; et cela contre toute
attente, car, comme on le sait, quand les contractions sont très-
douloureuses , les mouvements de l'enfant déterminent fré-
quemment la production de contractions abortives brèves , et
on pouvait espérer obtenir une succession plus régulière des
contractions par l'abaissement de l'excitabilité. La même chose
peut se dire de l'acmé.
La marche de la température , avant , pendant et après
l'anesthésie, a été également la même que dans le cas précédent,
la température oscillait entre 36°, 9 et 37°, 1 de 1 h. à 1 h. 3/4
et pendant les deux heures suivantes ne s'éleva qu'à 37°, 5, de
2 h. à 3 h. 20 m. On ne put constater aucune influence essen-
tielle du chloroforme sur la température ; car le rapport 36°, 9 à
37°, 1 qui correspond à l'intervalle de 1 à 1 h. 3/4 est presque
identique à celui qui correspond à l'intervalle de 2 h. à 3 h. où
si la température qui était d'abord de 37 ,3, arriva pendant ies
20 dernières minutes à 37°S, au moment des efforts expulsifs
les plus violents et de la sortie delà tête.
— 68 —
Ons. II. — L. V..,. 22 ans, de petite (aille, 1 ni. 40; rachitique
pendant l'enfance, n'a pu marcher qu'à l'âge de 4 ans. Réglée pour
la première fois à 16 ans sans douleur, l'a toujours été régulièrement
toutes les trois semaines depuis lors. Dernière époque le 13 octobre
1863. Elle a senti remuer pour la première fois à Pâques de l'année
1864. Pendant sa grossesse elle a eu, outre de la constipation opi-
niâtre, une métrite granuleuse interne et externe du col très-in-
tense et des pertes blanches abondantes.
Rétrécissement du bassin avec perfection des formes.
Depuis quatre semaines elle a fait des injections avecune solution
de sulfate de cuivre sans diminuer l'écoulement par ce moyen.
Les contractions commencent le '0 juillet vern 10 h. du soir. Elles
reviennent toutes les 10 m. pendant la nuit, mais sont peu efficaces.
Le 12 juillet à 7 h. du malin, portion vaginale du col longue de
i-/i pouce.
Orifices interne et externe dilatés. Tête sur l'os iliaque gauche.
Petites parties en haut et à gauche. Bruits du cœur à droite. T. va-
ginale 37°4.
9 heures. Par le décubitus latéral gauche, la tête est venue se pla-
cer au-dessus de l'entrée du bassin. Contractions toutes les 7 ou toutes
les 10 minutes. Temp. 37°, 4.
10 h. L'orifice cervical admet 2 doigts. Temp. 37», 6. P. 88. Les
contractions sont toujours rares. L'orifice cervical n'est pas plus
large; petite fontanelle à droite. T. 37°,5,
1 1 h. à 3 h. après midi. Contractions toutes les 10 min. Portion va-
ginale complètement effacée, état local le même.
5 heures. T. 37,3. P. 84. Contractions comme auparavant. Peau
moite. Bords de l'orifice utérin amincis et tranchants. Orifice utérin.
7 heures. La parturiente se plaint de vives douleurs abdominales
pendant les contractions. Ces dernières ont une durée de 1-2 m. et
sont séparées par des intervalles de 1 ou 2 m. sans que la dilatation
du col augmente d'une façon bien marquée.
l r ° Contraction. — Intervalle -i m. Période d'augment 20 s. ; acmé
25 s. ; période de décroissance 5 s. Temp. 37,5 ; P. 86.
2° Contraction. — Intervalle 1 m. Pcr. d'augment 5. s., acmé 65 s.,
période de décroissance 15 s., très-douloureuse.
3° Contraction. — Intervalle 2 m., période d'augment 25 s.; pas
d'acmé; période de décroissance 20 s.
4» Contraction. — Intervalle 1 m. 1/2. Pér. d'augment 35 s., acmé
75 s., pér. de décroissance 40.
— 69 —
La paturiente crie violemment pendant les contractions, et au plus
fort de l'acmé elle pousse plusieurs cris extrêmement forts.
5« Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment 20-45 s.,
acmé 85. Pér. de décroissement 15 s. Temp. 37". 5. Dans la pér.
d'augment et l'acmé, interruption de 5-10 s.
6 e Contraction. — Intervalle 1 m. 1/2. Pér. d'augment 5 s., acmé
55; pér. de décroissance 15 s.
7° Contraction. — Intervalle 20 s. Pér. d'augment 5 s., acmé 55 s.,
pér. de décroissance 30 s. Temp. 37°, 9.
8° Contraction. — Intervalle 2 m. ; pér. d'augment 55 s., acmé 20 s.,
pér. de décr. 37,6.
Acmé extrêmement fort durant 15 s.
9' Contraction. Intervalle 2 m. Pér. d'augment 25 s. acmé 70 s. ;
pér. de décr. 30 s.
10 e Contraction. — Intervalle 1 m. 1/4. Pér. d'augment 20 s., acmé
110 s.; pér. de décroissance 15 s. Temp. 37,6, Courtes rémissions
pendant l'acmé. Inhalations de chloroforme après un intervalle del/2m.
Légère aneslhésie au bout de 1 1/2 m.
11 e Contraction. — Intervalle 5 m. 1/2. Pér. d'augment 5 s., acmé
35, pér. de décroissance 15s. Repos complet. La parturiente réagiten-
core contre les pincements ; lorsque l'on tente d'éloigner le chloro-
forme des lèvres, la malade fait signe de l'y maintenir encore. Tempe
37,623.
■12° Contraction. — Intervalle 2 m. 4/2. Période d'augment 10 s.,
acmé 45 s., per. de décr. 15 s.
13° Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment 10 s.,
acmé 35 s. ; pér. de décroissance 20. Temp. 37°, 6. La parturientesou-
pire profondément durant la période d'acmé.
14 e Contraction. — Intervalle 5 m. Pér. d'augment 15 s., acmé 45 s.
pér. de décroissance 20 s.
La parturiente réagit assez vivement durant la période d'acmé;
on pousse les inhalations jusqu'à l'anesthésie complète.
15° Contraction. — Intervalle 5 m. 1/4. Pér. d'augment 10 s., acmé
50 s., pér. de décroissance 10 s. Temp, 37°,61. La parturiente ne
réagit plus , on cesse les inhalations de chloroforme.au début de la
contraction.
16 e Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment. 10 s.,
acmé 45 s., pér. de décroissance 25 s. La parturiente soupire durant
la douleur.
— TO-
IT Contraction. Intervalle de 3/4 de m. Période d'augment 15 s.;
acmé 40 s.; période de décroissance 15 s. Profonds soupirs.
18° Contraction. Intervalle 2 m. 1/2. Période d'augment 20 s.: acmé
65 s. ; période de décroissance 20 s. Profonds soupirs, retombe dans
le sommeil à la fin de la contraction. P. 100 ; T. 37°, 55.
19 e Contraction. Intervalle 1 m. 50 s. Période d'augment 15 s.;
acmé 50 s.; période de décroissance 15 s. T. 37,575.
20° Contraction. Intervalle 2 m. Période d'augment 15 s.; acmé
65 s.; période de décroissance 15 s. T. 37,55.
21° Contraction. Intervalle 1 m. 3/4. Période d'augment 10 s.; acmé
80 s.; période de décroissance 20 s. T. 37°, 55. P. 88.
Cette recherche a été abandonnée à 8 h. 1/2 du soir. L'orifice du
.... *
col était juste aussi dilaté qu'auparavant.
Malgré l'emploi de sinapismes, de lavements, et d'ipécacuanha à
l'intérieur, les contractions ne s'améliorent point ; au contraire, ces
contractions très-fréquentes et extrêmement douloureuses dimi-
nuent de fréquence vers 11 h. du soir. T. 37°, 4. P. 84. Vers I h.
du matin, elles redeviennent plus fréquentes et les intervalles os-
cillent entre 1 m. 1/2 et 2 m.
Battements du cœur fœtal, énergiques, 128°.
Pas de modification de l'orifice utérin.
A partir de ce moment, élévation rapide de la température.
2 h. T. 37°,7. P. 96.
3 h. T.37°,75.
4 h. T. 38°, 6.
5 h. T. 38°,6. P. 108.
1 6. à 3 h. Violents vomissements et écoulement d'un liquide
jaune- verdâtre insignifiant.
6 h. 1/4. T. 38°,7. P. 120.
7 h. 1/4. T. 38 ,95. La tête toujours encore mobile au-dessus du dé-
troit supérieur, dilatation du col à peine égale à un thaler ; col rigide
de 1 pouce inflexible.
8 h. 1/4. Emploi de la douche; pas de modification particulière de
de l'orifice. T. 38»,6.
9 h. 1/4. Contractions moins douloureuses; malgré des douches ré-
pétées, le col ne se dilate pas ; deux incisions sur l'orifice du col; mal-
heureusement la poche se rompt à ce moment et une assez grande
quantité d'eau s'écoule. Légers frissonnements peu après T 39° 95
10 h. 1/2. T.39°,05. ' ' .,"
— n —
il h. 1/2. Après douches répétées, T. 38,6.
12 h. 1/2 Lèvres du museau de tanche un peu œdémateuses ; peu
de sang seulement s'était écoulé par les incisions. T. 38", 05. P. 104.
1 h. 1/2. T. 38°, 1. P. 100. Contractions faibles se suivant à de longs
intervalles. Position de la tête et état du col presque invariables.
2 h. 1/2. T, 38°, I. P. 104. Application de 6 ventouses scarifiées sur
la région sacrée.
3 h. 1/2. T. 38°,55. P. 104. Les pulsations fœtales sont arrivées à
125 par minute.
4 h. 1/2. T. 39°, ?>. P. 144. Orifice du col offrant un diamètre de
2 pouces, fortement tuméfié en avant et à gauche ; bosse sanguine vo-
lumineuse. Nouvelles douches.
5 h. 1/2. T. 39°,8. P. 136. Douleurs violente, soif intense, 172 bruits
du cœur par minute.
6 h. 1/2. T. 40°, 2. P. 140. Nouvelles incisions sur le col, emploi réi-
téré des douches ; évacuation d'un peu d'urine par le cathétérisme.
7 h. 1/4. T. 40,2. P. 14°,0. Bruits du cœur 168. Contractions exces-
sivement douloureuses. La parturientegémitconstamment; nouvelles
inhalations de chloroforme.
7 h. 3/4 soir. La température élevée de la parturiente, la fréquence
des bruits du cœur fœtal constituant un danger imminent pour la
mère et l'enfant, on applique le forceps, quoique le col ne soit pas
encore tout à fait effacé et on amène lentement la tête vers le périnée.
Pour éviter une déchirure périnéale, plusieurs petites incisions de-
viennent nécessaires. Le cordon était enroulé ; après la sortie des
épaules, Kimorrhaqie abondante et extraction immédiate du placenta.
L'utérus resta rétracté, l'hémorrhagie cessa. L'enfant, du sexe fémi-
nin (poids : 6 livres 1 once, longeur : 18 pouces 1/2, diamètre bi-
panétal : 3 pouces, diamètre bitemporal 2 pouces 3/4, diamètre
droit 4 pouces 3/1, grand diamètre diagonal 5 pouces 1/4, petit diamè-
tre diagonal 4 pouces), était dans un état asphyxique très-prononcé,
mais fut rappelé à la vie après une demi-heure. Mais trois heures
après l'accouchement il présenta des convulsions et mourut après
23 heures. .. Chez la femme en couche, la température vaginale, qui
immédiatement après était égale à 48", 2 s'abaissa, pendant les 12 pre-
mières heures à 39°, mais dans les 12 heures qui suivirent atteignit
de nouveau le même degré, par suite du développement d'une métrife
phlegmoneuse et d'une péritonite diffuse qui enleva la femme dès le
quatrième jour.
- 72 -
Réflexions — L'anomalie des contractions utérines observées
dans ce cas était caractérisée par des spasmes violents dus évidem-
ment à une endométrite catarrhale. Outre les douleurs violentes
qui accompagnèrent les contractions, nous en avons comme
preuve l'irrégularité extrême de l'acmé, oscillant entre 20 et 1 10
secondes, de plus la grande irrégularité des intervalles, oscillant
entre 20 secondes et 4 minutes, et enfin la dilatation si défec-
tueuse du col, déterminée par la rigidité anormale de ce der-
nier. Dans ces contractions anormales, l'action du chloroforme
fut de nouveau caractérisée par un prolongement des intervalles.
Car pendant l'anesthésie, ils étaient de 3 min. 42 s. en moyenne,
tandis qu'auparavant ils étaient en moyenne de 1 min. 42 s.
L'action fut également bien marquée, et sur la durée de l'acmé,
caractérisée par une régularisation de cette durée, qui n'os-
cilla plus qu'entre 35 et 50 secondes, mais comporta en
moyenne 42 sec, tandis que pendant la période antérieure
aux inhalations l'acmé fut si irrégulier qu'il n'est même pas
possible d'admettre pour sa durée une moyenne. Après la ces-
sation des inhalations, les oscillations de l'acmé furent éga-
lement moindres qu'avant; mais cette régularité ne dura pas
longtemps. Déjà pendant la dernière contraction, la durée de
l'acmé devint de nouveau considérable. Quant à la tempéra-
ture, le chloroforme n'exerça sur elle aucune influence bien vi-
sible. Car, tandis qu'avant l'anesthésie elle variait entre 37°, 125
et 37°, 9, elle fut pendant l'anesthésie égale à 37°,55. Donc on ne
put observer ni augmentation ni diminution de la tempéra-
ture.
Du reste ce dernier cas démontre une fois de plus combien il
est important d'observer la marche de la température pendant
le travail, car on peut connaître par là avec la plus grande cer-
titude le moment précis de l'invasion des complications qui,
dans les accouchements prolongés, débutent d'ordinaire déjà
pendant le travail... C'est ainsi que l'on peut fixer le début de la
métro-péritonite, qui éclata dans le cas actuel, exactement à
4 heures de l'après-midi (le 13 juillet).
— 73 —
Voici les conclusions du mémoire de Winckel :
- i. L'anesthésie parle chloroforme prolonge les intervalles
des contractions tant normales qu'anormales, et quelquefois
retarde l'accouchement.
« 2. L'acmé des contractions est sensiblement diminué par
l'influence du chloroforme, qu'il s'agisse de contractions nor-
males ou anormales.
«3. L'actiondu chloroforme sur les contractions tant normales
qu'anormales esttrès-passagère, et l'on n'observa des hémorrha-
gies, insignifiantes du reste, qu'après le travail anormal, et ja-
mais après le travail normal.
«4. Dans les contractions spasmodiques, le chloroforme n'agit
que sur l'élément douleur, sans toujours régulariser les contrac-
tions utérines.
«5. L'anesthésie par le chloroforme n'a d'action notable sur la
température ni dans les contractions normales ni dans les con-
tractions anormales. »
Au contraire, Kurowicz aurait vu la contracture céder rapide-
ment dans les cas suivants.
1 er Cas. — Une primipareenlre dans leservice après la perle dos eaux. Orifice
1 doigt. Uréthrite et gonflement des ganglions inguinaux. Pendant l'a-
nesthésie chlorf. d'une durée de I heure 1/2, les contractions se comportèrent
comme dans les deux premiers cas, rapportés plus haut, puis l'orifice du
col se dilata (Dil. — 3 doigts); on arrêta alors la chloroformisation. Les
douleurs devenant beaucoup plus pénibles, le chloroforme fut donné de nou-
veau. La durée des douleurs et leurs intervalles présentèrent les modifica-
tions déjà indiquées et la dilatation du col marcha régulièrement. L'enfant
pesait 8 livres 1/2; il y eut une petite déchirure du vagin qui devint
diphthérique pendant l'état puerpéral; cette malade guérit.
2 e Cas. — Cette personne a des douleurs fréquentes et très-pénibles avec
des intervalles de 3 minutes. L'orifice ne se dilate pas. Durant 12 contrac-
tions consécutives, l'anesthésie (faite à moitié) ne modifia rien, mais aussitôt
qu'elle fut complète, les intervalles devinrent plus longs et l'acmé plus court.
En une heure et 1/2 la dilatation devintde deux travers de doigt et l'accou-
chement eut lieu 8 heures après l'entrée de la malade. Le maximum de la
température fut 39°, le minimum 37°, 1 (pendant l'état puerpéral). 3 e jour.
Pinard. 10
— 74 —
Endométrite consécutive à une déchirure d'une des lèvres du col. Involu-
tion utérine normale. Guérison le huitième jour, Les 4 femmes susdites al-
laitent leurs enfants.
3» cas. — Primipare. Douleurs fréquentes et très-fortes. Pauses variant
entre deux minutes et deux minutes dix secondes. Au bout de douze heures,
la dilatation du co! était de 3 travers de doigt, les eaux étaient sorties et
la tête restait toujours profondément dans le bassin. A M heures du soir,
le chloroforme fut donné, et après une heure d'anesthésie l'orifice du col
présenta une dilatation de 4 doigts.
Quinze minutes après qu'on eut cessé les inhalations, la malade réagis-
sait encore contre contre les douleurs.
Les applications de belladone et d'opium n'avaient exercé aucune
influence sur la dilatation du col. Accouchement une heure après la fin de
l'anesthésie.
La malade quitta l'hôpital au bout de 5 jours, le fond de l'utérus se trou-
vant à 8 centimètres au-dessus du pubis.
11 n'y eut d'hémorrhagie dans aucun des cas indiqués.
Le D r Bidder croit que, contrairement à certains autres nar-
cotiques, le chloroforme n'exerce aucune influence sur la dila-
tation du col.
Le D' Herrgott, tout récemment, dans un cas de rigidité
spasmodique de l'orifice, constate les bons effets du chloro-
forme inhalé à très-petites doses. Voici l'observation qu'il a
bien voulu rédiger pour moi :
Observation.
En mai 1878, je fus appelé auprès de madame C. St-M. pour l'assister
dans son accouchement. Pendant sa première grossesse il n'y avait rien eu
d'anormal, et l'accouchement avait été facile; le début de sa seconde gros-
sesse avait été troublé par des vomissements opiniâtres et une intolérance
si complète pour les aliments qu'on avait songé à la nécessité de provoquer
l'avortement, si cet état avait dû durer, mais il cessa presque subitement.
Au bout de quelques semaines, la seconde moitié et la fin de la grossesse
furent excellentes.
A mon arrivée, je trouvai la parturiente en proie à de violentes douleurs
qu'accompagnaient des contractions peu énergiques et qui, malgré une
durée de six heures, n'avaient eu pour effet qu'une dilatation de l'orifice de
la grandeur d'une pièce de 1 franc; les bords n'étaient ni tendus, ni sen-
— 75 —
sibles, la présentation était normale, position du crâne 0. 1. D P., les bat-
tements redoublés à droite faciles à entendre. Après avoir assisté à quel-
ques contractions qui revenaient dans un intervalle de quatre minutes,
exploré la matrice par la palpation et constaté qu'il ne s'agissait pas de
contractions partielles do l'utérus, que les douleurs qu'elles occasionnaient
étaient hors de proportion avec leur intensité, je versai quelques gouttes
de chloroforme sur un mouchoir pour étudier d'abord la sensibilité de la
parturiente à cet anesthésique, avant de faire l'emploi qui me semblait in-
diqué par le caractère douloureux des contractions; la malade n'en éprouva
aucun effet d'obnubilation intellectuelle, mais peu après elle déclara que
ses douleurs n'avaient plus le même caractère; en effet, la dilatation mar-
cha plus rapidement et la malade dit elle-même que le travail faisait plus
de progrès et ne lui causait plus la même souffrance. Je lui fis respirer le
mouchoir tant qu'il conserva encore un peu l'odeur du chloroforme. J'étais
prêt à continuer l'emploi de l'anesthésique, mais la chose ne fut pas né-
cessaire, car le travail prit une marche normale et rapide et se termina en
une heure. La délivrance fut facile et tout alla à merveille. Je fus étonné de
l'effet que produisit sur le caractère des contractions une quantité si peu
considérable de chloroforme, effet constaté, non-seulement par moi, la par-
turiente et les assistants, qui étaient tous étonnés de la modification si
importante produite par une dose si petite de l'anesthésique.
De même, les accoucheurs sont nombreux qui ont vu la ver-
sion difficile ou impossible avant l'anesthésie, devenir possible
et même facile après.
Ne pouvant citer toutes les observations, je ne rapporterai
que celle publiée par le docteur Maunoury dans la Gazette mé-
dicale, 1865, qui est une des plus intéressantes, et celles du
D r Chedevergne.
Observation.
Présentation de l'épaule gauche avec position céphalo- iliaque droite ; erreur de
diagnostic; version impossible; chloroformisation; version facile (D r Mau-
noury, chirugien de l'hôpital de Chartres.
Une femme de 29 ans, bien constituée, ayant une bonne conformation du
bassin, était accouchée il y a quinze mois environ, d'un premier enfant ;
l'accouchement fut naturel, en première position occipito-iliaque gauche.
Six mois après cet accouchement, il survient une nouvelle grossesse
dont la durée fut régulière et sans accident.
— 76 —
Le travail de la parturition commença, le mardi 14 décembre à midi,
par des douleurs légères, mais assez rapprochées ; à quatre heures de
l'après-midi, la sage-femme sentanL que la poche des eaux faisait saillie
en forme de boudin à travers le col peu dilaté, la perça ; aussitôt après la
rupture, un flot considérable de liquide s'écoule, inonde le lit; l'orifice du
col se rétracte et les douleurs cessent complètement.
A dix heures du soir, je fus appelé; par le palper abdominal, je sentis
les mouvements du fœtus ; au toucher, l'orifice du col était rétréci et élevé
au point que le doigt ne pouvait atteindre les parties du fœtus; la femme
était très-calme. Je conseillai la temporisation; la femme dormit toute la
nuit sans éprouver de douleurs.
Le lendemain matin, In décembre, à dix heures, le col était dilaté de la
largeur d'une pièce de cinq francs ; je crus reconnaître au toucher une
présentation des fesses, et en cela je commettais une erreur de diagnostic
grossière, puisque j'avais, affaire à une présentation de l'épaule gauche.
Voyant la femme sans douleurs et sentant au palper quelques mouvements
du fœtus, je pensai qu'il ne fallait pas encore hâter le travail, m'appuyant
sur ce principe: que dans les accouchements par l'extrémité pelvienne, il
faut que la femme ménage ses douleurs au commencement pour les faire valoir
à la fin du travail.
La journée et la nuit de mercredi furent tranquilles.
Le jeudi, 16 décembre, vers midi, le col se dilate de plus en plus; croyant
toujours avoir affaire à une présentation des fesses, j'ordonnai 6 grammes
de poudre de seigle ergoté, à prendre 4 grammes d'abord, à réserver les deux
autres grammes pour le moment où le corps de l'enfant serait engagé tota-
lement dans l'excavation.
Vers sept heur.;s du soir, les contractions utérines stimulées par le seigle
ergoté étaient très-vives; l'épaule était descendue en totalité dans l'exca-
vation; c'est seulement alors que je reconnus mon erreur; la main et le
bras gauche du fœtus amenés par une traction légère à la vulve étaient
tuméfiés, bleuâtres et déjà gangrenés.
Dans cette conjoncture, je n'avais que la version à pratiquer ; mais au-
tant elle eut été simple le mercredi matin, après la dilatation de l'orifice
utérin, autant elle était difficile le jeudi soir après l'écoulement de la tota-
lité des eaux, l'épaule du fœtus étant tuméfiée et la matrice étant fortement
contractée sous l'influence du seigle ergoté. Je m'aidai de l'expérience de
mon collègue M. Salmon, et tous deux nous tentâmes d'opérer la version;
ce fut en vain ; le col se contractait avec une telle force qu'il nous fut im-
possible de porter la main dans la cavité de la matrice pour aller à la re-
cherche des pieds.
Après deux tentatives infructueuses, nous convînmes d'endormir la
femme au moyen du chloroforme ; la chloroformisation fut très-rapide;
l'état anesthésique fut complet et profond; aussitôt, M. Salmon introduisit
— 77 —
sa main gauche avec une facilité extrême dans la cavité de la matrice, saisit
les pieds, opéra la version, et en moins d'une minute l'enfant fut amené au
dehors ; il était sans vie.
Immédiatement après l'expulsion de l'enfant, bien que la femme fût en-
core sous l'influence du chloroforme, les fibres du corps de la matrice se
contractèrent comme dans l'état normal et la cavité diminua.
Un quart d'heure après, la délivrance s'opéra au moyen de quelques
tractions modérées sur le cordon ; le corps de la matrice revint complète-
ment sur lui-même; il n'y eut pas d'hémorrhagie.
Les suites de couches furent très-heureuses, et douze jours après la
femme pouvait se lever et vaquer à ses occupations.
Observation (Dr Chedevergne}.
Femme de trente-huit ans. — Luxation congénitale double des fémurs. — Troi-
sième grossesse à terme. — Membranes rompues depuis douze heures. Pré-
sentation de l'épaule gauche. — Main et avant-bras à la vulve. — Plusieurs
essais de version ont été faits en ville par une sage-femme. — Rétraction spas-
modique de la matrice. — Cinq tentatives pour saisir les pieds sans résultat. —
Administration du chloroforme. — Version facile.
La nommée Muller, femme Goiseau, âgée de 38 ans, entre à l'hôpital La-
riboisière, le 11 novembre 1861, à quatre heures du matin; elle est placée
au n° 4 de la salle Sainte-Anne.
Vers six heures du matin, nous nous rendons auprès d'elle, avec nos col»
lègues MM. Beaumetz, Lervoin et Martineau, interne de garde. Nous appre-
nons de cette femme qu'elle a déjà eu deux enfants, qu'elle est enceinte à
terme, qu'elle a commencé à éprouver des douleurs, il y a vingt-quatre
heures, et que les eaux sont écoulées depuis douze heures, que plusieurs
tentatives ont déjà été faites par une sage-femme pour terminer l'accouche-
ment, mais sans aucun succès.
Au premier examen, nous apercevons une main qui pend à la vulve;
librement, la paume tournée en avant, le pouce dirigé vers la cuisse gauche
de la femme. Donc, l'épaule gauche se présente et le dos du fœtus est en
arrière. L'examen ultérieur par le toucher confirme le diagnostic, il faut
faire la version. Malheureusement, tout nous fait présager qu'elle sera dif-
ficile à pratiquer, le ventre est médiocrement volumineux; à travers la
paroi abdominale, nous sentons l'utérus dur et fortement contracté.
La malade est pâle, fatiguée, son pouls est petit et fréquent. En outre,
elle est affectée d'une infirmité ancienne qui peut nous gêner beaucoup
dans l'exécution de l'opération, elle a une double luxation des fémurs, avec
semi-ankyloso de la nouvelle articulation. Les mouvements y sont en effet
— 78 -
très-limités, l'abduction impossible, ou à peu près, car les genoux ne peu-
vent s'écarter que de 10 centimètres. Heureusement, les cuisses sont flé-
chies sur le bassin ; elles font en effet avec l'axe du corps un angle d'en-
viron 30°.
En face de toutes ces difficultés, l'un de nous n'hésite pas à proposer im-
médiatement le chloroforme, d'autant plus que la femme redoute beaucoup
la douleur et demande à être endormie.
Cette proposition est cependant rejetée par excès de prudence. La ma-
lade est placée dans le décubitus latéral du côté gauche, les cuisses aussi
fortement fléchies sur le bassin, que le permit le peu de mobilité des pseudo-
articulations coxo-fémorales, puis la main est introduile dans le vagin, sans
être gênée sensiblement par l'abduction des membres inférieurs. Cinq ten-
tatives sont faites consécutivement, et sans résultat, au milieu des cris et
des efforts de la malade. Chaque fois le col est franchi sans trop de diffi-
culté, puis la main chemine lentement, et avec peine, entre le corps du
fœtus et la face interne de la matrice, qui est moulée sur lui, elle arrive
ainsi jusqu'au bord supérieur de l'os des îles de l'enfant, mais à ce niveau
le bout des doigts est fortement étreint par une sorte d'anneau musculaire,
circulaire qui ferme définitivement le passage, et qui semble diviser la ca-
vité utérine en deux compartiments, l'un contenant la tête, les membres su-
périeurs et la plus grande partie du tronc du fœtus, l'autre le bassin et les
membres inférieurs. Ce dernier est impénétrable.
Au bout d'une heure d'essais infructueux, le chloroforme est administré
et dès que la résolution des membres est arrivée, nous recommencions les
manœuvres.
La main est introduite dans l'utérus facilement, mais non sans quelque
résistance. L'anneau musculaire dont nous avons parlé plus haut, existe
encore, mais il est vaincu sans peine; les pieds sont saisis et la version
exécutée sur-le-champ, puis l'utérus revient sur lui-même. La délivrance
est faite sans accidents.
L'enfant est mort, et probablement depuis quelques heures, car nous
avons cherché à plusieurs reprises les bruits du cœur fœtal, sans pouvoir
les entendre. Pendant l'opération, il ne s'est pas écoulé de liquide amnio-
tique.
Le 14 novembre, la malade succombe avec des symptômes de péritonite.
L'autopsie ne peut être faite.
Observation (D' Chedevergne).
Femme de 22 ans; deuxième grossesse à terme. — Poche des eaux rompue
depuis quarante-huit heures. — Présentation du sommet avec procidence du
pied droit — Traction sur les membres. — Recherche du second pied. Ré-
— 79 —
traction tétanique de l'utérus. — Extraction impossible. — Chloroformisation.
— Terminaison de l'accouchement.
Célina F., 2'2 ans; n» 40, salle Sainte-Anne, à l'hôpital Lariboisière.
Entrée le 3 décembre 1861.
Cinq ou six heures après son arrivée, vers 10 heures du soir, je vois
cette jeune fille avec mon collègue Négrier qui l'a déjà examinée.
Elle est enceinte pour la deuxième fois. Son premier accouchement a été
heureux. Elle éprouve des douleurs depuis trois jours. Il y a quarante-huit
heures que les membranes sont rompues. Les bruits du cœur du fœtus que
M. Négrier a entendu encore il y a quatre heures ne sont plus perceptibles
en aucun point du ventre de la mère. En introduisant le doigt dans le
vagin, nous rencontrons le pied droit de l'enfant. Aussi croyons-nous tout
d'abord avoir affaire à une présentation de l'extrémité pelvienne; mais nous
ne tardons pas à reconnaître la présence du sommet au détroit supérieur
qui n'est débordé qu'en partie; l'occiput est à droite dans la fosse iliaque
droite.
Il s'agit d'une présentation du sommet avec procidence d'un pied.
Malgré la longueur du travail les contractions utérines ne sont pas ralenties ;
la matrice est fermée et paraît fortement rétractée sur le fœtus.
Nous cherchons d'abord à ramener l'occiput derrière la symphyse; mais
ne pouvant y réussir à cause de la résistance de l'utérus, nous essayons de
terminer la version commencée par la nature, en tirant avec force sur le
pied. Tentatives inutiles. Le fœtus reste immobile dans sa position ; alors
nous allons à la recherche de l'autre pied; mais les contractions utérines
sont continues et fort énergiques. La matrice est si fortement appliquée
sur le corps du fœtus que nous ne pouvons pénétrer dans la cavité plus de
trois pouces au-dessus du col utérin qui est parfaitement dilaté.
Après trois essais infructueux le chloroforme est administré et dès que
la sensibilité est incomplète la main est introduite de nouveau; non pas
que les parois utérines soient flasques et sans résistance, mais cette ré-
sistance qui tient à la tonicité de l'organe, si je puis ainsi dire, est facile-
ment vaincue et cède à la main qui presse de dedans en dehors. Le pied
gauche est saisi, amené à lavulve à côté du pied droit ; le tronc est dégagé
et les bras sortent à leur tour; l'occiput est derrière la symphyse. A ce
moment la femme commence à crier et à sentir. Nous sommes obligés d'in-
troduire deux doigts sur les côtés du nez, puis dans la bouche pour amener
la tête au dehors. Car elle est légèrement défiéchie, puis tout se termine
régulièrement ; malheureusement l'enfant a cessé de vivre, comme nous
l'avions prévu avant l'opération. Il est bouffi et violacé; la mort ne paraît
pas remonter au-delà de quelques heures.
4 déc.1861. — La malade éprouve quelques douleurs dans le ventre;
l'utérus est bien rétracté; pas de vomissements, un peu de fièvre.
- 80 —
6 déc. Le mouvement fébrile diminue ainsi que les douleurs.
12 déc. La malade sort en bon élat. Nous la voyons dix jours après par-
faitement guérie.
Il en est de même dans les cas d'éclampsie compliquant le tra-
vail ; tandis que certains auteurs rejettent le chloroforme, d'au-
tres ont en lui une confiance absolue.
L'observation, curieuse en raison de la quantité de chloro-
forme employée, rapportée par le docteur Herrgott, semble
donner raison à ces derniers.
Observation (D r Herrgott, professeur à la faculté de médecine de
Strasbourg) .
;Règles pratiques de l'administration du chloroforme. Extrait du Bulletin général
de thérapeutique , 1862) .
... Nous avons appliqué le forceps chez une femme éclamptique chez
laquelle les accès avaient été tenus en échec par le sommeil chloroformique,
tout en permettant les contractions utérines et la continuation du travail
pendant une durée de dix-huit heures. Deux heures après la délivrance, la
femme s'est réveillée, et de son sommeil chloroformique et de son coma
éclamplique. Plus d'un kilogramme de chloroforme avait été employé dans
cette chloroformisation prolongée; chaque fois que son sommeil anesthé-
sique avait tendance à cesser, un nouvel accès d'éclampsie avait semblé
imminent. Il n'est pas à ma connaissance un cas de chloroformisation
aussi prolongée. Pendant tout ce temps, le pouls s'était maintenu régulier ;
la respiration, large et profonde, suffisait à l'hématose et à l'anesthésie.
La matrice continuait à se contracter régulièrement jusqu'au moment où il
fut possible de procéder à l'application du forceps, qui amena un enfant
qui vit encore. Quant à la mère, elle se rétablit promptement, seulement
elle n'a encore aujourd'hui aucun souvenir de ce qui s'est passé.
Mais il ne faut pas croire que les choses se passent toujours
ainsi.
Bien souvent les inhalations de chloroforme, même prolon-
gées, se sont montrées impuissantes dans les cas de rigidité de
l'orifice, ainsi que le témoignent les observations consignées
dans Ips rptrictroc An lo A^n + «««:t^
dans les registres de la Maternité.
— 81 —
Également dans les cas de présentation de l'épaule, les docu-
ments ne manquent pas qui prouvent que la rétraction spasmo-
dique n'a pas cédé devant l'anesthésie. J'en ai rapporté un cas
dans ma Thèse (Des contre-indications de la version, etc.) qui
montre bien l'impuissance du chloroforme.
Dans les cas de rétention du placenta, l'efficacité du chloro-
forme est encore à prouver. J'ai vu, pendant mon clinicat, deux
cas dans lesquels l'anesthésie prolongée n'a eu aucune action
sur la rétraction de l'utérus.
Et il suffit de lire la Thèse d'agrégation du D r Charpentier
pour être convaincu que le chloroforme n'a pas toujours donné
de bons résultats dans les cas d'éclampsie compliquant le
travail.
Je crois que l'anesthésie complète a une action paralysante
sur la fibre utérine ; mais quand la rétraction est poussée à un
degré extrême, cette action ne se fait-elle sentir que plus diffi-
cilement? Serait-il nécessaire de prolonger la période de cada-
vérisation pour obtenir le relâchement des fibres utérines? Je
ne sais, mais, si cela était, on comprend aisément combien ce
moyen serait dangereux.
Mais le chloroforme semble agir plus sûrement sur les dou-
leurs qui siègent en dehors de la sphère génitale et qui peuvent,
par leur intensité, troubler ou arrêter la marche du travail. Ce
fait, signalé déjà par bon nombre d'accoucheurs, est parfaite-
ment mis en évidence par l'observation suivante, que M. Blot a
eu l'obligeance de me communiquer :
Observation (D r Blot).
M mo X... primipare à terme, bien constituée, état général excellent,
éprouve les premières douleurs du travail dans la nuit du 21 au 22
septembre.
L'enfant se présente par le sommet en 0. 1. D. P.
Le travail marche régulièrement jusqu'à onze heures dix minutes. Les
contractions normales quoique douloureuses sont supportées avec courage
jusqu'au moment de la dilatation complète à onze heures.
A partir de ce moment un changement complet et subit s'opère. Les
Pinard. 11
— 82 —
contractions se suspendent, la nature des douleurs n'est plus la môme.
Il semble qu'un cercle étreint la base de la poitrine, une oppression très-
vive survient, en même temps que l'état moral subit une dépression mani-
feste. A cette sérénité de tout à l'heure, succède un abattement profond, se
manifestant par des pleurs et des supplications, pour qu'on veuille bien
terminer au plus vite l'accouchement.
En présence de ces phénomènes, M. Blot envoie chercher à la hâte un
aide et on commença les inhalations de chloroforme à onze heures et
demie. Dès les premières inhalations les douleurs autres que celles de la
contraction disparurent, bien que l'intelligence ne lût nullement atteinte,
et le calme reparut. Une application des forceps faite quelques instants
après termina la scène.
Les suites de couches furent normales.
CHAPITRE X.
ACTION DES INJECTIONS HYPODERMIQUES DE CHLOROFORME
DANS LES ACCOUCHEMENTS.
Roberts Rartholow, Collins, Cérenviile, Ernest Resnier, ont
signalé l'anesthésie locale déterminée par les injections hypo-
dermiques de chloroforme ; Dujardin-Raumetz a complété ces
recherches en montrant que l'on pouvait aussi obtenir par ce
moyen des effets généraux, et qu'en injectant à des lapins de
1 à 2 gr. de chloroforme, et chez l'homme de 2 à 10 gr., on pro-
duisait un sommeil plus ou moins prolongé, mais jamais on ne
produisait d'anesthésie chirurgicale. Se fondant sur les recher-
ches de Claude Rernard, qui a montré qu'il fallait, pour pro-
duire l'anesthésie, obtenir une action directe des agents anes-
thésiques sur les cellules nerveuses, Dujardin-Beaumetz montre
que, dans les injections hypodermiques, le chloroforme, pour
arriver sur les centres nerveux, doit passer par la circulation
pulmonaire, et que là sa volatilité le fait passer en grande partie
— 83 —
dans les cellules du poumon, et que le sommeil que l'on observe
dans les cas d'injection sous-cutanée est dû à l'absorption par
les poumons de la très-faible quantité de chloroforme qui se
trouve ainsi mise en liberté ; ce fait expliquerait aussi l'impossi-
bilité de l'anesthésie chirurgicale par la voie hypodermique.
Dujardin-Beaumetz a employé ces injections sous-cutanées
de chloroforme dans deux cas d'accouchement. Dans l'un, il
s'agissait d'une primipare; dans l'autre, d'une femme à son
second accouchement. On avait administré par la peau 6 gr. de
chloroforme. Ces injections n'ont produit aucun effet anesthé-
sique et les douleurs ont conservé leur intensité ; d'ailleurs ces
injections n'ont produit aucune irritation locale.
Je ne ferai que signaler l'emploi du chloroforme en applica-
tions locales daus les accouchements.
Friedlânder (A.) (Die locale Anàsthesirung zur Linderung
der Wehen in Deutsche Klinik, 1874) préconise les applications
locales et temporaires de chloroforme mélangé à l'éther ou à
d'autres liquides pendant le travail.
Il verse quelques gouttes de ce mélange sur un mouchoir, et
applique ce dernier sur la région sacrée, et seulement pendant
les contractions les plus douloureuses.
C'est ici véritablement de l'anesthésie homœopathique (simi-
lia, similibus, curantur), car il est bien évident que la douleur
produite par le chloroforme sur la peau doit faire oublier à la
parturiente la douleur interne.
CHAPITRE XI.
DETAILS CONCERNANT LE MODUS FACIEND1 SUIVANT LEQUEL
NOS OBSERVATIONS ONT ÉTÉ PRISES.
Quand je voulus commencer à observer l'action du chloro-
forme sur les femmes en travail, M. Tarnier m'adjoignit son
— 84 —
interne, M. Champetier de Ribes, qui, ainsi que je l'ai dit déjà,
mais je suis heureux de le répéter, m'apporta le concours de
son intelligence, et consentit à partager mes arides travaux avec
une bonne grâce que je ne saurais oublier.
11 était quelque peu fasciné par « le mirage du sans dou-
leur ». Je le priai de vouloir bien noter lui-même ce que nous
allions constater. De plus assistaient avec nous à chaque accou-
chement une surveillante et une aide sage-femme.
Je dois dire que plusieurs fois, alors que nous avions poussé
l'anesthésie assez loin pour abolir la sensibilité consciente, sans
produire toutefois la résolution musculaire, il nous fallut appe-
ler d'autres personnes, en raison des mouvements désordonnés
auxquels se livraient nos parturientes. Nous ne pouvions à
quatre continuer à donner le chloroforme, noter le pouls, sur-
veiller le périnée, maintenir la femme en place, et inscrire en
même temps la fréquence et la durée des contractions.
N'ayant pu dès les premières observations produire de l'anal-
gésie sans anesthésie, pensant que ma tactique chloroformique
laissait peut-être à désirer, je priai le D r Lucas-Championnière
et son interne, M. Hermille, de me donner les renseignements
nécessaires, ce qu'ils firent avec empressement; aussi je saisis
cette occasion pour les remercier.
N'obtenant pas plus après qu'avant, je pensai que peut-être
le chloroforme dont je me servais, qui était celui des hôpitaux,
n'était pas très-pur, d'autant plus qu'il provoquait des accès de
toux dès les premières inspirations, et que non-seulement nos
femmes se plaignaient pendant et après les inhalations de cépha-
lalgie, mais encore parce que nous-mêmes nous éprouvions
tous à la fin de la journée une céphalagie très-vive. Je priai
alors mon frère, J. Pinard, pharmacien, de me procurer du
chloroforme chimiquement pur. Le lendemain, il m'apportait
du chloroforme d'une limpidité parfaite, d'une odeur suave et
fraîche, qui ne provoqua plus ni accès de toux ni céphalalgie.
Mais, comme l'analgésie ne continuait à se montrer qu'avec
l'anesthésie, je songeai que peut-être la compresse était impuis-
sante, et je me procurai un appareil du D'Legroux. 3 femmes
— 85 —
seulement voulurent bien consentir à respirer du chloroforme
à l'aide de cet appareil, 2 pendant tout le temps de l'inhalation,
sans en retirer, il faut le reconnaître, plus de profit que les
autres.
Quant à la troisième, après l'avoir accepté pendant quelques
instants, elle le saisit au moment d'une de ces contractions et
me l'envoya à la figure. Je ne le proposai plus.
Gomme nous tenions avant tout à donner aussi exactement
que possible la physionomie du travail, nous avons tout à sacri-
fier à la vérité.
Peut-être trouvera-t-on que le style manque parfois de pureté
et souvent d'élégance, mais, autant que nous l'avons pu, nous
avons tenu à donner l'expression même de chaque femme, plu-
tôt que d'essayer à la traduire dans un langage un peu plus
élevé, mais moins vrai.
INHALATIONS DE CHLOROFORME
OBSERVATIONS PERSONNELLES
PMtJEIflMEMtM! SÉRIE
Observation I.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
La nommée C..., âgée de 18 ans, domestique, entre le 26 mai 1878
à 3 heures du soir à la Maternité (salle d'accouchements). Cette
— 86 —
femme, à terme de sa première grossesse, est de taille moyenne,
mais bien constituée. Elle souffre depuis la veille à 6 heures du soir.
Elle n'a pas dormi la nuit dernière. En observation le 26 mai à
4 heures 1/2 du soir. La dilatation est égale à une pièce de 50 cen-
times, les bords de l'orifice sont souples, mais épais. Les membranes
sont intactes. L'enfant se présente par le sommet en O.I.G.A. La tête
est profondément engagée. P. 84, R. 24, T. ax. 37°,2, T. vag. 38°,
pulsation fœtale 160.
Contractions.
Durée.
A 4h. 16m.
2m.
Pendant ces contrac-
tions, bien que l'u-
térus soit très-con-
tracté, elle ne fait
pas un mouvement
et ne pousse pas une
plainte, elle dit ce-
pendant que ça lui
fait très-mal dans
le ventre, mais pas
dans les reins.
- 20 m. 30 s.
3 m. 30 s.
— 33 m.
3 m. 30 s.
— 37 m. 40 s.
1 m. 40 s.
— 42 m. 30 s.
1 m. 40 s.
Celle-ci est très-dou-
loureuse.
— 45 m. 20 s.
1 m. 20 s.
Douleur moins vive.
— 49 m.
2 m. 50 s.
Grimaces et petits
mouvements. Du
— 53 m. 30 s.
1 m. 30s.
tronc exprimant
une vive souffrance.
— 58 m.
3 m. 40 s.
Même dilatation.
Chloroforme à
l'aide de l'ap-
pareil Le-
groux à
A 5 h. 3 m.
lm.30s.
Douleur forte , rou-
5 h. 1 ce.
geur du visage.
5 h. 5 m. 1 ce.
— 7 m.
lm.30s.
Elle s'agite et dit ce-
pendant que cette
— 87 —
Chloroforme à
5 h. 10,1 ce. 1/2
— 16,1 ce. 1/2
— 20, 2 ce.
23,1 ce. 1/2
25,1 ce. 1/2
Contractions.
— 11 m.
16m. 30s. lm
— 18 m. 40 s. lm
25 m. 40 s.
— 33,1 ce. 1/2 — 3b m.
— 39,1 ce. 1/2 — 39 m.
45 m.
Durée.
douleur est moins
forte que l'autre.
R. 27, P. 80
lm.50s. Sifflements dans les
oreilles.
Plus douloureux que
les autres.
Plaintes, étourdisse-
ment ; demande où
elle est, sifflement
dans les oreilles.
P. 94, R. 18.
6 m. 20 s. Elle se plaint, s'agite,
dit qu'elle ne souffre
pas, puis de suite :
qu'elle souffre.
2 m. 20 s. Est tout à fait abrutie.
Elle se plaint de
beaucoup souffrir
dans le ventre. Est-
ce que ça vous fait
bien mal lui de-
mande-t-on.R.Oui
Monsieur.
1 m. 30 s. Après sommeil pai-
sible.
45 s. Elle se tord sur son
lit; interrogée plu-
sieurs fois, elle dit :
oh ! oui, je souffre
beaucoup. Pouls 80.
- 48 m. 30 s.
lm.40s.
— 49, 1 ce.
- 40 m.
1 m. Se tord sur son lit,
15 ce. employés
mais dit qu'elle est
depuis le dé-
moins forte.
but.
Après la con traction :
D. Comment vous
trouvez-vous? R. Je
Contractions Durée.
ne souffre pas en ce
moment. D. Tout à
l'heure vous souf-
friez donc beaucoup.
R. Oui monsieur.
— 52 m. 2 m. Plaintes. Douleurs
dans le ventre.
— 51, 1 ce.
— 53, 1 ce. — 54 m. 2 m. Plaintes plus fortes
que toutes les pré-
cédentes.
Nous cessons de donner du chloroforme ; la dilatation n'a pas fait
un pas. Nous avons employé 17 ce correspondant à 25 grammes.
Le travail continua sans interruption à 10 h. 35 m. du soir ; la
dilatation était complète et les membranes se rompirent sponta-
nément.
L'expulsion de l'enfant eut lieu à 11 h. du soir en O.P. La délivrance
naturelle à 11 h. 20 m. Peu de sang perdu.
Poids de l'enfant 3,030 gr.
Diamètre de la tête
En dehors d'une céphalagie qui dura plusieurs jours, les nuits de
couches furent normales.
Cette femme a quitté la Maternité le dixième jour après son accou-
chement; son enfant se portait bien.
Observation II.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période de
dilatation. — Intolérance.
La nommée L..., âgée de 19 ans, domestique, entrée le 15 avril à
la Maternité, et monte à la salle d'accouchement le 28 mai 1878 à 2
h. 1/2 du matin. Cette femme, à terme, est grande et forte. Elle souffre
depuis quelques heures. Les contractions douloureuses persistent
0. F.
13 c.
O.M.
13 c.
B. P.
8 c.
S.O.B.
8,5
— 89 —
toute la nuit et à 9 h. du matin, le 28 mai, nous la trouvons dans
l'état suivant :
Elle est congestionnée, la peau est couverte de sueur, les dou'eurs
sont localisées à 'a région lombaire, mais elles n'e.: ; s : ent qu'au
moment de la contraction pendant laquelle l'uiéc us durci, bien.
L'orifice offre une dilatation égale à une p>ke de 2 franc*, 'es bords
sont minces et très-snuples. La tète est proTo idénerù en§'?gée et se
présente enO.I.D.P. Pochedes eaux intacte etpeuvoluir'reuse.P. 84,
T. ax. 37°,2, T.vag. 38, R. 24; pulsations fœtales 112. En observation
à 9 h. 10.
Plaintes constantes,
mais sans cris pen-
dant la contraction.
Calme complet dans
l'intervalle des con-
tractions.
Contractions.
Dur^e.
Oh. 10 m.
3 m.
-r 15 m.
2 m.
- 17 m. 10 s.
2 m.
- 10 m. 30 s.
80 s.
- 20 m. 30 s.
30 s.
- 27 m.
40 s.
- 32 m.
lm.20s.
- 37 m. 20 s.
50 s.
— 44 m .
2 m.
- 49 m.
2 m.
- 55 m.
3 m.
Oh.
3 m.
— 7 m.
2 m.
- 12 m. 50 s.
3m.
- 16 m. 30 s.
1 m.
—
21 m. 30 s.
1 m. 30 s
28 m. 30 s.
1 m. 30 s
—
33 m. 30 s.
3 m.
Chl. à 10 h. 35,
accepté avec
reconnaissan-
Pinard.
Puisât, fœtales 124.
Au moment de la con-
traction, cette fem-
me se tourne tantôt
à droite, tantôt à
à gauche et se frotte
la région lombo-
sacrée. Sommeil
dans l'intervalle
des contractons.
Plaintes assez vives.
T.vag.38°,T.ax.37
Plaintes très-vives.
Dilatation égale à une
pièce de 5 fr.
12
— 90 — •
Contractions. Durée.
ce. Donné à
l'aide d'une
compresse
Monsieur Lu-
cas Cham-
pionnière ar-
rive et donne
le chlorforme
lui-même.
A 10 h. 38 m. 40 s. 3 m. 20 s. Crie beaucoup, se tord
sur son lit pendant
cette longue con-
traction, dit cepen-
dant à la fin qu'elle
a moins souffert
qu'aux autres.
— 44 m. 30 s. 20 s. Agitation très-grande
se débat et il devient
difficile de lui faire
respirer du choro-
forme.
— 48m. 15s. 40s. « Ah mon Dieu! ah
maman. Sensibilité
cutanée diminuée,
on la pique et elle
— 54 m.
réagit peu. Elle a
complètement per-
du la conscience
d'elle-même.
lm. 30s, Cris épouvantables.
Elle dit qu'elle ne
veut plus respirer
30 s. de chloroforme.
Un cesse le chlo-
roforme à 1 h. — 57 m.
On a employé
en 25 m. 16
grammes.
Nous sommes obligés de cesser, tellement celte pauvre femme
s'agite. M. Lucas Championnière, toujours présent, conseille lui-
même de ne pas continuer.
La dilatation est absolument la même qu'à 10 h. 35.
La dilatation fut complète à t h. 20 et l'expulsion en O. P. eut lieu
à 5 h. 10 m, du soir. Délivrance naturelle à 5 h. 20.
L'enfant pèse 3.450 gr.
Pendant les suites de couches on n'observa que de la céphalalgie
qui fut assez intense pendant huit jours.
— 91 —
Observation III.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation. — Intolérance.
La nommée F... Pauline, âgée de 23 ans, domestique, entre le
28 mai 1878, à 2 h. 50 m. du matin, à la Maternité (salle d'accou-
chements). Cette femme, qui est bien constituée et dont le bassin est
normalement conformé, est arrivée à peu de chose près au terme de
sa première grossesse ; elle a éprouvé les premières douleurs de
l'accouchement le 27 mai, à U h. du soir.
En observation à 11 h. 10 m. du matin. L'orifice présente une
dilatation de 6 centimètres de diamètre ; ses bords sonl minces, la
poche des eaux est intacte et peu volumineuse. Le pouls bat 76 par
minutes.
Contractions. Durée.
A 11 h. 10 m. lm. 30 s.
— 13 m. lm.40s.
— 15 m. 30 s. lm. 30 s.
— 18 m. 30 s. 3 m.
— 21 m. 50 s. 2 m. 40 s.
Chl. à 11 h. 25,
on commence
les inhala-
tions de chlo-
roforme à l'ai-
de d'une com-
presse.
A 11 h. 27m. lm.
— 29 m. 45 s. 5s.
— 30 m.
— 31m. 1 m.
— 33 m. 30 s. 30 s.
Excitation considéra-
ble; la femme jette
des cris, s'agite sur
son lit, repousse la
compresse ; il faut
la maintenir à trois.
Plaintes incessan-
tes, même pendant
92
Contractions.
Di
jree.
les intervalles des
contractions.
_
35 m.
1 m
Cris très-forts au mo-
—
37 m.
45 s.
15 s.
ment de la contrac-
tion.
40 m.
Gris très-forts; agi-
tation extrême, lar-
mes. Douleurs très-
vivesdans le ventre;
plaintes continuel-
les.
—
4-2 m.
1 m
—
44 m.
2 m,
. 1s.
On cesse le chlo-
—
45 m.
Excitation extrême ;
roforme ; on
cris; vomissements.
en a employé
L'agitation cesse
15 grammes
après la suspension
(Le chlorofor-
des inhalations.
me était don-
—
46 m.
55 s.
né par M. Her-
—
49 m.
30 s.
1 m
,15 s.
millc, inter-
—
50 m.
Rupture artificielle
ne des hôpi-
—
51m.
45 s.
15s.
des membranes. La
taux).
—
56 m.
non
notée
femme repousse é-
—
59 m.
55 s.
1 m,
nergiquement toute
A 12 h
. 2 m.
20 s.
non
notée
inhalation de chlo-
roiorme.
Les contractions se succèdent sans interruption ; on entre dans la
période d'expulsion. La tète apparut à la vulve à midi 15 m. L'accou-
chement se termine à midi 55 m.
L'enfant avait six circulaires autour du cou ; c'est un garçon pesant
2,745 grammes.
Délivrance naturelle à 4 h. 5 m. Poids du placenta : 530 grammes.
Longueur du cordon : 1 m. 10 cent.
Rien à noier du premier au quatrième jour.
Quatrième jour. Pouls à 72. Sommeil et appétit bons. Peau et
langue bonnes. L'enfant va bien.
Aucune particularité à signaler par la suite. La femme'sort en bon
état le neuvième jour.
— 93 —
Primipare à terme.
Observation IV.
Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
La nommée Ë. L..., âgée de 19 ans, couturière, entre le 29 ni
à la Maternité (pavillo.i Tarnier, chambre n° 1).
Geite femme iaielligenle et rieuse se porte très-bien.
Elle souffre depuis 1 h. du matin.
l/enfant se présente par le sommet en 0. 1. D. P.
Toute la journée les douleurs furent très-vives et Irès-fréquentes;
à 9 h. du soir la dilatation était égale à une pièce de 1 franc.
En observation à 10 h. 10 m. du soir.
Contractions.
Durée.
A 10 h. 13 m. 30 s. 1 m. 30 s. Dilatation comme une
pièce de 5 francs.
— 15 m,
,20 s.
1 m.
Tête profondément
engagée.
- 19 m.
20 s.
1 m.
20 s.
Pouls 72.
- 22 m.
30 s,
1 m.
Plaintes continuelles
pendant les contrac-
tions « oh ! la la la
la! „.
- 26 m,
30 s.
Ghlorof. à l'aide
- 27 m.
30 s.
3 m.
30 s.
d'une com-
- 32 m
40 s.
2m.
20 s.
« Ah vous dites que
presse à 10 h.
la douleur est moins
30 m. et con-
forte, vous 1 ah bien
tinué sans in-
oui ! » .
terruption.
A 10 h. 36, elle s'en-
— 37 m. 40 s. lm..20s.
dort profondément.
Anesthésie. On a
employé 7 gr. 50 de
chloroforme.
Elle crie horriblement
Dilatation toujours
la même.
94 —
Contractions.
— 40 m.
— 45 m.
— 47 m. 20 s. 1 m
— 50 m. 30 s. lm
— 54 m.
1 m. 20 s.
58 m.
3 m.
A 11 h. 3 m. 30 s. lm. 30 s.
7m.
Le chloroforme
est toujours
— 13 m. 20 s. 2 m. 10 s.
— 11m. 20 s. lm
Durée.
3 m. Elle interrompt ses
cris pour nous parler
de son amoureux,
lm. 30s. Elle commence à pous-
ser.
Elle cherche la com-
presse pour respirer
le chloroforme.
« Oh mon Dieu, faut-
il souffrir. » Intelli-
gence intacte.
Pouls 72.
« Oh dans ce moment
j'ai une douleur
aussi forte que ja-
mais. Oh si vous
saviez 1 »
« Oh monsieur que je
souffre ! ah si c'est
possible l »
« oh elle est forte
celle-là I » elle de-
mande du chloro-
forme. Calme par-
fait dans l'intervalle
des contractions.
On a déjà employé
25 gr. de chloro-
forme.
Elle n'a cessé de crier
pendant tout le
temps de cette lon-
gue contraction.
« Elle est appliquée
celle-là ! » Calme
parfait après.
Elle crie beaucoup et
cependant l'utérus
3 m.
95
Contractions.
Durée.
continué à la
dose de quel-
ques gouttes
versées sur
compresse.
se contracte mal.
— 22 m. 30 s. lm.
— 28 m.
40 s.
— 33 m. 20 s.
— 44 m. 30 s. lm.
On cesse les inhalations
1 h. 1/2.
Elle dort profondé-
ment, la douleur la
réveille, cette fois
l'utérus se contracte
bien.
« Oh monsieur que je
souffre. Oh la la ! »
Après elle se ren-
dort.
— 32 m. 30 s. lm.40s. Grands cris, après
sommeil profond.
1 m. 40 s. Cris, mais calme par-
fait après.
Dilatation toujours la
même. Dit qu'elle
souffre moins au
moment de la dou-
leur.
« Aussi forte que ja-
mais. » Hurle.
A ce moment, tout en
criant, elle se lève
pour chercher la
photographiedeson
amant qu'elle nous
montre.
« Mais je suis fati-
guée de souffrir
comme ça ! » Elle
dort.
Dilatation égale à une
pièce de 5 francs.
On a employé 45 gr. de chloroforme en
— 47 m.
50 m.
1 m.
lm.
— 53 m.
58 m.
2m.
1 m.
— 96 —
Alors qu'elle n'était plus sous l'influence du chloroforme, on re-
commence à noter les contractions.
Contractions,
AU h
. 12 m.
—
14m.
—
19m.
—
22 m.
—
27 m.
—
30 m.
—
35 m.
—
39 m.
—
45 m.
—
47 m.
—
50 m.
—
53 m.
—
57 m.
Durée.
Petite.
Forte.
« Je souffre plus, dit-
elle , qu'avant le
départ de ces mes-
sieurs , j'avais du
repos , maintenant
c'est tout le temps. ><
Elle réclame le chlo-
roforme.
Dilatation complète.
A lh.
Expulsion du fœtus 1 h. 55 m.
La période d'expulsion pendant laquelle l'occiput fut ramené en
avant, fut assez douloureuse. Déchirure incomplète du périnée. La
délivrance naturelle eut lieu à 2 h. 10.
Peu de sang perdu.
Poids de l'enfant : 3,170 gr.
Occipito-frontal. . . Il c. 3.
Oecipito-mentonnier 12 c. 8.
Bis-pariétal 9 c.
Sous-occipito breg. 9 c. 3.
8uites des couches normales.
Cette femme est partie avec son enfant, tous deux en bon état.
Diamètre de la tête
Observation V.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
La nommée F , âgée de 26 ans, couturière, entre le 29 mai 1878
à la Maternité (salle d'accouchementj.
— 97 —
Cette femme, d'une constitution normale, est très-intelligente. Elle
souffre depuis la nuit précédente.
A 8 h. du soir, nous la trouvons dans l'état suivant :
Elle crie et s'agite au moment de la contraction, mais est assez
calme dans l'intervalle. L'orifice utérin a environ 6 c. de diamètre.
Les bords sont très-minces et souples. Les membranes sont rom-
pues depuis 3 h. La tète, profondément engagée, se présente en
0. 1. G. A. P. 68, pulsations foetales 130.
En observation à 8 h. 10 m. du soir.
Contractions.
Du;
rée.
A 8 h
. 10m.
2 m.
Cris et agitation.
—
15m.
1 m.
—
—
18m.
1 m.
—
—
20 m.
1 m.
30 s.
—
—
23 m.
26 m .
30 s.
1 m:
1 m.
z
—
28 m.
1 m.
—
Ghlor. à
l'aide
—
31m.
20 s.
50 s.
—
• d'une
com-
—
3i m.
1 m.
—
presse,
à8h.
—
37 m.
1 m.
Contraction, quoique
30 s.
—
39 m.
42 m.
1 m.
40 s.
douloureuse l'est un
peu moins que les
autres.
—
45 m .
1 m.
Contraction plus dou-
loureuse.
—
47 m.
1 m.
Grande agitation.
—
Kl m.
lin.
Cris, agitation.
—
53 m.
lm.
—
—
56 m.
1 m.
—
—
59 m.
lm.
—
9h
. 1 m.
30 s.
1 m.
—
—
5 m.
1 m.
—
—
7 m .
1 m.
—
Oncesselechlo-
A 9 h. 7 m., cette
roformeà9h.
femmedéclare souf-
7 m.
n en a
frir autantqu'aupa-
P
inard.
13
— 98 —
Contractions. Durée.
employé 25 g.
A 9 h. 10 m. lm.
— 12 m. 30 s. lm.
— 15 m. 30 s. lm.
— 19 m. 1 m.
— 22 m. 1 m.
25 m.
27 m.
30 m.
33 m.
— 36 m.
— 38 m.
— 41 m.
lm.
lm.30s.
lm.30s.
lm.
lm.
1 m. 30 s.
1 m.
— 45 m. 1 m.
A partir de ce momenl, les contractions ne
Expulsion, à 11 h. 25 m. du soir, d'un
3,130 gr.
Délivrance naturelle à 1 h. 1/2 du matin.
Suites de couches normales.
ravant. Du reste, les
cris et l'agitation
sont au moins aussi
prononcés. La dila-
tation est égale à la
paume de la main.
Elle perd du sang
ayant la couleur ca-
ractéristique.
Dilatation complète.
Efforts expulsifs.
Un léger écoulement
sanguin continue à
se faire par la vulve.
On aperçoit la tête à la
vulve.
furent plus notées,
enfant vivant pesant
Observation VI.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
La nommée F , âgée de 24 ans, relieuse, entre le 31 mai 1878
à 1 h. du matin, à la Maternité (salle d'accouchement). Cette femme,
— 99 —
bien constituée, a commencé à souffrir cette nuit. Ce matin, les dou-
leurs sont plus vives.
A 9 h., on constate que le col n'est pas encore entièrement effacé.
La tête est profondément engagée et se présente en 0. I. G. A.
A 10 h., le col est effacé; l'agitation continue ainsi que les cris. On
l'envoie au bain, elle y reste demi-heure. Aucun calme.
En observation à 2 h. 15 m. P. 68 ; pulsations fœtales 122 ; dilata-
tion égale à une pièce de 1 fr. ; bords minces ; membranes intactes.
Contractions.
Durée.
A 2h
i. 19 m.
lm.
—
22 m.
1 m.
Cris, agitation.
—
23 m. 30 s.
1 m.
Calme parfait entre
les contractions.
—
30 m.
1 m.
—
33 m.
40 s,
34 m. 30 s.
30 s.
Cris atroces : « Oh 1
mon Dieul que je
souffre; ayez pitié
de moi, je vais mou-
rir! »
—
37 m.
1 m.
—
41m.
lm.
—
43 m. 30 s.
lm.30s.
Agitation extrême.
—
47 m.
1 m.
Toujours calme entre
les contractions.
—
50 m.
20 s.
—
51m.
30 s.
55 m.
1 m.
Dilatation toujours
égale à une pièce
de \ fr.
—
58 m. 30 s.
2 m.
Chloroforme à A 3 h
. 4 m. 30 s.
30 s.
Pas de liquide inter-
l'aide d'une
posé entre la tête et
compresse à
les membranes.
3 h. —
5 m. 30 s.
1 m. 30 s.
9 m.
50 s.
12m.
lm.30s.
Douleurs aussi vives,
cris ausi forts, agi-
100 —
Contractions.
Durée.
On a employé
pendant cette
heure 7 gr.
de chlorofor-
me.
lation extrême au
moins aussi mar-
quée qu'avant les
inhalations. P. à60.
15 m. 30 s.
22 m.
25 m. 30 s-
29 m.
33 m. 50 s.
.37 m. 30 s.
1 m. 40 s.
1 ni.
1 m.
10s.
! ta. 10 s.
2 m.
41 HI.40S.
45 m. 30 s.
49 m. 30 s.
1 m.
I m.
1 m.
53 m. 30 s. lm.30
— f>7 in. 40 s. 2 ni.
Elle prétend qu'elle
n'est nullement sou-
lagée depuis qu'elle
respire du chloro-
forme.
Ellle poussse des cris
violents et s'agiie
beaucoup à chaque
douleur.
Pendant celte heure
on a employé 7 gr.
de chloroforme
sans atténuer en
aucune façon la
douleur. La dilata-
tion n'a fait aucun
progrès.
A partir de 4. h. — 59 m. 30 s.
30 s.
on l'emploie A 4 h.- 1 m.
lui.
à doses mas- — 3m.
2 m.
A 4 h. 5 ni. résolution
sives.
complète, en pas-
sant par une pério-
d'excitation des plus
violentes. P à 90 à
4 h. 5.
— 10 m.
1 m.
— 101
Contractions.
Durée.
—
16 m. 30 s.
30 s.
—
19 m.
30 s.
—
25 tri.
15s.
P. à 48 à 4 h. 25.
27 m. 40 s.
lm
10 s.
Douleur accusée par
de simples mouve-
ments.
On cesse le chlo-
—
31 m. 30 s.
2 m.
roforme à 4 h.
—
35 m. 30 s.
1 m.
30, après de-
—
40 m .
1 m.
30 s.
mi-heure d'à-
—
44 m.
1 m.
L'intelligence et la
nesthés ie
sensibilité reparais-
complète. On
sent. Plaintes, Gris.
en a employé
—
46 m. 30 s.
1 m.
28 gr.
—
50 m.
1 m.
30 s.
—
53 m. 30 s.
1 m.
A partir de ce mo-
ment, à chaque con-
traction cris et agi-
tation violente.
A 5 h. nous cessons de l'observer, la dilatation ne fait que peu de
progrès, car elle est égale à une pièce de 2 fr.
Les contractions aussi douloureuses continuent d'une façon régu-
lière jusqu'à 8 h. 15 m. du soir, moment où la dilatation fut com-
plète. Expulsion spontanée, à 8 h. 40 m., d'un enfant vivant pesant
2,550 gr.
Délivrance naturelle à 9 h. 45 m. du soir.
Pas d'hémorrhagie.
Suites découches normales pendant sepl jours. Le huitième passé
en médecine pour douleurs rhumatismales.
Observation VII.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
P...., 22 ans, domestique, arrivée au terme de sa première gros-
sesse, entre à la salle d'accouchement de la Maternité le 5 juin 1878
à 11 heures du soir. Cette femme dit avoir commencé à perdre de
— 102 —
l'eau à 5 h. après-midi; elle en perd encore au moment de son
entrée. Le bassin est normalement conformé. Rupture des mem-
branes le 6 juin à 8 h. du matin.
En observation à 8 h. du matin. Présentation du sommet en 0. 1.
G. A.
Contractions. Durée.
A 9 h. 4 m. 30 s. 30 s. Vomissements ali-
mentairesetbilieux.
Douleurs vives pen-
dant les contrac-
tions; agitation;
cris très-forts : «Oh!
mes reinsl mes
reins I »
— 7 m. 1 m. 20 s.
— 11m. lm.30s.
— 13 m. 20 s. 40 s.
— Il m. 40 s. 1 m.
Tête bien engagée. Membranes rompues. Bosse sanguine s'enga-
geant dans un orifice grand comme une pièce de 5 fr. Utérus con-
tracté même en dehors des contractions.
Çholoforme à 9
h. 37 m. Ace
moment, la
dilatation est
la même qu'à
9h.30. Le P.
Contractions.
A 9 h. 18 m. 40 s.
— 21m. 10 s.
— 24 m.
27 m. 10 s.
29 m. 30 s.
31 m. 40 s.
33 m. 30 s.
37 m.
40 m.
43 m.
45 m.
Durée.
1 m. 20 S.
SOs.
2 m.
1 m. 50 s.
1 m. 50 s.
1 m. 20 s.
2 m. 30 s.
2 m.
2m.
lm.
1 m.
Plaintes très- vives.
Les douleurs se suc-
cèdent pour ainsi
dire sans interrup-
tion.
Gris étourdissants.
Sommeil dans l'inter-
valle des contrac-
tions.
est à 84.
— 103
—
Contractions.
Durée.
—
48 m. 10s.
1 m. 50 s.
—
50 m. 20 s.
lm.40s.
—
53 m.
lm.
P à 80.
—
54 m. 30 s,
30 s.
Intelligence légère-
ment touchée.
A 9h
.55 m. 30 s.
1 m. 30 s.
—
58 m.
2 m.
AlOh
. 1 m.
1 m.
—
10m.
2 m.
—
12 m. 30 s.
1 m. 30 s.
—
16 m. 30 s.
lm.30s.
—
18 m. 30 s.
1 m. 30 s.
Dilatation comme une
pièce de 5 fr.
—
21 m.
1 m.
23 m.
4m
La femme dit souf-
frir d'une manière
inexprimable.
—
28 m. 30 s.
lm.30s.
P. à 72.
—
31 m.
lm.30s.
—
33 m.
2 m.
La femme dit : « Je
suis grise. »
36 m.
2 m.
Le travail ne semble
pas avancer malgré
les contractions.
—
40 m.
1 m.
—
42 m.
lm.
45 m.
lm.30s.
La sensibilité de la
peau apresquecom-
plètement disparu.
—
49 m. 30 s.
2 m. 30 s.
—
53 m.
1 m. 30 s,
—
55 m.
4 m.
AU h
2m.
—
4 m.
2m.
—
7 m.
1 m.
—
10 m.
1 m. 30 s.
—
17 m.
lm.
20 m.
lm.
La dilatation est corn-
— 104 —
('on
tractions.
Dui
•êe.
plèle à 41 h. 25 m.
—
26 m.
34 m.
1 m.
1 m.
Insensibilité complète
de la peau.
On cesse le chlo-
roforme. On
—
37 m. 30 s.
30 s.
Cris au moment delà
contraction utérine.
en a employé
20 gr.
—
Il) m.
46 m.
1 m.
1 m.
Sommeil dans l'inter-
valle des contrac-
tions.
—
50 m.
2 m.
—
53 m.
1 m.
—
55 m.
4 m.
—
58 m.
2 m.
A 12 h
2 m.
Dégagement de la tète à 3 h. du soir. Expulsion à 3 h. 3 in. La
femme a continué à perdre de l'eau pendant toute la durée du travail.
L'enfant est un garçon vivant, du poids de 3,208 gr.
Premier jour. P. 74; peau chaude; frissons.
Deuxième jour. P. 88. La femme passe en médecine; elle a des
frissons, de la diarrhée et de la sensibilité du ventre.
ntEVXÏÏUlftK SERMBÙ
Observation I.
Primipare à tei-me — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation et d'expulsion.
La nommée M... G..., fleuriste, âgée de 21 ans, entre à la Mater-
nité (pavillon Tarnier, chambre 3); elle est à terme de sa première
— 105 —
grossesse. Cette femme est très-vigoureusement constituée, très-
brune et a les seins extrêmement développés.
Elle a commencé à souffrir le 24 mai, à 5 heures du matin. Toute
la journée les douleurs persistèrent surtout dans la région lombaire.
Examen pratiqué à 6 heures du soir. Dilatation de l'orifice égale
à une pièce de 50 centimes. Bords assez minces et peu tendus. Poche,
intacte peu volumineuse. Présentation du sommet en O.I.G.P. Tète
très-profondément engagée.
En observation, le 24 mai, à 6 heures 5 minutes du soir.
Contractions.
Durée.
A 6 h. 6 m. 30 s. lin.
On commence
les inhala-
tions en ver-
sant sur une
compresse2c.
c. de chlor. à
6 h. 30.
Chl. 1 c. 1/2. —
Chl. le. c. 1/2. —
Pouls 80. Pulsations
fœtales 126.
10 m. 30 s.
21m. 30 s.
28 m.
1 m.
2 m.
3 m. 10 s.
33 m.
40 m.
43 m. 30 s.
47 m.
50 m
30 s,
30 s
Le chloroforme est
bien accepté.
lm.
lm.40s.
Pinard.
Pas de douleur.
Sensation douloureu-
se très-courte.
Douloureuse. « Il n'y
a guère de diffé-
rence avec lea an-
ciennes douleurs.
Je souffre plus,
mais moins long-
temps. » Pouls 72.
Battements du cœur
un peu irréguliers.
La malade se plaint
14
%
— 106 —
Contractions. Durée.
que le cœur bat fort.
— 54 m. 1 m.
— 56 m. 1 m. « Autrefois, je ne souf-
frais que dans le
ventre, maintenant
c'est dans le ventre
et dans les reins. »
Chl. le. c. — 58 m. 30 s. 3 m. 30 s. Elle paraît beaucoup
plus souffrir depuis
que nous lui don-
nons du chloro-
forme.
A 7 h. 3 m. 30 s. 3 m. Beaucoup de cris.
Mouvements désor-
donnés.
Chl. 1 ce. 1/2 — 10 m. 30 s. 30 s. « Oh ! mes reins, mes
à 7 h. 7 m. reins. »
— 13m. lm. « Oh! que ça me fait
mal. » Agacement.
Chl. 1 c. c. 1/2. — 16 m. 40 s.
— 19 m. 1 m. Se plaint beaucoup.
Chl. 1 c. c. 1/2. — 23 m. 30 s. 1 m. 30 s. « C'a m'étouffe. Oh!
maman. Oh! la la!»
— 26 m. 30 s. 1 m. Crie beaucoup, mais
avoue que la dou-
leur n'a pas été
forte.
— 29 m. 1 m.
A ce moment, on cesse le chloroforme. De 6 h. 30 à 7 h. 30, elle
eut 16 contractions; on employa 15 grammes de chloroforme.
De suite, elle demande à écrire à sa sœur ; son intelligence est
aussi intacte que sa sensibilité à la douleur.
La dilatation est toujours la même.
De 7 h. 30 à 8 h. 35, les contractions conservèrent le même carac-
tère, en tant que fréquence, douleur et inefficacité. La dilatation n'a
fait aucun progrès.
Chl. 2 ce. 1/2 à A
8 h. 35.
— 107 —
Contractions. Durée.
8 h. 41m. 30s.
Ch. 1 ce 1/2.
Chl. 1 ce.
Chl. 2 ce. à 9 h. A
Chl. 2 ce. à 9 h.
6 m.
45 m. 10 s.
40 s.
— 48 m. 30 s. lm.30s.
— 50 m. 10 s. 40 s.
— 52 m. 30 s.
56 m.
58 m.
30 s.
2 m.
9 h. 4 m. 30 s. 1 m.
— 6m. 30s. 25s.
Pouls 76. Ça me fait
moins mal.
Porte douleur. « Ma-
man ! »
Ebriété.
Elle dit que les dou-
leurs sont moins
fortes.
« Oh! que j'ai le ven-
tre sensible. » Agi-
tation.
Pouls 72.
Se plaint beaucoup.
Crise. « Oh ! que c'a
me fait mal. Oh !
maman, oh! ma-
man, que c'a me
fait mal. Je n"en ai
pas encore eu une
aussi forte. »
Beaucoup de plaintes.
Peu de plaintes. Elle
dit en riant: « Quand
on m'y reprendra, il
fera chaud. »
Chl. 2 ce. 1/2.
— 13m.
30 s.
30 s.
Agacement, agita-
tion. Repousse lo
chloroforme.
Chl. 2 ce.
— 21m.
1 m.
« Oh! que j'ai mal
dans le ventre. »
— 24 m.
1 m.
Douleurs vives.
Chl. 1 ce. 1/2.
— 26 m.
1 m.
— 27 m.
3m.
Douleur extrême-
mentvive, frissons.
On cesse lechlo-
roforme.
— 30 m.
6 m.
35 s.
P. 72, R. 42.
Elle crie continuelle-
ment»
— 103
"actions.
Du
rée.
40m.
2m.
On rompt artificielle-
ment les membra-
nes, car elles sont
constamment ten-
dues.
43 m .
i m.
30 s.
45 m.
2m.
L'orifice est toujours
le même, de la
grandeur d'une
pièce de 1 franc.
— 48 m. 3 m. 40 s. "Vomissements.
On reprend le — 50 m
chlor. 3 ce.
On cesse à ce moment de noter le.s contractions.
Dilatation eomplèlc à 10 h. 40 m. du soir.
Expulsion du fœtus à 1 h. 35 m. en O. P.
Délivrance naturelle à H h. 55.
Peu de san? perdu.
Poids de lenfant, 3810 gr.
[ Occipito frontal. 12c. 3.
I — menlonnier. 13c. 6.
Diamètre de la tête _ bipariélaL 9c . 4 .
[ Sous-occipito breg. 9 c. 5.
Le travail, chez cette femme, se présentait dans de mauvaises con-
ditions. A des douleurs très-violentes qui, disait la malade, avaient
pour siège les reins, correspondaient des contractions faibles du
t;lobe utérin. Alors même que l'utérus paraissait se durcir assez
bien, le doiçrt introduit dans l'orifice utérin sentait la poche des
eaux se durcir sans venir appuyer sur les bords de l'orifice.
La dilatation resta stationnairc pendant au moins 4 heures : de la
grandeur d'une pièce d'un franc.
De plus, cette femme, dès les premières heures du travail, lui
prise d'une agitation, d'un énervement excessifs, qui auraient néces-
sité l'emploi de doses fortes de chloroforme.
Le chloroforme, chez elle, employé comme nous l'avons fait, c'est-
à-dire à dose beaucoup plus qu'homoopalhique (puisqu'en 2 heures
on en a employé plus de 20 grammes), n'a eu aucun effet avéré sur
la violence de la douleur perçue.
— 109 —
La dilatation a marché très-rapidement après la rupture artifi-
cielle des membranes, puisqu'à 9 h. 1/2, elle élait encore comme une
pièce de 1 franc, tandis qu'elle devenait complète à 10 h. 40 m. du
soir.
De 10 h. 1/2 à 1 1 heure?, j'ai donné encore au moins douze gram-
mes de chloroforme. L'agitation, qui était extrême, fut à peine cal-
mée
Cette fille n'a pas cessé de se montrer rebelle à l'absorption et à
l'action du médicament.
Des doses, relativement fortes, mais absorbées peut-être trop len-
Icment, n'ont produit chez elle aucun des phénomènes de l'empoi-
sonnement débutant : pas de tendance au sommeil, pas de sifflement
ou de bourdonnement da.;s les oreilles.
Il y avait chez elle une hyperesthésie véritable des organes géni-
taux. Le toucher provoquait des cris épouvantables. Le moindre
attouchement du ventre était perçu douloureusement.
En somme: Primipare dont le Iravail, pendant la période de dila-
tation, élait extrêmement douloureux; chloroforme, employé en trois
fois pendant 1 heure chaque fois : 33 grammes.
Pas de, deuii-anesthésie. Pas d'atténuation certaine de la douleur.
Après l'accouchement, l'utérus s'est bien rétracté.
Celle femme est parlie avec son enfant, les deux en bon état.
Observation IL
Primipare. — Inhalations de chloroforme pendant la fin de la période de dilata-
tion et pendant toute la durée de la période d'expulsion.
La nommée C..., blanchisseuse, âgée de 23 ans, entre le 24 mai
a 10 heures du mntin, à la Maternité (Pavillon Tarnier, chambre 4).
Cette femme, d'une bonne constitution, ayant une conformation du
bassin normale, est intedigente et naturellement gaie.
D'après la dernière apparition des règles, elle ne serait pas à ter-
me, mais mu commencement du dernier mois delà gestation seule-
ment; l'examen du venlre, en faisant constater le petit volume du
fœtus, confirme cette hypothèse.
Les douleurs ont commencé à 3 heures du matin, et, depuis ce
moment, elles n'ont pas cessé.
— 110 —
A onze heures du matin, on constate que la dilatation est égale à
une pièce de 2 francs. Les bords de l'orifice sont minces et souples.
La poche des eaux intacte, peu proéminente, est bien appliquée sur
les bords de l'orifice.
L'enfant se présente parle sommet en O.I.D.P.
Au moment de chaque contraction, cette femme s'agite un peu, se
mord les lèvres, mais ne se plaint pas. Dans l'intervalle, le calme est
complet et elle répond avec beaucoup de discernement et d'à propos
à toutes les questions qu'on lui adresse.
En observation, à 11 heures 12 minutes :
Contractions.
A 11 h. 12 m.
— 14 m. 30 s.
Durée.
1 m.
1 m. 45 s.
17 m. 17 s.
19 m. 30 s.
22 m.
24 m.
27 m.
1 m,
1 m. 15 s.
lm. 12 s.
1 m.
lm.
Interrogée sur l'in-
tensité de la dou-
leur, elle répond :
« Ça ne me fait pas
mal, mal ! »
Pendant chaque con-
traction, la femme
ne manifeste sa
douleur, qu'en se
pinçant les lèvres.
On commence le chloroforme à 11 heures 30 minutes, au début
d'une contraction.
La dilatation est égale à une pièce de 5 francs, la poche des eaux
intacte. (Le chloroforme est accepté avec plaisir).
Chloroforme 20 gouttes sur une triple compresse de flanelle au
début de la contraction.
Contractions.
A 11 h. 30 m.
|Chl.20g. à
11 h. 31 m. 30s. — 31 m. 45 s.
k — 33 m. 33 s.
Durée.
50 s. Plus douloureuse que
les autres.
45 s. Même douleur que la
précédente.
— 111 —
Contractions. Durée.
— 35 m. 30 s. — 35 m. 40 s. 1 m. Grimaces, soupirs
plaintifs.
Celle-ci a fait plus de
mal, dit-elle. Elle
accuse aussi une
petite douleurdans
l'aine gauche.
— 37 m. — 38 m. 30 s. 1 m. 10 s. Cette douleur a été
plus forte que les
précédentes.
— 40 m. — 41 m. 10 s. « Celle-ci m'a fait
bien moins de
mal. »
— 42 m. 30 s. — 43 m. 30 s. 50 s. Pouls 96. o Petite
douleur. »
— 45 m. — 45 m. 40 s. 1 m. Elle rit, pleure, com-
me dans l'ébriété.
— quelques secondes. Pouls 92.
— • 51m. 1 m. Très-peu de douleur.
— 53 m. 10s. — 53 m, 10 s. 50 s. Gaie dansl'intervalle.
— 55 m. 1 m. Pouls 88. Douleur
reste dansiez reins.
— 57m. — 58m. 1 m. Douleur .très-vive.
Plaintes.
A midi 1 m. Pouls 84. Dilatation
un peu plus grande
qu'une pièce de 5
francs.
— lm. 30 s.
— 4 m. 50 s.
4 contractions de midi 5 m. à midi 17 m.
Contractions. Durée.
Chl.20g. à A midi 19 m. 1 m. Pouls 96.
midi 20 m. — 20 m. 30 s. 1 m. Douleurs lombaires.
— 23 m. 10 s. — 23 m. 10 s. 50 s. Douleur très intense.
— 25 m. 25 s. — 26 m. 10 s. 50 s. Douleur très-intense.
— 27 m. — 29 m. 50 s- «. Mal partout à la
112 —
Contractions. Durée.
fois. Gomme c'a fait
du bien, o En res-
pirant du chloro-
forme.
— 30 m.
— 30 m. 40 s.
1 m. 50 s.
— 33 m.
— 35 m.
lm.
Pas très-dnuloureux.
— 37 m.
— 37 m.
1 m. 40 s.
« Celle-ci me fait
mal. » Plaintes.
Dilu'ation presque
Ghl. 30 g. à
complète.
midi 39 m. 50 s.
\
Pouls 80. « Tiens, je
ne sens plus rien. »
— 41m. 10 s.
— 41m. 10 s.
2 m.
Mouvements du bas-
sin. — Douleurs
dans les reins.
— 43 m. 10 s.
lm.50s.
— 45m.
— 40 m.
1 m. 10s.
« C'a m'étourdit, il
me prend une dou-
leur, vous savez. »
Plaintes.
Envie de pousser.
Pouls 84.
— 48 m.
— 50 m.
1 m.
« Oh! une grosse
douleur. » Plaintes.
Envie de pousser. M.
Tarnier touche et
trouve la dilatation
à peu près-complète,
et la tête, Irès-flé-
chie, qui commence
à tourner.
— 52 m.
— 52 m.
lm.
— 55 in.
— 55 m.
lm.
— 57 m.
lm.
— 58 m. 30 s.
50 s
. Effort, nausées
A 1 h.
— 2 m.
(Rupture artificielle
des membranes).
— 113 —
Contractions. Durée.
— 4 m. 1 m. « Il me semble que je
Chl. 30 g. à vais éclater. »
1 h. 6 m. — 6 m. Cris, « De grâce, arrê-
tez, tuez-moi! » La
tête est à la vulve,
lh. 7 m. — 7 m. Très-forte. — Cris.
A partir de ce moment, on ne note plus la durée de chaque con-
traction.
Chl. 30 gouttes. Contraction.
Chl. 40 gouttes. Contraction. Cris» Oh ça m'écorche. »
Chl. 50 gouttes. Contraction.
Chl. 60 gouttes. Contraction.
Sortie de la tête à 1 h. 16 en O. P.
Expulsion du fœtus à 1 h. 18 m.
Le sang qui s'écoule a une couleur plus noire qu'on ne l'observe
généralement.
Est-ce que vous avez beaucoup souffert? — Oh oui I dit-elle.
Délivrance à 1 h. 28 m. Peu de sang écoulé à ce moment.
L'enfant vivace pèse 2383.
IOccipito-frontal. . . lie.
Occipito-menlonnier 11 c. 5 m.
Bi-panetal 8 c. o m.
Sous-occipito Breg. 9 c.
Suites des couches normales. I, 'enfant est mort de sclérème le
31 mai. La mère quitte la Maternité le 2 juin en bon état.
Observation III.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant les périodes
de dilatation et d'expulsion.
La nommée L...., âgée de 22 ans, primipare, journalière, entre le
20 mai 1878 à la Maternité, et monte à la salle d'accouchement le
29 mai à 1 1 h. du matin.
A ce moment la dilatation était lenticulaire.
Le travail continua toute la journée, et lorsque nous l'examinons,
à 10 h. du malin, voici ce que nous constatons : cette femme est bien
Pinard. 15
— 114 —
constituée, l'état général est bon. Sa figure et ses mouvements
témoignent de l'intensité de la douleur lors de la contraction, mais
les plaintes sont relativement modérées. La dilatation est égale à
une pièce de 5 fr. Les membranes sont rompues depuis le 27 mai
dans la soirée. Les bords de l'orifice sont souples et peu épais. La
tête est profondément engagée en 0. 1. G. A. Les douleurs sont loca-
lisées dans la région lombaire.
En observation à 10 h. 5 m. du matin. P. 84, R. 20, T. vag. 39°,
pulsations fœtales 126.
Contractions.
Durée.
A 10 h. 7 m.
Int.
— 10m.
Im.
— 12m.
1 m.
— 15 m.
40 s.
— 16 m.
1 m.
Petit frisson qui sem-
ble suspendre les
contractions.
— 27 m. 30 s.
2 m. 30 s.
— 33 m. 45 s.
50 s.
— 35 m. 35 s.
lm.30s.
— 39 m.
2m.
— 43 m.
30 s.
A 10 h. 45 m.
2 m. 35 s.
— 49 m. 25 s.
3 m.
Les douleurs devien-
nent plus vives.
— 55 m. 35 s.
1 m. 30 s.
— 59 m.
1 m.
La dilatation est tou-
On commencée
faire respirer
du chlorofor-
me à l'aide
d'une com-
presse:àllh. Aîlh. 5m.20s.
— 14 m.
— 26 m.
jours égale à une
pièce de 5 fr.
lm.50s. Douleur vive.
2 m. 30 s. Douleur très-vive avec
cris.
Ira. 30 s.
115
Contractions.
Durée.
- 38 m.
2 m. 30 s. Moins douloureuse.
- 51 m.
2m. Quelques plaintes seu-
lement.
12 h. 2 m. 30 s.
lm.30s. L'intelligence a dis-
paru presque en-
tièrement. Mais elle
sent quand on la
pince.
Oncesselechlo- A
roforme. On
a employé
dans cette
heure 38 gr.
de ce liquide.
Elle dort dans l'intervalle des contractions, mais se réveille à
chaque contraction pour se plaindre ou crier. Elle accuse une vive
céphalalgie frontale. P. 84, R. 14. Les bords de l'orifice sont reve-
nus sur eux-mêmes. La dilatation est égale à une pièce de 50 cent.
A 12 h
. 9 m.
3 m.
—
14m.
3m.
Douleurs très-vives.
—
19m.
3 m.
Elle urine aussitôt
après.
—
22 m.
50 s.
2 m. 50 s.
L'intelligence repa-
raît.
—
26 m.
30 s.
1 m. 30 s.
Elle crie beaucoup.
—
34 m.
25 s.
lm. 35 s.
Demande grâce.
41m.
2 m.
Se plaint continuelle-
ment dans l'inter-
valle des contrac-
tions.
—
45 m.
lm.
48 m.
1 m. 20 s.
Petits frissons; nau-
55 m.
2 m.
sées.
Ellcdit qu'elle souffre
plus que qnand elle
respirait du chloro-
forme et s'écrie :
« Oh! donnez -moi
<iu machin (chloro-
forme); donnez-moi
quelque chose »
A Ih.
2 m.
5 m.
i su.
In
— 116 —
Contraction!.
On recommence
à lui donner
du chlorofor-
mée 1 h. 5 m.
A Ih. 12m.
- 17 m.
24 m. 30 s.
30 m.
Durée.
2 m. Ladilatalion est égale
à une pièce de 2 fr.
lm.30s. Demande du chloro-
forme, se dil soula-
gée et dort dans l'in-
tervalle des con-
tractions. Plaintes
pendant la contrac-
tion : « Je voudrais
bien que ce fût fini.
Je sens bien que je
vais mourir, je m'af-
faiblis. »
1 m. 30 s.
2 m. iOs.
Elle dit que le chlo-
roforme la soulage
beaucoup; elle cher-
che la compresse.
35 m.
2m.
43 m.
2 m.
P. 90, dilatation égale
à une petite paume
52 m.
3 <V; .
de main.
On cesse le chlo-
roforme à 1
h. 50 m. ; on
en a employé
12 gr.
Elle est très-fâchée quand on lui dit qu'on ne va plus lui en don-
ner. Tout en souffrant, cette femme s'est trouvée celte fois très-soula-
géc par le chloroforme. Pendant cette période, la dilatation a fait de
rapides progrès.
Contractions. Durée.
A 1 h. 56 m. 30 s. 3 m. Elle demande du chlo-
roforme.
— 2 h. 1m. 30 s. 3 m. 30 s.
— 117 —
Contractions. Durée.
— 7 m. 303. 4 m. 30s.
— 15 m. 2 m. 30 s.
— 19 m. 20 s. 2 m. 30 s.
— 23 m. 3 m.
— 27 m. 2 m.
—
31m.
lm.
—
33 m.
1 m. 30 s,
—
35 m.
1 m. 40 s,
—
37 m. 30 s.
2 m. 30 s.
—
41 m. 30 s.
1 m. 30 s
—
44 m. 30 s.
30 s
—
46 m.
lm.
^
48 m.
2 m.
A 2h
.52 m. 50 s.
1 m. 10 s,
—
57 m.
lm.
—
59 m.
3 m.
A 3b,
, 4 m.
2m.
On ne note pas 2 ou 3 contractions.
Contraction».
On recommence
le chlorofor-
meà3h. 14m. A 3 h. 15 m.
Dorée.
Elle dit souffrir trop
et veux être endor-
mie.
Elle dit : « Donnez-
m'en une goutte,
rien qu'une goutte,
je n'en puis plus. •
Cris au moment de
chaque contraction.
Dilatation complète.
Elle crie et demande
toujours du chloro-
forme.
30 s. Elle dort dans l'in-
tervalle des contrac-
tions. Au moment
de la contraction,
agitation et cris qui
témoignent que la
douleur est vive et
bien perçue.
— 118 —
Contractions. Hurée.
— 21m. 3 m. 22 s.
— 27 m. 30 s. 1 m.
— 34 m. im.30s.
— 43 m. 50 s.
— 48m. 25s. 1 m. 35?. T. axill. 38°, vaginale
38°,6.
— 52m. 30s. 1m. La femme jette des
cris qui ne laissent
pas de doute sur
l'intensité de ses
douleurs.
— 56 m. lm.
A 4 h. 30 s. 1 m. Efforts expulsifs.
— 4 m. 30 s. lm. "Vomissements.
— 7 m. 30 s. 30 s. Elle prétend qu'elle
souffre horrible-
ment et qu'on ne
peut souffrir davan-
tage.
— fi m. 30 s.
— 10m. 2m.
— H m. I m.
— 17 m. 30 s. P. 72.
— 20m. 30s. Puis, fœtales, 112.
— 23 m. 30 s.
— 28 m. 40 s.
— 33 m. 50 s.
— 35 m. l m. Plaintes et cris con-
stants.
— 40 m. 30 s. 20 s.
— 44 m. 1 m.
— 47 m. 1 m. Elle ne cesse de vomir,
— 51 m. 1 m.
— 53 m. 30 s. lm.30s.
A 5h. 2m. 1 m.
— 10 m. lm.20s.
12m. 1 m.
— 15 m. 1 m.
— 119 —
Contractions. Durée.
— 18 m. 30s.
— 19 m. 30 s.
— 22 m.
A partir de ce moment, les contractions devinrent si irrégulières et
si peu marquées, qu'on ne put noter ni le commencement ni la fin,
pas même en mettant la main sur l'utérus, car la femme vomissait
continuellement et se plaignait sans cesse.
La tête était à la vulve depuis longtemps mais n'avançait plus. On
suspendit alors le chloroforme.
On cesse le chlo-
roforme à 6 h.
38 gram. ont
été employés
dans cette pé-
riode.
Le même état persista jusqu'à 7 h. ; en ce moment, en raison de
l'écoulement du méconium, du ralentissement des pulsations fœtales,
M. Champetier fit une application de forceps. L'enfant était en état
de mort apparente. On fut obligé de l'insuffler, mais on le ranima.
Il pesait 3,100 gr.
La délivrance eut lieu à 7 h. 1/2. La femme perdit en ce moment
1,800 gr. de sang. On lui administra 2 gr. de seigle ergoté.
Cette femme a donc respiré du chloroforme à trois reprises : 1° de
11 h. à midi 5 m. 38 gr. ; 2° de 1 h. 5 m. à 1 h. 45 m. 12 gr. ; de 3 h.
à 6 h., 38 gr. ; en tout 88 gr. en 5 h. environ.
Bien que la céphalalgie fut persistante pendant les 11 jours qu'elle
resta à la Maternité, les suites de couches ne furent point graves.
Quand elle quitta l'établissement avec son enfant, elle pouvait à
peine marcher.
Observation IV.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la fin de la période
de dilatation et pendant la période d'expulsion.
La nommée G...... âgée de 19 ans, tleuriste, entre à la Maternité
le 6 juin 1878 à 5 h. du matin (salle d'accouchement)
— 120 —
Cette femme, bien constituée, est remarquablement intelligente.
Elle souffre depuis minuit.
A 8 h. 30 du matin, nous constatons l'état suivant :
Le calme va jusqu'au sommeil pendant les contractions; au moment
de ces dernières, cris et agitation, douleur lombaire.
La dilatation est grande comme la paume de la main. Membranes
intactes, bien tendues au moment de la contraction, molles dans l'in-
tervalle. La tête est profondément engagée et se présente en O. I. D.
P. P. 72, R. 48.
En observation à 8 h. 40 m.
Chloroforme
9 h. 11 m. à
l'aide d'une
compresse.
Contractions.
A 8 h. 40 m.
— 43 m.
— 44 r».
— 45 m. 30 s.
— 47 m.
— 49 m.
— 51 m. 30 s.
— 54 m.
— 53 m. 40 s.
— 58 m. 30 s.
A 9 h. 1 m.
— 4 m.
— 5 m.
— 8 m.
— 10 m.
à A 9 h. 12 m. 30 s.
à — 15 m. 30 s.
— 17m.
— 21 m. 20 s.
— 24 m. 30 s.
— 26 m. 30 s.
— 30 m.
— 33 m. 30 s.
36 m. 30 s.
— 38 m.
— 43 m. 30 s.
Durée.
30 s.
30 s.
1 m.
1 m.
i m. 30 s.
lm. 30 s.
1 m. 30 s.
1 m.
1 m.
30 s.
1 m. 30 s.
1 m.
1 m.
lm.
1 m.
lm. 30 s.
30 s.
1 m. 40 s.
1 m.
1 m. 20.
1 m.
I m. 20 s.
lm.30s.
lm.
1 m. 40 s.
1 m.
| Cris violents pendant
pendant les con-
tractions ; calme
complet dans l'in-
tervalle.
Cris comme avant.
Sommeil.
Commence à pousser.
Crie et souffre beau-
coup.
— 121 —
Contractions. Curée.
— 47 m. l m.
— 49 m.
40 s,
On rompt les mem-
branes.
Elle déclare que cela
ne la soulage en
aucune façon.
—
52 m.
30 s.
1m.
—
57 m.
30 s.
lm.
A 10 h.
1 m.
40 s.
Quelques vomisse-
ments.
4 m.
1 m. 30 s.
Se plaint de souffrir
horriblement des
reins.
—
12 m.
30 s.
—
14 m.
1 m.
—
17 m.
30 s.
—
18 m.
30 s.
lm.
—
22 m.
lm.30s.
—
25 m.
30 s.
—
27 m
45 s.
30 rr .
50 s.
Pendant toutes ces
contractions elle
crie absolument
comme avant.
—
32 m.
50 s.
—
34 m.
2 m.
Oncesselechlo-
—
37 m.
2 m.
Aussi déclare-t-elle
rofurme ; 25
que ça ne la soulage
gr. ont été
nullement.
employés en
1 h. 1/2. envi-
ron.
A aucun moment la sensibilité utérine et 1
'intelligence n'ont été
touchées.
3 contractions de 4 h
.40 à
4 h. 46
Contractions
i.
Durée.
A 4 h.
, 46 m.
30 s.
40 s.
-lOh.
48 m.
30 s.
Pinard.
16
— 122 —
Contractions.
Durée.
- 50 m.
im.
- 52 m.
40 s.
- 53 m.
50 s.
Pendant cette pé-
riode, pas plus de
cris qu'au moment
des inhalations.
— 56 m. 1 m.
De H h. à 14 h. 15 m. 4 contractions.
Expulsion de l'enfant, à 11 h. 15 m. en 0. P.
Délivrance à 41 h. 30. A ce moment, la femme perdit environ
600 gr. de sang.
On lui administra de suite 2 gr. de seigle ergoté.
L'enfant vivant pèse 3,400 gr.
Cette femme, malgré toutes les observations, est partie trois jours
après son accouchement.
Observation V.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant les périodes
de dilatation et d'expulsion.
La nommée P..., âgée de 20 ans, domestique, entre à la Maternité
le 31 mai 1878 et monte à la salle d'accouchement le 8 juin, à 5 h.
du matin. Cette femme, bien constituée, arrivée au terme de sa pre-
mière grossesse, souffre depuis 3 h. du matin.
Nous la trouvons à 1 h. de l'après-midi dans l'état suivant :
Les douleurs, au moment de la contraction, sont assez vives, mais
seulement dans la région hypogastrique et nullement dans la région
lombaire. Le ventre est très- proéminent; l'utérus est en antéversion.
Pouls. 72.
L'orifice est grand comme une pièce de S fr., ses bords sont minces
et souples. La tête recouverte des membranes appuie fortement sur
l'orifice. Elle se présente en O. I. G. T.
En observation à 1 h. 50 m.
Contractions. Dorée.
A 1 h. 52 m 1m
— 56 m. i m
— 125
! —
Contractions.
Durée.
A 2 h
.
30 s.
—
5 m.
lm.
—
7 m.
lm.
—
10 m. 20 s.
1 m.
—
14m. 10s.
10 s.
—
16 m.
lm.
—
21 m. 30 s.
40 s.
—
24 m.
Ira.
—
31m.
30 s.
—
34 m. 30 s.
30 s.
—
38 m.
30 s.
—
47 m. 30 s.
50 s.
—
53 m.
lm. 30 s.
57 m.
lm.
Chlor. à 3 h. à
A 3h
. 2 m.
lm.
l'aide d'une
—
9 m. 30 s.
2 m.
compresse. 20
gouttes envi-
—
13 m. 40 s.
lm. 20 s.
ron à chaque
—
22 m.
1 m.
contraction.
—
26 m.
1 m.
—
30 m. 30 s.
50 s.
__
35 m. 30 s.
50 s.
—
40 m.
30 s.
A 4 h.
44 m.
lm.
48 m. 40 s.
lm.
51 m.
30 s.
54 m.
lm.
56 m.
lm.
57 m. 30 s.
30 s.
S m.
1 m.
10 m.
1 m.
13 m. 30 s.
40 s.
15 m. 40 s.
lm.20s.
Au moment de chaque
contraction, elle ne
crie point et se con-
tente de faire quel-
ques grimaces.
Apparition des dou-
leurs lombaires.
Toujours quelques
plaintes, pas de cris.
La femme ne peut te-
nir la compresse
elle-même.
Pouls à 88.
Un peu de tendance
à la somnolence
dans l'intervalle
des contractions.
Elle se trouve sou-
lagée dans l'inter-
valle et même au
moment des dou-
leurs.
Plaintes très-vives.
Elle souffre beaucoup,
dit-elle, mais pas si
longtemps.
P. 84, R. 24.
« Oh! peut-on souffrir
comme ça ! » Elle
— 124 —
Contractions.
Durée.
—
18 m. 30 s.
1 m. 20 s
accuse maintenant
le chloroforme.
Jusqu'ici, on a
—
20 m. 30 s.
50 s
Douleur plus vio-
employé 8 gr.
—
24 m.
1 m.
lente que jamais.
de chlorof.
—
2" m. 30 s.
lm.
Elle pleure et se plaint
—
29 m. 30 s.
3 m.
beaucoup.
—
34 m.
40 s.
Calme dans l'inter-
—
35 m.
1 m. 20 s,
valle.
—
38 m.
lm.
—
40 m.
30 s.
La dilatation n'a pas
On cesse le chlo-
—
42 m.
lm.
sensiblementavancé
roforme , on
—
46 m.
2 m. 30
en a employé
—
50 m.
1 m.
10 grammes.
—
52 m.
lm.
—
55 m.
2 m.
—
58 m.
1 m.
A 5r
i. 2 ni.
im. 30 s.
—
6 m.
2 m.
—
tOm.
2m.
—
15 m.
1 m.
—
17 m.
3 m.
—
23 m.
1 m.
—
23 m.
lm.
Les douleurs ne sont
—
27 m.
1 m.
pas plus vives, mais
—
29 m.
lm.30s.
le calme dans l'in-
34 m.
1 m.
valle est moins par-
fait.
"
36 m.
1 m.
Rupture spontanée
des membranes.
—
08 m.
2 m.
Pouls 78.
—
43 m.
1 m.
La dilatation a fait
—
44 m. 30 s.
50 s.
de notables progrès.
Dn recommence
—
49 m.
1 m. 20 s.
Plaintes très -vives,
le cloroforme
—
51m.
50 s.
mais elle dit que le
à 5 h. 43, 20
chloroforme la sou-
gouttes à cha-
lage.
que contrac-
—
55 m.
1 m.
Plaintes de plus en
tion.
plus vives.
— 125 —
Contractions. Dnrée.
—
57 m.
30 s.
Cris plus forts que
jamais.
A 6 h
. lm.30s.
4 m.
« Oh ! je vais mourir I
—
2 m. 40 s.
30 s.
Sont-elles fortes ces
•
douleurs! »
—
5 m.
1 m.
« Oh que je suis fati-
—
9 m.
«m.
guée 1 »
—
11m.
lm.
Quelqueslégers efforts
—
16 m.
lm.
expulsifs.
—
18m.
lm.
Sommeil dans l'inter-
—
25 m. 20 s.
2 m.
valle.
—
28 m. 30 s.
40 s.
—
31m.
40 s.
—
33 m. 30 s.
50 s.
—
36 m.
lm.30s.
A partir de ce
—
38 m. 30 s.
lm.
Tête à la vulve.
moment on
—
42 m.
lm.
Plaintes très-vives.
donne large-
—
43 m. 30 9.
30 s.
ment le chlo-
—
44 m. 40 s.
30 3.
roforme.
—
46 m.
3 m. 40 s.
—
51 m.
lm. 30 s.
On lui demande com-
59 m.
2m.
mentelleva.R.«Ohl
je souffre comme
une damnée! »
A 7h
. 3 m.
2 m.
Anesthésie. — Plusde
—
20 m.
2 m.
sensibilité cutanée
—
21m.
15 s.
ni d'intelligence,
—
24 m.
40 s.
aucun cri au mo-
—
26 m.
30 s.
ment de la contrac-
«—
29 m.
40 s.
tion, mais simple-'
—
32 m.
20 s.
ment effort qui ne
—
34 m.
20 s.
produit que peu de
—
42 m.
15 s.
résultat au point de
—
49 m.
10s.
vue de la progres-
sion de la tête.
—
52 m.
5 s.
Efforts saccadés ne
—
54 m.
2 s.
faisant aucunement
Oncesselechlo-
—
59 m.
2 s.
avancer la tête.
roforme , on
en a employé
-25 gr. dans
cette dernière
période,35gr.
en tout.
— 126
Contractions.
8 h
Dorée.
7 m.
9m.
il m.
16 m. 40 s.
2 s.
lm.
1 m. 30 3.
lm.
Efforts expulsifs de
plus en plus pro-
noncés; l'intelligen-
ce et la sensibilité
cutanée reparais-
sent.
— 20 m. 30s. Elle crie horriblement
au moment du dé-
gagement de l!oc-
ciput.
A 8 h. 23 m. contraction qui amène l'expulsion delà tète, puis, une
seconde après, l'expulsion totale.
L'enfant vivant pèse 4010 gr.
Elle prétend qu'elle a beaucoup souffert lors du passage de son
enfant.
Délivrance à s h. 45 m. A ce moment se produit une hémorrha-
gie (1500 gr. de sang.), on lui administre immédiatement 2 gr. de
seigle ergoté.
Suites de couches normales.
TROISIEME HUM*
Primipare à terme.
Observation I.
Inhalations de chloroforme pendant la période
d'expulsion.
La nommée X..., entrée le 24 mai à la Maternité (chambre 2,
pavillon Tarnier), est en travail depuis la veille. Cette femme a eu
une période de dilatation horriblement douloureuse.
— 127 —
A 1 h. 20 m. le 24 mai, nous la trouvons très-agitée, la peau ruis-
selante de sueur, et faisant entendre des cris incessants. La dilatation
est complète. Les membranes sont rompues. La tête, profondément
engagée, se présente en 0. 1. G. A. Elle commence à pousser depuis
quelques instants.
Nous ne pouvons noter les contractions, tellement les cris et Ta»;
tation sont violents.
On commence le
chloroforme à
1 h. 1/8 d'em-
blée à doses
massives.
Le pouls à 1 h. 1/2 est à 112.
Nous eûmes beaucoup de peine à produire l'anesthésie, pendant
vingt minutes, tout en saturant la compresse de chloroforme . on ne
produisit que de l'hébétude sans pouvoir faire cesser ni les cris ni
l'agitation. Le calme et le silence ne s'établirent qu'après vingt-cinq
minutes, mais le pouls de 1 h. 50 à 2 h. descendit successivement à
80, puis 60, enfin 48. A ce moment, nous crûmes dangereux de con-
tinuer et on cessa les inhalations.
L'expulsion eut lieu une demi-heure après au milieu de grands
cris.
Les suites de couches furent normales.
Observation II.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion .
La nommée D , âgée de 20 ans, domestique, entre le 27 mai
1878 à la Maternité (salle d'accouchement). Cette femme, à lerme de
sa première grossesse, est blonde, mais très-vigoureusement consti-
tuée. Elle a commencé à souffrir à minuit, au moment même où elle
perdit de l'eau en grande abondance. Les douleurs ont continué toute
la journée ainsi que l'écoulement du liquide amniotique, et voici ce
que nous constatons le 27 mai à 4 h. 1/4 du soir : la dilatation est
complète; la tête, profondément engagée, se présente en 0. I. G. A;
— 128 —
les douleurs accompagnant chaque contraction sont assez vives;
calme dans l'intervalle.
Contraction).
Durée.
P. 72, R. 18.
Chloroforme à
l'aide de l'ap-
pareil Le-
groux à 4 h.
25 m.
A 4 h. 27 m.
1 m.
Douloureuse.
— 30 m.
lm.
A ce moment elle dit
qu'elle va mieux;
elle babille par in-
stants, à d'aulres ne
répond plus aux
questions. Elle res-
pire du chloroforme
depuis 5 m.; on a
employé 8 gr. de
chloroforme.
— 3im.
lm.
Peu douloureuse.
— 36 m.
30 s.
Elle dit qu'elle souffre
dans le ventre.
— 40 m.
lm.
Douleur vive.
— 43 m.
lm.
Elle raconte des dé-
tails fort circon-
stanciés sur son
amant.
— 45 m.
lm,
La tête apparaît à la
vulve; elle pousse
bien; on lui tire les
poils du pubis, elle
ne le sent pas, tan-
dis qu'elle se plaint
du ventre au mo-
ment de la contrac-
tion.
— 51m.
lm.
Elle crie un peu.
A
— 129
—
Contractions.
Durée.
54 m.
40 s.
Grince des dents. Se
plaint beaucoup.
Sensibilité cutanée
revenue. Elle sent
quand on la pince
ou quand on la
chatouille.
4 h. 55 m. 30 s.
lm.
Elle se plaint beau-
coup. Les contrac-
tions font peu avan-
cer la tète.
- 59 m.
40 s.
5 h. 1 m. 15 s.
40 s.
P. 84. « Je ne sais si
c'est un garçon, dit-
elle, mais quoi que
ce soit, ça me fait
bien souffrir. »
— 4 m.
25 s.
— 6 m. 40 s.
lm
Elle dort dans Tinter-
valle des contrac-
tions, mais chaque
contraction la fait
s'agiter et crier.
— 9 m. 10 s. lm. «Oh! je souffre le
martyre ! » Puis elle
se rendort.
— 11m. 10 s. 40 s. On la chatouille, elle
sent et dit : « Oh!
il ne faut pas me
chatouiller. »
— 13 m. 20 s. 1 m. Elle crie beaucoup.
— 16 m. 10 s. 50 s. Ecoulement d'unecer-
taine quantité de
sang de couleur
vineuse ou plutôt
couleur de foie frais
et sain. « C'est quel-
que chose de cruel
Pinard. 17
— J30 —
Contractions.
Durée.
que de souffrir le
martyre, ch bien!
moi, je le souffre. »
Les contractions
sont peu efficaces.
21m.
lm
23 m. 10 s.
50 s.
Contractions plus ef-
ficaces.
25 m.
lm.
28 m. 40 s.
30 s.
30 m. 20 s.
40 s.
33 m. 30 s.
lm.
35 m. 35 s.
lm.
Parle un moment,
puis retombe dans
un état de somno-
lence.
34 m.
30 s.
P. 84.
3 contractions de 5 h. 41 m. à 5 h. 45 m.
Une dernière, de 5 h. 46 m. à 5 h. 47 m., amène l'expulsion de la
tète; puis, immédiatement après, expulsion totale d'une fille vivante.
25 gr. de chlo-
roforme ont
été employés
de 4 h. 25 m.
à6h.45m.
Elle affirme qu'elle a beaucoup souffert. Elle est comme enivrée;
« Oh 1 messieurs ! comme je vous remercie, vous m'avez sauvé la
vie!
— Nous vous avons bien soulagée, n'est-ce pas?
— Oh! oui, monsieur, car on ne peut pas plus souffrir que j'ai
souffert, et certainement si je n'avais pas eu de chloroformeje serais
morte! »
Elle dit tout ce qui lui passe par la tête pendant trois quarts
d'heure. Elle n'a plus du tout la notion du temps. « Si vous aviez
autant souffert que moi, vous ne seriez plus ici, M. le docteur. »
L'utérus est resté mou après l'expulsion de l'enfant.
Le placenta ne se décolla qu'au bout de trois quarts d'heure.
— 131 —
On lui administra du seigle ergoté aussitôt après la délivrance.
Poids de l'enfant : 2,660 gr.
Le 28 mai, c'est-à-dire deux jours après son accouchement,
M. Tarnier alla la voir salle Sainte-Elisabeth, n° 16, après l'avoir
examinée, lui dit :
« Avez- vous beaucoup souffert?
— Ah! oui, monsieur!
— Avez-vous plus souffert pendant qu'on vous a donné du chloro-
roforme que vous n'avez souffert auparavant?
— Oh!, oui, monsieur! »
En dehors d'un léger frisson, le troisième jour, les suites de
couches ont été normales.
Elle est partie avec son enfant en bon état le quatorzième jour.
Observation III.
Primipare a terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée D , âgée de 24 ans, cuisinière, entre à la Mater-
nité le 30 mai 1878, à 6 h. 1/2 du matin, et monte immédiatement
à la salle d'accouchement. Cette femme est bien conformée. Elle
souffre depuis douze heures environ. Les douleurs sont peu intenses.
A9 h. 30m., nous la trouvons dansl'état suivant : l'état général est
bon. Le pouls est à 80 et est légèrement irrégulier. Les douleurs qui
se font sentir et dans les reins et dans le ventre sont très-peu vives,
et cependant la contraction paraît être très-intense, car l'utérus
prend à ce moment une consistance véritablement ligneuse. La dila-
tation est égale à la paume de la main. Membranes intactes. Tête
profondément engagée en 0. I. G. A. Pulsations fœtales 130.
En observation à 9 h. 25 m.
Contractions.
Durée.
A 9 h.
, 27 m. 30 s.
1 m.
—
32 m.
1 m.
—
35 m.
1 m.
—
40 m. 30 s.
lm.
—
44 m.
1 in.
—
47 m. 50 s.
lm.50s
—
52 m.
lm.
Pendant toutes ces
— 132 —
Contraotiong. Durée.
contractions, la
femme ne fait en-
tendre aucun cri et
se contente de grin-
cer des dents.
A 10 h
3 m.
lm.
lm.
—
6m.
lm.
—
10m.
lm.
—
15 m.
lm.
—
21m.
lm.
—
24 m.
lm.
—
29 m.
lm.
—
33 m.
lm.
Dilatation complète
Chloroforme, à
A 10 h
. 30 m.
lm.
Rupture artificielle
10 h. 35 m.,
des memhranes qui
à l'aide d'une
arrivent à la vulve.
compresse
—
41m.
lm.
sur laquelle
—
42 m. 30 s.
lm. 30 s.
Sommeil dans l'inter-
on verse 10
valle des contrac-
gouttes à cha-
tions.
que contrac-
—
45 m. 50 s.
50 s.
Souffre autant au
tion. La fem-
moment de la con-
me tient la
traction qu'avant
compre s s e
le chloroforme.
elle-même.
—
50 m.
1 m.
—
52 m. 20 s.
50 s.
Elle est très-calme et
crie très- peu.
—
55 m.
2 m.
Grincement de dents
A 11 h
lm.
—
3 m. 30 s.
lm.30s.
—
7 m. 25 s.
1 m.
—
13 m. 30 s.
30 s.
—
15 m. 30 s.
1 m.
—
18 m.
lm.
—
25 m. 30 s.
lm.30s.
—
28 m.
30 s.
Dit qu'ellesouffre plus
qu'avant le chloro-
— 133 —
Contractions. Durée.
A 12 h.
forme, ce qui ne
l'empêche de tendre
elle-même la com-
presse pour qu'on
lui verse de ce li-
quide qu'elle res-
pire avec plaisir.
30 m.
30 s.
lm.
33 m.
30 s.
36 m.
40 s.
39 m.
lm.
40 m.
30 s.
30 s.
44 m.
40 s.
lm.
Efforts expulsifs.
47 m.
lm.
L'intelligence n'est
nullement atteinte.
Elle entend, elle
voit, elle sent très-
bien.
50 m.
50 s.
51m.
lm.
56 m.
30 s.
58 m.
lm.
3 m.
50 s.
5 m.
40 s.
6 m.
30 s.
lm.lOs.
9 m.
50 s.
11m.
1 m.
13 m.
30 s.
15 m.
lm.
18m.
30 s.
20 m.
40 s.
22 m.
1 m.
24 m.
30 s.
30 s.
25 m.
30 s.
lm.
27 m.
1 m.
30 m.
lm.30s.
32 m.
lm.
34 m.
lm.30s.
Calme profond dans
— 134 —
Contractions.
Durée.
l'intervalle des con-
tractions.
- 37 m.
Ira.
- 39 m.
1 m. 30 s.
- 41 m. 30 s.
30 s.
Plaintes au moment
de la contraction.
- 43 m. 30 s.
lm.
— 45 m.
1 m.
- 46 m. 10 s.
50 s.
- 48 m.
lm.SOs.
- 50 nw 40 s.
50 s.
- 52 m.
lm.30s.
— 55 m.
30 s.
On cesse le chl.
au moment
du dégage-
. ment de la
lête à midi
56 m. On a
employé 16 g.
Dégagement de la lète à midi 56 m. La femme ne jette qu'un faible
cri.
Expulsion complète quelques instants après, d'un enfant vivant du
poids de 3,000 gr.
Délivrance naturelle.à 1 h. 15 m.
La femme prétend que bien qu'elle n'ait point crié, elle a beaucoup
souffert pendant la période de dégagement.
Suites de couches normales.
Observation V.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée D..., âgée de 18 ans, domestique, entre à la Maternité
le4juin 1878, à9 h. du matin (*alle d'accouchement). Elle estàterme
de sa première grossesse qui s'est passée sans aucun accident. Elle
souffre depuis 4 h. du matin.
— 135 —
A 10 h. 50 du malin nous la trouvons dans l'état suivant :
Elle est très-calme dans l'intervalle des contractions, mais elle se
plaint vivement pendant ces dernières. La dilatation est égale à une
pièce de 5 fr.
Les membranes sont intactes. La tôle, profondément engagée, se
présente en O. I. D. P. Pouls 60.
En observation à 10 h. 50.
Contractions. • Durée.
A 10 h. 56 m. 1 m.
A 11 h. 4 m. lm.
— 7 m. lm.30s.
— 11 m. 1 m.
— 17 m. 1 m.
— 19 m. 1 m.
— 28 m. 3 m.
A 12 h. 40 s.
— 4 m. 30 s. 3 m.
On cesse de l'observer jusqu'à 2 h. 1/4. Pendant ce temps les con
tractions furent régulières.
On continued'observation à 2 h. 14 m.
Plaintes à chaque
contraction, calme
dans l'intervalle.
Chloroforme à
l'aide d'une
compresse à
2 h. 34 m.
Contractions.
A 2 h. 14 m.
— 17 m.
20 m.
— 25 m.
— 28 m.
— 31 m.
— 33 m.
- 35 m.
■ 37 m.
- 38 m.
41 m. 30 s. 1 m
Durée.
2 m.
lm. 30s. Cris, agitation.
2 m.
2m.
1 m.
lm.30s. Dilatation à peu près
complète.
lm. 30s. Elle demande à être
30 s. calmée.
10 s. Dèslespremièresinha-
2 m. 30 s. lations elle nous re-
mercie et se trouve
soulagée.
Elle pousse des cris
affreux. On rompt
artificiellement les
membranes, soula-
136 —
(Contractions.
Durée.
gement immédiat
« je suis en paradis,
dit-elle. »
44 m. 30 s.
lm.
Cris épouvantables.
Calme entre les con-
tractions.
9 grammes em-
—
47 m. 40 s.
lm.
Cris violents et efforts
ployés dans
expulsifs accentués.
cette période.
—
50 m. 20 s.
3 m.
Elle crie beaucoup
54 m. 30 s.
lm.
moins à celle-ci,
sensibilité obtuse,
légèreexcitation
morale ; on ne lui
donne plus de chlo-
roforme pendant 2
contractions.
56 m. 30s.
lm.
Elle dit qu'elle souffre
plus, mais elle crie
moins.
—
58 m. 30 s.
1 m.
Elle pousse des cris
On cesse lechlo-
A 3h
lm.
violents, mais dé-
roforme.
mm
lm.30s.
lm.
clare que le chloro-
forme la soulage.
—
3 m. 30 s.
lm.
Elle pousse très-bien.
—
(5 m. 30 s.
lm.
Crie beaucoup.
8 m.
lm.
Peau couverte de
sueur.
—
9 m. 30 s.
lm.
—
11 m. 30 s.
lm.
—
13 m.
lm.
Depuis qu'on cesse le
—
25 m. 30 s.
lm.
chloroforme elle dit
17 m. 30 s.
lm.
qu'elle ne souffre
guère plus que
quand on lui en
donnait.
On recommence
—
18 m. 50 s.
1 m.
Tête à la vulve.
le chloroforme
21m.
lm. 30 s.
Voulant lui épargner
les dernières dou-
— 137 —
Contractions. Durée.
leurs de l'expulsion,
on recommence le
chloroforme et on le
pousse jusqu'à l'a-
nesthésie.
— 23 m. 30 s. lm. Aucun cri. Abolition
— 25 m. 30 s. lm.30s. de l'intelligence et
de la sensibilité cu-
tanée, mais pas de
résolution muscu-
laire.
40 gr. ont été — 28 m. 30 s. 1 m. Cris affreux. Sensibi-
employés. lilé cutanée reve-
nue.
— 35 m. Pendant laquelle la
tête se dégage. Elle pousse à ce moment des cris tels, que M me Collé
les entendant de chez elle vient voir ce qui se passe.
La tête se dégagea en occipito-sacrée. Il n'y eut aucune déchirure
du périnée.
L'enfant vivant pèse 2900 gr. La délivrance eut lieu à 3 h. 50 m.
Elle passa en médecine deux jours aprè3 son accouchement pour des
douleurs abdominales.
Observation VI.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme |pendant la période d'expulsion.
La nommée T... G..., domestique, âgée de 25 ans, d'une bonne
constilulion, entre à la Maternité (pavillon Tarnier, chambre n° 6)
le i juin à 3 h. du soir. Cette femme, est à terme de sa première gros-
sesse quis'est passée sans accident notable. Elle a commencé à souffrir
le 4 juin à 4 h. du malin.
Lors de son arrivée à 3 h. la dilatation était égale à une pièce de
1 fr. Depuis ce moment jusqu'à 9 h. du soir, moment où la dilatation
était complète, les contractions régulières furent peu douloureuses.
En observa lion à 9 h. 1/4 du soir.
Examen. Dilatation-complète. Les membranes se sont rompues
Pinard. 18
— 138 —
spontanément il
sommet en 0. I
fléchie.
y a quelques instants. La présentation est celle du
. D. P. I^a tête est profondément engagée et très-
Chloroforme à
9 h. 35, bien
accepté, d'em-
blée à doses
fortes.
Contractions.
A 9 h. 17 m.
— 19 m.
— 20 m. 20 s.
— 23 m.
— 25 m. 30 s.
— 27 m. 30 s.
— 29 m. 30 s.
— 33 m.
- 37 m. 30 s.
On a déjà em-
ployé en ce
moment 12 g.
de chlorof.
n cesselechlo-
roformeà 9 h.
Durée.
40 s,
30 s,
lm.
40 s
40 s.
40 s
lm.30s
40 s
lm.30s
— 39m.
— 40 m. 40 s.
30 s.
2m.
— 45 m. 35 s. 25 s.
— 48 m. 30 s. 30 s.
— 50 m. 30 s. 2 m.
54 m.
lm.
Pendant toutes ces
I contractions elle crie
mais elle est calme
,dans l'intervalle.
Elle commence à
bien pousser.
Cris épouvantables au
moment de la con-
traction «Oh qu'est-
ce qu'on me fait. »
Intelligence très-trou-
blée, grognements.
Plaintes plus fortes.
Sensibilité cutanée
persiste.
Elle dort, puis se ré-
veille en disant que
le père de son enfant
est bien gentil.
Elle ne crie pas et
pousse bien , puis
elle s'endort.
Au moment de la con-
traction, pleurs et
plaintes contre son
amant.
Insensibilité presque
complète de la peau,
quelques plaintes.
Elle pousse bien.
Elle reste comme eni-
vrée.
— 139 —
5f> »n
Contractions.
Durée.
- 57 m.
lm.
Elle sent quand on la
- 59 m.
30 s.
pince.
10 h. lm.
40 s.
3
30 s.
Elle est tout à fait ré-
On recommence
à lui donner
du chlorof.
veillée et dit que son
amant est un c.
— 6m. 30s. Calme avant, cris
pendant.
— 7 m. lm. Elle pousse mieux. Le
travail marche plus
— 9 m. 30 s. 30 s. vite depuis qu'elle
— 12 m. 1 m. ne prend plus de
chloroforme.
— 14m. 30s. 30s. Ellesentencorequand
on la pince. Elle
nous fait à ce mo-
mentune confidence
concernant les sen-
sations qu'elle é-
prouvait dans les
bras de son amant.
17 m.
,20 s.
30 s.
Elle pousse bien. La
tête paraît à la vul-
ve.
18 m.
20 s.
40 s.
23 m.
20 s.
Insensibilité com-
plète.
26 m.
10 s.
Dort profondément.
29 m.
10 s.
30 m.
lm.
« Où est mon enfant?»
Paroles incohéren-
tes.
32 m.
30 s.
lm.
Ecoulement de sang
assez abondant.
34 m.
30 s.
Résolution complète,
pas d'excitation au-
tre que l'excitation
morale.
— 140 —
Contractions.
Durée.
— 36 m.
20 s.
Pouls 88.
— 38 m. 30 s.
30 s.
c Mon enfant n'est
pas encore là s puis
s'endort.
- 41m.
15 s.
Quelques plaintes.
— 42 m.
15 s.
A ce moment, elle ne
pousse nullement, c'est simplement la contraction utérine qui
expulse la tête en O.P.
A 10 h. 44 m. lm. Dégagement des é-
paules.
On cesse le chlo-
roforme.
Expulsion complète à 10 h. 45. La femme ne sait si elle est accou-
chée.
Excitation morale se traduisant par une tirade sur le sort de son
enfant. Remerciements pour le chloroforme qu'on lui a donné.
A 11 h. l'excitation continue accompagnée de pleurs, elle regrette
vivement que l'enfant n'ait pas pour père M. Champetier de Ribes.
A 11 h. 5 m. calme physique et moral.
Quantité de chloroforme employé : 32 gr. en 1 h. 1/2.
Délivrance à 11 h. 5 m..
Peu de sang perdu à ce moment.
On lui fait prendre 1 gr. de seigle ergoté.
Poids de l'enfant : 2635 gr.
,' Occipito-frontal ... 10 c. 5
„. ., ,,.->.) Occipilo-mentonnier 12 c.
Diamètres de la lete < D . . .. . _
j Bi-panelal 8 c. 6
' Sous-occipito-breg . 9 c.
Suites de couches naturelles.
Mère et enfant partis en bon état.
Observation V(.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée K..., âgée de 30 ans, domestique, entre le 8 juin 1878
à la salle d'accouchement de la Maternité. Celte femme, très-grande,
— 141 —
souffre depuis 11 h. du matin. Quand nous l'observons à 8 h. 30 m.
nous trouvons la dilatation complète. Les membranes viennent de
se rompre. La tête est sur le périnée, elle se présente en O. I. G. A.
En observation à 8 h. 32.
Contraction»,
A 8 h. 33 m. 30 s.
— 36 m.
— 39 m.
Chloroforme à — 44 m.
8 h. 45 d'à- — 46 m.
bord par do- — 48 m.
ses de 20 — 50 m.
gouttes à cha- — 52 m.
que contrac- — 54 m.
tion. — 55 m.
A 9h.
2 m.
4 m.
6m
8 m.
10 m.
12 m.
30 s.
30 s.
40 s.
10 s.
30 s.
30 s.
20 s.
Durée.
30 s.
30 s.
1 m. 30 s.
1m.
40 s.
4 m. 30 s.
lm.
lm. 30 s.
1 m.
lm. 30 s.
lm.
2m.
lm.
lm.
lm. 30 s
40 s
lm.
Plaintes.
Plaintes très-vives.
Elle pousse.
Calme complet ians
l'intervalle des con»
tractions.
Elle ne sait si le chlo-
roforme la soulage,
elle souffre toujours
On donne le
- 14 m.
lm.
chloroforme à
- 18 m. 30 s.
30 s.
doses massi-
- 23m.
30 s.
ves, on n'at-
teint la réso-
lution com-
plèlequ'après
une période
d'excitations
très-vives.
- 24 m. 40 s.
30 s
On cesse le chlo-
- 27 m.
20 s
roforme , on
- 30 m.
30 s.
en a employé
30 grammes
- 32 m.
Elle s'agite un peu,
ne se plaint plus,
mais ne pousse plus
du tout.
Anesthésie complète.
Elle recommence fe
bien pousser.
Elle pousse fortement
— 142 —
en moins o u
ne heure.
et à ce moment la lëte
est brusquement ex-
pulsée.
Enfant vivant du poids de 2850 gr.
Déchirure du périnée de 2 c. environ.
Elle prétend avoir beaucoup souffert lors du passage de la tête,
mais elle n'a jeté aucun cri.
Délivrance naturelle à 9 h. 45.
Observation VII.
Primipare à terme. — Chloroforme pendant la période d'expulsion.
K. Marie, 49 ans, blanchisseuse, bien constituée et ayant le bassin
normalement conformé, entre à la salle d'accouchements de la Ma-
ternité le 9 juin à 11 h. du soir, Elle est parvenue au terme de sa
première grossesse, et les premières douleurs se sont fait sentir à
3 h. après-midi. Ces douleurs, qui siègent à la fois dans la région
lombaire et dans l'abdomen, reviennent environ toutes les 5 m.
Examinée à 11 h. du soir. Présentation du sommet en O. I. G. Ajj
Membranes intactes. Dilatation présentant des dimensions égales à
celles de la paume de la main
En observation à 11 h. 20 m. du soir.
Contractions.
Durée.
11 h. 21 m.
30 s.
— 23 m. 30 s.
50 s.
— 25m.
40 s.
Quelques plaintes au
moment de chaque
contraction avec un
peu d'agitation.
— 26 m. 30 s.
30 s.
— 27 m. 40 s.
40 s.
— 29 m. 20 s,
30 s.
— 30 m. 20 s.
40 s.
— 32 m.
50 s.
— 34 m.
50 s.
— 37 m. 30s.
30 s.
143 -
Contractions.
Durée-,
—
40 m.
40 s.
Pouls 72
—
42 m.
50 s.
—
45 m.
lm.
—
47 m.
30 s.
•
50 m. 30 s.
53 m.
lm.
40 s.
Vomissements ah-
nentaires.
—
55 m.
20 s.
—
56 m. 30 s.
30 s.
—
58 m. 30 s.
lm.
12 h
lm.
4 m.
7 m. 30 s.
1 m. 30 s.
lm
Rupture artificielle
des membranes.
On commence
—
12 m. 10 s,
les inhala-
—
12 m. 30 s.
ls.
tions de chlo-
—
22 s.
30s,
Résolution la plus
roforme.
complète.
—
24 s.
30 s.
Agitation au moment
— 25 m. 30 s.
— 28 m. 30 s.
— 30 m.
Pendant la contraction la femme
La sensibilité cutanée reparaissait
Contractions.
de la contraction.
Ces deux dernières
contractions ne s'ac-
compagnent d'au-
cun effort expulsif.
30 s. Petit effort.
30 s. Efforts expulsifs un
peu plus accentués.
30 s.
dit : c Mon Dieu! que je souffre! »
en même temps.
Dorée.
A 12 h. 32 m. 30 s. Agitation.
37 m. 30 s.
Dans l'intervalle des contractions, résolution absolue. Abolition
complète de la sensibilité cutanée. Au moment des contractions,
plaintes, agitations des membres: en même temps quelques efforts
expulsifs courts p| saccades.
144 —
Contractions.
Durée.
A 12h.38m.
30 s.
— 40 m. 30 s.
30 s.
12 h. 43 m. P. 66,
Quelques irrégula-
rités.
— 44 m.
lm.22s.
Avec efforts expulsifs.
— 46 m.
40 s.
— 47 m. 30 s.
20 s.
Très-peu d'efforts ex-
pulsifs.
— 49 m.
ls.
Efforts expulsifs sac-
cadés. Grande agi-
tation au moment
de la contraction.
— 52 m. oO s.
30 s.
— 56 m.
ls.
Celte contraction finit
58 m.
20 s.
sans aucun effort
expulsif.
Avec petit effort ex-
pulsif.
lh.
30 s.
On cesse le chlo-
— 2 m.
30 s.
roforme à 1 h.
10 m. On a
— 4m.
— 5 m. 30 s.
30 s.
30 s.
Efforts expulsifs un
employé en
tout 60 gr. de
chloroforme.
— 8 m.
— 9 m. 30 s.
30 s.
40 s.
peu plus prononcés.
La femme commence
— Il m.
30 s.
à bien pousser.
1 h. 12m.
1
m
— 15 m.
ls.
— 16 m. 30 s.
30 s.
— 18m.
30 s.
— 19 m, 40s.
1
m
— 22 m. 30 s.
1
m
- 25m.
40 s.
La femme perd une
cerlaine quantité
de sang avant l'ex-
pulsion du fœtus.
27 m.
2 s.
145
Contraction
— 30 m.
Durée.
1 s. Dégagement de la
tête.
Al h. 32 m., expulsion complète, accompagnée de cris. L'intelli-
gence est revenue seulement à la dernière contraction, et non encore
d'une façon complète. — Délivrance à 1 h. 40 m.; quantité de sang
perdu insignifiante, seigle ergoté.
L'enfant est un garçon vivant, pesant 3200 grammes.
Pendant les 3 premiers jours des suites de couches, pouls à 64-68,
peau chaude, céphalalgie.
Observation VIII.
Primipare a terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée A...., âgée de 18 ans, marchande des quatre sai-
sons, entre à la Maternité le 6 mai 1878 et monte à la salle d'accou-
chement le 10 juin à 9 h. 1/2 du matin. A ce moment la dilatation
était égale à une pièce de 50 cent. Toute la journée les douleurs per-
sistèrent et à 4 h. 45 m. nous la trouvons clans l'état suivant :
Elle demande à grands cris à être endormie parce qu'elle souffre
horriblement depuis le matin. La dilatation est complète et les mem-
branes intactes. La tête très-profondément engagée se présente en
Contractions.
Durée.
0. I. D. A. En observation à 4 h. 45 m.
A 4 h. 45 m.
On commence
le chloro-
forme à 4 h.
55 m., on le
donne large-
ment de ma-
Pinard.
49 m. 30 s.
51 m. 30 s.
53 m.
54 m. 30 e.
56 m.
58 m.
3 m.
1 m.
lm.
1 m.
1 m.
30 s.
1 m.
59 m. 30 s. lm.
Nous rompons les
membranes.
Efforts expulsifs
francs et soutenus.
La tête est à la vulve.
Période d'excitation
très-courte.
Dernière douleur per-
çue.
L'effort expulsif com-
19
— 146 —
Contractions. Durée.
nière à ame-
mence à s'amoin-
ner rapide-
drir.
ment l'anes-
5 h. 8 m. 30 s.
lrr
i.
Anesthésie complète.
thésie.
5h.]0m.
30 s.
Effort expulsif à peine
— 11 m. 30 s.
— 13 m. 20 s.
— 15 m.
— 17 m.
— 19 m. 30 s.
30 s.
30 s.
50 s.
20 s.
20 s.
marqué.
1
!
J Efforts expulsifsfai-
\ blés et saccadés.
— 21m.
— 22 lit 30 b.
lm
50 s.
j
— 25 m.
30 s.
f
A 5 h. 27 m.
10 s.
— 28 m. 30 s.
30 s,
— 30 m. 30 s.
50 s.
— 32 m. 20 s.
\ m
— 34 m. 30 s.
40 s.
— 36 m.
30 s.
— 37 m. 30 s.
30 s.
Dans toute cette pé-
6 h.
40 m. 40 s.
42 m.
44 m.
45 m. 20 s.
48 m.
49 m. 30 s.
51 m. 20 s.
53 m,
55 m.
58 m. 20 s.
59 m. 40 s.
lm.-
riode l'effort expul-
sif a été faible et
saccadé, tandis
qu'avant l'anesthé-
sie il était très-
prononcé.
30 s.
50 s.
40 s.
20 s.
20 s.
30 s.
40 s.
30 s.
lm. Elle perd une certaine
lm.
lm.
lm.
— 147
—
Contractions.
Durée.
- 3m.
30 s.
— 4 m.
30 s.
— 5 m.
30 s.
- 6 m. 30 s.
50 s.
8 m.
lm.
- 9 m. 40 s.
30 s,;
- 11 m. 30 s.
30 s.'
- 12 m. 30 s.
30 s.
- 15 m.
lm.
- 17 m.
lm.
- 19 m.
lm.
quantité de sang de
couleur vineuse.
A ce moment on ne
note plus les con-
tractions, car les
mouvements ré-
flexes de cette
femme sont tels,
qu'il faut être trois
pour la maintenir.
Oncesselechlo-
ro forme à 6 h.
32 m. Il a fallu
pour ainsi
dire mainte-
nir la com-
presse satu-
rée pour
maintenir l'a-
neslhésie; on
a employé
90gr.de chlo-
roforme en
1 h. Ip2.
Expulsion complète à 6 h. 32. La femme ne jette ancun cri.
L'anesthésie est complète encore.
Enfant vivant du poids de 2650 gr.
Avant la délivrance perte de 500 gr. de sang.
Au moment de la délivrance nouvelle perte de 500 gr. de sang à
6 h. 45 m.
Administration de seigle argoté. Suites de couches normales.
Observation IX.
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée M...., âgée de 18 ans, couturière, entre le 4 juin 18
à la Maternité et monte à la salle d'accouchements le 12 juin. Cette
— 148 —
femme, bien constituée, à terme de sa première grossesse, souffre
depuis 5 heures du matin.
Toute la journée les douleurs persistèrent.
La période de dilatation fut extrêmement pénible.
La poche des eaux se rompit avant la dilatation complète.
A 6 heures, nous constatons l'état suivant :
Dilatation complète. Tête profondément engagée en U. I. G. A.
En observation à 6 h. 10 m.
Contractions.
Durée.
A 6 h. 12 m.
20 s.
15 m.
1 m,
Cette femme, qui avait
beaucoup crié pen-
dant la période de
-
^
dilatation, ne crie
plus depuis qu'elle
est dans la période
d'expulsion , bien
r
qu'elle souffre au
moment de chaque
contraction.
—
17 m. 30 s.
1 m,
—
21 m. 30 s.
lm.
—
24 m.
30 s.
—
26 m.
lm.
—
29 m.
lm.
—
31m.
lm.
On commencé le
—
41m.
2 m.
chloroforme à
—
50 m.
lm.
Efforts expulsifs sou-
6 h. 50 m. On
tenus; à peine d'ex-
le donne im-
—
58 m.
lm.
citation.
médiatement A
7h.
40 s.
de façon à
—
2 m.
10 s.
Intelligence et sensi-
amener l'a-
bilité abolies. Moti-
nesthésie.
lité persistante.
— ■
3 m. 30 s.
20 s.
Effort qui ne se sou-
tient pas.
—
4 m.
5 s.
—
5 m.
10 s.
— 149 —
A 7h
On cesse mo-
mentanément
le chlorofor-
me à 7 h. 25.
5 m. 30 s.
7 m.
9 m. 30 s.
14 m.
16 m.
20 m.
23 m.
25 m. 20 s.
Contractions. Durée.
lm.
20 s.
lm.
30 s. Résolution complète,
lm.
20 s. Pupille contractée et
insensible à la lu-
mière.
40 s. La face devient pâle.
40 s. Mouvements réflexes
au moment de cette
contraction.
— 27 m. 1 m. Effort expulsif plus
accentué.
— 28 m. 30 s. 50 s. La sensibilité cutanée
reparaît. Sa figure
prend un caractère
anxieux. On lui de-
mande si elle souf-
fre : elle répond
qu'elle a mal dans
le ventre.
On reprend le
chloroformée
7 h. 32 m.
— 32 m.
lm.
La sensibilité et l'in-
telligence dispa-
raissent de nouveau.
— 40 m. 30 s.
\ m.
30 s.
Respiration ronflante
— 44m.
30 s.
Pupille absolument
insensible et très-
contractée.
On cesse le chlo-
— 47 m.
lm.
Dilatation de la pu-
roforme à 7 h .
pille pendant cette
47 m.
contraction.
— 52 m.
1 m.
La niotilité, la sensi-
bilité cutanée et l'in-
— 150 —
Contractions.
Durée.
A 8 h.
1 m.
telligence reparais-
sent.
Effort expulsif éner-
gique faisant beau-
coup progresser la
tête.
Elle dit qu'elle souffre
non plus dans le
ventre, mais dans
la matrice.
On reprend le
chloroformée
8 h. 5 m.
- 5m.
- 11 m.
30 s.
lm.
30 s.
30 s.
Insensibilité cutanée,
effort expulsif nul.
On cesse défini-
tivement le
chloroforme à
- 15 m.
- 17 m.
- 19 m.
lm.
lm.
lm.
La tête progresse à
chaque contraction,
8 h. 15, on en
mais la femme se
a employé
80 gr.
plaint.
Expulsion complète, à 8 h. 25, d'un enfant vivant, du poids de
3800 gr.
Délivrance à 8 h. 30; quelques instants après il s'écoule environ
500 gr. de sang.
Je n'ai rien senti, dit-elle, en accouchant, mais maintenant ça me
cuit beaucoup.
QUATRIEME SERIE
Observation I.
Multipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période
de dilatation.
La nommée M..., repasseuse, âgée de 24 ans, entre à la Maternité
le 29 mai 1878 (salle d'accouchement). Cette femme est à terme de sa
— 151 —
deuxième grossesse. Le premier accouchement à terme a été spon-
tané.
Les premières douleurs se sont fait sentir à 4 h. du matin et ont
continué toute la journée.
A 4 h. 25 du soir nous constatons l'état suivant : la dilatation est
égale à une pièce de 5 fr., les bords sont minces et souples. Les
membranes rompues. La tête profondément engagée se présente en
0. I. G. A.— P. 68, puis, fœtales 144.
En observation à 4 h. 25.
Contractions.
Durée.
A
4h
.26 m.
lm.
—
29 m.
1 m.
—
31m.
50 s.
—
35 m.
lm.
Douleur vive au mo-
. —
41m.
lm. 30s.
ment de la contrac-
—
44 m.
55 s.
tion.
—
48 m. 30 s.
1 m.
Calme et sommeil en-
—
55 m.
2 m. 30 s.
tre les contractions.
—
59 m.
lm.
Oncommencele A
5h
. 3 m. 30 s.
1 m. 30 s.
chloroforme à
—
11m.
lm.20s.
5 h. On le
■ —
16 m. 30 s.
lm.
donne à doses
—
19 m.
40 s.
fractionnées.
—
23 m. 30 s.
30 s.
La dilatation n'a fait
—
29 m.
1 m.
aucun progrès.
—
32 m.
1 m. 50 s.
—
34 m.
1 m.
Les douleurs sont
—
39 m.
lm.
aussi fortes qu'a-
—
40 m. 30 s.
30 s.
vantles inhalations
—
44 m.
lm.
47 m.
1 m.
—
50 m. 30 s.
lm.
Les douleurs sont tou-
—
55 m. 30 s.
30 s.
joursaussipénibles.
—
57 m.
lm.
A ôh.
lm.30s.
Douleur la plus vive
qu'elle ait encore
ressentie.
— 2 m.
lm.
— 152 —
Contractions.
Oncesselechlo- —
roformesurla —
demande de —
la femme à 6 —
h. 37 m., on —
en a employé A 7 h
22 gr.
6m.
8 m.
10 m. 30 s.
12 m.
16 m.
23 m. 30 s.
27 m.
32 m.
35 m. 40 s.
39 m.
45 m. 30 s.
47 m. 30 s.
49 m.
54 m.
— 4 m.
10 m.
12 m.
14 m. 30 s.
17 m.
19 m.
22 m.
24 m.
27 m. 20 s.
29 m. 20 s.
— 22 m .
36 m .
39 m. 30 s.
42 m. 30 s.
44 m. 30 s.
46 m. 30 s.
48 m.
50 m.
54 m.
56 m.
57 m.
Durée.
40 s
30 s.
lm. 10 s.
1 m.
lm.
30 s.
1 m.
1 m. 30 s.
1 m. 20 s.
lm.
30 s.
30 s.
3 m.
3 m.
3 m.
2 m.
1 m.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
50 s.
1 m. 10 s.
lm.
lm.
lm.
lm.30s.
30 s.
lm.
lm.
1 m.
1 m.
20 s.
30 s.
Orifice ayant 6 c. de
diamètre.
P. 64, puis, fœtales 144.
Vomissement.
Cette femme trouve
que le chloroforme
ne diminue nulle-
ment ses douleurs
etqu'illafait vomir.
On lui offre le chloro-
forme qu'elle refuse
énergiquement.
Douleurs très-vives.
L'utérus semble se
mieux contracter.
La dilatation est com-
me la paume de la
main.
Dilatation complète
Douleurs très-vives.
A 8 h. la tête se dégage et quelques instants après le tronc.
— 153 —
Enfant vivant pesant 3200 gr.
Délivrance à 8 h. 3/4. Perte de 750 gr. de sang au moment de la
délivrance.
L'utérus reste mou.
On administre 1 gramme de seigle ergoté.
Le cinquième jour après sou accouchement passe en médecine pour
malaise général, sensibilité du ventre, diarrhée.
Observation II.
Multipare à ternie. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion.
La nommée P..., couturière âgée de 32 ans, entre à la Maternité
le 30 mai 1878 et monte à la salle d'accouchements le 9 juin à 8 h. du
soir.
Cette femme est à terme de sa cinquième grossesse. Elle souffre
depuis 7 h. du soir.
A 8 h., lorsque nous l'examinons, nons la trouvons dans l'état sui-
vant : La dilatation est éa;ale à une pièce de 1 franc. Les membranes
sont intactes, la tète profondément engagée se présente en 0. 1. G. A .
Pouls 84. Pulsations fœtales 134.
En observation à 8 h. 25.
Contractions.
Durée.
A 8 h. 25 m.
lm.
— 35 m.
lm.
30 s.
— 48 m.
1 m.
30 s.
— 55 m. 30 s.
1 m.
20 s.
Elle crie et se tord sur
son lit à chaque
contraction.
9 h. lm. 30 s.
1 m.
— 14 m.
1 m.
— 19 m. 50 s.
1 m.
— 25 m. 30?.
lm.
— 33 m.
] m.
Elle refuse le chloro-
forme.
— 43 m. 30 s.
1 m.
30 s.
— 54 m.
1 m.
101). 2m.
1 m.
40 s.
Pinard. M
— 154
Contractions.
7 m. 30 s.
9 m.
- 10 m.
- 14 m.
- 18 m.
- 21 m.
- 23 m.
— 25 m. 30 s.
— 28 m. 30 s.
— 32 m.
Chlûioforme àA10h.35m.
10 h. 35 m. — 41m.
d'emblée à do-
ses massives. — 44 m.
Durée.
30s.
30 s.
30 s.
20 s.
lm.
lm.
2m.
Elle demande à
grands cris le chlo-
roforme.
50 m.
54 m.
lm.30s.
2 m.
lm.30s.
2m.
lm.
lm.
2 m.
2 m.
Excitation légère,
puis anesthésie.
Rupture artificielle
des membranes.
On a employé
32gr.de chlo-
roforme.
Expulsion du fœtus à 11 h. du soir.
Enfant vivant, pesant 3350 gr.
Délivrance naturelle à 11 h. 10 m. du soir.
A peine 30 gr. de sang de perdu à ce moment.
Utérus bien rétracté. Malgré cela on administre 1 gr. de seigle
ergoté.
Céphalalgie pendant les trois premiers jours qui suivirent l'accou-
chement.
Bien que d'après mon sujet je n'aie pas à parler des suites de
couches, je crois cependant intéressant de donner sans entrer
dans les détails, les résultats concernant la mortalité.
Des 23 femmes soumises aux influences du chloroforme.
21 sont sorties de la Maternité en assez bon état.
2 sont mortes.
-_ 155 —
Ces deux femmes, étaient les nommés: D. (obs. IV, 3 e série)
et K. (obs. VI, 3 e série). La première est morte d'une péritonite
le 9 juin, cinq jours après son accouchement; la seconde est
morte également d'une péritonite, le 14 juin, six jours après
son accouchement.
Sans vouloir tirer de ces faits une conclusion quelconque, je
dois cependant faire le rapprochement suivant:
Du 26 mai au 12 juin, 83 femmes accouchèrent à la grande
Maternité ;
60 n'ont pas été soumises aux influences du chlo-
roforme ;
Mortalité 0.
23 ont été soumises aux influences du chloro-
forme.
2 sont mortes.
DEUXIÈME FAUTIF
ï'HLOMI.
Ai l'KiN U( t CHLORAI. SUR LES FEMMES EN TRAVAIL NORMAL
liien qu'on ne sache encore exactement si le chloral ou hydrate
de chloral agit, en se dédoublant dans l'organisme, en chloro-
forme et acide formique. et produise alors « la chloroformisa-
tion la plus lente qu'on puisse imaginer », comme le veulent
U. Liebreich, Personne, l'.yasson, etc., ou si, comme le soutien-
nent Gubler, Cl. Bernard, L. Labbé, Goujon, Dieulafoy, Ferrand
(de Lyon), le chloral possède une stabilité suffisante pour agir
directement et par lui-même, le chloral est entré aujourd'hui
dans la pratique médicale.
Je ne m'occuperai ici que de son action sur la femme en tra-
/ail, renvoyant pour son étude physiologique en général aux
ouvrages de Cl. Bernard, Gubler, Oré, Vulpian, E. Labbée, etc.
Dès 1870, E. Lambert s'employa sur des femmes en travail, et
publia (Edinb. Medic. Journ., août 1870), le résultat de ses
observations. « Il est évident, dit-il, que le chloral ne peut pré-
tendre à remplacer le chloroforme, parce qu'il abolit moins la
connaissance, plaçant la malade pour ainsi dire à mi-che-
min entre la connaissance et l'inconscience, en lui enlevant la
volonté qui lui est nécessaire pendant la fin de la seconde pé-
riode. Mais son emploi met en lumière les admirables propriétés
de cet agent appliqué au soulagement de la deuxième période
— 157 —
du travail, où l'on admet généralement que le chloroforme est
dangereux.
« Homme hypnotique pendant la première période, le chloral
est sans rival; car l'opium, notre seul refuge en pareil cas, ne
peut être administré sans s'opposer à la marche du travail, »
Suivent 11 observations dont les résultats sont loin d'être
aussi nets que )e proclame l'auteur.
Le mois suivant, le D r Gerson da Gunha publia dans le même
recueil deux observations dans lesquelles le chloral administré
pendant l'accouchement avait produit de bons résultats.
LeD r DuHamel,dansl' American Journal of themedical sciences ,
octobr. 1870, après avoir employé également le choral, dit qu'il
considère ce médicament comme très-précieux , lorsque le tra-
vail est menaçant et traîné en longueur
En 1872, le D r Bourdon l'employa le premier en France, dans
son service d'accouchements à la Charité. 11 pense, sans être très-
affirmatif à cet égard que sous l'influence du chloral la contrac-
tion est plus énergique et que le travail se termine plus rapide-
ment. Le D r Bourdon a surtout employé le chloral chez les
femmes épuisées par un travail très-long ou dont le système ner-
veux était très-irritable.
Sous son inspiration deux thèses furent soutenues par deux
de ses élèves dans la même année : thèse de M. Franca y Mazora
et la thèse de M. Pellissier.
La thèse du D r Pellissier constitue certainement un des travaux
les plus sérieux parus jusqu'en 1873, et qui aient été faits sur
cette question.
Après avoir cité un certain nombre d'observations, après avoir
eu recours même à la physiologie expérimentale , point sur
lequel je reviendrai, l'auteur termine par les conclusions sui-
vantes
« L'hydrate de chloral n'exerce aucune influence sur la santé
de la mère et de l'enfant à la condition d'être bien pur.
« Les contractions utérines continuent à se faire régulière-
ment ; il procure du sommeil et une diminution de la douleur
variable avec les sujets.
— 158 —
>■ On peut l'administrer avec avantage contre les douleurs de
l'accouchement naturel, particulièrement chez les primipares,
pour calmer l'excitation qui résulte de la douleur et supprimer
les préoccupations qui, le plus souvent, accompagnent le tra-
vail.
» Il convient de l'employer chez les femmes nerveuses irrita-
bles, redoutant les douleurs de l'accouchement ; il est encore
indiqua contre les accident douloureux qui viennent parfois com-
pliquer le travail, tels que crampes, maux de reins, enfin contre
les tranchées utérines lorsqu'elles deviennent particulièrement
douloureuses.
» Les opérations obstétricales réclament absolument l'emploi
du chloroforme,
» Le chloral peut être administré à toutes les périodes du tra-
vail. »
William Berry, in Lancet 1874, après avoir employé le chloral,
dit : « J'ai parfaitement observé que le chloral n'a aucunement
retardé la marche du travail ; au contraire la dilatation de l'orifice,
la descente de la tête, le caractère et la fréquence des douleurs
semblent dues à son influence. »
Playfair, dans un travail intitulé : On Chloral as an anesthetic
during labour, in Lancet 1874, expose d'abord les considéra-
tions suivantes : « Les moyens dont nous disposons pour atté-
nuer les souffrances de la femme en travail constituent un sujet
d'un haut intérêt pour l'accoucheur. L'administration du chloro-
forme pendant la seconde période du travail est devenue d'un
usage fort répandu. L'expérience que j'en ai m'oblige à dire que
je n'aime pas à m'en servir pendant le travail, et cela non parce
que je n'en ai pas assez l'habitude, mais à cause de la tendance
de cet agent à dépasser le but qu'on vise...
« Je ne connais pas l'expérience des autres, mais quant à moi
je sais un certain nombre de cas où il a agi en diminuant la force
des contractions et en ralentissant matériellement le travail...
« Je ne doute pas que l'emploi du chloroforme pendant le tra-
vail ne prédispose à l'hémorrhagie consécutive, etc., etc.
« Le chloral qui, à mon avis, n'est pas apprécié à sa juste valeur,
— 159 —
a sur le chloroforme l'immense avantage de ne pas ralentir l'in-
tensité et la force des contractions , tout en diminuant la dou-
leur. On peut l'employer surtout à une période où le chloroforme
n'est guère applicable, etc., etc. »
Ensuite, après avoir montré en quoi l'action du chloral diffère
de celle l'opium, il ajoute en terminant qu'on peut même admi-
nistrer le chloroforme chez une femme déjà chloralisée si les
douleurs sont trop fortes.
En 1875 parut dans les Annexes de gynécologie un important
mémoire sur l'Emploi de l'hydrate de chloral comme anesthé-
sique dans V accouchement naturel, du D r Ghouppe.
L'auteur cherche à élucider les trois questions suivantes :
1° L'hydrate de chloral peut-il produire l'anesthésie obstétri-
cale?
2° Cette anesthésie est-elle sans danger pour la mère et pour
l'enfant ?
3° Quelles sont les indications et les contre-indications de
l'hydrate de chlorate ?
Pour prouver la première question, le D r Ghouppe publie douze
observations tant personnelles qu'appartenant à divers auteurs,
parmi lesquelles j'en vais citer sept parmi les plus concluantes :
Orservation II (Chouppej.
X..., 22 ans, primipare, a eu une grossesse assez pénible, pendant la-
quelle elle est entrée plusieurs fois à l'hôpital de la Charité, dans le ser-
vice de M. Bourdon, pour se faire soigner de diverses affections légères.
Ayant éprouvé quelques douleurs, elle entre à l'hôpital plusieurs jours
avant l'accouchement.
Elle est prise de douleurs extrêmement vives à 5 heures du matin. Celles-
ci se répètent fréquemment et provoquent les cris de cette femme, qui est
très-irritable; même état jusqu'à 9 heures du matin. A ce moment, les dou-
leurs sont très-rapprochées ; elle souffre beaucoup des reins. Le col, com-
plètement effacé, est de la largeur d'une pièce de 50 centimes. Jusqu'à
4 heures, les douleurs se succèdent très-violentes et très rapides ; le col est
de la largeur d'une pièce de 5 francs.
Je fais donner un lavement contenant 3 grammes d'hydrate de chloral.
— J60 —
Au bout d'un demi-heure, ce lavement n'a pas encore produit le sommeil ;
mais les douleurs, quoique encore assez fortes, sont cependant moins vives.
Je fais donner une nouvelle dose d'hydrate de chloral de 2 grammes par la
bouche. Au bout de vingt minutes, sommeil complet; les contractions se
succèdent do dix en dix minutes, très-régulièrement; elles sont puissantes;
à 6 h. 30 m. la dilatation est complète; à 7 h. 25 m., le fœtus est expulsé :
la malade ne je réveille qu'au moment de la délivrance, à 7 h. SO m.; elle
n'a pas souvenir de son accouchement.
Elle sort de l'hôpital en parfait état au bout de huit jouis.
Observation V (Fauny).
Il s'agit d'une primipare, âgée de 21 ans, enceinte de 8 mois, entrée dans
le service de M. Bourdon, salle Sainte-Julie, lit 9, le 3l octobre 1872.
Depuis deux mois elle éprouvait de fortes douleurs, coliques utérines;
depuis un mois mictions très-fréquentes, urines de couleur foncée, œdème
des membres, céphalalgie, insomnie. Il y a huit jours l'œdème s'est montré
à la face. Le jour de l'entrée, on constate que l'urine est très-albumineuse.
Le lendemain, douleurs abdominales, et, à 3 heures de l'après-midi,
rupture spontanée des membranes, le col utérin conservant toute sa lon-
gueur à 1 heure du matin, les douleurs sont très-vives et continues; le col
n'est pas dilaté ; on prescrit une potion avec 4 grammes d'hydrate de chlo-
ral à prendre en quatre fois, de quart d'heure en quart d'heure. La malade
s'endort presque aussitôt après la quatrième dose, ne s'éveille qu'à chaque
contraction utérine, et cela sans éprouver de douleur véritable.
A 3 heures du malin, nouvplle potion avec 3 grammes d'hydrate de chlo-
ral; elle est presque aussitôt vomie.
Les contractions sont toujours continues, peu fortes, mais toujours dou-
loureuses. A 8 heures, le col n'est encore que peu dilaté; on administre
un lavement avec 4 grammes de chloral; il est presque aussitôt rendu-
Néanmoins, vers dix heures et demie, la malade s'endort assez profondé-
ment pour qu'on puisse pratiquer le toucher sans l'éveiller ; la dilatation a
l'ait clos progrès.
A midi nouvelle potion de grammes, qui amène un demi-sommeil sans
agitation. La face pendant les contractions expulsives n'exprimait pas la
douleur.
Après la délivrance, l'accouché* a raconté qu'elle n'avait pas souffert.Sort
guérie sans complications.
— 161 —
Observation VI (Fauny).
11 s'agit d'une femme, âgée do 23 uns, entrée salle Sainte-Marie, à l'hôpi-
tal de la Charité, service 'lu M. Bourdon, le 17 décembre 1873.
Les douleurs ont commencé à minuit; à une heure du matin elles devien-
nent très-vives : Le col présente la largeur d'une pièce de deux francs ; vo-
missements. On administre 2 grammes d'hydratf de chloral ; cette potion
provoque de nouveaux vomissements.
9 h. 10. Deux grammes de chloral en lavement.
9 h. "20. Elle commence à sommeiller; cependant elle crie encore au mo-
ment des contractions.
9 h. 40. Nouveau lavement avec 2 grammes de chloral. A partir de ce mo-
ment, la malade est calme ; les contractions continuent à se produire sans
aucune espèce de douleurs jusqu'à 1 1 h, 30, momen t où l'accouchement se
termine. Pendant le travail, lamalades'éveillaitau moment des contractions
mais elle ne souffrait pas.
Sort de l'hôpital en parfait état huit jours après.
Observation VII (More Hadden).
28 février. Mme T.., "22 ans, primipare. Elle est en travail depuis le
26 au soir; le col présente la largeur d'une pièce de 2 francs, il est mince
et rigide. Depuis le 27 au soir, il est dans le même état. On fait prendre à
la malade un bain tiède, des opiacés, de l'émétique sans obtenir aucun ré-
sultat.
8 h. 5. On administre 3 grammes d'hydrate de chloral ; le pouls bat à ce
moment 100 pulsations à la minute.
9 h. Sommeil : Pouls l J0.
9 h. 10 m. La malade continue à dormir. Pouls 88.
9 h. 40 m. La patiente se réveille un petit moment; elle a quelques dou-
leurs légères ; elle se rendort presque aussitôt.
10 h. Le col est dans le même état : sommeil léger.
10 h. 13. La malade est un peu agitée pendant la durée d'une contraction.
1 gramme d'hydrate de chloral. La malade prend donc en tout 4 grammes
en une heure et demie.
Après la dernière dose, elle se rendort profondément. Le sommeil se pro-
longe jusqu'à trois heures ; à ce moment la dilatation est complète, les con-
tractions expulsives commencent et l'accouchement se termine rapidement
sans douleur. Suites de couches régulières.
Pinard. 21
— 162
Observation IX (Pellisaier).
Marie G.., 23 ans, primipare, d'une bonne santé habituelle, entrée le
'28 mai I8'i3, dans le service de M. Bourdon, à dix heures. Les douleurs ont
commencé à se faire sentir hier dans la journée : depuis ce moment elles
-ont plus vives et plus rapprochées.
3 h. 55 m. Les douleurs reviennent toutes les cinq minutes. Cette femme
souffre beaucoup, elle est très-agitée; elle se plaint de crampes dans les
jambes. Bruit du cœur à gauche, au-dessous de l'ombilic : col tout à fait
dilaté; poche des eaux intactes; occiput sous la symphyse pubienne. On
prescrit 2 gr. 50 de chloral par la bouche.
4 h. Il) m. Rupture de la poche des eaux; un peu de somnolence seule-
ment ; pas d'autre effet.
4 h. 15 m. Nouvelle dose de 2 gr. 50; quelques instants après, la malade
^'endort d'un sommeil calme et profond; mais elle est éveillée toutes les
cinq minutes par les contractions qui ne sont pas douloureuses.
5 h. 30 m. Le sommeil continue; mais les douleurs commencent à être
ressenties par la malade. Nouvelle dose de I gramme de chloral ; les con-
tractions ne sont plus douloureuses, elles continuent régulières et puis-
santes ; la tête en plein dans l'excavation.
6 h. 15 m. Les contractions, toujours indolentes, sont de plus en plus
rapprochées et puissantes; la tète est à la vulve.
h. 25 m. Deux puissantes contractions indolentes, et cette femme ac-
couche d'un enfant parfaitement vivant. La délivrance est faite. La malade
s'est endormie aussitôt après; le lendemain malin, nous la trouvons bien
remise, grâce à un sommeil calme, qui a duré toute la nuit. La convales-
cence a été excessivement rapide.
Observation X (Chouppe).
Rosalie B..., âgée de ::3 ans, primipare, en parfaite santé, est arrivée au
terme d'une grossesse qui a évolué sans au--un accident. Hier, vers 3 heures,
elle a commencé à éprouver les premières douleurs qui ont duré toute la
nuit en lui arrachant des cris. Ce matin, 8 h. 1/2, le col est complètement
dilaté, la tête, immobile, est engagée au détroit supérieur en première
position
Les contractions sont irrégulières, peu fortes; elles ne portent pas; le
travail n'a pas fait de progrès depuis 5 heures du matin. On donne 4 gram-
me- de chloral: les deux premiers d'un seul coup, les deux autres séparé-
— 163 —
ment à un quart d'heure d'intervalle; après la seconde dose, lu patiente
s'endort et n'a entre celle-ci et la troisième qu'une seule contraction uté-
rine, qui ne l'éveille pas. Après le quatrième gramme, les contractions
puissantes reviennent très-régulièrement toutes les cinq minutes, sans
éveiller la malade, et au bout de trente-cinq minutes elle accouche, sans
s'en apercevoir. Eveillée au moment de la délivrance, elle prétend n'avoir
pas souffert, et s'endort pour un sommeil de cinq heures, dont elle sort
parfaitement reposée.
Les suites de couche sont très-régulières, et elle quitte l'hôpital le dixième
jour après l'accouchement.
Observation XII (Chouppe).
Le 4 décembre 1873, entre, dans le service de M. Bourdon, la nommée
Céleste K..., âgée de 24 ans, primipare. Elle est à terme d'une grossesse
qui a toujours marché sans complications. Les douleurs ont commencé il y
a deux jours, et la poche des eaux est rompue depuis douze heures.
Cette femme, très-nerveuse, pousse des cris continuels et se roule sur
son lit ; elle dit beaucoup souffrir. Cœur au-dessus de l'ombilic ; contrac-
tions irrégulières ne portant pas; col complètement dilaté, présentation du
siège, première position ; fœtus au détroit supérieur.
8 h,. 40. 2 grammes de chloral en une seule fois.
8 h. 55. Pas d'effet. 2 grammes.
9 h. 5. Pas d'effet, si ce n'est une légère tendance au sommeil et peut-
être des cris moins violents, mais les contractions ne sont nullement mo-
difiées. 1 gramme.
9 h. 15 m. Un peu de tendance au sommeil. Plus de cris. 1 gramme.
9 h. 25 m. Pas encore de sommeil complet, on donne un septième gramme
d'hydrate de chloral.
9 h. 45 m. Depuis la dernière dose de chloral, la patiente est tombée
dans un sommeil profond et très-calme. Le pouls, qui était à l'20, est tombé
à 80. Respiration calme, mais l'utérus ne se contracte plus.
9 h. 50 m. Contraction violente, sans que la malade s'éveille. A partir de
ce moment, les contractions viennent régulières et puissantes, d'abord
toutes les dix minutes, puis toutes les cinq minutes, et l'accouchement est
terminé sans intervention à 11 h. 10 m. La malade ne s'est pas éveillée
une seule fois.
11 h. 20 m. Délivrance sans que la malade s'éveille. Le sommeil dure
jusqu'à 2 heures ; en ce moment la malade s'éveille, dit ne se rien rappeler
et n'avoir pas souffert.
Guérison rapide; malgré le traumatisme inséparable d'un accouchement
— 164 —
par le siège, elle se remet très-bien et peut quitter l'hôpital avec son en-
fant en très-bon état le neuvième jour après sa couche.
Dans un tableau où le D r Ghouppe a rassemblé trente-sept ob-
servations, l'on voit que trente fois l'anesthésie a été complète,
deux fois seulement elle ne se produisit pas.
Ce fait une fois établi, continue l'auteur, on doit chercher si,
pendant la cessation des douleurs, la contraction utérine n'a pas
été atteinte. Et s'appuyant sur ses observations et sur les expé-
riences du Dr Pellissier, il affirme que le chloral « même à dose
capable de produire l'anesthésie absolue, ne supprime nullement,
ne diminue même pas la œntratilité des fibres lisses en général,
par conséquent des fibres de l'utérus. »
Ce qu'elles perdent en fréquence, elles le regagnent en force.
Bien que la dose du médicament doive varier avec les indi-
vidus, il conseille de l'employer d'une façon générale à la dose
de 4 à 6 grammes donnés soit en deux fois à une demi-heure
d'intervalle, soit par grammes de quart d'heure en quart d'heure,
quand on ne désire pas une action rapide, par la voie gastrique
de préférence a ia voie rectale.
Après avoir expérimenté avec le chloral dans l'hôpital Sainte-
Catherine à Milan, le D' Ghiarleoni (in Gaz. med. Lomb. 1875)
trouve que l'accoucheur n'a pas le droit de refuser à une partu-
riente les bénéfices de ce médicament (sauf contre-indications
précises, comme affection organique du cœur, des poumons, de
l'encéphale, etc.) Si, dit-il, il n'a pas la puissance anesthésique
du chloroforme, comme hypnotique et sédatif, il n'a pas de
rival. Il apaise notablement la douleur , sans altérer aucune
des grandes fonctions de la parturiente, ne porte nullement
atteinte à la contractilité et à la tonicité de l'utérus, ne cause par
suite aucun préjudice à l'hématose du fœtus ni aucun danger
d'inertie consécutive.
Mais le travail le plus scientifique que nous possédions sur ce
sujet nous le devons à Mùller (1).
(1) Mùller. Ueber die Wirhung des Chloralhydratos bei normalem Geburten.
In Berliner klinische Wochenschrift, 1876, p. 356.
— 165 —
Lorsque le chloroforme, dit cet auteur, fut dé-
couvert et introduit dans la pratique, il trouva également son ap-
plication dans l'obstétrique pour calmer ou abolir les douleurs du
travail, et il est certain que les services rendus par lui dans ce sens
sont très-grands. Mais ce qui a fait que son emploi dans l'accouche-
ment normal ne s'est pas répandu autant qu'on pouvait l'espé-
rer de prime abord, c'est que l'administration en est fastidieuse-
que la parturiente éprouve souvent une répugnance pour les
inhalations; ce sont encore les vomissements, la céphalalgie
consécutive, mais surtout la nécessité de prolonger les inhala-
tions, d'où surcroît de danger.
« L'hydrate de chloral ne reçut pas un accueil aussi empressé
dans la pratique obstétricale, malgré les avantages incontes-
tables qu'il présente sur le chloroforme et l'égalité à peu près
complète que les deux corps offrent dans leur action hypnotique
et anesthésique. Si l'on fait abstraction de l'emploi du chloral
dans les éclampsies puerpérales, les publications sur l'usage de
cet anesthésique dans l'obstétrique se réduisent à p^u de chose.
Encore n'a-t-il guère été employé que dans les accouchements
pathologiques. Quant à son action dans l'accouchement normal,
je n'ai trouvé dans toute la littérature médicale, qui se trouvait
à ma disposition, que deux auteurs, ayant entrepris des re-
cherches expérimentales de quelque importance ; ce sont Lam-
bert et Bourdon.
>< Lambert (Edinb. med. Journ., August 1870) a appliqué le
chloral dans 11 cas, il est arrivé à cette conclusion que par des
doses allant jusqu'à 3,75 gram., la douleur du travail est dimi-
nuée et même abolie, surtout pendant la deuxième période du
travail, sans que pour cela la marche de l'accouchement soit
ralentie ; elle est même accélérée. Il le préfère au chloroforme
à bien des égards.
« Bourdon (Gaz. des hôp., 1873) expérimenta le chloral dans
10 cas, qui cependant n'étaient pas absolument normaux, en
ceci du moins que les contractions très-rapprochées et très-
douloureuses ne contribuèrent que peu à faire avancer la tête ;
cependant il est permis de conclure de ces expériences que
— 166 —
l'administration de 2 à 4 grain, de chloral calmait considérable-
ment la douleur, provoquait le sommeil et permettait alors la
terminaison rapide de l'accouchement.
« Voilà le bilan des expériences faites ; encore laissent-elles
beaucoup à désirer quant au choix des cas. Pour arriver à des
résultats plus sûrs et plus décisifs, j'ai fait donner à ma clinique
du chloral à 20 femmes en travail. Je choisis particulièrement
des primipares jeunes, attendu que la plus grande durée de
l'accouchement et l'irrégularité plus grande de sa marche, chez
elles, permettent de mieux étudier l'action de l'anesthésique. De
plus on se borna à des cas « purs », c'est à- dire à des cas où la
conformation normale du bassin et des parties molles ne faisait
point prévoir de déviation de la marche normale de l'accouche-
ment. Les autres organes aussi étaient soigneusement examinés
au point de vue de leur intégrité, principalement le canal intes-
tinal et les organes thoraciques, dont les affections constituent
une contre-indication pour l'usage de l'hydrate de chloral. Le
travail fut observé avec le plus grand soin par Madame R. Swiat-
lowsky, qui se propose de publier ultérieurement les détails
relatifs à ces vingt cas.
« Je ne donnerai ici que les résultats des expériences. Ces
expériences furent faites en 4 séries :
1"" série. Elle se rapporte à six femmes en travail, auxquelles
on donna 3 gram. de chloral en 4 doses, à une demi-heure
d'intervalle penpant la période de dilatation. Dans un seul cas
l'action narcotique fit complètement défaut, parce que le médi-
cament fut rejeté en grande partie par les vomissements ; dans
les cinq autres cas, survint un sommeil, peu profond il est vrai,
un assoupissement, qui dura plusieurs heures. Les contrac-
tions avaient néanmoins pour effet d'interrompre ce sommeil, du
moins ce dernier fut troublé à diverses reprises par des plaintes.
Dans deux cas, la dilatation du col fut retardée ; douleurs faibles ;
la période de sortie de l'enfant fut normale dans tous les cas;
deux fois même elle fut notoirement abrégée. La délivrance fut
régulière cinq fois ; couches normales. Les bruits du cœur de
— 167 —
l'enfant n'étaient pas altérés ; du côté de la mère pas de symptômes
particuliers.
« 2° série. Elle concerne 8 cas, dans lesquels on donna 3 gram.
de chloral en 2 doses, à un quart d'heure d'intervalle, pendant
la période d'expulsion. Dans trois cas sommeil léger (assoupisse-
ment), toujours interrompu par les contractions; dans un seul
cas sommeil profond, non interrompu au moment des douleurs.
Dans les trois autres cas,>pas d'action soporifique. Pas de trouble
des contractions utérines ; mais dans deux cas il y eut un relâ-
chement utérin remarquable pour des primipares, avec hémor-
rhagie pendant la délivrance ; couches régulières. Pas d'asphyxie
des enfants.
« 3" série. Elle se rapporte à 3 cas, où l'on donne 4 gram. de
chloral en 2 doses à une demi-heure d'intervalle, pendant la pé-
riode de dilatation. Dans deux cas l'action narcotique fut très-
marquée, le sommeil profond persista pendant environ deux
heures, et les douleurs, quoique assez énergiques, furent im-
puissantes à l'interrompre, quoique les femmes présentassent
des signes de réaction. Après quoi le sommeil fut remplacé par
un assoupissement de plusieurs heures. Dans le troisième cas
le narcotisme fut également long et prolongé, mais les contrac-
tions réussissaient à tirer la temme de son sommeil. Pas d'ac-
tion sur les contractions, ni à la période de dilatation, ni à la
période d'expulsion. Délivrance et couches normales. Tous les
enfants vinrent au monde vivants.
« 4 e série. Dans trois cas on donna 4 grammes en deux doses
éloignées de un quart d'heure pendant la période d'expulsion.
Sur deux femmes en travail on ne put constater aucune action
narcotique ; dans le troisième cas sommeil léger, interrompu par
les contractions. Aucune action sur l'activité des contractions ni
sur la marche de la délivrance et des couches. Il faut remarquer
cependant que la période correspondante du travail ne dura que
de une à deux heures.
— 168 —
n Ces résultats ne sont pas absolument d'accord avec ceux
obtenus par Lambert et par Bourdon, ni avec les observations
faites plus récemment. Ils permettent de conclure en effet que
des doses pouvant aller jusqu'à 3 grammes, mais données par
petites portions, sont absolument sans action lors de la période
d'expulsion et n'exercent qu'une faible influence sur la période
de dilatation. Au contraire, des doses de 4 grammes données à
de faibles intervalles semblent agir sûrement à la période de
dilatation, mais paraissent insuffisantes pour agir de la même
manière à la période d'expulsion. Il est de plus établi que la
marche de l'accouchement n'est presque pas influencée et que
l'on peut donner jusqu'à 4 gr. sans danger pour la mère et l'en-
fant. Quoique ces résultats ne soient pas satisfaisants, ils sont
propres cependant à provoquer de nouvelles expériences avec
des doses plus élevées, vu l'innocuité du médicament. De nou-
velles recherches seraient aussi nécessaires pour décider si
l'hydrate de chloral diminue ou abolit la douleur des contrac-
tions utérines simplement par son action narcotique, ou s'il
agit en même temps comme un anodin, en affaiblissant la sen-
sibilité. »
M. le D r Polaillon, après avoir expérimenté le chloral à la
maternité de Gochin, lut la note suivante sur l'emploi de l'hy-
drate de chloral pour calmer les douleurs de l'accouchement, à
la Société de médecine de Paris, 1876 :
«On a annoncé que l'hydrate de chloral était capable de modi-
fier d'une façon heureuse les douleurs de l'accouchement et de
rendre l'enfantement presque indolore.
« Un effet si précieux était bien digne de fixer l'attention des
accoucheurs. J'ui donc essayé l'hydrate de chloral dans un cer-
tain nombre d'accouchements, et je viens vous communiquer le
résultat de mes observations.
« Le chloral a été administré en petits lavements, dissous ordi-
nairement dans l'eau, quelquefois dans du lait, à la dose de 2 à
3 gr. pour 60 gr. de véhicule.
« Selon la sédation produite, selon que le lavement était gardé
ou en partie rejeté, on donnait un second lavement au bout
d'une demi-heure ou d'une heure, et quelquefois un troisième
lavement.
« La quantité de chloral administré a été :
De 2 gr. dans 3 cas.
De 4 — — 7 —
De 5 — — 3 —
De 6 — — 2 —
De 7 — — i —
De 8 — — 2 —
« Mais la quantité réellement absorbée n'a pas excédé en
moyenne 4 ou 5 gr., en raison du rejet d'une partie des lave-
ments.
«Dans tous les cas, le médicament a été donné pendant les
dernières heures de la période de dilatation ou pendant la pé-
riode d'expulsion. Il est habituellement bien supporté. Chez
quelques femmes, les contractions deviennent manifestement
moins douloureuses, sans diminuer de fréquence et d'énergie,
et le travail se termine à peu près dans le délai ordinaire. Mais
il y a des femmes chez lesquelles le chloral fait cesser les dou-
leurs et en même temps arrête les contractions utérines, de telle
sorte que la partie fœtale reste dans l'excavation ou à la vulve
sans se dégager. Sur dix-huit cas d'administration du chloral,
cinq fois on a été obligé de terminer l'accouchement par une
application de forceps. J'ai lieu de penser, d'après mes observa-
tions, que les femmes chez lesquelles le travail est ainsi ralenti
et arrêté par le chloral sont en nombre plus grand que celles
chez lesquelles le travail suit son cours avec un amoindrisse-
ment plus ou moins marqué des douleurs.
« Il en résulte que si le choral est un sédatif des douleurs uté-
rines, c'est à la condition d'agir en même temps sur la fibre
musculaire dont la contraction est d'abord ralentie, puis arrêtée.
D'après mon opinion, on peut faire usage du chloral dans le cas
où il s'agit de modérer l'excitabilité excessive du muscle utérin
ou de calmer des douleurs produites par des contractions trop
Pinard. ^ 2
— 170 —
énergiques, mais on doit en rejeter l'emploi dans les accouche-
ments normaux. »
Je n'ai pu administrer malheureusement que deux fois le
chloral pendant le travail, et encore dans le second cas ai-je
combiné l'action du chloral et du chloroforme.
Observation (personnelle).
Primipare à terme. — Chloral pendant 1» période d'expulsion. — Inertie
utérine. — Accouchement terminé par une application de forceps.
T..., 24 ans, domestique, primipare, bien constituée et ayant le
bassin normalement conformé, entre à la salle d'accouchements de
la Maternité le 6 juin 1878 à 7 h. 30 m. du malin. Elle est à terme,
et en travail depuis 6 h. du matin. Au moment de son entrée, le col
présente une dilatation large comme une pièce de 2 fr.; les mem-
branes viennent de se rompre.
En observation à 9 h. 20 m.
La dilatation est alors de 7 cent, de diamètre; les bords de l'orifice
sont minces. La tète est profondément engagée en 0. 1, D. P. Dou-
leurs abdominales modérées; au moment de la contraction la femme
remue un peu, se déplace lentement, mais ne crie point.
Contractions.
Du
rée.
A 9b
i. 22 m.
1 m.
30 s.
—
25 m. 30 s.
lm.
30 s.
—
28 m.
lm,
,30 s.
—
32 m.
2 m.
—
35 m. 30 s.
lm.
30 s.
Lavement avec
—
44 m.
lm.
5 gr.de chlo-
—
50 m.
1 m.
30 s.
ral.
53 m.
lm.
Petites douleurs con-
tinuant sans inter-
ruption.
—
55 m.
5 m.
10 h.
5m.
Douleurs permanen-
tes. La femme ne
sait pas quand elles
— 171 —
Contractions.
Durée.
commencent, ni
quand elle finissent.
10 h. 15 m.
3 m.
Cris bien plus accen-
tués.
— 20 m.
5m.
— 26 m.
4m.
— 31 m.
4 m.
10 h. 36 m. 30 s.
8 m.
30 s.
La malade s'agite et
crie violemment.
— 48 m.
8m.
— 59 m.
lm.
Hébétude légère.
11 h. lm.
Depuis 11 h. 1 m. la
femme se plaint
constamment, et
l'on ne sent pas l'u-
térus se contracter
sous la main; l'u-
térus est dans un
état de demi-con-
tracture.
11 h. 48 m. La femme crie et dit qu'il n'est pas possible de souffrir
comme cela. Douleurs mal caractérisées.
M. Champetier de Ribes termine l'accouchement à 12 h. 30 m. par
une application du forceps.
Délivrance naturelle à 1 h. ; l'utérus se rétracte peu ; 1 gr. de seigle
ergoté.
Premier jour. P. 72. Lassitude. Bon appétit.
Deuxième et troisième jours. Même état. P. 72-70.
Quatrième, cinquième et sixième jours. P. 72-76-74. Peau chaude.
Céphalalgie. Appétit.
Observation (personnelle).
Secondipare à terme. — Chloral pendant la période de dilatation. —
Chloroforme pendant la période d'expulsion.
G..., 23 ans, femme de chambre, intelligente, bien constituée et
ayant le bassin régulièrement conformé, entre le 7 juin 1878, à 9 h. 1/2
— 172 —
du soir, à la salle d'accouchements de la Maternité. Elle est arrivée
au terme de sa deuxième grossesse. Son premier accouchement, qui
a eu lieu il y a deux ans et demi, a duré quarante-huit heures et a
été extrêmement douloureux; l'enfant se présentait par le sommet.
Les premières douleurs de son second accouchement se sont fait
sentir le 8 juin vers 10 h. du malin ; elle avait perdu des eaux le
6 juin vers 5 h. 1/2 du matin et depuis elle n'a pas cessé d'en perdre,
quoiqu'en petite quantité. Dans la matinée du 8 juin, on lui fait
prendre un bain d'une heure ; au lieu de calmer les douleurs, ce bain
les a plutôt réveillées; ces douleurs sont localisées à la région lom-
baire.
Examen : Orifice offrant une dilatation large comme une pièce de
2 fr.; bords très-mous, encore un peu épais. 0. 1. G. A.
Contractions. Durée.
En observation à 2 li.
A 2 h. 40 s. lm.50s.
— m. 1 m.
— 13 m. lm.lOs.
— 19 m. 20s. 40s.
— 25 m. 1 m.
— 30 in. 1 ni.
— 35 m . 1 m.
— 42 m. 1 ni.
— 47 m. 1 m.
— 52 m. 30 s. 1 m.
— 58 m. 1 m.
A 3 h. 2 m. lm.
— 6 m. 1 m.
— 9 m. 30 s. 1 m.
— 15 m. 30 s. lm.
— 20 m. lm.
— 26 m. 20 s. 40 s.
— 32 m. 30 s.
— 38m. 30s. Cette femme, quoi-
— 4 ~ m - 1 m. qu'ayant beaucoup
— & 2m. lm. souffert lors de son
— 57m - 30s. premier acccouche-
— 173 —
Contractions. Durée.
A
4h
. lia.
lm.
—
5 m.
1 m.
—
10 m.
—
12 m.
lm.
—
20 m.
lm.
Lavement avec
—
22 m.
lm.
4 gr. de chlo-
—
25 m.
lm.
ral.
—
27 m.
1 m.
—
30 m.
lm.
30 s.
ment, refuse le chlo-
roforme.
Même orifice qu'à 2 h.
(une pièce de 2 fr.)
La femme dit souffrir
bien moins entre
les douleurs depuis
qu'elle a pris son
lavement de chloral.
—
32 m.
30 s.
30 s.
Plaintes plus accen-
—
36 m.
20 s.
40 s.
tuées pendant les
douleurs.
—
38 m.
30 s.
30 s.
—
41m.
45 m.
lm.
20 s.
—
50 m.
30 s.
lm.
—
52 m.
30 s.
30 s.
—
55 m.
20 s.
—
58 m.
1 m.
A 5h
. lm.
lm.
—
5 m.
lm.
—
9 m.
30 s.
1 m.
—
14 m.
lm.
30 s.
—
19 m.
lm.
Dans cet intervalle, la
—
24 m.
30 s.
femme commence à
—
27 m.
3m.
être prise de cram-
34 m.
lm.
pes ; ces crampes
continuent pendant
les douleurs sui-
vantes.
—
39 m.
2 m.
A 5h
. 45 m
1 m
.20 s.
Jusqu'à présent, au-
— 174 —
fontractions. Durée.
sommeil; intelli-
gence nette.
— 50 m. lm.30s.
— 55 m. 1 m. La femme dit qu'elle
essaie de dormir; il
y a une heure et
demie qu'elle a pris
son lavement de
chloral.
A 6 h. 1 m. 1 m. A 6 h., la malade se
plaint de souffrir
dans le ventre.
— 10 m. lm.
— 12 m. 30 s. 30 s. 6 h. 1/4. Frissons
entre les douleurs.
La femme dit qu'elle aurait besoin de pleurer, mais qu'elle ne peut
pas; elle se sent mal au cœur. Elle a présenté les mêmes phéno-
mènes il y a deux ans pendant son premier accouchement. Elle dit
qu'elle est glacée. Au bout de quelques minutes, le mal de cœur se
dissipe sans qu'elle ait vomi.
Contractions.
Durée.
A 6 h
.24m.
lm.
—
31 m. 40 s.
lm.30s.
Toujours plaintes
sans cris.
35 m.
30 s.
6 h. 1/2. La femme a
rendu un peu de la-
vement.
—
38 m.
lm.30s.
43 m. 30 s.
lm.50s.
6 h. 42 m. Céphalal-
gie; prostration; hé-
bétude; les yeux
n'ont plus d'expres-
sion.
—
47 m.
30 s
—
52 m.
2 m.
—
55 m.
lm.
—
59 m.
lm.
— 175 —
Contractions.
A 7 h. 3 m.
— 7 m.
— 10 m. 30 s.
— 14 m.
Durée.
llll.
lm.
lm.30s.
30 s.
7 h. 12 m. Orifice un
peu plus grand
qu'une pièce de
2 fr. ; bords très-
minces. 7 h. 15 m.
La malade dit souf-
frir de partout T.
37°,6. P. 84.
—
17 m.
1 m.
—
20 m.
lm.
7 h. 25 m. On —
25 m.
lm.
La femme se lord sur
donne à la
son lit au moment
malade une
de la contraction.
cuillerée —
31m.
30 s.
d'une solu- —
36 m.
lm.
30 s.
tion qui con- —
39 m.
2m.
tient 1 gr. de —
43 m.
1 m.
chloral. —
46 m.
56 m.
2m.
2m.
7 h. 57 m. Une A 7 h
.55 m.
2m.
deuxième —
58 m.
lm.
30 s.
cuillerée de A 8 h
2 m.
8. b. Vomissements;
solution.
la femme rend une
partie de sa solu-
tion. Cris épouvan-
tables. Douleurs
atroces au moment
des contractions.
—
6 m.
lm.
—
11m.
lm.
—
16 m.
30 s.
lm.
—
20 m.
lm.
—
23 m.
30 s.
2 m.
30 s.
8 h. 30 s. Nou- —
28 m.
2 m.
8 h. 30. Dilatation
— 176 —
Contractions.
Durée.
vellecuillerée
comme une pièce de
de solution.
5 francs.
— 32 m.
2 m.
— 35 m.
lm.
Excitation très-vive;
—
39 m.
lm.
8 h. 40 m. Nou- —
42 m.
2m.
vellecuillerée —
46 m.
2 m.
de solution. —
54 m.
2m.
—
57 m.
3 m.
A 9h
. 1 m.
5 m.
3m.
—
10 m.
5m.
—
16 m.
4 m.
Chloroforme à —
30 m.
3m.
9 h. 20 m.
9 h. 35 m. On — 35m.
cesse le chlo- — 38 m.
rofcrme; on — 42 m.
en a employé — 44 m.
2 s.
plaintes; cris; fa-
ciès très-altéré. Il
est rare de rencon-
trer un travail plus
douloureux; pour
ma part, je n'en ai
jamais vu de plus
pénible; cependant
celte femme est très-
courageuse. A 8. h.
40 m., P. à 100;
peau très-chaude,
T. ax. 39".
30 s.
30 s.
A 9 h. vomissements;
la malade rend sa
solution.
Dilatation complète.
Insensibilité complè-
te; intelligence en-
tièrement disparue.
Efforts expulsifs
peu prononcés.
lm.
3m.
Efforts expulsifs bien
— 177 —
Contractions.
Durée.
52 grammes
plus prononcés; ils
en un quart
renaissent depuis
d'heure
qu'on a cessé le
chloroforme.
—
51 m.
1 m.
—
53 m.
lm.
—
54 m.
3m.
Crampes à chaque
contraction.
—
58 m.
2m.
A 10 h
.20 m.
3 m. 40 s.
Dégagement de la
tête à 10 h. 10 m.
Expulsion complète
à 10 h. 13 m.
Hémorrhagie avant la délivrance : perte de sang de 1,500 à
2,000 gr.
Délivrance artificielle à 10 h. 50 s.
Pendant la période d'expulsion, une heure avant la terminaison,
des crampes se montrèrent au niveau des membres inférieurs au
moment des contractions. Ces crampes devinrent plus douloureuses
que les contractions et ne cessèrent que lors de l'expulsion de la tête.
Cette femme a été extrêmement agitée toute la nuit qui a suivi son
accouchement; deux élèves sages-femmes ont été occupées à la main-
tenir dans son lit.
Premier jour. Pouls 84; lassitude; envie de dormir; appétit léger.
En somme, que peut-on conclure de l'action du chloral sur les
femmes en travail ?
Si nous comparons les résultats obtenus par les auteurs qui
précèdent, nous ne voyons que contradiction.
En dehors du sommeil plus ou moins anesthésique reconnu
par tous les auteurs, quelle est l'action du chloral sur la con-
traction utérine ?
Presque tous s'accordent à reconnaître que la contraction n'est
nullement atteinte. Au contraire, on la verrait devenir plus effi-
cace (Bourdon, Chouppe). Le D r Pellissier, pour démontrer ce
point, eut recours à la physiologie expérimentale. 11 fit les expé-
riences suivantes :
Pinard. 23
— 178 —
Expériences de M. Pellissier.
Exp. I. — On prend une petite chienne, jeune, vigoureuse, du poids de
9 kilos.
I h. 45 m. La chienne est attachée sur la table à expériences, on lui
ouvre l'abdomen et on met à nu les cornes utérines vides. Sous l'influence
de l'air et de quelques légers attouchements on voit ces cornes se contrac-
ter énergiquement.
1 h. 80 m. Nous touchons la corne utérine droite avec la pince de Gaiffe.
Les contractions ne tardent pas à se montrer de plus en plus énergiques;
cette corne utérine droite, seule, est dure au toucher. Nous touchons à son
tour la corne gauche, et le même phénomène se produit. Au bout de dix
minutes, les contractions ont à peu près entièrement cessé. Pendant tout
ce temps la chienne se défend et pousse des cris.
2 h. 15 m. Nous lui faisons une injection de 10 grammes dans l'intestin
avec une solution de chloral au cinquième, par conséquent 2 grammes de
substance active. L'injection a bien réussi; il ne s'est pas perdu une seule
goutte de liquide.
2 h. 30 m. La chienne est fortement engourdie; elle sommeille et se dé-
fend moins. Nous touchons avec la pince de Gaiffe les deux cornes utérines
et les fibres lisses de l'intestin. Les contractions sont absolument sembla-
bles à ce qu'elles étaient avant l'administration du chloral.
2 h. 35 m. Le sommeil est plus profond, la douleur très-probablement
diminuée, les mouvements réflexes très-bien conservés. Les cornes utérines
touchées de nouveau se contractent avec la même énergie.
2 h. 50 m. Nous faisons une nouvelle injection de 2 grammes de chloral
en tout 4 grammes de chloral pris en trois quarts d'heure, ce qui est cer-
tainement une dose considérablo pour une chienne de petite taille. Immé-
diatement révolution de tous les muscles de la vie de relation, ces.-ation de
tout cri de la chienne, sommeil profond, mais très-calme. Respiration ré-
gulière, aneslhésie complète. Les cornes utérines se contractent très-mani-
festement.
3 heures. L'anesthésie est complète, on pince le nez, la langue de la
chienne, aucun mouvement. Nous touchons la corne utérine droite avec la
pince de Gaiflé, elle ne tarde pas à se contracter visiblement. Il nous semble,
toutefois, que la durée de la contraction est moins longue, ce qui n'a rien
d'étonnant si l'on songe que cette chienne a perdu beaucoup de sang de-
puis le commencement et qu'une grande partie de la masse intestinale se
trouve au dehors de l'abdomen.
3 h. 23 m. La sensibilité commence à reparaître ; on se hâte alors de faire
rentrer la masse intestinale et de recoudre les parois abdominales avant
— 179 —
que la sensibilité soit entièrement revenue. Cela fait, on détache l'animal
qui continue à dormir d'un profond sommeil. La sensibilité est en partie
revenue; lorsqu'on la pique, elle sent, mais faiblement. L'animal a con-
tinué à dormir jusqu'à cinq heures. Presque aussitôt après son réveil il
s'est mis à manger. Malgré le traumatisme considérable qu'elle avait subi,
cette chienne a parfaitement guéri.
Exp. II (1). — Chienne vigoureuse, d'assez forte taille, poids 65 kilos;
fixée sur la table, on lui fait la même opération qu'à la précédente. Les
cornes utérines et les fibres de l'intestin se contractent énergiquement sous
l'influence de l'air. Sous l'influence de la pince de Gaiffe les contractions
deviennent beaucoup plus puissantes.
1 h. 10 m. Injection sous la peau de 4 grammes de laudanum (dose
moyenne pour une chienne). Au bout de quelques minutes l'animal com-
mence à sommeiller. Nous touchons alors la corne utérine droite avec la
pince de Gaiffe. La contraction est lente à se produire, cependant elle a en-
core lieu, mais je ne constate pas, comme dans la précédente expérience, les
mêmes bosselures produites sous l'influence de l'excitation. En d'autres
termes, les contractions utérines sont sensiblement moins énergiques, de
même que les contractions de l'intestin. La chienne dort profondément, la
respiration est rapide.
4 h. 30 m. Nouvelle injection de 2 grammes de laudanum; sommeil très-
profond, violente dyspnée. Les fibres de l'utérus et celles de l'intestin se
contractent encore sous l'influence de la pince. Mais il faut observer avec
beaucoup d'attention pour voir ces contractions qui sont à peine sensibles.
2 heures. Nous recousons la plaie avec soin; l'animal sent faiblement les
piqûres qui lui sont faites.
2 h. 20 m. L'animal commence à revenir. Détaché, il peut déjà presque se
tenir sur ses jambes. Toute la journée, la chienne a été comme abrutie, re-
fusant de manger. Elle a survécu.
Ces expériences semblent démonstratives il est vrai, mais il
n'y faut attacher qu'une importance relative, tant que de nou-
velles recherches ne seront pas venues démontrer que les choses
se passent toujours ainsi, que l'utérus soit vide ou plein.
Afin de montrer une fois de plus qu'une seule expérience ne
doit jamais entraîner la conviction, je ne puis mieux faire que
de rappeler ce que j'ai observé, il y a quelques jours, avec mon
ami le D r Laborde, préparateur du professeur Béclard.
Voulant rechercher, comme M. Pellissier, l'influence des mé-
— 180 —
dicamenls sur la contraction utérine, une chienne de forte taille
et qu'on croyait être pleine, et n'ayant absorbé aucun médica-
ment, fut placée sur la table à expériences. Les cornes utérines
mises à nu furent trouvées vides d'abord, et il nous fut impos-
sible d'apercevoir la moindre contraction en touchant à bien
des reprises le tissu utérin avec la pince de Gaiffe ; l'intestin se
contractait avec la plus grande énergie dès qu'il était touché,
l'utérus se montra toujours absolument inerte.
Sur deux autres chiennes le résultat fut le même.
Serions-nous en droit dç conclure que l'utérus vide ne se
contracte pas, même suus l'influence delà pince de Gaiffe? As-
surément, non trois expériences ne suffisent pas.
De nouvelles recherches sont donc nécessaires.
J'avoue qne nos observations ne sont poins faites pour en-
courager, mais elles peuvent n'être que des exceptions, bien
que M. Tarnier ait déjà observé des faits semblables. Elles
prouvent tout au moins que l'enthousiasme qui pourrait naître
à la suite de la lecture des travaux des D" Chouppe et Ghiar-
leoni doit être modéré jusqu'à nouvel ordre.
Déjà il me semble que dans une des observations de Lambert
le travail fut manifestement ralenti, de plus les contractions
continuèrent à se montrer douloureuses dans un certain nombre
de cas, et deux fois, afin de calmer la surexcitation, on fut
obligé de recourir au chloroforme.
Muller, dans la première série de ses expériences, comprenant
les primipares en travail soumises à l'influence du chloral, vit
deux fois la dilatation retardée, alors que les contractions étaient
encore douloureuses; dans la deuxième série, comprenant huit
femmes primipares ayant absorbé du chloral pendant la période
d'expulsion, une seule fois le sommeil ne fut pas interrompu
par les douleurs, et deux fois il y eut inertie utérine avec hé-
morrhagie au moment de la délivrance.
Dans le premier cas, qui m'est personnel, le chloral n'atténua
nullement la sensation de la douleur, et la contraction utérine
devint tellement inefficace qu'il fallut terminer par une appli-
cation de forceps. Cette dernière opération aurait peut-être été
— 181 —
nécessaire si la femme n'avait pas pris de chloral? Je ne sais,
en tout cas, le chloral n'a eu aucune action sur l'efficacité de la
contraction.
Dans le second, la femme ayant absorbé 7 grammes de chlo-
ral ne fut nullement calmée, et nous fûmes obligés de recourir
à l'action du chloroforme pour calmer «on agitation qui se
reproduisit après l'accouchement et dura toute la nuit suivante.
Du reste, je ne crois pas que l'emploi du chloral dans les
accouchements se vulgarise et voici pour quelles raisons : 1° ne
pouvant l'administrer que par la bouche ou le rectum (car je ne
pense pas qu'un accoucheur aille jusqu'à pratiquer une injection
intra-veineuse), on ne peut être sûr que le médicament sera
conservé. L'on sait effectivement combien les vomissements
sont fréquents et avec quelle facilité les lavements sont rendus
pendant le travail. En présence des déjections, peut-on dire
quelle est la quantité de médicament qui a été absorbée ? En
donnera-t-on d'autres doses ? mais alors des accidents peuvent
survenir.
De plus l'action du chloral est loin d'être instantanée, on ne
peut la modérer à volonté et elle continue après l'accouche-
ment.
Enfin si l'on ne pratique pas d'injection intra-veineuse, on ne
peut obtenir l'anesthésie qu'en employant des doses très-fortes
et qui ne seraient pas sans offrir de dangers.
Ainsi que le dit le professeur Desgranges, dans un rapport sur
les mémoires d'un concours dont le chloral était le sujet (Lyon
médical, 1872) : « La propriété anesthésique du chloral est la
moins caractérisée ; elle n'est pas utilisable en chirurgie et ne
va pas jusqu'à rendre insensible à la douleur provoquée par une
épingle ou par la potasse quand on veut s'arrêter en deçà du
danger. L'anesthésie chirurgicale ne peut être obtenue qu'à la
faveur de doses véritablement toxiques. »
182 —
ACTION DU CHORAL SUR LES FEMMES EN TRAVAIL ANORMAL.
Dans ces condition, le chloral a été surtout employé lorsque
l'éclampsie puerpérale complique le travail.
Les thèses de Charpentier, Mauny, le mémoire de Ghouppe
et bien d'autres travaux, montrent que les résultats obtenus
sont divers.
Mais les faits les plus intéressants sont consignés dans les
deux mémoires des D rs Delaunay et Léo Testut que l'Académie
vient de couronner. Ces deux auteurs ont eu l'obligeance de
m'autoriser à prendre connaissance de leurs travaux encore
inédits. Je ne puis les analyser. Je le regrette, et je me conten-
terai de signaler leur conlcusion principale. Après avoir ras-
semblé les observations d'éclampsie compliquant le travail pu-
bliées en France et à l'étranger, et dans lesquelles le chloral a été
employé comme unique traitement, après y avoir joint les faits
qui leur sont personnels, ils établissent une statistique dans
laquelle la mortalité est de d3 p. 100 (Delaunay), 7 p. 100 (Léo
Testu). Ce résultat imprévu n'est peut-être pas tout à fait en
rapport avec la réalité, parce qu'on publie surtout les cas heu-
reux, mais il démontre tout au moins que la médication chloralée
semble être plus puissante qu'aucune autre contre cette terrible
affection.
Quelques auteurs ont également employé le chloral dans le
travail prématuré et semblent en avoir retiré de bons résultats,
comme le témoignent les observations qui suivent. Cependant
je dois faire remarquer que dans ces trois cas, l'ingestion du
chloral avait été précédée de celle de l'opium.
Observation du D r Martmeau.
Une femme de son service, enceinte de sept mois, avait pris du sulfate de
quinine; elle ne tarda pas à ressentir des coliques utérines. Le laudanum
fut prescrit aussitôt à la dose de douze gouttes, mais sans aucun résultat
— 183 —
M. Martineau donna alors le chloral à la dose de 1 gramme, matin et soir;
immédiatement les contractions utérines cessèrent, et la menace d'avorte-
ment fut conjurée.
Observation du D r Jules Besnier.
Dans la soirée du 42 juin 1873, Mme X..., jeune femme primipare, enceinte
de six mois, me fait demander pour des douleurs qu'elle éprouvait dans le
ventre. C'était la première fois qu'elle se trouvait atteinte de semblables
douleurs. Jusque-là, elle n'avait ressenti de sa grossesse que quelques trou-
bles digestifs et quelques malaises légers qui avaient cessé depuis près de
deux mois. La veille, elle avait eu un peu de pesanteur dans les reins et de
douleur dans le côté gauche du ventre. Malgré le repos, les douleurs per-
sistant encore le 42, elle avait été prendre un bain tiède dans l'après-midi.
Ce bain n'avait amené aucune amélioration : la douleur avait augmenté peu
à peu et avait fini par prendre dans la soirée un caractère intermittent.
Mme X..., ne pouvait, du reste, rattacher l'apparition de cette douleur qu'à
un peu de fatigue occasionnée par la marche et la montée de quelques
étages.
A l'examen du ventre, je le trouvai sensiblement développé, et sous la
pression de la main je sentis le globe utérin remontant umpeu au-dessus
de l'ombilic, résistant, et manifestement le siège de contractions assez
vives et douloureuses. Ces douleurs revenaient toutes les dix à douze mi-
nutes et duraient quelques instants, pendant lesquels l'utérus présentait
une certaine dépression au niveau de la corne droite; dans l'intervalle de
ces douleurs, il restait encore sensible et endolori. Les mouvements de
l'enfant étaient très-nets sous la main de l'observateur et pour la malade;
ils étaient même très-fréquents et très-vifs ; par la palpation on détaillait
assez bien ses parties, la tête paraissait reposer dans la fosse iliaque gau-
che, et les pieds être tournés vers l'hypochondre droit. Il n'y avait aucune
perte ni en blanc, ni en rouge. Le toucher ne fut pas pratiqué, dans la crainte
de ramener les contractions utérines ou de les rendre plus intenses par le
palper du col utérin. La malade avait le faciès un peu rouge et le pouls à 80,
un peu développé; mais cet état semblait dépendre plutôt du retour fré-
quent des douleurs que de toute autre cause. Elle était du reste couchée et
elle gardait le repos absolu depuis quelque temps déjà.
Il n'y avait pas à hésiter, j'étais en présence d'une menace d'avortement
qui se présentait avec une certaine sévérité. Je fis prendre immédiatement
un lavement avec vingt gouttes de laudanum. Ce lavement amena un peu
de sédation et la malade put sommeiller. Mais cet état ne se prolongea pas ;
deux heures après (il était alors une heure de la nuit), on revenait me
chercher pour des douleurs aussi fréquentes et aussi intenses que les pre-
— 184 —
mières. Un second lavement avec vingt gouttes de laudanum fut encore
donné. Ce lavement ne produisit aucun résultat et je dus rester auprès de la
malade. Une heure après, troisième lavement avec la même quantité de lau-
danum, et d'un laudanum provenant d'une autre pharmacie que le pre-
mier qui, je le craignais en raison de son inefficacité, pouvait être altéré.
Ce lavement resta comme le précédent sans effet. Et cependant chacun
d'eux, composé de bO à 60 grammes de véhicule seulement, avait élé par-
faitement conservé. Craignant alors qu'il n'y eut pas absorption par le
rectum, je fis encore prendre par la bouche dix gouttes de laudanum dans
un peu d'eau sucrée, et je fis sur tout le ventre un large badigeounage au
laudanum pur.
Aucune amélioration ne se manifesta; les douleurs persistèrent avec la
même intensité, et revinrent avec la même fréquence.
J'hésitais à recourir encore encore au laudanum, en raison des doses
considérables que j'avais données; j'hésitais également à employer des
injections sous-cutanées de morphine, non que la malade présentât quelque
symptôme de narcotisme, elle n'en offrait aucun, mais je ne sortais pas de
la médication opiacée dont je n'avais retiré jusqu'alors aucun bénénee.
Une saignée me paraissait peu indiquée, la malade étant bien loin d'être
pléthorique, il en était de même des applications d'eau froide sur le ventre,
aucun écoulement de sang n'ayant paru. Faire prendre un bain aurait de-
mandé trop de temps, et, d'ailleurs, étais-je sûr d'en obtenir un bon effet?
Cependant les douleurs devenaient plus fortes, plus prolongées et revenaient
toutes les dix minutes. Elles prirent bientôt les caractères des grandes dou-
leurs de l'accouchement, portant sur le fondement et arrachantdes plaintes
répétées à la malade; un avortement à bref délai me paraissait devoir être
la seule terminaison possible de cet état de choses, pour peu qu'il se pro-
longeât.
C'est dans ces conditions que je songeai à recourir au chloral hydraté.
Une potion de 4 grammes de ce médicament pour 120 grammes de liquide
fut demandée, et j'en fis prendre une cuillerée à bouche, me proposant d'y
revenir à intervalles assez rapprochés. Mais, quelques minutes après, des
vomissements survinrent, et la cuillerée de potion fut rejetée. Je fis alors
prendre de suite en lavement les quatre cinquièmes de ce qui restait de la
potion, c'est-à-dire environ 3 grammes de chloral. L'effet fut presque im-
médiat et aussi satisfaisant que possible; en quelques minutes la malade
se sentit complètement débarrassée de toute douleur utérine, et resta toute
surprise pour ainsi dire d'un changement si brusque et si heureux ; bientôt
elle s'endormait d'un sommeil calme et profond (il était alors cinq heures
du matin). Ce sommeil se prolongea environ trois heures; à son réveil,
elle fut prise de quelques colliques intestinales, qui l'obligèrent à aller a la
garde-robe, et les douleurs utérines reparurent avec une certaine force.
Un nouveau lavement avec deux grammes de chloral, que la malade ré-
— 185 —
clamait elle-même, l'ut alors donné et amena un résultat aussi favorable et
aussi rapide que le premier. Mais, deux heures après, survint une évacua-
tion, et les douleurs reparaissaient; un troisième lavement avec '2 grammes
de chloral fut encore administré. Ce dernier fut suivi des mêmes effets que
le précédent, c'est-à-dire amena aussi deux heures de calme complet, puis
les douleurs utérines revinrent encore.
Mais depuis l'emploi du chloral, à chaque réapparition ces douleurs
étaient moins intenses, et ne se succédaient plus à intervalles aussi rappro-
chés. Craignant cependant, en raison de ce retour si opiniâtre, que le col
ne fut dilaté et que quelque partiedu placenta ou du fœtus n'y fut engagée,
je pratiquai le toucher avoc précaution. Cette exploration me permit de
constater que le col était allongé, conique, tout à fait intact. Dès lors, si
la réapparition des douleurs ne permettait pas d'éloigner toute crainte
d'avortement, il n'en était pas moins vrai qu'en raison de leur diminution
sensible et de l'état du col, il n'y avait plus lieu de regarder ce fâcheux ré-
sultat comme imminent.
Je revins alors, suivant l'avis de M. Tarnier, que je consultai à cette oc-
casion, à la médication opiacée, espérant qu'elle suffirait pour faire dispa-
raître les douleurs qui persistaient encore; c'est, en effet, ce qui arriva, mais
non sans une certaine lenteur et sans difficulté. La malade dut prendre, en
effet, dans la soirée et dans la nuit suivante, toutes les deux ou trois heures
suivant la réapparition des douleurs, soit 2 ou A centigrammas d'extrait
d'opium en pilules, soit 12 à 15 gouttes de laudanum en lavement. Et cette
médication dut être prolongée le lendemain et le surlendemain, en éloi-
gnant de plus en plus les doses du médicament.
Menaces répétées d'accouchement prématuré au huitième et au neuvième mois
de la grossesse, traitées avec succès par le chloral hydraté, par le D r Petit,
professeur à l'école de Rennes. (In Mémoire du D 1 ' .1. Besnier.)
M me B., âgée de 26 ans, était arrivée au huitième mois de sa grossesse
sans accident. Deux fois déjà elle avait mené à terme des grosseses anté-
rieures et était heureusement accouchée. Le 21 octobre 1873, elle est prise,
le matin en se levant, et sans cause appréciable, de douleurs dans la région
des reins et dans tout le bas ventre. Ces douleurs duraient peu d'instants,
pour reparaître quinze ou vingt minutes après. En même temps la malade
éprouvait de fréquentes envies d'uriner et ressentait dans la région anale
des besoins impérieux de pousser. Cet état durait depuis une heure et demie
à deux heures, lorsque survint par les voies génitales un léger écoulement
de sang.
Appelé en toute hâte dans ces conditions, ie trouvai la malade couchée
sur le dos, ma main rencontra lo globe utérin remontant au niveau de
Pinard. ' M
— 186 —
l'ombilic, et je constatai l'existence du souffle placentaire et des batte
ments du cœur du fœtus. Pendant mon exploration, de nouvelles douleurs
se montrèrent dans les reins et à l'hypogastre, et je sentis sous ma main
l'utérus se durcir et se contracter; par la vulve l'écoulement de sang con-
tinuait à se faire en petite quantité.
Ces symptômes indiquaient évidemment un commencement de travail;
je fis donner immédiatement un quart de lavement avec 30 gouttes de lau-
danum. Ce lavement fut bien conservé, mais les accidents persistèrent.
Une heure après, voyant que les douleurs, loin de céder, allaient en aug-
mentant d'intensité et de fréquence, je recourus au chloral hydraté. Je
prescrivis un quart de lavement avec 2 grammes de chloral. A peine sept
à huit minutes s'étaieni-elles écoulées depuis la prise du médicament, que
les douleurs diminuaient d'intensité et de longueur, et s'éloignaient. Mais
ce lavement fut rejeté, en partie du moins, quinze à vingt minutes après
son administration; et au bout d'une heure les douleurs se réveillèrent et
ne tardèrent pas à revenir avec plus de force qu'avant.
Tout en faisant la part du rejet du chloral, ce retour des douleurs et
l'augmentation de leur intensité me firent hésiter à recourir de nouveau à
ce médicament et je revins au laudanum, dont je fis prendre 30 gouttes
dans 123 gr. d'eau. Ce lavement fut bien gardé, mais comme le premier, il
ne procura aucun soulagement a la patiente. Celle-ci sentant ses douleurs
augmenter, ne tarda pas à me demander d'elle-mrine le lavement incolore
(celui au chloral) qui, disait-elle, l'avait déjà si bien soulagée. Après une
heure d'attente, pendant laquelle les douleurs allèrent toujours en augmen-
tant, je cédai à ses instances, et 2 gr. de chloral furent administrés dans
125 gr. d'eau. Cette fois ce lavement fut bien conservé, et un quart d'heure
après la malade cessait de se plaindre, le sang s'écoulait en moins grande
abondance, puis les douleurs disparurent complètement. Les jours suivants
la malade resta couchée et tranquille et aucun accident ne reparut.
Le 1 er novembre, c'est-à-dire 8 jours après, madame B... fut reprise des
mêmes symptômes, des douleurs se firent sentir aux reins et dans le ventre,
et le sang reparut encore à la vulve. Cette fois les deux médicaments furent
associés dans un lavement contenant 50 gouttes nu laudanum et 4 gr. de
chloral pour 250 gr. d'eau. La moitié de ce lavement fut prise immédiate-
ment et l'autre moitié une heure après. Tous les symptômes qui annon-
çaient un commencement de travail s'arrêtèrent de suite.
Dix jours après troisième menace d'accouchement, les douleurs etla perte
revinrent de nouveau avec une certaine intensité. Comme la première fois,
le laudanum, employé à la dose de 30 gouttes, resta sans effet, et pendant
plus de deux heures les douleurs et la perte continuèrent à suivre une
marche croissante. Le chloral fut alors administré seul, à la dose de 3 gr.
dans un quart de lavement et, comme précédemment, 15 à 20 minutes
après les douleurs s'éteignaient et l'hémorrhagie s'arrêtait.
— 187 —
A partir de ce jour (10 nov.) la grossesse a continué sans nouvel acci-
dent; et, le l° r décembre, l'accouchement se faisait à terme et naturelle-
ment. Il n'y avait pas d'insertion du placenta sur le col, du moins le doigt
promené sur son orifice entr'ouvert et ramolli au début de l'accouchement,
n'y rencontrait que la poche des eaux. Les suites do couches ont été nor-
males et excellentes.
Quelques auteurs, Martineau, J. Besnier ont cherché à expli-
quer comment et pourquoi le chloral calmait les contractions
prématurées et rendait plus intenses les contractions tempes-
tives. Il m'est impossible de les suivre sur ce terrain. Il faudrait
d'abord prouver que le chloral active les contractions pendant le
travail.
TROISIÈME PARTIE
OPIUM — MORPHINE
CHAPITRE PREMIER.
ACTIONS DK L'OPIUM SUR LES FEMMES EN TRAVAIL.
L"opium ne fut guère employé pendant l'acouchemenl que
dans les cas de travail anormal.
Les anciens accoucheurs n'ont jamais songé à soustraire la
femme aux douleurs de l'accouchement lorsque le travail était
normal. Et depuis que cette idée règne en obstétrique, au lieu
d'avoir recours à l'opium dont la composition est fort complexe
et assez variable, les accoucheurs préfèrent employer des sub-
stances bien définies, qu'on peut facilement doser, et dont l'ac-
tion physiologique est mieux connue, comme la morphine.
Je ne ferai que signaler en passant le travail de M. Lever
(inBrit. and.. For. medico-chirurg. Rewiew, 1850), sur l'emploi
de l'opium dans les accouchements.
En effet, l'auteur recommande l'emploi de l'opium contre les
douleurs Qui précèdent le début du travail, contre les contrac-
tions aiguës et spasmodiques du travail naturel, contre les con-
tractions irrégulières, contre la rétraction utérine qui suit la
rupture prématurée des membranes chez les femmes qui se
marient trop tôt ou trop tard, contre la rigidité de l'orifice, contre
— 189 —
la vive douleur causée par le doigt de l'accoucheur chez les
femmes qui ont le vagin sec et chaud et l'utérus irritable, contre
les déchirures du vagin et de l'utérus !
En raison de son action spéciale lorsqu'il est administré à
faible dose, l'opium, soit sous forme de laudanum, soit sous
forme d'extrait ou de poudre brute, a été employé dans les cas
de dépression des forces. D'aprèsle professeur Gubler (Commen-
taires thérapeutiques du Codex Medicamentoriim) l'opium à fai-
bles doses donne lieu à une légère excitation circulatoire, ani-
mation du visage, éclat du regard, sensation de bien-être, ala-
crité^ 'esprit, disposition à l'exercice et accroissement de force
musculaire.
On l'a administré encore pour calmer les douleurs lombaires
qui sont si pénibles pendant la période de dilation .
En vertu de son action hypnotique, on a conseillé son emploi
dans le but de procurer à la femme un sommeil de quelques
heures, dans les cas de travail irrégulier.
Enfin, en vertu de son action stupéfiante, on l'a surtout em-
ployé pour amoindrir ou arrêter les contractions utérines dans
les cas de rétrécissement du bassin, 'd'accouchement prématuré
et d'avortement. Mais dans ce dernier cas, tous les médecins
savent combien il est nécessaire quelquefois, d'employer de
fortes doses. Je ne puis rapporter un grand nombre d'observa-
tions, je ne citerai que cette série prise dans les Bulletins cli-
niques de la Maternité.
Observation I.
Laudanum.
La nommée Sieury, primipare, 18 ans, vint à la salle d'accouchement le
"23 janvier 1849, à 6 heures du soir. Contractions faibles et éloignées. Ori-
fice utérin, souple, épais, offrant 6 à 8 lignes de circonférence. iMembranes
entières. Partie fatale très-accessible au doigt, plongeant dans l'excavation.
Diagnostic d'une extrémité pelvienne.
Les choses restent ainsi toute la nuit, le travail n'avançant pas. La femme
avait de fortes douleurs lombaires qui ralentissaient beaucoup la marche
— 190 —
du travail. Après avoir donné un bain de siège, on administre un quart de
lavement laudanisé et on fait une saignée de "200 grammes environ.
Les contractions se ranimèrent à une heure du soir; les membranes se
rompirent, les fesses vinrent appuyer sur l'orifice, souple, mince, dilaté de
13 à lo lignes. A deux heures quarante-cinq, les fesses franchirent l'orifice
puis s'avancèrent à la vulve. La fesse gauche répondait à la partie supé
rieure de la grande lèvre droite et la droite à la partie inférieure de la
grande lèvre gauche. Le tronc se dégagea sans la moindre difûculté. Les
bras furent dégagés sur la partie antérieure de la poitrine. La tête était
fléchie, elle se dégagea seule; à trois heures, l'accouchement fut terminé.
Fille née vivante à sept mois et demi et pesant 3,500 grammes.
Délivrance naturelle un quart d'heure après l'accouchement. La durée du
travail fut de vingt-cinq heures.
Observation II.
Laudanum.
La nommée Jacob monte à la salle d'accouchement le "2 juin 1850, à dix '
heures du matin. L'orifice est souple, épais, six à huit lignes de dilatation.
Les membranes sont entières, les contractions fortes, soutenues, le sommet
est en O. I. G. A. Les choses restèrent ainsi jusqu'à onze heures du matin
où les douleurs se ralentirent et devinrent très-rares dans les lombes. On
lui donna un quart de lavement laudanisé qui la calma un peu. Vers quatre
heures du soir on lui donna un bain de siège qui ne produisit aucun effet.
On pratiqua une saignée de "250 grammes qui régularisa un peu les dou-
leurs et assouplit l'orifice. Les douleurs restèrent faibles toute la nuit et la
journée du 3 ; un nouveau bain fut donné. On excita les contractions ;
enfin les douleurs revinrent. La tête franchit l'orifice à six heures du soir;
elle reste deux heures trente dans l'excavation sans amener d'autres efforts
que ceux qu'on provoquait. Le 3, à huit heures trente du soir, M. Danyau
appliqua le forceps ; l'introduction fut facile de même que l'articulation
des branches. L'extraction fut difficile et pénible.
L'enfant, fille, malgré les soins qu'on lui prodigua fit quelques inspira-
tions et expira.
Délivrance«naturelle.
Suite de couches compliquées de tranchées utérines et d'eschares.
Partie en bon état quinze jours après son accouchement.
— 191 —
Observation III.
Laudanum.
La nommée Périer, primipare, à terme, 26 ans, entre clans la salle d'ac-
couchement le 9 novembre 1833, à une heure du matin.
Début du travail ; orifice légèrement fermé. Membranes entières. Tête
élevée, peu fléchie, inclinée.
Contractions énergiques, irrégulières, sans intervalles, accompagnées de
douleurs lombaires qui empêchaient la dilatation. On donne à 11 heures un
quart de lavement laudanisé (8 gouttes); il ne produisit aucun résultat. A
2 h , bain de siège.
Douleurs lombaires persistantes, irrégularité des contractions, pas de
dilatations. La malade est très-agitée, céphalalgie. A S h du soir, saignée
de 300 grammes qoi diminua cet état. A 10 h. du soir, deuxième lavement
avec 20 gouttes de laudanum. Régularité des contractions laissant entre
elles des moments de calme. A minuit, bain de siège; la dilatation pro-
gresse; la tête descend un peu. Le 10 à S h., rupture des membranes. A
6 h., la dilatation est presque complète. 3 e bain de siège ; contractions fortes
des ce moment, douleurs lombaires. Absence de rotation à cause de l'in-
clinaison de la tête.
A 9 h., application de forceps : O. I. D. P. réduite. Enfant pesant 3,800 gr.
Délivrance naturelle.
Observation IV.
Laudanum.
La nommée Vernet, primipare, âgée de 19 ans, entre dans la salle le
20 août 1854 à 3 h. du matin.
Orifice mince, dilaté de 8 à 10 lignes. Membranes entières. Le sommet
élevé est en 0. I. G. A.
Maximum des pulsations fœtales à gauche et en avant. Contractions uté-
rines faibles, irrégulières; fortes douleurs lombaires. On lui donne un
quart de lavement laudanisé (10 gouttes). Les douleurs persistèrent. A
3 h. 30 m. du soir, bain de siège; les douleurs se calment un instant. A sa
sortie du bain, à 7 h., elles reparaissent. Rupture des membranes à 9 h. du
soir: forte quantité de liquide. A 1 h., nouveau bain.
Battements du cœur précipités.
— 192 —
A 3 h. du matin, le 31 août, dilatation complète; l'accouchement se ter-
mine à 6 h. Fille.
Délivrance artificielle suivie d'une hémorrhagie. 4 doses de seigle et ap-
plication de compresses froides.
Suites de couches normales.
Observation V.
Laudanum.
La nommée Crépon, primipare, entre à la Maternité, le 1"2 septembre, à
une heure du soir, se plaignant de douleurs lombaires.
Le col n'est pas effacé. Sommet élevé 0. I. G. A.
Le '3 septembre, elle va à la salle d'accouchement à huit heures du
soir.
Maximum des pulsations fœtales à gauche et en avant.
Orifice épais, dilaté de six à huit lignes. Douleurs lombaires toute la
nuit.
Le i \ septembre, à six heures trente minutes du matin, on donne un quart
de lavement laudanisé et un bain de siège, qui ne calmèrent pas le malade :
elle était très-agitée.
La rupture des membranes se fait; les eaux s'écoulent en grande quan-
tité.
Le bassin est vicié. Les douleurs lombaires durent toute la journée. A
quatre heures du soir, bain de siège et un quart de lavement laudanisé.
A neuf heures, orifice mince et ferme.
Le 12, à sept heures quarante-cinq minutes du matin, grand-bain; la
femme est calme.
Le? douleurs deviennent régulières, la femme dort dans les intervalles.
Le forceps est appliqué, cinq à six débridements sont pratiqués au niveau
de l'orifice.
L'accouchement se termine à neuf heures trente minutes du soir.
Fille, 3,100 grammes, faible, on la ranime.
Délivrance naturelle, dix heures.
Observation VI.
Laudanum. — Avortement à 6 mois.
La nommée Flicheur, secondipare, ïî ans, se présente à la salle le
H juillet 1*<37, à sept heures du soir.
— 193 —
Elle était à Sainte-Glaire, depuis le 6, pour diarrhée.
Le 11, à sept heures du soir, orifice souple, épais, dilaté de sept à huit
lignes. Les membranes sont intactes.
Sommet 0. I. D. A très-mobile.
Les douleurs sont assez fortes, permanentes, elles siègent surtout dans
les lombes; on donne un quart de lavement laudanisé.
A neuf heures, douleurs plus régulières et plus fortes.
La dilatation est complète quinze minutes plus tard.
Ruptures des membranes.
Terminaison à neuf heures quarante-cinq minutes. L'enfant est vivant,
c'est une fille, pesant 1,450 grammes.
Délivrance naturelle. Les suites de couches sont normales.
Observation VIL
Laudanum.
La nommée Colard, multipare, monte à la salle, le 11 avril 1854, à neu
heures du matin.
Membranes rompues; peu de col. Partie volumineuse indistincte. Maxi-
mum au-dessous de l'ombilic.
Douleurs lombaires assez fortes ; un quart de lavement laudanisé; même
état pendant le reste de la journée. Le soir, deuxième lavement lauda-
nisé.
Nuit calme, pas de sommeil. Grand bain le matin, qui procure un grand
délassement.
Dans le courant de la journée, on donne deux pilules d'opium. Vers neuf
heures du soir, les douleurs deviennent plus fortes.
Un quart de lavement laudanisé (le col existant encore) et bains de
siège.
Les douleurs sont faibles et éloignées, elles augmentent ensuite.
A six heures du matin, la dilatation est complète. Diagnostic: siège
S. i. G. A. On aide au dégagement ; expulsion de gaz fétides.
L'enfant, putréfié, pèse 1,930 grammes.
Délivrance naturelle.
Femme décédée, le 16 avril, à sept heures du matin.
Observation VIII.
Laudanum.
La nommée Renaud, femme Martin, primipare, -23 ans, entre à la Mater-
nité le 19 mars 1855 à H h. du matin.
Pinard. 25
— 194 —
Taille moyenne, forte constitution, membres inférieurs bien conformés-.
Sommet élevé 0. I. D. P.
Les membranes se sont rompues à 2 h. du matin. Les battement fœtaux
sont normaux. Douleurs fortes et régulières, màrs i éiégeant principalement
dans les lombes.
Face un peu congestionnée.
Midi, saignée de 300 gr. et 1/4 de lavement laudanisé et à 1 h. grand bain
de 60 minutes.
L'état pléthorique diminue et les douleurs changent de nature, plus
éloignées et plus régulières.
Orifice plus souple, dilaté de 12 à \6 lignes.
Même état qu'à 5 h. du soir.
Contractions de plus en plus, éloignées ; la femme est fatiguée et a tou-
jours des maux de reins. Application de forceps (2 fois).
Fille vivante, 3,350 grammes, avec une dépression assez profonde sur la
partie antérieure et supérieure du frontal droit.
Délivrance naturelle.
Col légèrement déchiré. — Suites de couches compliquées de diarrhée
Observation IX.
Laudanum — Avortemeat à 4 mois. — Délivrance artificielle.
La nommée Riquet, primipare, arrive le 13 janvier 1857 à H h. du matin,
ayant des douleurs lombaires.
Col long, résistant, orifice externe entr'ouvert. Chude faite le 3 janvier,
suivie d'un malaise général.
Le 13 janvier les contractions utérines se déclarent, elles sont rappro-
chées, fortes.
Col élargi supérieurement.
A 8 h., lavement laudanisé (16 gouttes); aucun effet.
A 9 h., deuxième lavement (25 gouttes).
Cessation des contractions jusqu'à 11 h., mais dès lor 3 , elles sont fortes,
rapprochées, ouvrent l'orifice interne.
A 10 h. du soir, col effacé.
Expulsion d'un œuf entier à 1 h. 30 m. du matin.
Délivrance artificielle immédiate et complète. Fœtus 135 gr.
— 195 —
Observation X.
Phénomènes. — Bassin vicié. — Sommet 0. 1. D. P. — Enfant vivant.
La nommée Nolly, primipare, arrive à la Maternité le "27 septembre 1857
à 7 h. du soir.
Elle est d'un tempérament nerveux.
Les membranes sont intactes. Sommet élevé en occipito-iliaque droite
postérieure.
Le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur est de 0,094.
Les contractions, d'abord faibles et éloignées, augmentent et s'accom-
pagnent vers 8 h. 30 m. de phénomènes nerveux manifestes.
Les bras étaient agités de mouvements convulsifs. Les muscles du cou
se contractaient, l'agitation était extrême. Pouls souple, peu fréquent, peau
fraîche.
Pas d'oedème aux membres inférieurs. L'urine contient un dixième d'albu-
mine. Le premier accès dure 1 m., prenant surtout la forme de contractures;
l'utérus était dur, dans une tension permanente.
Un quart de lavement laudanisé; potion avec 1/2 gr. d'opium; moment
de calme.
Nouvelle crise à 11 h. du soir. 1 pilule de O,05 donna de bons résultats.
Les accès diminuent, puis les contractions deviennent de plus en plus éner-
giques. Dilatation complète à 3 h. du matin ; rupture artificielle des mem-
branes.
Terminaison à 3 h. du matin.
Enfant à terme, 3,2b0 gr.
Après l'accouchement, plus d'albumine.
CHAPITRE II.
ACTION DE LA MORPHINE SUR LA FEMME EN TRAVAIL.
La morphine a été employée chez la femme en travail soit par
la voie gastrique, soit au moyen d'injections hypodermiques.
— 196 —
KUe a été administrée pendant l'accouchement, soit dans le
travail normal soit dans le travail anormal.
Parmi les auteurs qui ont préconisé la morphine pendant
l'accouchement, il faut citer Fletger, Poppel , Auer, Lebert,
Hecker et Kormann Ernest
Mais le travail le plus important peut-être qui ait été fait sur
cesujet'estcelui de Kormann (in Monatschrist fur Geburtskunde
und Frauenkrank ). Dans ce travail, l'auteur pense qu'on doit
chercher à atténuer les douleurs de l'accouchement bien qu'elles
soient de nature physiologique, non -seulement quand elles
sont excessives, mais toujours et dans tous les cas. Il croit devoir
agir ainsi quant à lui parce que, dit-il, l'embarras est grand
quand il s'agit de saisir la limite qui indique s'il y a excès de
souffrance.
La difficulté git dans la découverte d'un moyen qui soit facile-
ment applicable et qui n'entrave pas la marche du travail.
Les inconvénients des différents calmants proposés varient
suivant le mode d'administration de ceux-ci.
Les inhalations de chloroforme et l'ingestion des narcotiques
à doses diverse ont de bons résultats, mais les contre-indica-
tions sont nombreuses.
Tandis que les injections sous-cutanées de morphine auraient
cette sûreté d'effet, cette rapidité d'action, cette facilité d'admi-
nistration que ne possède aucune autre médication.
Il a été fait dans le semestre d'hiver 1865-66, à la Maison
d'accouchements de Leipsig et à la policlinique où l'auteur était
assistant, usage des injections sous-cutanées de morphine, pour
combattre le symptôme douleur dans les accouchements.
Ce travail repose sur plus de cent observations. Kormann se
sert d'une solution de sulfate de morphine : 15 centigr. pour
4 grammes ; il fait suivant les cas de une injection à trois, dans
le cours du travail, mais le plus souvent il se contente d'une seule.
Les doses habituelles sont de 1 centigr. 1/2 à 3 centigr., et il dit n'a-
voir jamais eu d'accidents en dehors des vomissements, des ver-
tiges et de la douleur, et de l'irritation au niveau du point piqué.
Il recommande de faire les piqûres à la cuisses, comme étant
— 197 —
un des points du corps d'où l'influence locale du médicament
peut le mieux s'étendre à l'innervation de l'utérus.
Pour atténuer les douleurs, dit Kormann,il faut de plus fortes
doses qu'on ne croit : contre les douleurs violentes, il emploie de i /2
à 3/5 de grain ; contre les douleurs moins intenses de 1/2 à 3/10
de grain, en répétant les injections à une heure d'intervalle en
cas de besoin. Une des premières conclusions de l'auteur est la
suivante : L'injection de morphine produit un amendement sen-
sible des douleurs, en entraînant un ralentissement du pouls et
de la respiration.
Quant à la marche du travail, il est facile de voir d'après le
nombre des opérations qu'on fut obligé de pratiquer, qu'elle a
dû être assez souvent profondément troublée.
Dans un mémoire intitulé : De l'action de l'opium sur l'utérus
particulièrement comme agent de parturition et où il n'est
question que du sulfate de morphine (in The Retrospcct of Medi-
cine, 1869), le D r P G. Barker émet une opinion au moins ori-
ginale.
Après avoir administré dans plusieurs cas le sulfate de mor-
phine à des parturientes dans le but de leur procurer simplement
du repos, il fut surpris de voir, dit-il, la dilatation faire peu après
de notables progrès. Pour expliquer ce fait qui lui avait semblé
tout d'abord étrange, il émet la théorie suivante : La morphine
stimule les fibres longitudinales et obliques de l'utérus en même
temps qu'elle amène le relâchement des fibres circulaires de
l'orifice utérin. De plus il est persuadé que cet agent ne peut en-
traver en rien l'action physiologique du travail.
Mais il nota un ralentissement considérable de la respiration
dans un des cas qu'il rapporte, et où l'on avait par erreur donné
trop de morphine. Il n'y avait plus que trois inspirations par
minutes, ce qui n'empêcha pas, dit-il, l'enfant d'être expulsé
par une seule contraction. Fait qui vient corroborer cette opi-
nion que jamais l'opium n'arrête les contractions utérines nor-
males.
En 1870, le D 1 Charles Shaw publia (in Médical Press and
Circular, 1870) un mémoire sur la morphine administrée en
— 198 —
injection dans les cas de rigidité du col. Dans ce travail, l'auteur
publie plusieurs observations qu'il fait suivre de la conclusion
suivante : « Je pense que les préparations opiacées prises soit à
'intérieur, soit en injection hypodermique, donnent les plus
heureux résultats dans les cas de rigidité, du col due à une
grande irritabilité nerveuse.
En 1875, Frankel publia (in Centralblatt) un travail dans
equel il recommande l'emploi d'une solution contenant à la fois
du chlorhydrate de morphine et du sulfate d'atropine, concur-
remment avec les inhalations de chloroforme, dans les cas de
contracture spasmodiaue de l'utérus pendant l'accouchement.
Les travaux de W. Luske et de E. Partridje (in American Jour-
nal of obstetrics, 1877) ont surtout trait à l'action de la mor-
phine sur le fœtus, point que je n'ai pas à aborder
Nous n'avons pratiqué les injections de marphine que dans
deux cas, chez une primipare et une secondipare : chez la pre-
mière pendant la période de dilatation, chez la seconde pendant
la période d'expulsion. En voici les détails.
Observation 1 (personnelle).
Primipare à terme. — Chlorhydrate de morphine en injections sous-cutanées
pendant la période de dilatation.
M..., 18 ans, couturière, bien constituée et ayant le bassin norma-
lement conformé, entre le 7 juin 1878, à 9 h. 1/2 du soir, à la salle
d'accouchement de la Maternité. Elle est au terme de sa première
grossesse. Les premières douleurs apparaissent le 9 juin à 9 h. du
matin.
En observation le 9 juin à 10 h. 35 m. du matin. Dilatation comme
une pièce del franc; bords minces; orifice peu dilatable. 0. I. D. P.
Contractions. Durée.
A 10 h. 35 m. 1 m. A peine quelques pe-
tit ps niai n t pçp tmif-
37 m. 1 m.
peine 4UC14UC& pe-
tites plaintes étouf-
fées.
199 —
Contractions.
Durée, i
- 40 m.
2m.
— 45 m.
1 m. \y
- 49m.
1 mu
— 51 m.
lm.
— 55 m.
30 s.
- 57 m. 30 s.
2 m.
lh. lm.
2 m.
6 m.
30 s.
Cette douleur est plus
vive que les autres;
la femme se plaint
du ventre.
- 14 m*
1 m.
— 15 m. 2 s.
2 m. 30 s.
Calme complet dans
l'intervalle des dou-
leurs.
18 m- 30 s. 30 s.
20 m- , lm. 40 s.
23 m. 30 s. 1 m. La femme dit que
cette douleur est
plus forte que les
autres.
A 2 h.
28 m.
10 s.
lm.
20 s.
31m.
lm.
35 m.
lm.
30 s.
39 m.
30 s.
lm.
41m.
20 s.
lm.
45 m.
2m.
50 m.
lm.
La dilatation est la
même qu'à 10 h.
35 m., c'est-à-dire
comme une pièce de
1 franc.
54 m.
2m.
5m.
50 s.
8 m.
lm.
12 m.
30 s.
lm.
16 m.
lm.
20s
20m.
lm.
1
—
200
—
Contraction».
Durée.
- 22 m.
lm.
- 27 m.
1m.
- 32 m.
lm.30s.
- 40 m. 20
s.
5 m.
- 47 m.
2m.
A3h.
A 4h.
53m.
54 m.
3 m.
5m.
8 m. 30 s.
10 m.
17 m.
22 m.
28m.
34 m.
37 m.
40 m.
45 m.
48 m.
54 m.
6m.
9m.
15 m.
20 m.
30 s.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
lm.
2 m,
lm.
lm.
lm.
lm.
lm. 25 s.
30 s.
lm.
lm.
lm.
2 m.
De 2 h. à 3 h. 1/2, les
douleurs , quoique
«e répétant souvent,
sont faibles et n'a-
vancent pas le tra-
vail.
La femme se plaint
d'avoir sommeil.
Dilatation comme
une pièce de 1 franc,
mais bords excessi-
ment minces.
5 h. 20 m. Dilatation comme une pièce de 2 francs. On cesse d'ob-
server jusqu'à 8 h. 30 m. Pendant ces trois heures, les contractions
-I -
se montrent de la même façon que précédemment et les
restent les mêmes.
douleurs
Contractions.
Durée.
A
8h.
, 30 m.
2 m.
—
33iu.
1 m.
—
38 m. 30 s.
lm.
—
40 m.
1 m.
—
42 m.
lm.
—
44 m.
2 m.
—
50 m.
5 m.
9h
,
1 m. 30 s.
—
5 m.
lm.
Les douleurs sont
plus vives.
—
8 m.
2 m.
—
14 m.
lm.
—
19 m.
lm.
—
22 m.
lm.
—
29 m.
lm.
P. 60. Pulsations tue
taies 156.
Injection sous-
—
33 m.
1 Cl.
cutanée de 1
—
39 m.
30 s.
centigr. de
—
43 m.
1 m.
morphine.
—
50 m.
30 s.
Non notée.
56 m.
30 s.
Plus de cris, a peine
de petites plaintes ;
sommeil profond
dans l'intervalledes
contractions. P. 60.
10 h
i.
20 s.
—
10 m.
30 s,
17 m.
15 s.
Intelligence légère-
ment touchée. Som-
meil entre les con-
tractions.
11 h. 10 m. La femme est depuis 1 h. dans un calme complet; elle
a un peu dormi, actuellement, elle est bien éveillée, les yeux ouverts,
les pupilles légèrement contractées, le regard béat, les membres- et
le corps entier dans une résolution complète; elle n'éprouve cepen-
Pinard. 2G
— 208—
dant pas de sensation de pesanteur dans les membres: seulement un
peu de paresse intellectuelle; elle n'a pas essayé de parler; pourtant
elle repond avec lucidité aux questions qu'on lui pose et s'intéresse
au sort de sa voisine qui vient d'accoucher. Elle dit être bien heureuse
du calme qu'on lui a procuré.
La dilatation reste absolument la même (un peu plus large qu'une
pièce de 2 francs).
11 h. 30 m. Pouls très-irrégulier, variant de 72 à 56. Pulsations
fœtales 144.
Contraction douloureuse perçue à 11 h. 58 m. du soir. Durée, quel-
ques secondes.
Contraction nouvelle perçue à 12 h. 8 m. du soir. Durée, quelques
secondes.
Contraction nouvelle perçtie à lh.30m. La femme se plaint de
souffrir dans le ventre.
10 juin. — 1 h. 43 m. Nouvelle injection de 1 centigr. de chlorhydrate
de morphine. Nous quittons la malade. Elle a des contractions assez
douloureuses pour lui arracher de petits cris. A ce moment, la dilata-
tion n'est pas encore égale à une pièce de 5 francs.
Après la seconde injection, sommeil, sinon complet, du moins ame-
nant un grand calme jusqu'à 6 h. du matin. La dilatation est alors
comme une pièce de 5 fr. ; les douleurs reprennent avec violence et
régularité. A 8 h., dilatation de la largeur de la paume de la main.
A 10 h., dilatation à peu près complète.
On recommence à observer. Face congestionnée. Enervement très-
grand. Sensibilité exagérée du ventre. P. 60.
Contraction:
s.
Durée.
10 h
. 30 m.
40 s.
—
7 m.
20 s.
50 s.
—
10 m.
30 s.
—
12 m.
20 s.
lm.
—
15 m.
10 s.
50 s.
—
18 m.
lm.30s.
—
21m.
2 m.
—
24 m.
lm.
—
27 m.
lm.
—
33 m.
lm.
—
36 m.
lm.
Agitation dans l'm-
— 203 —
Contractions. Durée.
tervalle des con-
tractions. Intelli-
gence légèrement
altérée.
— 38 m. lm.
— 40 m. 30 s. 2 m.
10 h. 47 m. La femme divague en ce moment et prend son drap
pour un jupon plissé. Regard vague. Soif intense. Elle sommeille
littéralement debout.
A 10 h. 50 m. 30 s. 1 m.
— 52 m. 30 s.
— 55 m. 30 s.
— 58 m. 2 m.
A 11 h. 2 m. 1 m.
— 4 m. 30 s. non notée.
11 h. 12 m. Rupture artificielle des membranes.
11 h. 3/4. Dilatation complète.
2 h. après midi. La tête apparaît à la vulve. Contractions énergi-
ques. Cris retentissants.
2 h. 1/2. Dégagement de la tête.
2 h. 35. Expulsion complète. L'enfant naît et ne jette pas un cri;
il est très-volumineux ; on le ranime et il pousse son premier cri à
2 h. 45 m. Pas de déchirure du périnée.
Délivrance naturelle à 3 h. 20 m.; une portion des membranes
reste à la vulve. Sang perdu : 680 gr.
Rien de particulier à noter les deux premiers jours. P. 68-64.
Observation II (personnelle).
JSecondipare à terme. — Injections hypodermiques de morphine pendant la
période d'expulsion.
La nommée H..., âgée de 33 ans, cuisinière, entre à la Maternité
le 11 juin 1878 à 4 h. du matin (salle d'accouchement). Cette femme
est déjà accouchée une fois spontanément; elle est à terme de sa
deuxième grossesse et souffre depuis 3 h. du matin. A son arrivée,
la dilatation est égale à une pièce de 1 fr. Les contractions reviennent
régulièrement et à l'heure où nous l'examinons, à 10 h. du matin
- 204
la dilatation est complète. Au moment de chaque contraction la
femme jette des cris et se plaint, même dans l'intervalle. Les mem-
branes sont intactes et la tête fortement engagée se présente en O.
I. D. P., P. 64, puis, fœtales 128.
Contractions.
Durée.
Injection de
0,005 milligr.
de morphine
à 10 h.
A 10 h. 27 m.
30 s
.
— 29 m.
1 m.
— 33 m.
lm.
Toujours plaintes et
— 35 m.
lm.30s.
cris au moment de
— 39 m.
1 m.
la contraction et
— 41m.
lm.
même dans l'inter-
— 44 ni.
lm.
valle.
— 47 m.
lm.
— 50m.
1 m.
— 53 m.
2 m.
Nouvelle injec-
A 11 h. 1 m.
] m.
tion de 0,01 c.
— 4 m.
lm.
de morphine
— 8 m.
1 m. 30 s.
à 11 h.
— 12 m.
1 m.
— 15 m.
lm.
Même état.
— 18 m.
30 s.
— 21 m.
4 s.
Douleurs moins for-
tes. Grande altéra-
tion.
— 25 m.
lm.
— 29 m.
1 m.
- 35 m.
lui.
— 39 m.
lm.
— 43 m.
lm.
Les douleurs sont
moins vives.
— 40 m..
10 s.
— 50 m.
lm.
t\12h lm
lm.
Elle sommeille dans
l'intervalle des con-
tractions.
I_
— 205 —
Contraction*. Duré*,
- 5 ni. lm.
12m. 1 m. Les yeut sont bril-
lants et l'intelli
gence est légère-
ment touchée.
A lh.
22 m.
1 m.
25 m.
lm.
28 m. 30 s.
lm.
31m.
lm.
41m.
1 m.
47 m.
1 m.
50 m.
30 s.
54 m.
30 s.
5 m.
lm.
10 m.
lm.
Rupture artificielle
des membranes. Cris
violents, efforts ex-
pulsifs. Elle pousse
vivement et crie
beaucoup. M. Cham-
petier de Ribes fait
tourner la tête à
l'aide du doigt (mé-
thode de Tarnier).
3 Contractions de 1 h. 12m. à
lh. 17.
A lh.21m. 3 m.
Expulsion du fœtus à 1 h. 25 m. Enfant vivant pesant 3, 100 gr.
Délivrance naturelle à 1 h. 45 m. Elle perd à peine 30 gr. de sang.
Suites de couches normales.
Il ressort clairement de la première observation que la mor-
phine non-seulement diminue la contraction utérine, mais peut
suspendre pendant un temps plus ou moins long le travail.
Ainsi, à deux reprises différentes, l'on vit, vingt minutes
après l'injection, les contractions se ralentir, devenirplus courtes
— 206 —
puis cesser tout à fait pendant quarante minutes, la première
fois, pendant quatre heures la seconde.
Ce point est extrêmement important, car, Ton voit de suite,
quel parti les accoucheurs peuvent tirer des injections hypoder-
miques de morphine dans les cas de contractions prématurées.
De la seconde, nous ne pouvons guère conclure, n'ayant pas
noté la fréquence et la durée des contractions avant l'injection
de morphine. Il est facile de voir cependant que si la période
d'expulsion n'a point été retardée, elle n'a guère été non plus
accélérée.
Dans le premier cas, la rétractilité paraît également avoir été
atteinte, car le décollement du placenta n'eut lieu que quarante-
cinq minutes après l'accouchement, et il s'écoula à ce moment
680 grammes de sang.
QUATRIÈME PARTIE
ACTION COMBINEE DE LA MORPHINE ET DU CULOIWCOHMK
« Guidé par les expériences de Liiaude Bernard, dit le D r Gui-
bert, de Saint-Brieuc (in Bulletin de\ l'Académie \des sciences,
18 mars 1872), et par les conseils donnés dans ses leçons faites
au Collège de France, j'ai entrepris depuis deux ans d'utiliser
chez l'homme cette association de la 'morphine et du chloro-
forme.
«J'en ai obtenu deux états bien distincts, qui ne sont que deux
degrés d'action du chloroforme chez les sujets préalablement
soumis à l'influence de la morphine :
1° L'analgésie, 2° l'anesthésie.
1° Analgésie. Le sujet ayant subi une injection hypodermique
de 2 centigr. de chlorhydrate de morphine, le premier effet des
inhalations de chloroforme, employé 'suivant la méthode ordi-
naire, est de produire un état d'analgésie avec conservation de
l'intelligence des sens et du mouvement volontaire...
« Cet état suffit dans la pratique des accouchements... La plu-
part des faits que j'ai recueillis concernent le premier de ces
états, l'analgésie, état qui n'a pas encore été décrit et n'a point
été l'objet d'applications thérapeutiques.
« Mes observations sont au nombre de 30 au moins, dont 15
relatives aux accouchements...
» C'est surtout pour les accouchements laborieux que l'analgé-
sie me parait appelée à entrer dans la pratique usuelle. Elle
atténue très-notablement la douleur, et peut être continuée plu
— 208 —
sieurs heures sans faire courir à la mère aucun danger, sans
nuire à la santé de l'enfant, sans modifier notablement les con-
tractions régulières de l'utérus, sans prédisposer aux hémor-
rhagies. Voici comment je procède dans les accouchements :
Je pratique à l'avant-bras l'injection sous-cutanée d'environ
un centigramme de chlorhydrate de morphine, au moment où la
femme commence à supporter difficilement les douleurs des
contractions utérines et où je vois survenir de l'agitation avec
anxiété et découragement Un quart d'heure environ après l'in-
jection, je commence l'inhalation du chloroforme, par la mé-
thode ordinaire, au moment même où la femme m'annonce
l'arrivée d'une contraction utérine. Dès que la femme avait une
dizaine d'aspirations d'air chargé de vapeurs de chloroforme,
elle sent que la douleur de la contraction, au lieu d'aller en
augmentant, se calme, bien que la contraction continue. Je
suspends l'inhalation dès que la contraction s'arrête , et je
continue ainsi pendant toute la durée du travail en ne faisant
respirer le chloroforme que pendant le temps des contractions.
« On voit alors succéder à l'agitation, à l'anxiété, au découra-
gement, un état de calme, de bien-être, de quiétude qui con-
traste avec le précédent et dont la femme vous témoigne la plus
vive reconnaissance.
« Quand la tête est sur le périnée, que l'on prévoit l'arrivée pro-
chaine des grandes douleurs et que l'analgésie devient moins
prononcée, il ne faut pas craindre de recourir à une nouvelle
injection hypodermique d'un demi-centigramme de morphine,
qui suffira, en s'ajoutant à la première dose, pour rendre sup-
portables, parfois même presque nulles, les atroces douleurs du
passage de la tète.
L'analgésie atténue sensiblement l'état de fatigue extrême
qui suit les accouchements laborieux.
J'ai recueilli une observation de version pelvienne, prati-
quée, pour une présentation du tronc, plus de seize heures
après l'écoulement des eaux, et exécutée avec la plus grande fa-
cilité sous l'influence de l'état analgésique, sans que la mère,
qui continuait à répondre aux questions qu'on lui adressait,
— 209 —
poussât un seul cri, une seule plainte. L'action combinée du
chloroforme et de la morphine avait complètement dissipé la
contracture ou rétraction de la matrice qui, dans ces condi-
tions, rend la version si difficile pour l'accouchement et si la-
borieuse pour la mère.
Cet état d'analgésie m'a paru jusqu'ici assez facile à main-
nir sans amener l'anesthésie, pourvu que les inhalations de chlo-
roforme soient assez fréquemment interrompues. »
Depuis cette communication, le D r Guibert continua à rassem-
bler des observations. Il en possède à l'heure actuelle vingt-six,
dont cinq lui ont été communiquées par des confrères partisans
de sa méthode.
Ces observations inédites, je puis les citer, grâce à l'abnéga-
tion du D r Guibert qui me les communiqua en m'autorisant à les
publier. C'est un sacrifice dont je sens tout le prix, aussi je prie
le promoteur de l'action combinée d'agréer l'assurance de mes
plus sincères remerciments. Ce sont ces observations qui suivent,
ainsi que deux autres, dont l'une a été recueillie à la Maternité
en présence du D r Guibert, l'autre qui m'est personnelle.
MORPHINE ET CHLOROFORME COMBINÉS
Observation 1 (personnelle).
Multipare à terme, -r Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
La nommée H entra à la Maternité, salle Sainte-Adélaïde,
n° 4, le 14 mai 1878.
Cette femme avait eu déjà deux accouchements à terme, qui se
terminèrent spontanément, bien qu'elle présente une cyphose dor-
sale, causée par un mal de Pott.
Pinard. 27
— 210 —
Lr M mai, à 3 lieures du soir, étant à terme de sa troisième gros-
' -- -, elle monte à la salle d'accouchement, souffrant depuis 11 h.
du matin. A son arrivée clans la salle, la dilatation est égale à une
pièce de 2 franc?.
De 3 h. à 5 h. 15, la dilatation s'eftectua sous l'influence de con-
tractions énergiques provoquant des douleurs vives s'accusant par
des plaintes très-accusées.
A 5 h. 15, la dilatation est complète. Les membranes se rompent
spontanément. La tête est profondément engagée en O.I.G.A. P. 84,
H. 49, T. rectale 38» 4.
Injection hypo-
dermique de
O,0lc.demor-
phine à 5 h.
35 m.
Contractions.
Durée.
A 5 h
. 18 m. 30 s.
1 m.
—
21 m. 20 s.
2 m.
—
25 m. 40 s.
1 m . 50 s
—
28 m.
1 m.
—
30 m. 20 s.
! m.
—
32 m. 20 s.
40 s
—
34 m.
2 m.
—
38 m.
lm.
—
40 m.
1 m.
—
•i3 m.
40 s
—
45 m.
40 s
—
47 m. 30 s.
1 m.
— 51 m.
On commence —
les inhala- —
tions de chlo-
roforme à do- A 6 h
ses fraction- —
nées.
53 m.
54 m.
57 m.
1 m.
2 m.
30 s.
Plaintes même après
les contractions.
Plaintes très-vives ;
agitation.
Elle commence
pousser.
P. 90.
Elle sent le sommeil
venir.
Elle trouve la dou-
leur un peu moins
vive.
30 s.
40 s.
30 s. « Je suis engourdie,"
dit-elle,
t m. Klle dort, mais se ré-
3ûs. veille à chaque con-
traction, pousse, et
dit souffrir moins.
— 211
Contractions.
— -4 m.
— 6m.
— 8 m.
— 9 m. 40 s.
— 13 m. 30 s.
— 15m.
Durée.
40 s. Sommeil paisible en-
tre les contractions.
30 s. Elle trouve les dou-
leurs moins vives.
40 s.
40 s.
30 s.
20 s. Elle soutire, mais elle
dit que les douleurs
sont moins longues,
moins pénibles.
P. 76.
—
19 m. 30 s.
30 s.
—
22 m.
30 s.
—
25 m. 30 s.
30 s.
—
29 m.
30 s.
—
36 m.
40 s.
P. 80. Pulsations fœ-
tales, 140.
42 m.
40 s.
Les contractions ne
faisant nullement
avancer la tête, on
cesse le chloro-
forme.
On cesse le chlo-
—
47 m.
30 s.
roforme à 6 h.
—
51 m. 30 s.
20 s.
50 m. On en a
—
58 m.
1
m
employé 5 gr.
A 7h
20 s.
en 1 heure.
—
3 m.
5 m.
7 m.
9 m.
30 s.
30 s.
30 s.
20 s.
—
12 m. 30 s.
1
ni
—
14 m. 30 s.
3 s.
—
16 m. 30 s.
1
m
—
19m.
21m. 30 s.
1
m,
30 s.
—
23 m. 30 s.
50 s.
—
27 m. 40 s.
1
m.
— 212 —
Contractions.
Durée.
- 30 m.
20 s.
- 33 m.
40 s.
- 35 m.
i m.
- 36 m. 20 s.
1 m.
- 38 m.
lm.
- 4t m.
lm.
— 44 m.
1 m.
- 46 m. 30 s.
1 m.
- 49 m.
lm.
- 51 m.
25 s.
— 53 oij%
1 m.
- 54 m. 30 s.
30 s.
_ 57 ni.
30 s.
A S li. 1 m. 30 s. La têle écarte forte-
ment la vulve.
Expulsion du fœtus à 8 h. 15. Cette expulsion a été peu doulou-
reuse. La femme criait, il est vrai, mais sans s'agiter. Elle dit
n'avoir pas beaucoup souffert.
Enfant vivant, du poids de 3590 gr.
Délivrance naturelle à 8 h. 30.
Quelque temps après, perte de 1000 gr. de sang.
On administre 1 gr. le seigle ergoté.
Céphalalgie pendant les suites de couches. Faiblesse générale.
Partie le huitième jour.
Observation II (Bulletins cliniques de la Maternité).
Primipare à terme. — Injection hypodermique de morphine et inhalations de
chloroforme pendant la période d'expulsion. — Forceps. — Hémorrhagie.
La nommée L..., primipare, '20 ans.
Début du travail, "20 novembre 1872, neuf heures du soir.
Le 21, douleurs éloignées et peu énergiques.
10 heures. Orifice comme une pièce de S0 cent. Sommet, O. 1. D. P.
Membranes entières. Nuit calme.
Le 2"2, neuf heures du matin, dilatation incomplète. Dix heures. Dilatation
presque complète.
M. Tarnier monte à la salle d'accouchement, accompagné de M. Guibert, de
— 213 —
Saint-Brieuc qui désire faire voir le résultat de la piqûre endermique. Une
injection est faite à dix heures 1/4 sur l'avant-bras avec une solution con-
tenant 0, 01 de morphine. Quelques moments après il y eut une rougeur
mal limitée mais assez intense. (Cette espèce de marbrure n'avait pas en-
core été observée par M. Guibert .)
A ! 1 h., inhalations de chloroforme, alors la dilatation est complète;
rupture artificielle des membranes.
Il h. 15 m., somnolence : «Je souffre bien moins. »
Il h. 17 m. Sensation d'étourdissement : « Où suis-jeV »
Elle reconnaît encore les personnes qui l'entourent.
Contractions, cris ; se plaint de douleurs à la vulve.
Il h. 20 m. Rotation exécutée. Somnolence persiste; conscience com-
plète de ce qui se passe autour d'elle et répond bien aux questions posées.
Il h. "24 m. Une contraction assez forte. Pas de cris.
Le chloroforme est donné avant l'apparition de chaque douleur.
II. h. 27 m. Contractions douloureuses, cris; chloroforme donné après
le début de la douleur.
Il h. 30 m. Cri annonçant le début de la douleur. Chloroforme; cris
cessent : sommeil. La malade ne se reconnaît pas elle-même, nlles person-
nes qui l'entourent.
11 h. 3'> m. Douleurs surviennent. Cris; point de douleur dans le
ventre.
11 h. 35 m. Contraction violente. Aucun cri. Le périnée commence à
bomber.
11 h. 3li m. Nouvelle douleur qui cesse dès le chloroforme.
11 h. 38 m. Gémit haut presque sans cesser. Se plaint que çà la pousse
sans cesse, contractions utérines violentes qui ne paraissent pas senties.
11 h. 42 m. Nouvelle douleur. Une certaine quantité de méconium s'é-
coule.
11 h. 44 m. Plus prostrée. Crie et rejette la main quand on la pince.
11 h. 47 m. Contractions avec cris aigus; issue de méconium. Forceps
par M. Tarnier.
11 h. 48 m. Introduction des branches. Cris très-aigus poussés.
Cloroforme pendant la contraction. Les cris ont cessé. La malade dit
qu'elle ne dort pas.
11 h. 51 m. Tractions; ne crie pas, mais au moment où la tête franchit
la vulve elle s'écrie : « Ça y est! » Terminaison.
Délire. Excitation anormale. Cet étatdisparaît peu après. Une heure après,
intelligence et idées nettes.
Garçon pesant 2790 gr.
Utérus un moment inerte. 12 h. 15 m. némorhagie (370 gr. de sang). Dé-
livrance artificielle ne causa presque pas de douleurs à la malade — 1 gr
seigle ergoté.
— 214 —
Pendant les suites de couches , embarras gastrique.
Partie en bon état le 6 novembre.
Observation III (D r Guibert).
Multipare à terme. — Injection hypodermique de morphine. — Inhalations de
chloroforme pendant les périodes de dilatation et d'expulsion.
Antécédents. — Trois accouchements antérieurs ayant tous trois été ac-
compagnés d'un long travail et de douleurs tellement vives que la malade
restait plusieurs mois, après^hacun de ses accouchements, sous le coup de la
terreur des horribles souffrances qu'elle avait éprouvées ; aussi veut-elle à
tout prix être anesthésiée pour son quatrième accouchement.
Le dimanche, 7 février 1870, à 8 h. ?>0. m. du soir, je constate un com-
mencement de dilatation du col.
Les contractions utérines, qui avaient débuté vers sept heures du soir, se
succèdent a^ez régulièrement. Vers II h. 30 elles sont assez vives pour
causer une grande agitation nerveuse et sont difficiles à supporter.
Je constate que la dilatation du col est supérieure en dimension a celle
d'une pièce de 2 francs, et je pratique à l'avant-bras une injection hy-
podermique de 1 centigramme de chlorydrate de morphine. Cette injec-
tion n'amène aucune modification appréciable aurhylhme età l'intensité des
douleurs. La rupture de la poche des eaux se fait spontanément. Vers mi-
nuit, les douleurs deviennent encore plus vives et la dilatation est égale en
dimension à celle d'une pièce de 5 francs.
Je fais alors coucher la malade et commence à lui faire respirer du chlo-
roforme (minuit), au moment où s'annonce une contraction; la malade res-
pire largement, et au hout de huit à dix inspirations, la douleur au lieu de
redoubler, comme elle le faisait précédemment, s'affaiblit promptement,
sans que la contraction utérine ait diminué d'énergie. La malade que je
fais causer à dessein, répond toujours d'une façon très-lucide à mes ques-
tions.
Elle continue à voir et à entendre très-nettement tout ce qui se passe au-
tour d'elle. Elle a parfaitement conscience de la contraction utérine. Dès
qu'elle m'annonce que cette contraction a cessé, j'enlève complètement le
chloroforme. Cependant la dilatation se complète régulirement, puis la
rotation de la tête s'effectue, et les contractions utérines, devenues indo-
lentes, se succèdent avec une régularité parfaite.
Je préviens la mère que la tête s'apprête à franchir le périnée afin qu'elle
aide l'expulsion par des efforts concordant avec des contractions utérines.
Bientôt l'enfant sort avec la plus grande facilité, sans le moindre cri,
— 215 —
sans la moindre plainte, ni la moindre expression de douleur, sans aucune,
agitation de la part de la mère, qui n'a pas cessé de voir et d'entendre tout
ce qui se passait autour d'elle (1 h. 15 m.). La quantité de chloroforme em-
ployé est de 60 grammes.
La mère m'a déclaré', le lendemain de son accouchement, qu'à partir du
moment où j'avajs commencé l'emploi du chloroforme, elle avait cessé d'é-
prouver de véritables douleurs, et que le passage de Ja tète, dont elle avait
eu parfaitement conscience, ne s'était accompagné que d'une grande gêne
et d'une sensation très-nette et d'une distension considérable de la vulve,
nullement comparable aux atroces douleurs des accouchements précédents.
La malade n'a pas pris de seigle ergoté, elle n'a point eu d'hémorhagie
exagérée à l'occasion de la délivrance.
Le troisième jour, contrairement à ce qui s'était passé dans les accouche-
ments précédents, la montée du lait s'est faite normalement en s'accom-
pagnant d'un léger mouvement fébrile; d'ailleurs les suites de couches se
sont passées d'une manière très-régulière.
L'enfant, du sexe féminin, est très-bien constituée et n'a pa^été malade
dans les jours qui ont suivi sa naissance. Elle n'a présenté aucun signe d.e
narcotisme; l'enfant est morte au bout de deux ans d'une méningite tuber-
culeuse.
La seule particularité à noter est une phrase incohérente qui échappa à
la mère pendant qu'elle était sous l'influence de l'analgésie; la mère s'a-
perçut immédiatement de l'incohérence de son idée, et nous assura qu'elle
avait eu une véritable rêvasserie d'un instant dont elle se rendit parfaite-
ment compte, et qui ne se reproduisit plus.
Observation IV (D' Guibert).
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période de dilatation et d'expulsion .
Madame B... , bonne santé habituelle, sauf qu'elle a été chloro-anémique
avant son mariage; premier accouchement en 1864, très-laborieux et ac-
compagné de violentes douleurs. En 1869, elle fut atteinte encore de chloro-
anémic et d'hémorrhagie du ligament large du côté droit, à la suite de fa-
tigues physiques au-dessus de ses forces.
Grossesse heureuse et sans accidents. Deuxième accouchement; le
1" juin 1870, à 3 h. 45 m. du matin, le travail est commencé et les contrac-
tions utérines se succèdent assez régulièrement toutes lqs quatre minutes
en s'accompagnant d'une douleur assez vive.
Je pratique à 4 h. précises l'injection hypodermique de 10 milligram.
de chlorhydrate de morphine: au bout de 5 m. la malade ressent très-bien
— 216 —
les effets physiologiques de la morphine, une sorte d'étourdissement, puis
de la somnolence, dans Pintervalle des contractions utérines qui semblent
un peu plus éloignées et moins douloureuses, pour reprendre, au bout d'un
quart d'heure ou vingt minutes, leur intensité primitive.
A 4 h. ôt m. la rupture des membranes est un fait accompli , la dilatation
est complète et la tète est sur le périnée ; les douleurs deviennent plus vives,
et à 4 h. 40 m. je commence l'emploi du chloroforme qui produit une atté-
nuation presque complète de la douleur, sans modifier les contractions uté-
rines, sans que la mère s'endorme un seul instant et sans qu'elle cesse d'a-
voir pleine et entière connaissance de tout ce qui l'entoure; la somnolence
qui existait entre les douleurs au début de l'action delà morphine n'existe
plus. La mère, sur le conseil que je lui donne, pousse franchement et d'au-
tant plus énergiquement qu'elle n'est point arrêtée dans ses efforts par la
douleur que provoque habituellement la dilatation de la vulve, au moment
du passage de la tête.
L'enfant est expulsé à 4 h. 55 m. seulement, presque sans douleur de la
part de la mère qui ne pousse aucune plainte ni aucun cri, mais qui a pai-
faitement conscience d'une distension considérable et presque indolente de
la vulve, sans la moindre somnolence et avec une intégrité complète de l'in-
telligence et des sens.
J'ai été assisté dans cet accouchement par mademoiselle Vissemer, ex-
sage-lemme de l'hôpital Cochin.
Les suites de couches n'ont présenté aucune particularité notable. Il y a
eu fièvre le troisième jour.
L'enfant est bien constitué et ne présente aucun signe de narcotisme.
Observation V (D r Guibert).
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
Madame N..., bonnesanlé habituelle; huit accouchements antérieurs, na-
turels et généralement assez rapides; les douleurs très-vives n'existaient
qu'au moment du passage de la tête, bien qu'elles fussent précédées d'un
malaise tel que la malade ne savait dans quelle position se mettre ; même
dans l'intervalle des contractions utérines , elle ne pouvait se coucher sans
réveiller une vive doulear dans le ventre.
La neuvième grossesse se passe sans accidents; le 11 août surviennent
quelques contractions utérines qui laissent après elles un commencement
de dilatation. Le 13 au soir les contractions recommencent faiblement et
continuent. Le lendemain, 14 août, j'arrive près de la mère; à 3 h. 15 m.
du soir, je constate une dilatation supérieure en dimension à celle d'une
21 . —
pièce de 5 franc ; la poche des eaux est intacte; les coliques sont peu in-
tenses.
Gomme je prévois la fin prochaine de l'accouchement, je pratique une in-
jection hypodermique de 10 milligr. de chlorhydrate de morphine. (3 h.
17 m.)
Un quart d'heure après l'injection la malade éprouve les effets physiolo-
giques de la morphine : diminution du malaise, somnolence assez agréable
sans sommeil complet, sécheresse de la bouche, les contractions s'éloignent
et sont moins marquées; je romps la poche.
Vers 4 h. 5 m. les contractions utérines se rapprochent, deviennent plus
vives et se succèdent très-franchement à partir de 4 h. 10 m.; la tête est en
position occipito-iliaque droite.
Je fais dès lors respirer largement le chloroforme pendant la durée des
contractions utérines ; je modère les doses; bientôt la tête écarte la vulve,
et passe à 4 h. 2o m.
Pendant les dernières douleurs la malade pousse quelques plaintes et fait
des efforts involontaires comme sous l'impulsion d'un ténesme assez vif.
L'enfant crie en naissant; c'est un garçon bien constitué ; il ne paraît point
influencé par la morphine.
La mère m'affirme avoir beaucoup moins souffert qu'à ses accouchements
précédents; l'injection de morphine a arrêté le malaise si vif qui accom-
pagnait chez elle les premières douleurs et se prolongeait dans leur in-
tervalle.
La délivrance s'est effectuée normalement: la malade n'a point éprouvé,
après son accouchement, cette grande fatigue qui suivait toujours ses accou-
chements précédents.
Les coliques qui ont suivi l'accouchement, si violentes après les précé-
dentes couches, ont été très-notablement atténuées. La montée du lait s'est
faite sans aucun mouvement fébrile. La malade n'a respiré le chloroforme
que de 4 h. 10 m. à 4 h. '25 m.; j'estime à 20 gr. la quantité de chloroforme
employée.
Observation VI (D r Guibert).
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chlorotorme
pendant la période d'expulsion. — Forceps.
Madame J..., bonne santé habituelle; deux accouchements antérieurs,
avec insuffisance des contractions ulérines, ayant nécessité, chaque fois,
l'application du forceps et causé de très-vives douleurs.
Le "26 anût, à 6 h. 30 m. du matin, je constate une dilatation considérable
avec rupture de la poche des eaux, rupture dont la date ne peut être préci-
Pinard. 28
— 218 —
sée; la tète se présente en occipito-iliaque gauche; les douleurs sont assez
vives et se succèdent régulièrement. A 6 h. 35 m., je fais l'injection de cen-
tigr. de chlorhydrate de morphine, et à 6 h. 55 m. je commence l'inhalation
du chloroforme; la contraction utérine devient indolente. Toutefois la ma-
lade se plaint en core un peu au début de chaque contraction, qui reparaît
toutes les six minutes.
Vers 7 h. 30 m. la tète ne s'abaisse point, et il est manifeste que les con-
tractions seront insuffisantes. Le chloroforme commence à ne plus pro-
duire d'analgésie bien marquée; aussi en vue du forceps je pratique une
nouvelle injection hypodermique de 5 miligrammes de morphine, à 7 h.
3o m.
A 7 h. 45 ni. je fais l'application du forceps, le chloroforme est repris à
la première douleur qui suit l'application du forceps. Dès que la contrac-
tion utérine est devenue à peu près indolente, je commence les tractions;
il arrive un moment où la malade cesse de répondre aux questions qu'on
lui adresse, et en même temps, par un mouvement automatique, elle
porte une de ses mains sur le forceps, comme pour enlever ce qui la
gênait.
7 h. 49 m. Je fais aussitôt cesser l'inhalation du chloroforme, tout en
continuant de légères tractions sur le forceps; la malade reprend connais-
sance et ne pousse point la plus légère plainte, pour le passage de la tête,
qui cependant ne s'opère que très-lentement, attendu que j'ai la précaution
de ne plus tirer, mais seulement de diriger le mouvement d'extension de
la tête.
La mère ne respire plus du tout de chloroforme, et la sensibilité ne re-
parait qu'au moment du dégagement des épaules, à 7 h. 53 m.
La délivrance est pratiquée à 8 h. 5 m. sans que l'hémorragie soit aussi
abondante qu'aux précédents accouchements. Les suites de couches sont
normales. L'enfant, nullement narcotisé, est bien constitué. Le quatrième
jour après sa naissance, il est pris de convulsions qui paraissent dues à une
indigestion de bouillie que la mère lui avait donnée, sans me demander
avis.
11 est mort dans la nuit suivante.
Observation VII (D' Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
14 septembre. X..., primipare à terme, 34 ans. Au dire de la mère, les
eaux se seraient écoulées dès le 13, avant, l'apparition des douleurs; la
— 219 —
sage-femme est appelée le 14 à 2 h. du matin; elle constate la rupture de
la poche des eaux ; les douleurs sont bien accusées et assez franches, depuis
la fin de la matinée; cependant le travail est peu avancé à mon arrivée
(2 h. 30 m.); la dilatation du col égale en dimension celle d'une pièce de
5 francs ; la lête est encore au détroit supérieur en occipito-iliaque droite ;
on entend distictement les battements du cœur de l'enfant. La malade, très-
agitée, supporte difficilement la douleur des contractions utérines.
A 3 h. Injection de 10 milligrammes de chlorhydrate de morphine.
A 3 h. 15 m., application du forceps; j'attends, pour commencer les trac-
tions, l'arrivée d'une douleur. Le chloroforme qui est confié à la sage-femme
Mme Pincemin, est employé à trois petites doses ; toujours est-il que mal-
gré le chloroforme les tractions au forceps sont très-douloureuses. Dans
l'intervalle des contractions utérines et des tractions au forceps, la mère
m'apprend qu'elle se sent étourdie, comme en état d'ivresse, avec conscience
d'un certain bien-être. Pendant les contractions utérines la femme crai-
gnant d'être endormie par le chloroforme, fait tous ses efforts pour n'en
pas respirer et agite continuellement la tête.
L'enfant est expulsé à 3 h. 43 m. au milieu des cris de la Bière dont les
souffrances n'ont pas été manifestement atténuées, comme dans les autres
observations.
J'estime à 12 grammes la quantité de chloroforme qui me paraît avoir
été employée dans ce cas, dose évidemment d'autant plus insuffisante que la
femme cherchait toujours à échapper à l'inhalation.
L'enfant était en état d'asphyxie et n'a respiré d'abord que très-difficile-
ment; la délivrance s'est faite normalement sans hémorrhagie.
Je n'ai pas eu occasion de revoir la mère depuis ; j'ai su seulement qu'il
n'y avait point eu d'accident notable et que l'accouchée s'est bien rétablie.
Observation VIII (D' Guibert).
Secondipare à ternie. — Injections de morphide et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
17 septembre 1870. Mme R. ., bonne santé habituelle, premier accouche-
ment en 1869, avec des douleurs violentes, agitation considérable; applica-
tion de forceps pour prévenir l'épuisement complet des forces; à la suite,
prostration très-marquée; point d'accident à signaler.
Deuxième accouchement : le 17 septembre la malade est prise de douleurs
de reins dans la matinée.
A 2 h. la dilatation du col égale une pièce de t francs ; le travail se fait
lentement, mais régulièrement.
— 220 —
A 4 h. lô m., la malade s'effraye tout à coup pendant une douleur, par
suite de l'arrivée à la vulve de la poche des eaux qui fait une saillie consi-
dérable; je romps la poche et je constate une dilatation de 7 à 8 centimè-
tres de diamètre: les douleurs ne tardent point à redoubler et l'agitatioa
de la mère devient assez vive. Elle n'a plus guère de position même dans
l'intervalle dos douleurs; elle me prie de la soumettre à l'analgésie.
A 4 h. 30 m., je fais une injection hypodermique de 10 milligrammes d«
chlorhydrate de morphine.
Vers 4 h. 40 m., au moment d'une contraction utérine, je commence
l'inhalation d'une petite dose de chloroforme qui atténue sensiblement la
douleur ians arrêter la contraction.- Une fois la contraction terminée, j'en-
lève le mouchoir qui a été imprégné de chloroforme; la malade me raconte
alors qu'elle se sent comme engourdie, qu'elle est dans un état de bien-être
et de calme, qu'elle a conservétoute sa connaissance et la liberté de> mou-
vements volontaires; quand je la pince un peu fort je constate que la sen-
sibilité à la douleur n'est pas complètement abolie. La malade reconnaît que
les contractions utérines réveillent encore la douleur chez elle, mais beau-
coup moins vives qu'avant l'emploi du chloroforme; aussi les cris et les
plaintes ont-ils complètement cessé. Les douleurs reviennent régulière-
ment toutes les six ou sept minutes; dès leur début je fais respirer une
dose de chloroforme d'environ 3 à 5 grammes, ce qui suffit pour atténuer
considérablement la douleur et la rendre facile à supporter.
Dans l'intervalle des contractions utérines, la mère continue à se trouver
comme étourdie et grisée; elle a toute sa connaissance, se plaint de cha-
leur aux mains et au visage; les mouvements de la langue paraissent par-
fois un peu embarrassés, comme chez une personne qui s'endort. Sous l'in-
Uuenee de la morphine et du chloroforme les contractions utérines me
semblent un peu moins énergiques et un peu moins longues, je puis les ré-
veiller assez facilement par de légères pressions sur le ventre au niveau de
l'utérus.
La dilatation se complète lentement et l'enfant sort à "> h. 40 m. ; la mère
pousse quelques plaintes seulement au passage de la tête; la petite fille, un
peu violacée au moment de la naissance, est bien constituée et nullement
narcotisée. Délivrance normale ; je revois la malade le soir à 9 h., elle est
enchantée de son accouchement quia été infiniment moins douloureuxque
le précédent. Elle n'éprouve point cette sensation de grande fatigue et
d'épuisement qui lui avait été si pénible après son premier accouchement.
La montée du lait s'esl faite franchement et sans fièvre.
— 221 —
Observation IX (D' Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion.
Mme P..., primipare à terme, bonne constitution, bonne sai.té.
Le 1 er octobre, vers 8 h. du matin, se produit la rupture spontanée des
membranes etcommence l'écoulement des eaux, après quelques contractions
utérines.
A 1 h. 30 m. après midi, la dilatation du col est sensiblement plus grande
qu'une pièce de 5 francs; les contractions utérines n'ont pas cessé depuis le
matin; elle deviennent de plus en plus marquées.
A 2 h. 30 m., elles sont encore plus énergiques et difficiles à supporter,
elles déterminent une grande agitation, des nausées fréquentes, et dans l'in-
tervalle des douleurs il persiste un grand malaise.
A '2 h. 45 m. Injection hypodermique de 10 milligrammes de morphine au
moment d'une contraction. Je commence l'inhalation du chloroforme qui
atténue rapidement la douleur et calme l'agitation. Dès lors à peine y a-t-il
quelques plaintes, au début de chaque contraction, avant que le chloro-
forme ait eu le temps d'agir; mais il n'y a plus de cris. Aussitôt la con-
traction utérine terminée, l'inhalation est arrêtée et la malade accuse une
certaine sensation de bien-être qui remplace le malaise existant avant l'em-
ploi du chloroforme. Les nausées devenues presque continuelles et qui fa-
tiguaient beaucoup la malade ne se reproduisent plus. Il y a entre les con-
tractions utérines un peu de somnolence pendant laquelle la malade se rend
bien compte de tout ce qui se dit autour d'elle et continue à répondre à
toutes les questions qu'on lui adresse.
A 3 h. 30 m., la dilation est complète; /excite par de légères pressions
les contractions utérines un peu ralenties et éloignées. Les douleurs devien-
nent un peu plus fortes et les contractions plus énergiques; la tête arrive
au périnée, la rotation se fait, la dilatation delà vulve commence; les con-
tractions augmentent encore d'énergie: la malade pousse avec courage.
Dans l'intervalle des douleurs existe toujours un grand calme; plus de
nausées, plus d'agitation même pendant les plus grands efforts ; seulement
quelques plaintes et des efforts qui sont parfaitement voulus. L'enfant est
expulsé à 4 h. 10 m., c'est à-dire 1 h. 15 m. après la première inhalation
de chloroforme et 1 h. 25 m. après l'injeclion hypodermique. Déchirure du
périnée peu considérable. Enfant bien constitué.
Délivrance normale sans hémorrhagie notable ; 90 pulsations à la minute
La malade est altérée et un peu épuisée
Le soir à S h. abattement; 90 pulsations.
— 222 —
Le 2 octobre à 9 h. du matin, 120 pulsations, soif vive, assoupissement,
chaleur à la peau, douleurs musculaires généralisées, vives surtout au ni-
veau des flancs, n'augmentant point à la pression mais ne permettant pas
à la malade de faire la moindre tentative pour se retourner dans son lit.
A 9 h. du soir, HO pulsations; douleurs musculaires un peu moins
vives.
Le 3 au soir, 120 pulsations, encore quelques douleurs ; chaleur de la peau
et soif.
Le 4. Amélioration; le lait est venu spontanément; le pouls à 90.
L'amélioration a continué ; l'appétit est revenu.
L'analgésie a été insuffisante pour la fin du travail. Il eût été utile de
pratiquer une nouvelle injection de morphine vingt ou trente minutes avant
l'expulsion de l'enfant.
Observation X (D'Guibert).
Injections de morphine et inhalations de chloroforme pendant là période
d'expulsion.
Mme X..., se présente à notre examen à 7 h. 30 m.: à ce moment la dila-
tation du col est complète. La tête est en 0. I. G. La malade qui souffre de-
puis la veille au soir est à bout de forces.
A 7 h. 35 m. Injection hypodermique de 8 milligrammes de chlorhydrate
de morphine.
A 7 h. 45 m., les douleurs et les contractions ne sont point modifiées;
elles sont presque continues et ne laissent pas un moment de calme à la
malade. Nausées fréquentes.
Administration du chloroforme à petites doses. Presque aussitôt les dou-
leurs deviennent plus dislinctes les unes des autres et sont séparées par
des intervalles dans lesquels la malade éprouve un calme complet et se sent
mieux. Les nausées ont cessé.
A 8 h. 15 m., la rotation de la tête est complète depuis trente minutes.
Malgré d'énergiques contractions la tête ne s'engage point dans la vulve.
L'effet analgésique du chloroforme est moins grand. Nouvelle injection hy-
podermique de 8 milligrammes de chlorhydrate de morphine ; application
du forceps à 8 h. 20 m.
Bientôt le chloroforme produit une sédation rapide et plus marquée de
la douleur; je commence les tractions sur la tête pendant les contractions.
Elles sout supportées sans aucune plainte, sans aucun cri. Je cesse aussitôt
l'inhalation, car la malade paraît somnolente. Vers la sixième traction la
tête s'engage franchement dans le détroit inférieur. La malade pousse à ce
— 223 -
moment quelques plaintes. Je retire le forceps pour éviter la déchirure du
périnée très-distendu.
A 8 h. 35 m., l'enfant est expulsé; grosse fille, bien constituée, nulle-
ment narcotisée. La mère m'affirme n'avoir pas plus souffert pour le pas-
sage de la tête qu'elle ne souffrait pour chaque contraction utérine avant
mon arrivée. La délivrance a été normale.
Je n'ai pu suivre journellement la malade. Elle est revenue deux ou trois
mois après pour des abcès du sein. L'enfant était bien portante.
Observation XI (D r Guibertj.
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion.
M ma X...a eu trois accouchements antérieurs, le premier se termina après
24 heures de travail, par une application de forceps faite aussitôt que le
permit la dilatation du col ; l'enfant au troisième degré de l'asphyxie, mou-
rut trois heures après sa naissance; les douleurs provoquées par les con-
tractions utérines furent très-vives, et la mère resta pendant plusieurs
jours dans un état de prostration extrême, évidemment causé par la vio-
lence et la durée des douleurs de l'accouchement. Le deuxième se termina
naturellement après un travail d'au moins 19 heures de très-vives dou-
leurs. Pour le premier, la durée du travail fut de 12 heures. Après l'écou-
lement des eaux et la dilatation complète, la violence des douleurs semble
paralyser et arrêter les efforts de la mère; application de forceps.
Les trois enfants étaient tous très-gros et leur tête volumineuse. Dans
ces accouchements, on n'a employé ni morphine, ni chloroforme, les douleurs
ont été très-violentes, et à leur suite la mère était dans une grande pro-
stration avec anéantissement des forces et courbature générale.
Quatrième accouchement. Après une grossesse très-heureuse, le travail
se déclare le 31 décembre vers une heure du matin; à 9 heures, je constate
une dilatation du col encore peu considérable. Vers 10 h., les douleurs plus
vives deviennent difficiles à supporter, et la mère se plaint fortement
pendant chaque contraction utérine. Injection de 11 milligrammes de
chlorhydrate de morphine à -10 h. précises.
A 10 h. 1/4, les douleurs n'ont chargé ni de rhythme, ni d'intensité. Je
commence à faire respirer de petites doses de choroforme dès le commen-
cement de chaque contraction, et seulement pendant sa durée; la douleur
devient des lors bien moins vive; cependant les contractions utérines con-
servent leur régularité et leur énergie. A 11 h. 1/2, la dilatation est sensi-
blement la même; les douleurs provoquées par les contractions utérines
sont toujours très-atténuées et ne provoquent aucune plainte.
— 224 —
A midi 3/4, les douleurs deviennent plus vives el le chloroforme ne
semble plus agir très-efficacement.
A 1 heure, dilatation très-augmentée; nouvelle injection hypodermique
de 10 milligr. de morphine; puis je romps les membranes. La dilata-
tion devient complète vers 1 h. 1/4; le chloroforme est toujours employé
en inhalation pendant les contractions utérines qui deviennent moins
douloureuses. La mère éprouve un instant un sentiment de grande fai-
blesse qui semble dû à l'effet de la morphine; bientôt elle pousse avec
modération et d'une manière bien soutenue: la tête franchit la périnée en
une seule douleur, qui a été à peine plus vive que la précédente.
Enfant volumineux ayant une tète assez grosse. En résumé, la mère a
parfaitement conservé la conscience des contractions utérines, et les dou-
leurs provoquées par ces contractions ont été moins vives qu'aux accou-
chements précédents. Cette différence a été très-marquée, surtout pour la
douleur produite parle passage de la tête.
Si nous comparons les douleurs qui ont précédé l'emploi des agents
analgésiques à celles qui ont suivi cet emploi, la mère affirme qu'elle n'a
certainement pas autant souffert dans la seconde partie de l'accouche-
ment que dans la première (douleurs préparantes); que la douleur occa-
sionnée par le passage de l<i tête au périnée, ordinairement si violente, n'a
pas été plus vive que celle qui accompagnait les contractions utérines im-
médiatement avant l'emploi de l'analgésie. Les suites de couche ont pré-
senté ce fait remarquable que la mère n'a point éprouvé la grande fatigue,
ni la prostration, ni les douleurs musculaires générales qui avaient tou-
jours suivi les autres accouchements, et qui rendaient si pénibles tout
effort, tout changement de position dans les premiers jours qui suivaient
l'accouchement.
Aussi la mère me déclare, dès les premiers moments qui suivent l'accou-
chement, qu'elle se sent plus à l'aise que dans les derniers temps de la
grossesse. Point de tremblements nerveux. La montée du lait s'est faite
sans aucun mouvement fébrile.
Les parties sexuelles sont moins sensibles et moins douloureuses
qu'après les accouchements précédents; enfin les tranchées utérines quj
duraient deux ou trois jours dans les aulres accouchements, se sont mon-
trées pendant une seule nuit.
Cette observation me paraît prouver que l'emploi de l'analgésie, à partir
du moment où les douleurs deviennent difficiles à supporter chez une
femme qui doit avoir un accouchement laborieux, peut prévenir la prostra-
tion, la fatigue extrême, le surmenage en un mot nécessairement produit
par l'expulsion d'un enfant volumineux.
On peut donc espérer que l'emploi de l'analgésie dans les accouchements
laborieux arrivera à les rendre, pour la mère, aussi peu douloureux, et
— 225 —
par suite, presque aussi peu dangereux que ces accouchements faciles cl
rapides qui n'entraînent après eux aucun trouble profond de l'organisme.
Opservation Xll (Dr Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
M me X..., primipare; bonne santé habituelle; e'coulement spontané des
eaux dans la nuit du '29 au 30 avril 1871, vers 2 heures du malin, avant
que les contractions ulérines ne s'établissent sensiblement.
A 8 heures du matin, dilatation à peine égale en dimension à ccdle d'une
pièce de 1 franc; douleurs faibles; à 10 h. Ip>, dilatation égale à une pièce
de 2 francs. Vers midi, les douleurs redoublent; à midi el demi, la dilata-
tion dépasse les dimensions d'une pièce de o francs; les douleurs sont
devenues presque continues, assez vives, ne laissant dans leur intervalle
presque aucun calme à la femme, qui éprouve un grand découragement et
des envies continuelles de vomir.
A midi -'<5 m., injection hypodermique de (Omilligr. de chlorhydrate
de morphine. Les douleurs ne s'atténuent que faiblement; plus de
nausées.
A 2 h. S m., je commence l'inhalation de chloroforme, pendant les con-
tractions utérines seulement; le travail se fait régulièrement.
A 2 h. iS m., lr. tête commence à entrouvrir la vulve; elle ne sort qu'à
3 h. 30 m., après avoir lentement dilaté l'ouverture, et sans aucune déchi-
rure appréciable au périnée.
Depuis l'emploi du chloroforme, la maladie n'éprouve plus, même pen-
dant le passage de la tête au périnée, qu'une douleur très-facile à suppor-
ter, et qu'elle trouve beaucoup plus modérée que celle qui précédait l'em-
ploi de l'analgésie; alors même que la tête distendait fortement, le calme
et le bien-être étaient complets dans l'intervalle des contractions utérines.
La malade émettait quelques plaintes, en faisant des efforts de propulsion,
au moment des contractions, mais elle m'a déclaré depuis que ces plaintes
étaient l'expression bien moins de la douleur éprouvée que du besoin de
pousser.
Le chloroforme a été employé pendant un peu moins d'une heure et
demie; la quanlité consommée a été de 70 à 80 grammes.
Un fait remarquable, c'est la disparilion des nausées qui étaient presque
continuelles, dix minutes après l'injection de morphine et avant l'inhala-
tion du chloroforme.
Il faut noter la lenteur du passage de la tête au périnée; dans toute
autre circonstance, l'application du forceps aurait pu être nécessaire, afin
Pinard. "<* 9
— 226 —
d'abréger les douleurs atroces que le passage détermine presque toujours,
surtout chez les primipares. Le passage s'est effectué, grâce à l'analgésie,
sans aucun inconvénient pour la mère, qui éprouvait un calme complet,
dans l'intervalle des contractions, alors que la distension était au maxi-
mum.
L'enfant est une fille, vigoureuse, bien constituée, nullement engourdie
par l'action des analgésiques. Après l'accouchement, point de prostration,
ni de tremblement nerveux chez la mère, qui éprouve une sensation de
calme, et de bien-être parfait.
Délivrance normale à 3 h. îO m. Le 2 et le 3 mai, la montée du lait a
lieu sans aucun mouvement fébrile, la mère se trouve parfaitement à l'aise,
et aussi bien qu'avant son accouchement, sauf quelques coliques uté-
rines.
Observation XIII (D r Guibert).
l'rimipare à ternie. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion. — Forceps. — Hémorrhagie.
X..., fille, primipare, a été, pendant presque toute sa grossesse, vivement
affectée de sa situation, et sa mère me raconte que, pendant les dernières
semaines, elle pleurait presque continuellement et s'alimentait à peine ;
toujours est-il qu'elle est d'une grande faiblesse, pâle, amaigrie décou-
ragée.
Le "21 juillet 1871, à 11 h. 45 m. du matin, je trouve le col effacé.
A 7 h. du soir, dilatation de la largeur d'une pièce de S fr.
A 8 h. "25 m., la dilatation a augmenté, la poche des eaux est encore
intacte.
A 9 h., la dilatation paraît complète; les contractions utérines sont fai-
bles, éloignées, irrégulières ; la malade accuse une grande faiblesse et
supporte difficilement les douleurs.
A 9 h. 10 m., injection de !0 milligr. de chlorhydrate de morphine.
A 10 h. 30 m., le travail n'a pas fait de progrès; les battements du cœur
de l'enfant sont précipités ; les eaux sont teintées de méconium. Je me dé-
cide à faire une application de forceps, après avoir fait une injection de
5 milligr. de chlorhydrate de morphine à 10 h. 35 m.
La femme est très-effrayée par la perspective de l'application « des fers» ;
elle se débat; on la maintient avec peine; pendant l'introduction du for-
ceps elle pousse de véritables hurlements, bien que l'opération se fasse
assez facilement.
A 10 h. 50 m., je fais respirer successivement deux doses de chloro-
forme ; la malade se calme; des tractions modérées amènent la tète de
— 227 —
l'enfant avec la plus grande facilité (11 h.), sans un seul cri, sans une seule
plainte de la mère, même pendant le passage de la tête au périnée.
La mère, interrogée par moi, prétend souffrir beaucoup ; elle n'est nul-
lement endormie; si les douleurs n'ont pas été complètement supprimées,
elles ont été au moins notablement atténuées. L'enfant est en état d'as-
phyxie, avec résolution musculaire complète; le cœur bat énergiquement;
pas de mouvements réflexes ni spontanés même de la respiration. Insuffla-
tion ; au bout de 20 minutes, quelques mouvements d'inspiration.
A minuit, je constate un mouvement réflexe dans la bouche et la gorge
de l'enfant, qui fait des efforts comme pour avaler ; la respiration natu-
relle est rare et faible ; pressions sur le ventre et le thorax j'usqu'à minuit
30 m. Pendant ce temps, la mère a deux pertes successives assez abon-
dantes : la première 30 minutes après l'accouchement ; je la délivre aus-
sitôt ; application d'une serviette froide sur le ventre. La seconde hé-
morrhagie a lieu une demi-heure après; elle est plus abondante. Par le
toucher, je constate que la cavité utérine est vide de caillots : cette ma-
nœuvre fait contracter la matrice et arrête l'hémorrhagie. Le pouls est
à 130. Je lui donne du seigle ergoté, puis du vin pur; ensuite de l'eau rou-
gie et des jaunes d'oeufs battus dans de l'eau sucrée à défaut de bouillon.
Le 22, à 11 h. du matin, je frouve la malade très-affaiblie; le pouls est
à 110; pas de nouvelles pertes; l'enfant va bien et respire naturellement.
Aucun accident n'est survenu depuis à la mère, dont les suites de cou-
ches se sont bien passées. Je ne sais si l'enfant est mort ou non à l'hospice.
Observation XIV (D r Guibert).
Seeondipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
M me C..., bonne santé habituelle, est arrivée au terme de sa seconde
grossesse. »
A 3 h. 5o m., la dilatation est complète; la tête est sur le périnée ; les
douleurs sont assez fortes, et la malade se plaint vivement en s'agitant à
chaque contraction utérine. La malade accepte l'analgésie, et à 4 h. je
pratique une injection hypodermique de 10 milligr. de chlorhydrate de
morphine.
A 4 h. 10 m., je pratique l'inhalation du chloroforme à l'occasion d'une
contraction utérine; la douleur est bien moins ressentie qu'aux précédentes
contractions.
A 4 h. 15 m., nouvelle contraction utérine; je fais respirer largement
une seule dose de chloroforme; la tête est expulsée et l'accouchement se
228 —
termine sans que la mère, qui s'aide en poussant énergiquement, jette uu
seul cri.
L'enfant est bien constitué et crie vigoureusement.
Les suites de couches sont excellenies; point de fièvre de lait, dont la
montée se fait très-résrulièrement d'ailleurs ; la mère nourrit son enfant.
Observation XV (D r Guibert).
Secondipare à terme. — Inhalations de chloroforme et injections de morphiue
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion.
M" ,c B..., bonne santé habituelle; le premier accouchement date du fi juin
1870. Travail long, douleurs vives, grande agitalion nerveuse; insuffisance
des contractions ulérines ; quinze heures de travail, qu'il fallut terminer
par une application de forceps; fille forie, bien constituée; l'analgésie ne
fut pas employée.
4 février 187-2. Quelques douleurs se sont fait sentir dans la nuit du 8
au 4; on mo fait appeler à 9 h. du matin; je constale chez la femme, qui
est à terme, que le col, fortement porté en arriére et dilficile à atteindre,
présente un commencement de dilatation; les douleurs sont faibles et assez
éloignées.
A4 h. du soir, les douleurs se rapprochent, deviennent plus vives; la
dilatation a faiblement augmenté.
A 6 h. le travail continue, la dilatation est supérieure en dimension à
celle d'une pièce de S fr.; les contractions utérines, bien qu'elles provoquent
des douleurs assez vives, sont peu énergiques et de très-courte durée.
Pendant la contraction, les parois utérines restent assez flasques pour
permettre de reconnaître l'enfant par la palnalion abdominale.
A 7 h. 45 m., la mère est anxieuse, énervée; elle n'a plus le courage de
supporter les douleurs, qui vont en augmentant d'intensité; l'agitation, le
malaise, le découragement persistent, même dans l'intervalle des contac-
tions utérines. Je me décide, malgré le peu d'énergie de ces dernières, à
me rendre aux instances de la mère, qui réclame l'analgésie.
Je pratique une injection hypodermique d'un centigramme de chlorhy-
drate de morphine à l'avant-bras ; les contractions utérines continuent
avec le même rhythme, avec la même intensité, et pendant leur durée il
est toujours possible d'arriver à palper l'enfant et de constater par le tou-
cher que la tèle reste en contact avec les membranes , aussi n'ai-je pu avoir
la preuve que les tentatives faites par moi pour rompre la poche avaient
réussi.
L'in>ction hypodermique a été pratiquée à 7 h. 45 m.
A 7 li. bo m. survient UDe douleur qui est manifestement atténuée par
— 229 —
l'inhalation de chloroforme, ainsi que toutes les douleurs suivantes. Ce-
pendant la mère pousse des plaintes encore assez vives pendant les con-
tractions utérines, au lieu des cris violents qu'elle jetait précédemment.
L'agitation cesse complètement une fois la douleur passée, et la mère
reconnaît qu'elle a bien moins souffert. Elle n'est nullement endormie;
elle voit et entend très-nettement; elle éprouve un peu de lenteur à par-
ler; elle se sent étourdie et somnolente, mais bien à l'aise et désire qu'on
ne la fasse pas causer. Dès qu'une douleur s*annonce elle nous en prévient,
afin qu'on lui fasse respirer le chloroforme immédiatement.
Dans l'intervalle des douleurs, le pouls est à 84j
A 8 h. 35 m., voyant la faiblesse des contractions utérines et la dilata-
tion à peu près complète du col, je fais prendre à la femme 50 centigr.
de seigle pulvérisé.
A 8 h. 50 m., les douleurs deviennent plus irrégulières, plus continues,
moins vives, bien que les contractions des parois utérines soient manifes-
tement plus énergiques et ne permettent plus, pendant leur durée, de pra-
tiquer la palpation de l'enfant.
Cependant, comme la tête de l'enfant n'arrive qu'à grand'peine à écarter
très-légèrement la vulve, bien que la rotation soit effectuée deiuis plus
d'une demi-heure, je fais, à il h., une application de forceps et amène, à
9 h. S m., un enfant bien constitué. légèrement asphyxié, mais qui se met
au bout de quatre à cinq minutes, à crier et s'ayiter vivement.
La mère a jeté un cri au moment du passage de la tête au périnée. Un
quart d'heure après j'extrais le placenta descendu dans le vagin, et j'admi-
nistre par précaution une nouvelle dose de 30 centigr. de seigle.
La malade se montre très-reconnaissante de l'emploi de l'analgésie. Elle
m'a déclaré à plusieurs reprises que, sans le calme et le bien-être de l'état
analgésique, elle n'aurait jamais pu supporter les douleurs de son accou-
chement, qui ont été notablement atténuées.
Au moment du passage de la tête, à l'instant où elle a poussé un cri,
elle affirme avoir 'moins soulîert qu'elle ne souffrait avant l'emploi de
l'analgésie, à l'occasion de chacune des contractions utérines.
Le soir, à 10 h., la mère se trouve bien à l'aise. 11 est sorti quelques
caillots du vagin ; le pouls est à 96. L'engourdissement, la somnolence et
l'embarras de la parole produits par l'analgésie sont complètement dissi-
pés. Elle a bu du bouillon avec plaisir.
Le 5, au malin. La nuit a été bonne et calme, mais sans sommeil; la
malade a bu plusieurs l'ois du bouillon; elle éprouve le besoin de manger.
L'expulsion des urines s'est faite normalement; l'enfant va bien.
i Le 1. point de fièvre; la mère, sauf un peu de faiblesse, se sent parfai-
tement bien et s'alimente régulièrement.
$ Le 8. La montée du lait s'est faite la veille au soir; point de fièvre; la
malade reprend ses forces graduellement.
230 —
Observation XVI (D r Guibert).
Multipare à terme. — Inhalations de chloroforme et injections de morphine
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion.
Cinquième accouchement à terme. Analgésie accompagnée d'incohé-
rence dans les idées.
M me X... a été analgésiée pour une précédente couche, le 7 février 1870.
Le 14 mai 187"2, étant à terme, M me X... avait constaté, outre l'existence
des contractions utérines, la sortie de glaires sanguinolentes; elle me
fait appeler.
A 1 heure après-midi, je constate une dilatation du col à peine supé-
rieure en dimension à celle d'une pièce de 2 francs. Les contractions uté-
rines se succèdent assez régulièrement, toutes les huit minutes. La malade,
qui n'a pas dormi la nuit précédente, tenue en éveil par les premières
contractions utérines, éprouve déjà une certaine fatigue. Elle me demande
de lui faire des inhalations de chloroforme ; je lui permets seulement d'en
respirer pendant les douleurs, au-dessus d'un flacon débouché; la douleur
devient ainsi un peu moins vive et les contractions continuent avec une
grande régularité.
2 h. 1/2. La dilatation est à peu près égale en dimension à celle d'une
pièce de 5 francs; le col est aminci, les contractions continuent régulière-
ment, et la malade respire le chloroforme pendant leur durée, en en ver-
sant quelques gouttes sur un mouchoir; l'inhalation au-dessus d'un flacon
était devenue insuffisante.
4 h. La dilatation est restée stationnaire; j'excite les contractions uté-
rines par de légères pressions sur le fond de la matrice.
5 h. La dilatation a augmenté , elle surpasse en dimension celle d'une
pièce de 5 francs; l'amincissement du col a augmenté; les contractions
sont plus énergiques et les douleurs deviennent plus difficiles à supporter;
le chloroforme ne les calme plus d'une manière notable ; la position est
occipito-iliaque gauche.
Injection hypodermique à l'avant-bras d'un centigramme de chlorhy-
drate de morphine. Je continue à exciter les contractions utérines par de
légères pressions pratiquées sur divers points de la matrice; l'inhalation
du chloroforme est continuée pendant les contractions.
5 h. 20 m. La morphine modifie notablement les effets des inhalations
de chloroforme. Les douleurs sont très-notablement atténuées; la malade
devient expansive; elle exprime sa reconnaissance aux personnes qui sont
auprès d'elle, pour les soins qu'elles lui prodiguent, puis raconte l'histoire
attendrissante d'une jeune femme, son alliée, morte des suites de son pre-
— 231 —
mier accouchement. Un peu plus tard le chloroforme produit de la rêvas-
serie avec incohérence des idées, sans aucune agitation, la malade répond
de travers aux questions qu'on lui adresse.
5 h. 45 m. Je romps la poche des eaux, la dilatation est presque com-
plète.
6 h. 15 m. La rotation de la tête n'est pas encore complète; bientôt sur-
viennent des contractions un peu plus énergiques; la rotation s'achève, la
tête s'engage et est expulsée sans que la malade pousse un seul cri, bien
qu'à la dernière douleur elle n'eût point respiré de chloroforme (6 h. 30 m.)
Je dois signaler que pendant une des dernières douleurs, la malade
cessa un moment de répondre aux questions qu'on lui adressait à dessein;
cet instant fut très-court; on suspendit à ce moment les inhalations de
chloroforme et la malade reprit presque aussitôt à répondre aux questions,
mais d'une manière incohérente. Le calme et une grande sensation de
bien-être n'ont cessé d'exister depuis l'injection hypodermique.
La délivrance s'est faite naturellement un quart d'heure après l'accou-
chement. Point d'hémorrhagie.
L'enfant, du sexe féminin, est forte, vigoureuse, et se met à crier aussi-
tôt après sa naissance.
La mère accuse une vive sensation de faim; je permets trois bouillons
successifs à 7 h., 7 h. 30 m. et 8 h.; à 9 h., la sensation de faim étant en-
core très-vive, je permets une petite bouchée de bœuf saignant. Le pouls
est à 90.
La nuit est bonne; le lendemain matin le pouls est à 84.
Cette dame habitait la campagne et n'a pu être suivie par moi, pendant
ses suites de couches. Elle m'a déclaré depuis que les suites avaient été
excellentes, les tranchées presque nulles, plus faibles encore qu'au précé-
dent accouchement, également effectué avec le concours de l'analgésie
dont elle est on ne peut plus satisfaite.
Observation XVII (Dr Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion. — Forceps.
23 mai 1872. X. , primipare, demeurant à la Tuilaie, commune de Plou-
fragan, est en travail depuis le 22 au soir.
Les douleurs se sont succédées avec quelques alternatives, mais les con-
tractions sont généralement faibles et peu éloignées les unes des autres;
les membranes sont bien rompues, la dilatation à peu près complète et la
tête bien engagée dans le détroit supérieur en occipito-iliaque droite posté-
rieure; les douleurs sont vives.
— 232 —
8 h. 30 m. du soir. En prévision d'une application de forceps, je pratique
une injection hypodermique de l centigr. de chlorhydrate de morphine.
8 h. 43 m. Je commence l'inhalation de chloroforme à l'aide d un flacon
à large goulot tenu auprès des narines.
Après deux minutes d'inhaldtion, les fers ayant été préalablement mis
en place, je commence les tractions, avec une grande modération; la
femme se plaint faiblement; le chloroforme est donné sans discontinuité;
et je puis bientôt amener la tête au milieu d'un calme parfait, la mère ne
faisant aucun mouvement, ne poussant aucune plainte, pas même au mo-
ment où le périnée s'ouvre et se déchire pour le passage de la tête. Ce
calme est si grand que je demande à la femme si elle dort oui ou non, et
je fais enlever le chloroforme pour le passage des épaules; la mère me
répond aussitôt avec une grande lucidité qu'elle ne dort pas; le passage
des épaules se fait également sans la plus légère plainte. L'analgésie était
aussi complète que possible. Interrogée, la femme prétend avoir souffert
et s'être sentie comme enivrée, sans avoir éprouvé un seul instant de
sommeil.
L'enfant est dans un état d'asphyxie peu marqué qui se dissipe assez
vite.
Je fus rappelé vers le sixième jour après l'accouchement, près de cette
femme, elle avait une fièvre assfz vive, sans localisation inflammatoire
appréciable ; comme elle avait négligé de faire des injeclions vaginales, je
conclus que la fièvre avait pour cause un certain degré de résorption pu{
tride, je la soumis à quelques doses de quinine et à des injections vagi-
nales; elle a parfaitement guéri.
Observation XVIII (D r Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. — Forceps.
M"" P. K..., primipare, à terme, bonne santé habituelle, constitution
délicate, sujette à voir ses règles manquer, un mois sur deux, dès avant
son mariage; les dernières règles sont venues en juillet 1871.
16 juillet 187'2. Les contractions utérines sont bien manifestes le soir;
au toucher l'orifice supérieur du col parait avoir cédé, l'orifice inférieur
n'est point dilaté.
il juillet, 7 heures. Les contractions ont continué toute la nuit, assez
régulièrement et sans laisser à la malade un seul instant de sommeil; aussi
est-elle énervée, découragée el sous l'influence continuelle d'un vif senti-
ment de malaise, même dans l'intervalle des contractions, malaise qui
augmente notablement, dès qu'elle essaie de prendre la position horizon-
— 233 —
taie; aussi reste-t-elle assise ou marche-t-elle péniblement, dans l'inter-
valle des douleurs. Pendant ces dernières elle se met debout, se plaint
vivement et prie en grâce de lui serrer fortement les cuisses à la partie
supérieure, pour rendre plus supportables les souffrances qu'elle éprouve.
Le col présente la dimension d'une pièce de 5 francs; la tète est déjà bien
engagée dans le bassin en occipito-iliaque gauche.
7 h 45 m. La dilatation a augmenté; je me décide à rompre' la poche
des eaux; le travail continucavec les mêmes caractères, et les douleurs
deviennent plus vives.
8 h. 20 m., injection hypodermique de t centigramme de chlorhydrate
de morphine.
8 h. 40 m. Je commence l'inhalation de chloroforme, à l'occasion d'une
contraction utérine et seulement pendant la durée de la contraction. La
douleur s'arrête après les premières inhalations, bien que la contraction
utérine continue; le malaise qui persistait pendant l'intervalle des dou-
leurs se dissipe, et la malade peut parfailement rester couchée, même
pendant la durée des contractions; le malaise est remplacé par un senti-
ment de bien-être et de calme qui lui permet de causer et de rire, comme
dans son état habituel de santé. Le travail ne marche que lentement, les
contractions utérines sont peu durables, bien que j'essaie de les exciter
par de légères pressions sur la matrice.
H h. 'M) m. La dilatation est un peu augmentée; l'analgésie est un peu
moins marquée, la dose de morphine n'ayant point été renouvelée; la tête
est toujours bien engagée dans le bassin; le travail date déplus de dix-
huit heures.
Je fais entrevoir qu'une application de forceps sera nécessaire pour que
le travail ne se prolonge poinl indéfiniment.
41 h. 40 m. Injection hypodermique d'un demi-centigramme de chlor-
hydrate de morphine.
Midi. Introduction des fers, sans l'intervention du chloroforme; elle
détermine quelques douleurs provenant de la sensibilité du col utérin, qui,
par son peu de dilatabilité, ne permet que bien juste l'introduclion du
forceps. Je commence ensuite l'inhalation du chloroforme, d'abord avec le
flacon seulement, puis en le versant sur une serviette pliée en plusieurs
doubles; la malade offre bientôt les symptômes de la période d'excita-
tion, en répondant d'une manière incohérente aux qu stions qu'on lui
adresse, tout en restant parfaitement calme.
A midi 10 m. je commence les tractions avec une grande modération :
la malade se plaint légèrement et toujours avec incohérence des idées, par
conséquent sans se bien rendre compte de ce qui se passe; le chloroforme
est donné d'une manière continue, mais à doses modérées et sans amener
le sommeil. Il semble y avoir une certaine accoutumance à cet agent que
la malade respire depuis 8 h. 40 m.
Pinard. 30
— 2 34 —
Midi 25 m. Le périnée cède lentement en se déchirant légèrement pour
le passage de la tête; la mère ne pousse à ce moment aucun cri, aucune
plainte; elle ne répond plus aux questions; je fais immédiatement cesser
le chloroforme, et coupe le cordon passé autour du cou de l'enfant; les
épaules passent à leur tour, et les plaintes reparaissent.
A midi 30, l'accouchement est heureusement terminé. La résistance du
périnée a été considérable et plus grande que d'habitude, grâce au volume
de la tète de l'enfant, qui est bien constitué; il présente tous les signes
d'une paralysie faciale du côté gauche, et porte pendant plusieurs jours
une ecchymose au niveau de la glande parotide, et au niveau du muscle
masséter du même côté, sans empreinte produite par le forceps à ce
niveau.
La tête, au moment de son expulsion, est entourée d'une légère couche
de sang coagulé dont une partie a pu arriver dans la bouche de l'enfant ;
aussi le 18 au matin l'enfant a vomi du sang, probablement celui avalé
dans les derniers temps du travail. La mère n'a plus qu'un souvenir con-
fus des derniers moments de l'accouchement.
Le 17 au soir, la mère se plaint d'une douleur dans l'hypochondre
gauche; je constate dans cette région la présence d'une tumeur qui descend
jusque dans le flanc; cette tumeur, volumineuse et dure, durcit encore par
instants, en même temps qu'elle devient plus douloureuse. En faisant in-
cliner la malade sur le côté droit, la tumeur s'y porte aussitôt; c'est évi-
demment la matrice, non encore revenue à sa position normale.
Il existe en même temps une tumeur à l'hypogastre, constituée par la
vessie distendue par l'urine; je pratique le cathétérisme.
Pouls à 110; injection vaginale à l'eau tiède.
Le 18, la rétention d'urine continue; je sonde matin et soir; 100 pulsa-
tions. La sensibilité du ventre à la pression est peu marquée et n'a point
augmenté depuis la veille; la malade prend des bouillons et des potages
avec plaisir; la matrice est revenue à l'hypogastre.
Le 19, apyrexie complète; la rétention d'urine continue; injections vagi-
nales à l'eau alcoolisée.
Le 20, les seins sont tuméfiés; le pouls est à 110; la rétention d'urine
continue et nécessite toujours l'emploi de la soude.
Le 21, pouls à 110; l'enfant ne peut encore prendre le sein; il faut
extraire le lait de la mère artificiellement.
Le 23, accès de fièvre intense, précédé d'un violent frisson qui commence
à 11 heures du matin; envies fréquentes d'uriner, urines chargées de mu-
cosités.
En sondant la malade le soir, j'emploie une sonde à double courant et je
fais suivre l'évacuation de l'urine d'une petite irrigation vésicale à l'eau
tiède, qui donne à la malade un soulagement notable. Cette irrigation est
— 235 —
continuée les jours suivants; 3 doses de 15 centigrammes de sulfate de
uinine.
Le 24, la fièvre n'est point encore calmée; aucune sensibilité du côté du
ventre, pouvant faire craindre le développement d'une inflammation de ce
côté; continuation des injections, irrigations et du sulfate de quinine.
Le 26, la fièvre est presque nulle; 100 pulsations; pas de chaleur à la
peau; la malade a pu manger un peu mieux que les jours précédents, et
se sent moins faible.
Le 28, fièvre nulle; le canal de l'urèthre est irrité par la sonde métal-
lique que je remplace par une sonde de caoutchouc.
Le 30, la malade urine seule; la paralysie faciale de l'enfant s'améliore
très-lentement, sans traitement actif. Les jours suivants reparurent des
accès de fièvre provoqués par de la fatigue; j'insiste pour que la mère qui
a peu de lait, cesse de nourrir son enfant auquel on donne une nourrice.
La convalescence de la mère a été lente, mais s'est faite régulièrement.
Observation XIX (D r Guibert).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion. — Forceps.
Mme X..., âgée de 20 ans, primipare, est à terme et en travail depuis la
veille, "20 août; de 9 à 11 heures du soir les douleurs ont été assez vives et
se sont ensuite tellement ralenties que le 29 au matin, je fus appeié par
Mme Pincemin, sage-femme.
A 6 h. du matin, je constate une dilatation du col assez considérable,
sans rupture de la poche des eaux.
La tète se présente en occipito-iliaque gauche ; je romps la poche et excite
les contractions utérines par des pressions sur le ventre au niveau de la
matrice.
A 7 h., les contractions utérines restent manifestement insuffisantes. En
vue d'une application de forcepSj je pratiquai une injection hypodermique
de chlorhydrate de morphine de 1 centigramme; les fers sont ensuite mis
en place.
A 7 h. 15 m. Mme Pincemin commence l'inhalation de chloroforme d'une
manière continue ; bientôt les tractions sont faites modérément, et l'état
d'analgésie se dessine de plus en plus; la femme se plaint légèrement: la
tête est amenée après dix minutes de tractions, sans aucune difficulté, et
sans que la mère ait été un seul instant endormie.
Elle m'a vivement remercié de l'avoir accouchée sans trop la faire souf-
frir. L'analgésie a été assez complète pour que la mère soit restée parfaite-
ment calme, au moment du passage de la tête, et n'ait poussé aucun cri, fait
— 236 —
aucun mouvement notable; elle a été si facile à maintenir, qu'un des pieds
était simplement posé sur une chaise, sans aucun aide par tenir le membre
correspondant.
L'enfant est une fille bien constituée, qui ne présente aucun signe do nar-
colisme ; elle crie vivement aussitôt après sa naissance.
i" septembre. Fièvre assez vive, tiO pulsations, seins très engorgés , po-
tion avec 411 gouttes de teinture de digitale; injections vaginales.
Le -2. La potion a produit un effet purgatif intense; le pouls est tombé à
HO; la malade est [dus calme.
Le 3 La veille et dans la nuit, la malade a encore eu quelques garde-
robes liquides ; la fièvre a encore diminué ; point de sensibilité du côté du
ventre ; la malade est aussi bien que possible.
\
Observation XX |D r Guibert).
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pen >lant la période d'expulsion.
Mme E... a eu deux enfants qui, tous deux, sont venus avant ferme ; aussi
ses deux premiers accouchements ont-ils été terminés rapidement et sans
violentes douleurs.
7 octobre 1872. Elle est à terme; les douleurs ont commence dans la
unit, d'abord ass z faibles, puis plus vives, de manière à empêcher complè-
tement le sommeil.
J'arrive près d'elle à midi ; les douleurs sont continuelles et siègent prin-
cipalement dans les reins, le col n'est point encore effacé, l'orifice supé-
rieur présente un commencement de dilatation.
4 h. Il est difficile d'atteindre le col qui me paraît effacé ; les douleurs
sont devenues régulièrement intermittentes, mais peu vives; elles siègent
dans le ventre et non plus dans les reins.
7 li. 30 m. Les eaux se sont écoulées spontanément ; même difficulté pour
atteindre le col, que je ne puis explorer qu'en recommandant à la mère de
soulever elle-même le ventre à l'aide de ses mains ; le col est complètement
effacé et la dilatation est presque égale, en dimension, à celle d'une pièce
de S francs.
5 h. Les douleurs deviennent plus vives, et la malade ne les supporte que
difficilement.
.S h. 30 m. La dilatation a sensiblement augmenté; la tête est en occi-
pito-iliaque gauche antérieure ; les contractions utérines deviennent plus
douloureuses, et ne permettent point à la malade de rester couchée ; elle
est en proie à une vive agitation et découragée.
8 h. 40 m. La malade est plus fortement, découragée par la vivacité et la
— 237 —
persistance de ses souffrances qui ne ressemblent en rien à celles de ses
deux premiers accouchements; elle me prie de l'analgésier; injection hypo-
dermique de I centigramme de chlorhydrate de morphine.
8 h. iiS m. Je commence l'inhalation de chloroforme, à l'occasion d'une
contraction utérine ; la douleur est moins vive, l'agitation moins violente,
et, à la douleur suivante, la malaile peut r"ster couchée; dans l'intervalle
des douleurs oppar.iît un peu de somnolence ; bientôt même les parois
utérines reslent flasques, pendant les douleurs qui sont bien moins vives,
et la contraction delà matrice n'est pointappréciable à la palpation. J'excite
les contractions par de légères pressions au niveau de la matrice : l'agita-
lion a disparu, la malade reste couchée.
9 h. 3tJ m. Les contractions sont devenues plus énergiques, la malade
pousse avec courage, la dilatation se complète, la rotation s'effectue; le
calme est complet, dans l'inlervalle des douleurs, et la malade peut facile-
ment rester couchée même pendant les douleurs.
10 h. La tèle franchit le périnée en une seule douleur; je coupe le cor-
don passé autour du cou de l'enfant, et l'accouchement se termine au
milieu des plaintes assez vives de la mère, qui affirme avoir beaucoup plus
souffert que pour ses précédentes couches arrivées avant terme ; elle recon-
naît toutefois que le chloroforme a notablement diminué la violence de ses
douleurs, et que celle produite par le passage de la tète a été moins péni-
ble pour elle que celle des contractions utérines qui précédaient l'emploi
du chloroforme. L'enfant est un gros et vigoureux garçon qui crie for-
tement.
8 octobre, 8 h. Les tranchées ont été plus vives qu'après les autres cou-
ches, et la mère a peu dormi.
6 h. du soir Les tranchées ont continué avec écoulement de sang pur ; je
prescris deux doses de seigle ergoté et un repos absolu.
Le 9. La malade qui avait été fatiguée par quelques visites reçues la
veille, a mieux dormi ; le seigle n'a pas été pris; le sang pur es i presque ar-
rêté. 84 pulsations.
Le 10. La mère a été plusieurs fois réveillée par son enfant, la nuit der-
nière; aussi est-elle très-faLiguée ; point de fièvre; le sang pur est complè-
tement arrêtée.
Le il. L'insomnie persiste; la malade qui n'a point de fièvre ne prend
par jour que trois ou quatre bouillons, bien qu'elle se sente de l'appétit,
je ne puis attribuer l'insomnie qu'à une alimentation insuffisante; je pres-
cris de la viande aux repas, en petite quantité, et des bouillons dans l'inter-
valle des repas.
Le 14. Le sommeil est revenu ; la malade va parfaitement bien, l'enfant
— 238 —
Observation XXI (recueillie et communiquée par le D r Thierry).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période de dilatation.
Le 10 août, je fus appelé près de Mme L. .., primipare à terme. Elle éprou-
vait régulièrement quelques vagues douleurs dans les diverses parties du
ventre ; en un mot les douleurs préparantes tellesqu'elles sontdécrites dans
les livres classiques.
A 9 h. du soir, je pus constater une légère dilatation du col, accompa-
gnée de contractions manifestes ; le col est fortement porté en arrière et
difficile à atteindre ; à partir de ce»moment les douleurs se succèdent toutes
les demi-heures; elles continuent, dans cet ordre, toute la nuit et le jour
suivant, très-bien supportées par la malade ; cette période ne fut rendue
pénible que par des vomissements bilieux.
7 h. du soir, la dilatation est à peu près complète ; les douleurs s'ac-
compagnent de plaintes et bientôt même de cris; en même temps les con-
tractions se rapprochent et laissent à peine quelques minutes de répit dans
leur intervalle.
7 h. 30 m., injection hypodermique de 1 centigramme de chlorhydrate
de morphine, à l'avant-bras droit, et dix minutes après, je place sous les
narines un flacon de chloroforme, à large ouverture, contenant environ
10 grammes de chloroforme; dès la première contraction, les cris devien-
nent moins violents et cessent complètement à la troisième ; sitôt la contrac-
tion utérine passée, le flacon est retiré.
Les contractions continuent sans plus d'intervalle qu'auparavant ; la
femme elle-même en signale le début et réclame le chloroforme d'un geste;
à part l'accélération de la respiration, rien ne trahit sa souffrance; elle
cause avec toute sa présence d'esprit, et répond très-bien, mais briève-
ment, aux questions adressées; le travail marche d'une façon régulière mais
lente.
1 h. du matin, nouvelle injection de 1 centigramme de chlorhydrate de
morphine, à l'avant-bras; la tète était presque à la vulve; la sortie de la
tête demande plus d'une demi-heure, et je fus obligé, par crainte d'une dé-
chirure, de faire un débridement sur les grandes lèvres ; la malade accusa
très-nettement la douleur de cette petite opération, bien que pratiquée au
moment d'une contraction utérine.
Pendant ce dernier temps le flacon fut maintenu d'une façon presque
continue sous le nez de la malade ; le pouls était très -fréquent et légère-
ment irrégulier.
Mme L.. . ne pousse pas un seul cri au moment du passage de la tête ; la
— 239 —
délivrance fut un peu difficile; le placenta inséré dans l'angle droit de
l'utérus s'enchatonna ; légère hémorrhagie ; cependant peu à peu la con-
traction irrégulière cessa, le placenta fut expulsé sans aucune intervention.
Ce qui me frappa, c'est que non-seulement il n'y eut point de frisson, de
tremblement, ni de sensatien de froid, qui existent chez toutes les femmes;
mais il y eut une excitation marquée du pouls, au lieu du ralentissement
ordinaire. Cette excitation du pouls s'accompagne de chaleur à la peau et
de sueurs profuses.
Ces phénomènes d'excitation persistèrent jusqu'au lendemain. Cependant
les suites de couches n'ont présenté rien de particulier; la fièvre de lait
fut à peine sensible ; et quinze jours après, Mme L. marchait comme avant
son accouchement. J'avais prolongé le repos, à cause de l'écartement des
muscles droits et la proéminence du ventre pendant la grossesse.
Rien ne saurait peindre la reconnaissance de Mme L. pour lui avoir évité
la souffrance, depuis sept heures etdemiedu soir jusqu'à une heure etdemie
du matin; non pas que l'analgésie fût complète, mais la souffrance a été,
pendant cet intervalle, aussi peu marquée qu'au début du travail.
Observation XXII (recueillie et communiquée par le D r Pignard de Plouha) .
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
Femme Taton, 41 ans, a eu déjà deux enfants; les deux premiers accou-
chements ont été très-longs et très-douloureux.
Le 20 juin 1872 à 4 h. du matin, cette femme ressent les premières
douleurs.
A 8 h., la tête n'a pas encore franchi le col utérin; les douleurs sont
très-pénibles et très-vives ; je pratique une injection hypodermique de 1 cen-
tigramme de chlorhydrate de morphine..
A 8 h. 30 m., je commence l'inhalation de chloroforme, que je verse sur
un mouchoir, à chaque contraction utérine; après quelques inhalations,
la femme déclare ne plus ressentir que quelques douleurs insignifiantes,
bien que les contractions continuent régulièrement.
Vers 10 h., elle accouche naturellement, sans souffrances, avec pleine
connaissance, disant: si on ne doit plus souffrir davantage pour accoucher,
il n'y a plus d'appréhension à avoir. Les suites des couches ont été par-
faites, et la femme Taton, suivant la mauvaise habitude de la campagne,
était levée le surlendemain de son accouchement.
240 —
Observation XXIII (recueillie et communiquée par le T> Pignard, de Plouha).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
Femme Lorgéré, 22 ans, primipare à terme, souffrait des douleurs de l'en-
fantemenl, depuis le 10 juillet au matin.
8 h. du soir, la lèle n'a point encore franchi l'orifice de l'utérus.
9 h., je pratique une injection de chlorhydrate de morphine de 1 cent, à
I cent. 4|2.
Les douleurs qui étaient très-pénibles, diminuent une demi-heure envi-
ron après l'injection hypodermique, bien que les contractions utérines
continuent régulièrement; et celte femme, anxieuse et découragée avant
1 'injeclion, éprouve un bien-êlre sensible, quoique je n'aie pas encore com-
mencé les inhalations de chloroforme.
9 h. 43 ni., je fais respirer le chloroforme, pendant les contractions
utérines; le travail marche régulièrement et cette femme accouche à
M h. 30 m. du soir sans pousser de cri.
Cette femme très-intelligente me rend compte ainsi de ce qu'elle a
éprouvé : avant l'injection hypodermique les aouleurs étaient longues et
très-pénibles; une demi-heure après, le début de la douleur était à peu
près le même qu'avant l'injection ; mais cette douleur allait presque aussi-
tôt en s'atténuant, de sorte qu'elle était très-courte, quoique la contraction
utérine persistât.
A partir de l'inhalation de chloroforme, la malade a continué à avoir
parfaitement conscience de la douleur, et poussait malgré elle, pendant les
contractions utérines, mais elle le faisait sans se plaindre, et par consé-
quent presque sans souffrance.
La quantité de chloroforme employée a été de 35 à 40 grammes, et cette
femme a toujours parlé et répondu aux questions que je lui faisais ; elle me
disait qu'elle se sentait un peu étourdie.
Les suites de couches ont été naturelles.
Observation XXIV (recueillie et communiquée par le D' Pignard de Plouha).
Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant la période d'expulsion.
Jeanne Durand, à-i ans, primipare à terme., est prise des douleurs de
l'enfantement le G août.
— 241 —
A 5 h. du matin, je suis appelé.
A 3 h. après-midi, je constalc que les douleurs sont devenues très-pé-
nibles et que le col utérin est notablement dilaté; injection hypodermique
de 1 centigr. de chlorhydrate de morphine.
A 3 h. 3(J m., je commence à faire respirer le chloroforme , la femme
éprouve, après quelques inhalations, un bien-être considérable, qui dure
une demi-heure environ; pendant ce temps les contractions utérines con-
tinuent.
A 4 h. 45 nu, la tête de l'enfant est sur le périnée, après avoir franchi Je
col utérin complètement dilaté; il survient alors, à chaque contraclio/i
utérine, des vomissements qui rendent impossible l'inhalation du chloro-
forme pendant la dernière heure de l'accouchement, qui se termine au
milieu des plus vives douleurs, vers 6 h. du soir.
Les vomissements ne me paraissent pas avoir été provoqués par les inha-
lations du chloroforme, attendu qu'ils ont persisté, tout aussi marqués,
après la suspension complète de ces inhalations, et qu'ils n'ont cessé qu'a-
près l'accouchement.
Observation XXV (recueillie et communiquée par M. Basset).
Primipare à terme. — Injections hypodermiques de morphine et inhalations
de chloroforme pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. — Forcep.
Appelé le 8 novembre 1877 auprès d'une femme en couche, à Plaignien,
'arrivai près d'elle à 7 h. du matin.
C'était une primipare de 35 ans, bien constituée, très-vigoureuse, à
terme.
Le 5, à midi, quelques légères douleurs s'étaient montrées, la laissant
vaquer à ses occupations jusqu'à la nuit.
Depuis, les douleurs se sont rapprochées, se fixant tantôt aux reins,
lantùt au bas-ventre. Le col est effacé, très-aminci, sans aucune dilatation ;
la tête est descendue dans l'excavation.
A midi, aucun changement.
Le lendemain 7, au matin, je constats une dilatation de 1 centimètre à
peine. Dans la journée, les douleurs augmentent.
A 5 h. 30 m. du soir, dilatation de 2 centimètres de diamètre; plaintes
continuelles, agitation considérable. Je crains une attaque d'éclampsie et
pratique une injection de 15 milligram. de chlorhydrate de morphine.
Après vingt minutes, je commence l'inhalation du chloroforme, versé sur
le mouchoir, à chaque douleur, qui revenait de cinq minutes en cinq mi-
nutes. Au bout de très-peu de temps, l'agitation cesse d'être continue,
Pinard. 3*
— 242 —
pour ne reparaître que pendant les douleurs, et encore celles-ci étaient-
elles moins violentes.
Les douleurs, qui, avant les inhalations, n'avaient aucun siège fixe, se
localisent bien nettement à la région lombaire. Je constate alors une dila-
tation complète du col et romps la poche des eaux. J'attends encore une
heure en continuant les inhalations du chloroforme. Malgré de bonnes con-
tractions la tête ne descend point. Je me décide à une application de for-
ceps et insiste sur l'inhalation de chloroforme jusqu'à obtenir l'analgésie.
Ce résultat obtenu sans excitation, j'applique l'instrument sans provoquer
aucune plainte.
Des tractions fortes et soutenues amenèrent l'enfant à la vulve, dont
l'étroitesse fait craindre une déchirure du périnée. Je pratique alors, à
1 centimètre de la fourchette, sur chaque grande lèvre, une petite incision
de l entimètre de profondeur.
La malade n'accuse aucune douleur, ni pour ces incisions, ni pour le
passage de la tète, et cependant elle conserve toutes ses facultés.
La malade m'a déclaré que, depuis la piqûre et l'inhalation du chloro-
forme, elle a été considérablement soulagée; qu'elle a à peine senti l'ap-
plication du forceps et n'a point eu de douleur à la sortie de l'enfant Ce
dernier est énorme; il pèse au moins 1 kilogrammes. La tête est longue et
tuméfiée.
Les suites de couches ont été très-heureuses.
Ce qui m'a le plus frappé dans ce'.te observation, c'est la rapidité avec
laquelle s'est effectuée la dilatation du col sous l'influence de l'action com-
binée du chloroforme et de la morphine, et 1 insensibilité complète à la
douleur pour les incisions périnéales et, la sortie de l'enfant chez une
femme ayant conservé sa parfaite connaissance.
Observation XXVI (Dr Guibert).
Version pelvienne douze heures après l'écoulement des eaux. — Analgésie après
injection de morphine et inhalation de chloroforme.
Jeanne Gourio, née Chevalier, a eu cinq accouchements antérieurs, trois
naturels, avec présentation de la tête; les enfants étaient vivants. Dans un
autre, il a été nécessaire de pratiquer la version pelvienne. Dans le cin-
quième accouchement, l'enfant s'est présenté par les pieds. Dans ces deux
derniers accouchements, les souffrances furent très-vives et l'expulsion de
l'enfant fut lente et laborieuse.
"1\\ juin 1874. Cette femme, enceinte pour la sixième fois, et à terme, souf-
frait à peine depuis la veille; la poche des eaux s'est rompue aujourd'hui
vers 4 heures du matin.
— 213 —
Les douleurs sont à peu près nulles.
Le soir, vers i heures et demie, elles deviennent plus vives et un bras se
présente à la vulve.
On m'envoie chercher en toufe hâte.
A 3 h. 40 m., je constate la procidence du bras droit, qui exécute encore
quelques mouvements. La matrice est dure, rétractée, et ne permet point
de reconnaître la position de l'enfant par la palpation abdominale. Les
bruits du cœur de l'enfant se perçoivent encore; ils sont très-fréquents et
irrréguliers.
Au toucher vaginal, jo trouve un gonflement considérable du bras pro-
cident et de l'épaule correspondante, qui est engagée dans le col. Les doigts
sont collés par du méconium. La tête de l'enfant est dans la fosse iliaque
droile. Les contractions utérines redoublent toutes les cinq minutes.
La version esl urgente.
3 h. 45 m. Je fais une injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de
morphine (1 centigramme à chaque bras, pour obtenir une absorption
très-rapide) ; puis je fais placer la femme sur une table.
3 h. 55 m. Je commence l'inhalation du chloroforme à l'aide d'un flacon
débouché, dans lequel je fais plonger une mèche de linge pour activer
l'évaporation. Ce flacon est tenu pendant la version près des narines de
la femme par une des assistantes. L'inhalation est ainsi continuée.
A 4 h., la matrice est tellement rétractée que je ne puis faire franchir à
la main le détroit supérieur. Je fais toujours continuer le chloroforme, et
ce n'est que vers 4 h. 20 m. que je puis atteindre les genoux. A ce moment
la matrice était assez relâchée pour permettre de reconnaître par la palpa-
tion abdominale la situation des pieds en haut et à droite. Je puis alors
assez facilement amener le genou gauche en refoulant le bras. Le siège est
expulsé facilement sous l'influence des contractions utérines aidées par des
contractions modérées. Les bras sont ensuite successivement abaissés sans
peine. La tète est arrêtée un instant, puis dégagée sans difficulté par le
relèvement du corps de l'enfant au-dessus de l'aine gauche de la mère.
A 4 h. 3'2 m., j'obliens un enfant volumineux, violacé, sans battements de
cœur ni respiration. La respiration artificielle ne donne aucun résultat.
La délivrance se fait naturellement.
La malade n'a point présenté d'excitation manifeste; elle n'a point dormi
un seul instant: elle a ressenti seulement un peu d'étourdissemenl et
d'assoupissement. Elle se plaignait beaucoup moins pendant la version
qu'elle ne le faisait auparavant, pendant les contractions utérines.
244 —
Observation XXVII (D' Guibert).
Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
dans un cas de rétraction de l'utérus. — Version.
M mt X... en est à son huitième accouchement. Les précédents se sonl
terminés naturellement.
Le 4 novembre, dans la soirée, commencent les douleurs. Vers 7 h. du
soir, écoulement des eaux et chute de la main. On vient me chercher le
lendemain matin. J'arrive près de la malade à 11 h. 15 m.
Je constate la procidence du cordon et de la main gauche.
A H h. 25, injection de i'-i milligr. de chlorhydrate de morphine et on
dispose la malade pour faire la version. L'enfant, dont la tête est à droite
est mort depuis longtemps ; l'utérus est fortement rétracté
A 11 h. 40 m., je fais respirer sur un mouchoir une dose de chloro-
forme; puis je charge le mari de tenir, pendant l'opération, le flacon de
chloroforme débouché près des narines de la femme. Je pratique alors la
version sans aucune difficulté ; je ne retrouve plus cette rétraction de la
matrice qui existait à mon arrivée.
L'enfant présente des rougeurs hypostatiques sur les parties qui étaient
les plus déclives. La mère n'a poussé aucune plainte, aucun gémissement,
aucun cri pendant la version, qui a duré à peine huit minutes. Elle pré-
tend néanmoins avoir souffert. Elle n'a pas cessé un seul instant de ré-
pondre aux questions que je lui adressais, m'assurant qu'elle ne dormait
pas, comme son calme aurait pu le faire croire par instants
Délivrance normale, avec une hémorrhagie moins abondante que d'ha-
bitude, preuve que la rétraction utérine s'est faite normalement.
D'après les nouvelles que j'ai eues de la malade depuis, elle n'a eu au-
cun accident, suite de couches.
Observation XXVIII (D r Guibert).
Multipare à. terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme
pendant une version.
J. D.., ha,bite le village de P. G. en Plérin, elle a déjà eu quatre enfants;
sauf le premier, ses accouchements ont été rapides et naturels sans violentes
douleurs.
Elle est à terme; le travail a commencé le 4 octobre au soir; vers H h,
— 245 —
la poche des eaux se rompt, et peu après une main se montre à l'extérieur,
on m'envoie chercher. J'arrive près de la femme, le 5, un peu avant quatre
heures du matin; je constate la procidence de la main droite; la matrice
est assez fortement rétractée ; on peut reconnaître, à la palpation, que la tête
est dans la fosse iliaque droite; la mère est assez calme, ne pousse aucune
plainte et ne paraît pas ressentir de vives douleurs.
A 4 h. 10 m., je pratique une injection hypodermique de 12 milligr. de
ehlorhydrate de morphine; à 4 h. 25, je fais respirer le chloroforme, sim-
plement à l'aide du flacon débouché ; à 4 h. 40, je commence la version sans
aucune difficulté, la rétraction de la matrice étant nulle.
A 4 h. 50 m. l'opération est terminée; j'ai amené un garçon très-bien
constitué et volumineux, légèrement asphyxié, mais il se met très-promp-
tement à respirer régulièrement, et bientôt après à crier vigoureusement.
La mère n'a point été endormie un seul instant; elle a poussé quelque?
plaintes pendant la version et a eu parfaitemement conscience de ce qui
s'est passé ; la rétraction de la matrice s'est dissipée et n'a mis aucun ob-
stacle à la pratique de la version, qui s'est faite, y compris l'expulsion de
l'enfant, en moins de dix minutes.
Un quart d'heure après (5 h. 5 m.), la délivrance s'est faite naturelle-
ment.
Observation XXIX (D? Guibert).
Primipare à terme. — Eclampsie. — Injections de morphine et inhalations de
chloroforme. — Forceps. — Guérison.
J. T..., près du Four, au village, primipare, à terme, avait ressenti le
6 septembre 1870, vers dix heures du soir, des douleurs de reins plus vives
que d'ordinaire ; le 7 à une heure du matin, elle est prise d'une attaque de
nerfs qui se renouvelle à trois heures plus violemment avec convulsion?
cloniques des membres plus marquées ; congestion intense du visage ;
écume à la bouche, puis ronflement et coma.
On envoie chercher madame Pincemin, sage-femme, qui est témoin à
six heures d'une nouvelle attaque éclamptique ; aussitôt, madame Pincemin
m'envoie chercher au plus vite. J'arrive à sept heures et trouve la malade
dans une grande agitation ; son regard se promène avec inquiétude sur les
personnes qui l'entourent et qu'elle semble considérer comme des ennemis
auxquelb elle cherche à échapper, par des efforts presque continuels, sans
pousser aucun cri, ni prononcer une seule parole.
Elle ne répond point aux questions qu'on lui adresse et ne semble point
les comprendre. Il m'est impossible par suite de la violente agitation à la-
— 246 —
quelle elle est en proie, de parvenir à pratiquer le loucher. J'explore le
pouls, il y a 1 30 pulsations.
Je lui fais tenir solidement l'avcnt-bras par deux femmes, et lui pratique
une injection hypodermique de 13 milligr de chlorhydrate de morphine
à 7 h. 5 m. Il en résulte, au bout de dix minutes, un calme marqué qui
rend l'exploration possible; la dilatation est complète; la tête est en oc-
cipito-iliaque droite postérieure.
Je charge la sage-femme de faire respirer le chloroforme à petites doses,
et j'applique le forceps à 7 h. 2) m-, sans tractions énergiques; sous l'in-
fluence du chloroforme, le calme devient encore plus complet; elle conti-
nue encore pendant quelques instants d'agiter la tête, et parait bientôt
dormir d'un sommeil parfaitement tranquille. J'obtiens l'enfant très-
facilement, sans aucun cri, sans aucune plainte, sans la moindre agitation
à 7 h. 3l) m.
Aussitôt après la sortie de l'enfant, j'aperçois sur le visage quelques lé.
gères crispations qui sont suivies de deux ou trois respirations stertoreuses
avec congestion du visage, sans aucun mouvement clonique dans les mem-
bres.
La malade ne larde point à ouvrir les yeux qui restent un moment égarés
comme au moment do mon arrivée, et elle cherche à se relever pour se
mettre sur son séant. Elle est assez calme, mais ne reconnaît aucune des
personnes qui l'entourent ; son pouls est à I "20 pulsations. Le chloroforme
a été employé pendant 10 à 13 minutes; j'estime au plus à 15 grammes la
quantité employée; l'enfant est bien constitué.
J'ai prescrit, après l'accouchement, un repos absolu et une potion avec
6 grammes de bromure de potassium à prendre par cuillerées à soupe,
d'heure en heure.
L'enfant, un peu violacé et nullement narcotisé, respire bientôt régulière-
ment et ne tarde pas à crier. J'ai vu le lendemain que la mère avait repria
connaissance le 7 à une heure après midi et que les attaques d'éclampaie ne
s'étaient pas reproduites depuis mon départ.
On peut sans doute penser ici que l'association de la morphine et du
chloroforme a produit une véritable anesthésie, attendu que la malade,
n'ayant pas conscience de son état avant leur emploi, ne pouvait donner de
renseignements ; toujours est-il que l'association de la morphine et du
chloroforme a été dans ce cas d'une incontestable utilité. L'enfant se porte
encore bien maintenant.
Que devons-nous conclure et des observations du D r Guibert
et de la nôtre ?
Il est un fait qui frappe tout d'abord, c'est le calme qui survient
— 247 —
dès les premières inhalations de chloroforme, ensuite cette atté-
nuation de la douleur allant jusqu'à l'analgésie complète dans
certains cas, rares il est vrai.
Il est curieux également de constater, d'après les remarques du
D r Guibert lui-même, que quand la femme est sous l'influence
de la morphine, les douleurs se monlrent vives ; l'influence de la
morphine vient- elle à disparaître, tout en continuant le chloro-
forme, les douleurs reparaissent au moment de la contraction.
Cela prouve au moins qu'on ne peut guère faire disparaître l'élé-
ment douleur, quand on emploie isolément le chloroforme ou la
morphine, sans donner des doses considérables. Aussi ne peut-on
nullement comparer l'analgésie du D r Guibert a l'analgésie ou
anesthésie obstétricale de certains auteurs.
Mais si cet état obtenu par le D r Guibert est excellent pour
pratiquer des applications de forceps, si l'on ne fait pas courir à
la femme les dangers de l'anesthésie chloroformique poussée jus-
qu'à la résolution complète , il faut reconnaître également que
dans l'accouchement naturel, le travail paraît être considéra-
blement ralenti, la contractilité utérine diminuée ainsi que larec-
tratilité. Il suffit de constater le nombre des applications du for-
ceps, 9, pour s'en convaincre. Je sais bien qu'il faut en retrancher
aumoinsdeux, puisque l'analgésie n'aétérecherchée quepourpra-
tiquer ces opérations, mais il en reste 7. Et ne voit-on pas dans les
autres cas le D r Guibert dire lui-même, avec la franchise qui le carac-
térise: Je fus obligé de frictionner l'utérus, dans un cas même de
donner du seigle ergoté avant l'expulsion du foetus ? Du reste, du
moment, et ceci est très-important, que dans les cas de rétraction
tétanique on obtientlerelâchement'de l'utérus, ainsi que Je prou-
vent les 25 e , 26° et 27 e observations, il faut bien admettre que
cette action paralysante de l'anesthésie mixte se produit dans les
autres cas.
L'inertie utérine fnt bien contatée dans l'observation de la
Maternité. Unehémorrhagie fut aussi observée par le D r Guibert.
Dans notre observation le ralentissement et la diminution de la
contraction sont on ne peu plus marqués. Dès que les inha-
lations de chloroformes furent suspendues, on les vit reparaître
— 248 —
et reprendre leur caractère à peu près normal en durée et en in-
tensité. Au moment de la délivrance nous eûmes également une
hémorrhagie considérable.
Il est inutile d'insister davantage sur ces points qui me parais-
sent parfaitement évidents.
CINQUIÈME PARTIE
DE L ACTION COMPAREE
DU CHLOROFORME, BU CHLORAL, DE l'oPIUM ET DE LA MOltPHINK
En possession de ces notions incomplètes concernant l'action
du chloroforme, du chloral, de l'opium et de la morphine sur la
femme en travail, je vais maintenant essayer autant que pos-
sible d'établir une comparaison entre ces divers agents.
Comme agent anesthésique véritable, le chloroforme tient la
première place, les injections intra- veineuses de chloral n'ayant
point été mises en usage dans les accouchements.
Le chloroforme, loin de posséder une action primitive et élec-
tive sur l'utérus, paraît n'agir sur cet organe qu'après avoir in-
fluencé d'abord l'état général.
Dans le cas de douleurs violentes dues exclusivement à la
contraction utérine énergique, il est nécessaire, si l'on veut pro-
duire l'anesthésie, d'employer les inhalations constantes et à
doses massives.
D'après ce que j'ai pu observer, le chloroforme atteint d'une
façon plus active et plus durable la rétractilité utérine que la
contractilité. Cette action, pour se faire sentir, ne nécessite point
l'anesthésie complète mais bien plutôt des inhalations prolon-
gées. La contraction des muscles abdominaux est elle-même
plus amoindrie lors de l'anesthésie par le chloroforme que la
contraction utérine. Mais tandis que ces deux effets sont en rap-
port direct avec l'intensité de l'anesthésie, ils disparaissent rapi-
Pinard. 32
— 250 —
dément, on pourrait presque dire instantanément dés qu on
cesse les inhalations, tandis que le défaut de rétractilite persiste
plus longtemps.
Enfin le chloroforme inhalé pendant quelque temps, modifie les
caractères du sang, et en particulier la coloration.
Les effets du chloral sont bien plus difficiles à apprécier du
moment qu'il n'est point placé directement dans le torrent cir-
culatoire ; son absorption est lente, presque toujours indétermi-
née et son action souvent infidèle. Tel qu'on l'emploie en obsté-
trique, il semble être bien plushypnotique qu'anesthésique,quanrl
il n'est pas excitant.
Quant à son action sur la contractilité et la rétractilite ainsi
que sur celle des forces expulsives en général , il m'est
impossible de la préciser , les matériaux me faisant défaut pour
cela. Toutes ces propriétés sont atteintes, la rétractilite peut-être
aussi, plus que les autres, mais il serait prématuré d'indiquer à
l'heure actuelle des degrés.
Il en est de l'opium comme du choral, administré à l'état d'ex-
trait, de poudre ou de solution (laudanum); il est de nature com-
plexe, et de plus l'on ignore presque toujours si l'absorption
existe et si elle est lente ou rapide.
Ses propriétés générales thérapeutiques sont connues, je ne
mentionnerai que son action sédative sur l'utérus. Du reste, ce
que je vais dire de la morphine peut jusqu'cà un certain point se
rapporter également à lui.
La morphine, corps bien défini, absorbé rapidement quand il
est administré en injection hypodermique, produit des effets
très- nets et très-marqués sur l'utérus au moment du travail.
Je ne parlerai que de ceux-ci et non de ses effets généraux qui
sont les mêmes sur la femme en travail que sur tout autre indi-
vidu.
La morphine plus qu'aucun des agents que j'ai étudiés in-
fluence la contratilité utérine. On pourrait presque dire que c'est
son effet le plus immédiat. La contraction utérine se ralentit,
devient plus courte et enfin se suspend complètement. Elle pos-
sède donc une action paralysante sur la fibre musculaire de
— 251 —
l'utérus gravide qui, contrairement à celle du chloroforme, se
fait sentir primitivement, la rectratilité est moins atteinte, ainsi
que lacontration des muscles abdominaux. Cette action spéciale
élective de la morphine sur la contractilité utérine, est-elle d'au-
tant plus marquée qu'on a pratiqué l'injection plus près de l'uté-
rus lui-même? Cela se pourrait, car Cl. Bernard avait déjà re-
marqué son action locale, et Kormann pour cette même raison
recommande-t-il de pratiquer les injections en un point aussi
rapproché que possible de la sphère génitale.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
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de ma thèse, ne se trouvent pas dans l'index.
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tion de forceps, délivrance, hémorrhagie assez abondante pour
qu'on soit obligé de comprimer l'utérus pour l'arrêter (Du-
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X... — Account of a case of death from the inhalation of chloroform
during labour (Med. Tiâes et Gaz., 1855, t. I, p. 361). Cas
douteux en ce que l'auteur de l'article, qui d'ailleurs a voulu
rester inconnu, ne fut appelé qu'après l'accouchement, alors
que la malade était mourante. Il donne les résultats de l'en-
quête à laquelle il's'est livré auprès des personnes qui avaient
assisté la parturiente.
— Chloral. Empfehlung bei Geburten. Voir Canstatt's J., Bd. I,
p. 416. 1874.
— Comment doit-on administrer l'opium pendant le travail et com-
ment agit-il? (Virginia med. Monthly, nov. 1876, p. 602.)
Yvonneau. — De l'emploi du chloroforme et de ses différentes appli-
cations. Paris, 1853, in-8°.
Zuber. — Du chloral, recherches cliniques expérimentales. Thèse de
Strasbourg, 1870.
Accession no
8421
Author
Pinard, A»
De l'action
comparée du chloro
TMno. f orme#
Anesthesia
V